À voir à la télévision le samedi 18 juillet - Trudeau, une autre vie édifiante
Encore une nouvelle série sur la vie de Pierre Elliott Trudeau! Celle-ci se consacre tout entière à la jeunesse dorée de cet homme d'État qui avait l'impression de découvrir les peuples de la terre dès lors qu'il se payait le luxe de voyager en troisième classe.
L'histoire de Trudeau est ici revue et corrigée grâce à la plume de Wayne Grigsby et du chevalier de l'industrie télévisuelle canadienne qu'est Guy Fournier. Comme his-toriens, on a évidemment vu mieux. Mais comme série historique, on n'a sans doute pas produit beaucoup plus affligeant.
Le premier épisode s'ouvre sur une scène proprement révisionniste. Trudeau y est présenté en 1938 dans une manifestation de gauchistes, puis à une assemblée en faveur des Républicains espagnols.
Or il se trouve que Trudeau, à l'époque, s'opposait à ceux que cette série le fait soudain appuyer! Trudeau a même trempé, à l'époque de ses études à l'Université de Montréal, dans un mouvement révolutionnaire de droite, comme le racontent ses biographes dévoués Max et Monique Nemni.
Le Trudeau interprété par Stéphane Demers présente un personnage plein de bravades, insoumis, frondeur, franco-français, bref plutôt chiant. Rien de moins conforme au personnage réel, affirme en entrevue l'écrivain Pierre Vadeboncoeur, ami d'enfance de Trudeau, compagnon d'études et de luttes pendant un long moment: «Il était parfaitement charmant, premier de classe, aimable avec tous, pas du tout enclin à se comporter ainsi.»
Toute la série semble en fait construite comme une révérence à un homme du futur, celui qui allait devenir premier ministre. Le passé est ici reconstruit sous l'éclairage de traits de l'avenir: une certaine arrogance, un sens de la formule, une obsession constante pour les questions de pouvoir. On dirait qu'on a tourné ici une sorte de livre de piété que l'on tente de faire prendre pour le bréviaire de la politique canadienne. Qu'on ait aimé ou non la carrière politique de cet homme, force est de reconnaître que Pierre Elliott Trudeau méritait bien mieux que cette longue vignette patriotique insignifiante.
Trudeau : Pierre Elliott - Radio-Canada, 21h
L'histoire de Trudeau est ici revue et corrigée grâce à la plume de Wayne Grigsby et du chevalier de l'industrie télévisuelle canadienne qu'est Guy Fournier. Comme his-toriens, on a évidemment vu mieux. Mais comme série historique, on n'a sans doute pas produit beaucoup plus affligeant.
Le premier épisode s'ouvre sur une scène proprement révisionniste. Trudeau y est présenté en 1938 dans une manifestation de gauchistes, puis à une assemblée en faveur des Républicains espagnols.
Or il se trouve que Trudeau, à l'époque, s'opposait à ceux que cette série le fait soudain appuyer! Trudeau a même trempé, à l'époque de ses études à l'Université de Montréal, dans un mouvement révolutionnaire de droite, comme le racontent ses biographes dévoués Max et Monique Nemni.
Le Trudeau interprété par Stéphane Demers présente un personnage plein de bravades, insoumis, frondeur, franco-français, bref plutôt chiant. Rien de moins conforme au personnage réel, affirme en entrevue l'écrivain Pierre Vadeboncoeur, ami d'enfance de Trudeau, compagnon d'études et de luttes pendant un long moment: «Il était parfaitement charmant, premier de classe, aimable avec tous, pas du tout enclin à se comporter ainsi.»
Toute la série semble en fait construite comme une révérence à un homme du futur, celui qui allait devenir premier ministre. Le passé est ici reconstruit sous l'éclairage de traits de l'avenir: une certaine arrogance, un sens de la formule, une obsession constante pour les questions de pouvoir. On dirait qu'on a tourné ici une sorte de livre de piété que l'on tente de faire prendre pour le bréviaire de la politique canadienne. Qu'on ait aimé ou non la carrière politique de cet homme, force est de reconnaître que Pierre Elliott Trudeau méritait bien mieux que cette longue vignette patriotique insignifiante.
Trudeau : Pierre Elliott - Radio-Canada, 21h
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