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À voir à la télévision le mercredi 23 avril - Les Choc des cultures

Martin Bilodeau   19 avril 2003  Médias
Violence et passion se voit et se revoit avec un plaisir renouvelé à chaque fois. D'une part en raison de la finesse de la mise en scène de Luchino Visconti, dont ce fut, en 1974, l'avant-dernier long métrage (Les Innocents suivit en 1976). Ensuite pour le climat de Vieille Europe qui se dégage de la villa romaine encombrée et poussiéreuse dans laquelle le vieux professeur italien (émouvant Burt Lancaster), pivot de l'Histoire, vit retiré du monde. Enfin par le parfum de décadence post-soixante-huitarde qui pervertit ce climat dès l'instant où la comtesse Brumonti (épatante Silvana Mangano) élit domicile à l'étage avec son amant Konrad (Helmut Berger, acteur-fétiche de Visconti) et sa fille Lietta (Claudia Marsani).

Sous des dehors de drame placide sur le choc des générations, Violence et passion se révèle, presque comiquement, une oeuvre enfiévrée sur le choc des cultures. Visconti décrivait ainsi son film: «Ce film est l'histoire d'un intellectuel de ma génération qui, n'arrivant pas à vivre en accord avec son temps, se heurte violemment à la génération d'aujourd'hui et sort de cette épreuve profondément meurtri pour le restant de sa vie.»

La théâtralité du récit, décliné à petites doses dans un huis clos de plus en plus oppressant, est ici brisée par la mise en scène agile, mobile, les images et la direction artistique somptueuses. Le cinéaste s'explique: «J'ai volontairement négligé de tourner des plans extérieurs alors que rien n'aurait été plus simple. À partir du balcon du professeur [on remarquera qu'il n'a pas de nom dans le film], on aperçoit une vue de Rome. J'ai demandé à mon décorateur de prendre une série d'éléments du baroque romain (par exemple la façade du palais Falconieri) que j'ai recomposés dans une complète liberté de proportions et de positions.»

Violence et Passion

Artv, 20h
 
 
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