À voir à la télévision le vendredi 19 juin - À cause d'un assassinat
Jack Terry est preneur de son pour le cinéma, c'est-à-dire qu'il fournit différents bruits et effets sonores qui seront ajoutés à un film en postproduction. Rien de très glamour, cela étant, ses commandes provenant généralement de productions de série B comme celle qui ouvre et clôt le film.
Un soir, alors qu'il enregistre le bruit du vent dans les feuilles depuis une passerelle, il est témoin d'une sortie de route et voit la voiture plonger dans l'eau glacée. D'où notre homme extraira une jeune femme terrifiée, le conducteur ayant trépassé. L'infortuné occupant du véhicule? Un sénateur en vue. Et sur la bande audio de Jack, le bruit d'un coup de feu suivi de celui de l'éclatement d'un pneu.
Sans doute l'oeuvre la plus achevée de Brian De Palma, Blow Out fait partie de ces films conçus par et pour les cinéphiles. Non que le spectateur du dimanche soit susceptible de s'y perdre: l'intrigue est certes dense mais limpide. Simplement, à un deuxième niveau de lecture, le film entier devient une fascinante méditation sur le cinéma lui-même. La relation entre le son, l'image et le montage est explicitement montrée; elle est l'objet d'une réflexion revêtant les atours d'un thriller politique.
Brillamment écrit, Blow Out part évidemment d'une prémisse rappelant celle de Blow Up, d'Antonioni. La parenté des titres évacue d'ailleurs toute ambiguïté à cet égard. Et si De Palma cite aussi son vieil ami Coppola, celui de The Conversation, la technique virtuose, elle, lui est propre; le ton aussi, désenchanté. D'une superbe ironie, le dénouement traduit une intégrité artistique rare, celle-là même qui dut effrayer les bonnes gens en 1981.
Car, s'il fut un succès critique en son temps, Blow Out fut également un échec commercial retentissant. Déjà enviable, sa réputation n'a cessé de grandir depuis. Quentin Tarantino, qui tapisse lui aussi son oeuvre de références cinématographiques, compte parmi les admirateurs les plus enthousiastes du film... qu'il cite dans Death Proof.
Cinéma / Éclatement - Télé-Québec, 21h
Un soir, alors qu'il enregistre le bruit du vent dans les feuilles depuis une passerelle, il est témoin d'une sortie de route et voit la voiture plonger dans l'eau glacée. D'où notre homme extraira une jeune femme terrifiée, le conducteur ayant trépassé. L'infortuné occupant du véhicule? Un sénateur en vue. Et sur la bande audio de Jack, le bruit d'un coup de feu suivi de celui de l'éclatement d'un pneu.
Sans doute l'oeuvre la plus achevée de Brian De Palma, Blow Out fait partie de ces films conçus par et pour les cinéphiles. Non que le spectateur du dimanche soit susceptible de s'y perdre: l'intrigue est certes dense mais limpide. Simplement, à un deuxième niveau de lecture, le film entier devient une fascinante méditation sur le cinéma lui-même. La relation entre le son, l'image et le montage est explicitement montrée; elle est l'objet d'une réflexion revêtant les atours d'un thriller politique.
Brillamment écrit, Blow Out part évidemment d'une prémisse rappelant celle de Blow Up, d'Antonioni. La parenté des titres évacue d'ailleurs toute ambiguïté à cet égard. Et si De Palma cite aussi son vieil ami Coppola, celui de The Conversation, la technique virtuose, elle, lui est propre; le ton aussi, désenchanté. D'une superbe ironie, le dénouement traduit une intégrité artistique rare, celle-là même qui dut effrayer les bonnes gens en 1981.
Car, s'il fut un succès critique en son temps, Blow Out fut également un échec commercial retentissant. Déjà enviable, sa réputation n'a cessé de grandir depuis. Quentin Tarantino, qui tapisse lui aussi son oeuvre de références cinématographiques, compte parmi les admirateurs les plus enthousiastes du film... qu'il cite dans Death Proof.
Cinéma / Éclatement - Télé-Québec, 21h
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