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Manifestation contre les suppressions de postes à Radio-Canada

Paul Cauchon   20 mai 2009  Médias
Des employés de Radio-Canada et des sympathisants ont manifesté, hier midi, devant le siège social montréalais de la SRC pour dénoncer la compression de 800 postes dans l’ensemble du pays, annoncée le 25 mars dernier.
Photo : Jacques Grenier
Des employés de Radio-Canada et des sympathisants ont manifesté, hier midi, devant le siège social montréalais de la SRC pour dénoncer la compression de 800 postes dans l’ensemble du pays, annoncée le 25 mars dernier.
Le Syndicat des communications de Radio-Canada tenait hier midi une manifestation devant différents immeubles de Radio-Canada à Montréal, Québec et Moncton, pour protester contre les compressions de postes à venir. Car les avis de mises à pied devraient être envoyés la semaine prochaine.

À Montréal, de 200 à 300 personnes ont symboliquement transporté un cercueil et une couronne mortuaire devant l'immeuble de la SRC.

«Nous vivons un climat très difficile, explique Alex Levasseur, président du syndicat. Les gens sont stressés, découragés, et cette manifestation leur permet aussi de se parler et d'extérioriser leurs sentiments.»

Radio-Canada doit procéder à l'abolition de 800 postes dans l'ensemble du pays, dont plus de 330 dans le secteur français.

La direction de l'entreprise étudie actuellement les demandes reçues en vertu d'un programme spécial de préretraites mis en place ce printemps. Radio-Canada aurait reçu quelque 320 demandes pour l'ensemble du pays, mais toutes les demandes ne seront pas nécessairement acceptées. Pour chaque employé qui part à la retraite doit en effet correspondre une fermeture de poste.

Les syndicats de Radio-Canada devraient recevoir à la fin de la semaine la liste des retraites autorisées. Par la suite, la semaine prochaine, Radio-Canada annoncera quels seront les autres postes abolis, pour parvenir au total de 800 postes dans l'ensemble du pays.

Alex Levasseur s'attend à ce qu'une centaine de postes soient supprimés dans son secteur, journalistes, recherchistes, annonceurs, assistants, et ainsi de suite.

Hier, le Syndicat des communications lançait également une campagne d'appui à Radio-Canada. «Un site Internet sera lancé, explique Alex Levasseur, et nous aurons différents porte-parole. Nous voulons susciter une prise de parole citoyenne pour que les gens disent au gouvernement que Radio-Canada est une institution à laquelle ils tiennent.»

*****

Avec La Presse canadienne
 
 
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  • L'ex-Canard
    Inscrit
    mercredi 20 mai 2009 10h01
    Ma "prise de parole citoyenne"
    Un peu tard, non??? Une belle occasion entk pour les groupes d'intérêt, agents de malbouffe médiatique, relationnistes et autres prédateurs de notre environnement médiatique que de faire un gros "Mea culpa" sur la place publique après avoir décimé le diffuseur public depuis si longtemps maintenant!

  • Françoise Breault
    Abonnée
    mercredi 20 mai 2009 13h18
    Faire mourir Radio-Canada et nos services publics à petit feu...
    Sylvain Lafrance, vice-président principal des Services français de Radio-Canada : « Depuis 15 ou 20 ans, l'ensemble des décisions politiques ou réglementaires n'ont pas été dans le sens d'une grande aide aux services publics » (émission Désautels). De toutes les raisons données pour expliquer les difficultés auxquelles fait face Radio-Canada, en disant cela, sans trop s'en rendre compte peut-être, il a mis le doigt sur la raison fondamentale.

    Depuis les vingt dernières années on assiste effectivement à un assaut sans précédent contre les services publics, dont Radio-Canada. 1989 : c'est l'entrée en vigueur de l'Accord de libre-échange Canada-États-Unis (ALE) Cet accord « constitue la première mouture d'un nouveau modèle d'accords de libre-échange conformes aux prescriptions du néolibéralisme et de la globalisation [..] visant à englober progressivement dans la sphère marchande mondiale, déréglementée, non seulement les marchandises, mais aussi les services, les biens publics, les investissements étrangers et l'agriculture » [1] Cela couvre donc toutes les ressources de la planète, y compris les biens publics mondiaux et nationaux ainsi que toutes les activités humaines.

    Par cet accord, le Canada a été le premier cobaye de cette idéologie néolibérale appliquée ensuite au niveau mondial avec l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Parmi la trentaine d'accords de l'OMC, l'Accord général sur le commerce des services (AGCS) est celui qui vise particulièrement la privatisation des services publics : santé, éducation, services postaux, services de communication, etc.. Le livre Mainmise sur les services [2] explique bien la portée et les lourdes conséquences de cet accord.

    Bien sûr, nos gouvernements nous assurent que les services publics sont exemptés de l'AGCS en citant à l'appui l'article 1, 3, b) ; « à l'exception des services fournis dans l'exercice du pouvoir gouvernemental » Ce qu'ils omettent de dire toutefois c'est que l'article 1,3,c) précise que pour échapper aux règles de l'AGCS les services publics ne doivent être fournis « ni sur une base commerciale, ni en concurrence avec un plusieurs fournisseurs de service ». Conclusion : tous les services sont englobés par l'AGCS. [3] De plus, les pressions et négociations pour la libéralisation de toujours plus de services se poursuivent sur une base permanente.

    Cette façon de vouloir éliminer en douce Radio-Canada, ça se passe aussi pour nos autres services publics. Prenons par exemple notre système de santé. Voilà longtemps qu'on prépare le terrain en vue de la privatisation : coupures qui incitent les gens à aller vers le privé, manipulation de l'opinion publique en répétant sur divers tribunes que le recours au privé va diminuer les listes d'attente, que l'État n'a plus les moyens d'offrir un service de santé universel. Bien sûr, on procède doucement... Si du jour au lendemain, on privatisait notre système de santé, Radio-Canada, Hydro-Québec, il y aurait une levée de boucliers et risque que les gens se retrouvent dans la rue. On y va donc petit à petit pour mieux nous garder endormis...Vous connaissez l'histoire de la grenouille ? Si on la met directement dans l'eau bouillante, vite elle saute pour échapper au danger, par contre, si on la met dans l'eau froide et que petit à petit on augmente la chaleur, elle s'y habitue et meurt à petit feu...

    A Seattle, au Sommet des Amériques à Québec, lors des rencontres de G 8 et de l'OMC, les citoyens ont dénonçé les consignes de cette globalisation : privatisation, diminution du rôle de l'État, libéralisation, dérégulation. Libéralisation, dérégulation ? Ça vous dit quelque chose ? C'est pourtant ces tout petits mots qui n'ont l'air de rien, qui ont précipité le monde entier dans la crise financière et économique actuelle, crise dont Radio-Canada subit aussi les effets.

    Après la mise en pied de nombreux travailleurs, après le saccage de bien des économies en voie de développement notamment africaines, Radio-Canada est victime à son tour, de cette vision néolibérale incarnée dans la globalisation.

    Et maintenant, que faire ?

    Comme le prouve Naomi Klein, [4] les crises sont utilisées, voire même provoquées pour casser les reins des travailleurs, pour brader les services publics. Cette crise fournit donc au gouvernement Harper une occasion en or d'affaiblir Radio-Canada. Assisterons-nous passifs à sa démolition ?

    Au début de la radio puis de la télévision, nos parents et grands-parents ont lutté pour que le Canada se dote d'un important service public dans ces domaines. Petit à petit, nous sommes en train de le perdre. Même si nous ne sommes pas toujours satisfaits de la façon dont Radio-Canada couvre les événements et passe sous silence certains grands enjeux, nous apprécions ce service public, et sa disparition affecterait grandement la qualité de l'information. En dépit du fait que ses revenus dépendent du gouvernement et de la publicité, la SRC a quand même un niveau d'indépendance plus élevé que les médias privés corporatifs.

    Quel geste sommes-nous prêts à poser pour la défendre ? Une lettre à M. Harper, à votre député, avec copie conforme aux partis d'opposition, peut avoir un impact plus grand que vous croyez. Voici leurs adresses-courriel : Premier Ministre : pm@pm.gc.ca Bloc Québecois : ducepg@parl.gc.ca NPD : layton.j@parl.gc.ca Parti Libéral : ignatieff.m@parl.gc.ca

    « N'oublie pas que ce sont les gouttes d'eau qui alimentent le creux des ruisseaux » chantait Jacques Michel. Notre solidarité peut faire la différence.

    Source: www.pressegauche.org

    Notes

    [1] Jacques B. Gélinas, Dictionnaire critique de la globalisation, p. 21, Écosociété, 2008

    [2] Claude Vaillancourt, Main mise sur les services, Écosociété, 2008

    [3] Jacques, B. Gélinas, Ibidem, p.41

    [4] Naomi Klein, La stratégie du choc, La montée d'un capitalisme du désastre, Leméac, Actes Sud, 2008,

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