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À voir à la télévision le samedi 11 avril - Le chaînon manquant

François Lévesque   11 avril 2009  Médias
Avec seulement trois films à son actif, le cinéaste québécois Philippe Falardeau est pourtant déjà à la tête d'une oeuvre reconnaissable et conséquente. C'est qu'il ne s'agit pas de n'importe quels films: La Moitié gauche du frigo, premier long métrage très remarqué, Congorama, primé aux prix Jutra et ailleurs et, récemment, C'est pas moi, je le jure, récompensé à Berlin. L'homme sait prendre son temps et choisir ses projets. Six années se sont écoulées entre son premier film et le suivant.

Une gestation fructueuse, à en juger par le résultat. Congorama est en effet un de ces rares films à s'inscrire de manière naturelle, et indélébile, dans une cinématographie nationale.

Michel (Olivier Gourmet, crédible et attachant) est un inventeur belge menant une existence familiale relativement pépère jusqu'au jour où il apprend qu'il est un enfant adopté et que ses parents biologiques seraient québécois. Le voilà donc à Montréal puis, rapidement, dans un petit bled du nom de Sainte-Cécile. Sur place, il rencontre un curé revenu de tout (trop rare Gabriel Arcand) et une des ouailles perturbées de ce dernier, Louis (Paul Ahmarani). Un accident de la route et un face à face insolite avec un émeu (d'où l'emploi du terme «insolite») agiront comme un agent révélateur auprès des deux jeunes hommes en quête de leurs origines.

Paradoxalement, c'est en pointant le spécifique que Philippe Falardeau parvient à ratisser très large. Car si Congorama est d'essence typiquement québécoise — le collègue Martin Bilodeau le comparait avantageusement aux premières oeuvres de Gilles Carle —, son thème principal, l'identité, est universel. Bref, l'objet d'étude, c'est la société, non le nombril d'un seul, et le champ exploratoire est le monde. Que l'étranger vienne au final éclairer le protagoniste sur son passé, ses racines (et vice versa), cela n'est pas accidentel. On pourrait en déduire qu'il est nécessaire de s'ouvrir à l'autre pour se comprendre soi-même. C'est une piste de réflexion; Congorama en lance plusieurs. Ce n'est pas la moindre de ses qualités.

Cinéma / Congorama - Radio-Canada, 19h
 
 
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