vendredi 10 février 2012 Dernière mise à jour 17h10
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Questions d'image - Le grand méchant Web

Jean-Jacques Stréliski   30 mars 2009  Médias
Ses ravages et autres dommages collatéraux sont désormais bien visibles; la crise économique aidant, on constate combien les organismes de presse et autres grands médias électroniques souffrent terriblement de l'omnipotence du Web dans notre monde.

Tout change, et tout change trop vite. Certains le déplorent, d'autres s'en réjouissent. Mais tous s'adaptent tant bien que mal à l'inéluctabilité de la chose. De grands journaux font faillite partout sur la planète (il y en aura d'autres). Radio-Canada va supprimer 800 postes. La décision est aussi politique, mais force est d'admettre que les chaînes de télévision privées et publiques sont durement touchées par la baisse des revenus publicitaires. Ce phénomène est récurrent dans tous les médias de masse. Et ce n'est pas fini.

L'industrie de la communication tout entière est malmenée, brinquebalée, bouleversée, le plus souvent fragilisée. Elle se remet donc en question, à juste titre. S'il est évident que l'arrivée de la technologie numérique est responsable en partie de certaines catastrophes économiques et humaines, il est fascinant de constater cependant combien les nouveaux médias, ou ceux qui ont prévu depuis plus longtemps ce mouvement domino, tirent désormais leur épingle du jeu.

Certaines mutations sont spectaculaires. Il suffit de naviguer sur quelques grands sites d'information ou d'intérêt public pour voir comment de grands prestataires de nouvelles — journaux ou télédiffuseurs — sont en train de s'établir non plus en tant que supports médiatiques, mais bien davantage comme des marques de contenu, spécialisé ou généraliste.

Les revenus publicitaires ne se sont pas envolés, bien au contraire. Ils sont simplement investis ailleurs, là où le plus grand nombre de consommateurs se retrouvent, discutent ou évoluent dans leur façon de consommer des contenus. En l'occurrence, de l'information. Ceux qui savent s'adapter se concentrent désormais sur le service qu'ils procurent et non sur le support qu'ils exploitent. Ce sont donc eux qui bénéficient le plus de la répartition de la tarte publicitaire.

Tous les patrons de presse le savent et le savaient: abattre des arbres pour chimiquement fabriquer de la pâte à papier et, au bout du compte, un journal instantanément jetable, constitue un modèle de gestion totalement révolu parce qu'indéfendable sur le plan économique et environnemental.

Tous savent aussi que le métier de l'information ne consiste pas à produire du papier, mais à «fabriquer de l'information», du contenu, autrement dit. Ce qui est vrai pour les journaux l'est tout autant pour les médias électroniques. De toute façon, le seul et unique support que nous consommerons demain sera un écran numérique, quel que soit sa forme, sa taille ou l'endroit où nous l'utiliserons.

Mais si les industries de l'information et de la communication sont touchées, celles de la production des images et des sons le sont tout autant. Les nouveaux produits, caméras et logiciels disponibles sur le marché permettent — avec une habileté certes professionnelle et un minimum de talent, et les jeunes en ont! — de produire des contenus artistiques de grande qualité à des coûts défiant toute concurrence. Le cinéma et la publicité en savent quelque chose.

Qu'importe le flacon, puisque nous ne désirons désormais que l'ivresse.

Pour comprendre ce qui se passe, il suffit d'observer nos propres schémas de consommation quotidienne et ce que nous exigeons du Web.

Nous apprécions la démarche citoyenne du Web ainsi que son aspect de facilitateur d'accès. Et là encore, nous ne sommes qu'à l'orée des grands boul1eversements dans nos habitudes marchandes. Les industries du tourisme ou de l'immobilier constatent chaque jour combien le Web s'affaire à supprimer les intermédiaires... et les charges qui viennent avec.

Les agents de voyage et les agents immobiliers ont raison de s'inquiéter des changements profonds de leurs consommateurs lorsque ces derniers désirent voyager ou trouver un logement. Vont-ils disparaître? Je ne le sais pas, mais je sais seulement que ceux qui survivront auront intégré la maîtrise du Web dans la pratique de leur métier. Ce qui n'est pas si simple.

Aujourd'hui la communication, la culture, le commerce. Demain la santé, l'enseignement, la religion, la politique. La civilisation numérique est en marche. Fait-elle peur? Sans doute. Est-elle idéale? Je ne crois pas. De plus en plus de voix s'élèvent pour dire que la crise économique actuelle appelle à de profonds questionnements et à une remise en cause des valeurs morales sur lesquelles s'appuie notre capitalisme à tout crin. Le Web offre un tissu social, citoyen, collectif, démocratique et créatif. Précisément les mots que j'entends le plus prononcer par tous ceux et celles qui réclament des changements.

N'ayons pas peur du grand méchant Web. Les internautes veulent changer le monde, eh bien qu'ils le changent! Car, après tout, ces internautes, c'est nous.

****

Jean-Jacques Stréliski est spécialiste en stratégie d'images.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Dany Leblanc
    Abonné
    lundi 30 mars 2009 09h46
    Le papier va devenir plus marginal
    Je me souviens qu'on se moquait de la prédiction que l'impression dur papier finira par disparaître, ou du moins, devenir plus marginale. Il faut dire que, dans les années 90, l'informatique a dépensé plus de papier que d'en économiser, puisque l'impression était devenue un jeu d'enfant et les gens en abusaient.

    Maintenant, les gens sont de plus en plus familier avec l'informatique et sentent moins le besoin d'avoir un rendu sur papier. Le papier va donc perdre de plus en plus d'importance au file des décennies.

    Dans certains secteurs, nous sommes encore beaucoup sur du papier, comme celui de l'agriculture dont je fais partie. Le papier est une perte de temps. Il faut sans cesse rétranscrire les mêmes informations et nous n'avons pas les logiciels qui gèrent efficacement l'information. Les impressions sur papier sont devenus archaïques et il faut s'en débarasser.

    Aujourd'hui, je me moque de ceux qui se moquait de ceux qui prédisait la fin de l'impressions sur papier .

  • Samuel St-Amour
    Inscrit
    lundi 30 mars 2009 10h53
    Des lacunes dans le système?
    Les choses changent, qu'on le veuille ou non. Nous pourrions d'ailleurs être surpris par les bénéfices apportés par ces changements. Toutefois, d'importants pans de l'économie reposent actuellement sur des activités qui sont ébranlées par Internet et les nouvelles technologies.

    Ce qui se trame en ce moment, une sorte de révolution, semble nous indiquer que nous avons des lacunes de plus en plus apparentes dans notre système, dans le capitalisme. Les revenus ne coulent plus - ou pas encore - aussi aisément dans l'univers web. Autrement dit, la gratuité offerte par Internet ne permet pas de compenser les sommes perdues dans les secteurs qu'il affecte.

    Est-ce que la mentalité de gratuité dont transpire Internet pourrait faire perdre quelques plumes au système capitaliste? Je crois qu'il serait bien de se pencher sur la question.

  • Jacques Morissette
    Abonné
    lundi 30 mars 2009 13h15
    Votre texte est très intéressant.
    Avec le Web qui prend de plus en plus de place dans la vie de tous les jours, les gens vont devoir de plus en plus apprendre par eux-mêmes, histoire de s'en servir au mieux de leur capacité personnelle. Les gens vont devenir de plus en plus dynamique, avec plusieurs canaux à leurs dispositions plutôt que très peu comme avant le web.

    Il y a du bon et du moins bon sur le web, un peu comme on en trouve normalement dans la société où l'on vit. Ce n'est pas pire ni mieux, c'est à peu près la même chose. C'est vrai aussi que le capitalisme va devoir refaire ses classes, avec tout ce à quoi nous assistons dans ce crise que nous passons en ce moment.

    JM (Montréal)

  • Jean Pageau
    Abonné
    lundi 18 mai 2009 04h39
    mon cadeau
    a mes 70 ans je me fis le plus beau cadeau je m achetai un ordinateur portable puis un écran de 20 pcs comme si ce n était pas suffisant je me suis un ampi et des haus parleurs je suis curieux je me suis abonné uao devoir com j étais tanné ben raide de me salir les doigts je ne regrette rien comme le chante si bien éd piaf jeanpageau@globetrotter com

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
4 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012