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Les gros blues du disque

L'industrie musicale est en profonde crise: quel est avenir du disque et de la musique?

Les chiffres sont catastrophiques: l'industrie du disque s'écroule dans un immense fracas. La faute à Internet... et aux erreurs d'une industrie qui a longtemps vécu dans une bulle. Les Rencontres québécoises de l'industrie de la musique auront lieu dans trois semaines: l'occasion de se demander si le disque et son industrie ont un quelconque avenir.

Au Cégep du Vieux-Montréal, en ce matin de mi-mars gorgé de soleil, Chloé et Martin bavardent sur l'esplanade de la rue Ontario. Une cigarette dans la main gauche, ils manipulent de l'autre leur lecteur MP3. On demande: amateurs de musique? Ils confirment. «Et ma musique, moi, je la télécharge», dit Chloé. Qui précise: «Illégalement.»

Il n'y a rien là d'original: le monde entier télécharge sa musique, en grande partie de manière illégale (à 95 %, soit 40 milliards de chansons l'an dernier, selon l'IFPI — la Fédération internationale de l'industrie phonographique, organisme qui représente 1400 membres de l'industrie répartis dans 72 pays).

Les conséquences sont éloquentes: le CD se meurt. L'IFPI calcule que les ventes de l'industrie de la musique ont totalisé 19,4 milliards en 2007. Ça demeure beaucoup d'argent. Mais c'est 15 % de moins qu'en 2003.

Il y a neuf ans, il s'était vendu 2,45 milliards de CD dans le monde, d'après l'IFPI. Ce sera vraisemblablement un sommet historique, car en 2007 l'industrie était revenue aux chiffres de 1993 avec environ 1,5 milliard de ventes. Une régression de 15 ans qui fait mal aux coffres.

Le Québec et le Canada ne font pas exception. Au pays, la firme de référence Neilsen Soundscan a calculé une diminution de 14 % des ventes de CD entre 2007 et 2008. L'Association de l'industrie canadienne de l'enregistrement (CRIA) a d'ailleurs ramené en mai dernier de 50 000 à 40 000 le nombre de copies à vendre pour obtenir un disque d'or.

Au Québec — où le mouvement de rejet du CD est venu avec un certain décalage —, les ventes d'enregistrements sonores ont baissé de 15 % en 2008, de plus de 30 % depuis 2004. Et le phénomène va s'accélérant.

Les impacts se font donc sentir dans les poches des artistes, mais aussi dans celles des autres intervenants de l'industrie. Les distributeurs écopent: à Montréal, Fusion III a fait faillite en février. DEP a dû réduire ses effectifs de 20 %. Partout, c'est difficile.

Les magasins de disques, eux, suivent la tendance. «On est obligés de dynamiser notre offre», indique Charles Bruneau, directeur des achats chez Archambault. «Dynamiser l'offre», ça veut dire diminuer l'espace-disques pour vendre des livres, des DVD, des instruments, des partitions, des revues. Ça veut aussi dire tenir des inventaires plus modestes.

«C'est très préoccupant, estime en définitive Solange Drouin, directrice générale de l'ADISQ. Les baisses sont importantes, je connais peu d'industries qui ne qualifieraient pas "d'énorme" ce qui nous arrive.»

Nouvelle économie

Qu'est-ce qui arrive, au juste? C'est simple et complexe à la fois: l'industrie doit trouver les moyens de rentabiliser les nouvelles habitudes de consommation de la musique. Car si la libre circulation de celle-ci a des effets positifs, elle possède aussi le grand inconvénient de ne pas mettre d'argent directement dans l'industrie. Problème.

Le téléchargement légal fait certes des progrès. Au Québec, les ventes de pistes numériques ont augmenté de 480 % entre 2005 et 2008, et les ventes d'albums numériques, de 537 %, selon l'Observatoire de la culture et des communications du Québec. Chiffres intéressants... mais il est facile de faire des bonds de géant quand on part de zéro. Le numérique ne compte pour l'instant que pour 7 % des revenus de l'industrie au Québec, contre 18 % au Canada et 32 % aux États-Unis.

La situation affecte donc grandement les compagnies de disques, autrement habituées à profiter d'un marché payant. «Si ça se trouve, il n'y a même plus d'industrie du disque», indique ironiquement Duncan McKie, président de l'Association canadienne des producteurs de disques indépendants (CIRPA). «C'est devenu tellement difficile de faire de l'argent dans le contexte actuel, c'en est ridicule.»

«L'industrie a vécu plusieurs changements de formats au fil des ans, rappelle Graham Henderson, président de l'Association de l'industrie canadienne de l'enregistrement (CRIA). On est passé du vinyle à la cassette, puis au CD. On changeait, mais ça allait parce que la taille de l'industrie grossissait toujours. Alors que depuis que le digital est là, la tarte se réduit.»

Moonwalk

Gros changement pour des compagnies de disques qui ont fait beaucoup de fric pendant une trentaine d'années. Dans son livre Appetite for Self-Destruction (Free Press, 2008), qui raconte la chute du CD à l'ère du digital, le journaliste américain Steve Knopper rappelle la période folle du disco, durant la deuxième moitié des années 70. Les grandes compagnies du disque casquaient alors à coups de millions.

Quand ce phénomène est mort, trois autres ont pris la relève pour garnir les poches de l'industrie. L'un faisait du moonwalk avec un gant — Michael Jackson et l'incroyable succès de Thriller en 1982. L'autre s'appelait MTV et a complètement révolutionné la façon de promouvoir la musique. Le dernier a poussé le vinyle dans les livres d'histoire: le CD, mis sur le marché en 1983.

L'époque CD en fut une de grandes années pour l'industrie. Le public renouvelait sa discothèque et achetait de nouveaux disques qui se vendaient en moyenne 17 $ (contre 9 $ pour les vinyles). Les compagnies se frottaient les mains, les mélomanes casquaient. Des produits abordables comme les singles ont carrément disparu: pourquoi permettre à quelqu'un d'acheter les deux ou trois chansons qu'il aime pour quelques dollars si on peut lui vendre un album complet beaucoup plus cher?

Et ça marchait: Steve Knopper relate dans son bouquin à quel point le marché est devenu fou dans les années 90, avec des productions et des campagnes de publicité de plusieurs millions de dollars. L'argent sortait, l'argent rentrait, tout le monde était content. Ou presque.

Bulle

Dans cette bulle financière, l'industrie n'a pas vu venir Internet et n'a pas anticipé ses immenses possibilités. Quelques erreurs stratégiques plus tard, elle en paie le prix. En collectionnant les fichiers MP3 téléchargés gratuitement par Napster (à partir de 1999), les mélomanes renvoyaient à l'industrie cette question: pourquoi payer cher pour un produit qu'on peut avoir gratuitement dans notre salon?

«L'industrie a raté le coche à ce moment, analyse l'économiste Claude Martin, professeur à l'Université de Montréal. Les prix étaient beaucoup trop élevés, mais les grandes compagnies pouvaient imposer ce qu'elles voulaient. Sauf que, lorsque le format est devenu copiable [apparition des graveurs de disques] et qu'on a pu trouver ce qu'on voulait gratuitement sur Internet, c'est devenu apparent qu'elles couraient à leur propre perte.»

Autre erreur: la première réaction des grandes compagnies devant la popularité de Napster fut de lancer des poursuites contre le site et ses usagers. Le public en a gardé un sévère arrière-goût. Et pendant que les compagnies poursuivaient et refusaient de signer une entente avec Napster, les ingénieurs d'Apple développaient de leur côté le site iTunes, devenu depuis le plus grand détaillant de musique au monde.

Comment maintenant s'ajuster? Personne n'a encore trouvé de réponse précise, mais l'urgence d'agir se fait sentir. Au Québec comme ailleurs.

«On ne change pas seulement de support, indique Solange Drouin. On change l'économie de l'industrie, la façon de commercialiser la musique. Il faut voir l'ampleur du changement comme ça: est-ce que chaque artiste, dans cette nouvelle économie où on essaie de vendre des chansons à la pièce et où on combat le piratage, va arriver à atteindre une masse critique suffisante pour vivre de sa musique? Et est-ce que l'ensemble de la chaîne [distribution, maisons de disques, etc.] pourra être alimenté?»

Le débat est ouvert.
 
 
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  • Sébastien Desjardins
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 06h48
    Sauvons le chaland !
    La musique existe de tout temps et elle continuera d'exister.

    Possédant à elle seule les moyens techniques, l'industrie du disque exerçait un monopole. Les artistes n'étant que des bêtes servant à faire avancer la grosse charette de l'industrie.

    Internet change tout. L'artiste peut maintenant créer et diffuser lui-même, ce qui est un progrès immense. Continuer à financer l'industrie revient à payer pour un chaland alors qu'un pont existe maintenant pour traverser la rivière.

    Puisqu'un artiste ne peut être bon dans tout, pourquoi ne pas pousser l'audace plus loin en regroupant les artistes au sein d'une (ou de plusieurs) coopérative pour se donner les services dont ils ont besoin (promotion, organisation, distribution, ...)? Ils récolteront ainsi la part du lion que l'industrie conserve actuellement.

    Le défi des artistes est de trouver une façon de posséder leur propre véhicule qui leur permettrait de vivre convenablement de leur art. Comme à chaque changement majeur de technologie, une fenêtre s'ouvre durant quelques temps, permettant à plusieur d'entrer dans un domaine. Lorsque les chevaux ont été remplacés par l'automobile, il existait une foule de constructeurs et il était relativement facile de démarrer la fabrication d'automobile. Maintenant, qui pourrait devenir fabricant d'automobile ?

    Aux artistes de profiter de cette fenêtre avant que les gros joueurs n'imposent leurs règles, et cela pour plusieurs années...

  • Zach Gebello
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 09h00
    Les oiseaux chantent gratuitement
    Toute cette folie d'industrie de la musique ne tenait qu'à la surconsommation entretenue par une économie débridée qui ne repose que sur le pillage et gaspillage des ressources naturelles.

    Il y a un autre phénomène en progression sur l'Internet dont vous n'avez pas parlé, c'est la production et diffusion de musique par M. et Mme Toutlemonde. Les logiciels sont maintenant à ce point sophistiqués quils permettent de reproduire tous les instruments et faire tous les agencements. Mon fils en fait lui-même et c'est franchement bon. Il charge sa musique sur des sites dédiés où tous peuvent écouter, commenter, évaluer, et biensûr apprécier et télécharger.

    Mon fils m'a donné son tout premier CD la semaine passée.

    Le printemps arrive avec le chant des oiseaux.

  • Robert Geoffrion
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 10h04
    Que tombent les statues!
    Hier, Mme Payette parlait dans sa chronique de déboulonner les statues afin de changer le monde. Voilà un exemple de statue qui tombe. Et je m'en réjouis.
    Les compagnies de disques ont longtemps exploité les artistes. Merci à la technologie d'avoir changé la donne.
    Maintenant, au tour des artistes à se prendre en main. Le marché québécois pourrait bien s'y prêter. Une idée: regroupez-vous, créez un site web et vendez vous même le fruit de vos créations en empochant plus d'argent qu'auparavant et ce même si vous vendiez vos chansons à prix moindre qu'actuellement. Tout le monde serait gagnant.
    C'est le début d'un temps nouveau...

  • Lukas Lafond-Rivard
    Abonné
    samedi 21 mars 2009 10h31
    Pour une révolution musicale
    J'ai acheté neuf albums cet année. Le dernier album que j'ai acheté coûtait 9.99 sur iTunes et 21.99 en magasin. Être étudiant, c'est savoir jouer avec ses économies. Je télécharge, "illégalement" beaucoup de CD. J'écoute intensément, j'achète ce que j'aime beaucoup, mais je continue de détenir ces CD illégalement.

    Pour aider les artistes (et non pas l'industrie), nous pouvons, aller voir plus de shows, acheter leurs albums sur le web (le matériel est de moins en moins in, en passant!), parler de nos artistes préférés au monde qui nous entoure. Commenter les albums sur le web. Je suggérerais même une taxe volontaire et anonyme à la SOCAN pour signifier les albums qu'on a téléchargés sans payer.

    Des groupes comme Misteur Valaire se sont fait connaître par leurs prestations démentes et leur album gratuit. Les gars sont parmi les artistes les plus en vue de la scène montréalaise.

    Le téléchargement illégal fait surtout mal aux géants de l'industrie musicale. Il n'a jamais été aussi facile, avec internet de se faire connaître.

    Je crois fermement qu'un nouvel âge musical va poindre le jour.

  • Luc Archambault
    Abonné
    samedi 21 mars 2009 10h50
    Le complexe industriel Internautique maitre en piratage de contenu « gratuïsé »
    Les libérateurs d'artistes exploités font fausse route en prétendant libérer les artistes par l'appropriation gratuite du contenu libéré de droits par l'industrie Internautique. Personne n'est libéré de quoique ce soit sauf des ses responsabilités. Cela participe à la promotion d'un capitalisme de spéculation qui prône l'irresponsabilité sociale, sociétale, culturelle économique et politique des entreprises qui n'ont plus que des devoirs envers elle-même et les dirigeants qui les contrôles pourvu que les actionnaires y trouvent leur compte, et encore... cet intérêt est relatif cependant que ces dirigeants détournent à leur profit les profits des ationnaires, peu importe leur rendement, jusqu'à détourner ensuite les fonds public venus à leur rescousse. C'est le capitalisme de piratage des grandes eaux. Rien de bien révolutionnaire et responsable.

    Les coopératives dont parle Sébastien Desjardins dans sa réaction à l'article « Les gros blues du disque » pourront produire, diffuser et vivre à même quels revenus si le contenu est toujours libéré de droits par le piratage ? Des prestations publiques à répétitions jusqu'à épuisement des artistes, qui n'ont plus le temps de créer leur oeuvre, et pour des miettes, de la survie sans lendemain ? Internet par la multiplication de l'offre crée un monstre ou la loterie des révélations électives peut éventuellement donner à telle musique de tel groupe ses quinze minutes de gloire, contenant déjà sa propre désuétude remplacée aussitôt par un autre engouement aussi volatil est incertain.

    Les seuls à y trouver leur compte : les magnats du complexe industriel internautique, qui ont la fâcheuse habitude du piratage. Des pirates qui s'approprient gratuitement des contenus pour donner quelque valeur à leur vente d'abonnements et coûts de lignes et justifier le coût d'achat des équipements utiles, ordinateurs, terminaux, téléphones, baladeurs et autre quincaillerie numérique, une fois que tout le monde a son lecteur CD, il faut bien trouver quelque chose d'autre à vendre... Dont acte, In'importe quoi qui soit « l'fun ». Y compris le mythe de faire suer les multinationales de la musique... Oubliant de considérer aussi l'effet tout aussi délétère sur les entreprises nationales de moindre importance partout dans le monde. Dont nos propres entreprises de production, de diffusion et de distribution qui ont fait de notre musique québécoise ce qu'elle est, et elle n'est pas toute le fait des multinationales.

    En fait, il n'est pas question de libérer ni la musique ni les artistes, il n'est question que de faire passer le contrôles, la puissance et la richesse d'un monopole industriel à un autre complexe industriel, tout simplement. C'est le complexe industriel internautique qui prend d'assaut le complexe industriel de la musique et du spectacle. On est loin de la révolution culturelle...

    Ce qui du reste n'est qu'un volet de cette appropriation pirate d'entreprise comme GOOGLE qui s'approprient actuellement le contenu des grandes bibliothèques gratuitement contre sa numérisation pour en avoir l'exclusif contrôle et pour l'exploiter et le vendre impunément sans que quiconque puisse protester. Il s'agit du casse du millénaire. Une entreprise privée a fait main basse sur l'entier contenu culturel livresque de l'Humanité, sans payer aucun droit et pour l'éternité en tirer profit.

    Les utilisateurs qui pensent faire la révolution sont manipulés par des requins habiles camouflés en promoteur de la gratuité, de l'irresponsabilité.

  • Brun Bernard
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 11h10
    Tant mieux...
    ...que cette industrie tombe dans ses problèmes. Elle a aussi volé des milliers d'artistes et des milliards de passionnés de musique.

  • Pierre Poisson
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 11h35
    Trop cher !!!
    Je n'achète pratiquement plus de CD depuis 3-4 ans car ils sont trop cher, mes acquisitions de CD antérieur me suffise pour vivre à présent et Internet n'a rien à voir dans la baisse de mes achats, Internet a le dos large pour les majors, le problème revient aux majors qui ont trop attendus pour proposer de la musique sur Internet, comme toute industrie il y a une fin qui survient dans le temps, c'est le juste équilibre des marchés.

  • Eric Allard
    Abonné
    samedi 21 mars 2009 12h28
    Les artistes possedent la solution
    Pour poursuivre sur l'élan de M. Desjardins, les artistes ont en leur possession la solution.

    Que l'industrie de l'impression de disques se plante, personne ne va pleurer. Et les seuls artistes qui vont vraiment pâtir, ce sont les groupes de pop temporaires créés de toutes pieces par les grandes compagnies de disques afin de générer des revenus. De la musique qui a plus a voir avec le marketing et l'hyper-publicisation que le talent.

    Mais les artistes qui s'appuient sur leur talent vont pouvoir récupérer les revenus qui auraient dû leur revenir de droit. Il est sur que tous les groupes vont vendre moins de musique, mais en récupérant les revenus, ils vont être quittes. Et ils vont pouvoir faire comme plusieurs bands qui ont un succes fou, c'est-a-dire donner le droit a ceux qui achetent leurs disques de le reproduire pour leurs amis, afin que ce soit leur base d'amateurs qui fassent leur promotion (voir le site de Dave Matthews Band, un exemple entre beaucoup, leurs albums sont automatiquement platine a la sortie).

    Alors, que meurent les dinosaures et que survive l'artiste!

    Eric Allard

  • André Lavoie
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 13h41
    Où est la musique?
    Avant de vendre de la musique, il faut la trouver. Quand la majeure partie de ce qu'on entend c'est ce que nous pousse Pédaleau pis sa gang, on peu faire une piastre... mais pas deux.
    Et la piastre qu'on va faire ne viendra pas de moi.
    Si de plus l'industrie, pour faire une autre piastre, nous présente des auteurs en boucle de compilations ou de collectifs, ce n'est pas ça qui va m'amener chez le discaire.
    Si Ariane vit mieux de ses compositions, elle vas en faire d'autres.

  • jacques noel
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 14h47
    Irma en Italie et en Argentine
    je viens d'entendre la chanteuse Irma, à Radio-Canada, dire qu'elle avait tourné ses vidéos (subventionnés par nos taxes) en Italie et en Argentine. Pas à dire nos artistes en arrachent vraiment...

  • Nic 0
    Inscrit
    samedi 21 mars 2009 20h19
    les disquaires et les oiseaux ne sèment ni ne moissonnent
    Un gros merci à l'auteur de cet article, peu de journaliste
    Ont pris réellement le temps de poser un regard objectif sur la question depuis cette révolution. On nous gargarise un peu tout le temps la même chose. D'un côté il y aurait les artistes subventionnés qui produisent des cd ; d'un autre, les méchantes multinationales de l'industrie qui s'écroulent, (lesquelles chez-nous ? à part Sony pour Celine et Gregory) et qui s'enrichissaient vilainement autrefois au dépens des artistes, et d'un autre, les artistes de la nouvelle ère, ceux qui produisent, et distribuent avec l'aide d'internet. En fait, ce qui est intéressant à travers tout ça est de savoir si au bout de la ligne la musique est meilleure avec l'avènement du mp3... Faisons un petit sondage pour voir?! mais enfin, on décuplent les possibilités de transmission, même si l'harmonie est mauvaise. Est-ce que que faire des spectacles, ou festivals (où il est possible de rentabiliser une oeuvre) devient ipso facto la norme pour la chansons émergeante ?
    Il serait intéressant de savoir aussi ce qui se passe avec les maisons de disques ordinaires au Québec, qui essaient maintenant tant bien que mal de proposer des disques d'artistes ordinaires pour le peuple, et je ne parle pas nécessairement de Star Academy. La force de votre article est qu'il amène encore plus de questions qu'il en résout.

    S'en va-t-on vers un marché encore plus subventionné ? Sera-ce la fin du Cd et des disquaires à moyen termes pour les artistes qui envisagent une carrière? Finalement est-ce qu'on retourne au années folles ou le 78 tours allait bouleverser le marché et faire en sorte que produire un album de chansons serait non possible mais bienvenus dans un marché friand d'un produit fini non crées pour le spectacle... bref, plus de questions que de réponses. Certes, se fier au flair des chroniqueurs de disques dans les médias demeure important pour celui qui veut se protéger les oreilles ou investir dans un album ou simplement télécharger à l'unité

  • BERTRAND LEGER
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 08h55
    Faut taxer les ISP !
    Les seuls qui font encore de l'argent avec les chargements de musique sur Internet : Les ISP (Internet Service Providers).
    Quand je leur verse 30$ par mois pour me brancher, une partie de ce 30$ devrait être versée aux artistes, tout comme les câblo-distributeurs paient pour avoir telle ou telle chaîne.
    Actuellement, les ISP empochent et gardent tout pour eux !
    C'est leur tour de casquer !
    Quant aux compagnies de disques, qu'elles ne viennent pas pleurer sur mon épaule, quand même !!!

  • jacques noel
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 10h17
    la drôle de vie d'Ima
    c'est son dernier clip tourné dans la grande misère de la Cote Almaphitaine. La misère vous dis.

    http://www.youtube.com/watch?v=bqNyUe8JOrw

  • Sébastien Desjardins
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 12h02
    En groupe pour faire face aux défis
    Suite au commentaire de Monsieur Archambault, je voudrais mentionner que le fait de se regrouper ne dispensera pas les artistes de réfléchir sur les nouvelles façons de créer et difuser leur art pour faire en sorte d'en vivre convenanblement. Lorsque je propose une coopérative, ce n'est pas pour remplacer une grosse compagnie par une autre qui appartiendrait aux artistes.

    Il faut non seulement modifier la propriété des moyens de production et de diffusion, mais aussi utiliser cette même créativité pour inventer de nouvelles façons de faire de la musique. Si, comme je le crois, la diffusion de morceaux de musique sera de moins en moins rentable en soi, il faut peut-être voir cette activité complémentaire à d'autres activités de l'artiste.

    En bout de piste, la logique actuelle de gros volumes de vente d'un artiste à coup de promotion immense pour créer une poule aux oeufs d'or pour une compagnie de disque fera peut-être place à une multitude d'artistes à plus petit volume, mais qui pourront gagner honorablement leur vie (sans avoir de château à la Céline) et rejoindre chacun leur public, public qui ne sera plus captif des choix musicaux des patrons de l'industrie.

  • Mathieu Lachaîne
    Inscrit
    dimanche 22 mars 2009 14h37
    à quand un bouton "DONATE" Paypal ?
    Sur Internet, énormément de gens partagent des l'information, des guides et manuels, même des livres, qu'ils ont eux-même créé. Ils donnent ces oeuvres gracieusement, mais en retour apprécient lorsque des gens qui aiment énormément leur création leur remettent un petit quelque chose.

    Ils font cela au moyen d'un bouton "Paypal - Donate" qui demande un don.

    Quand les artistes auront-il le courage de mettre ce bouton sur leur page web ? Oui, je télécharge, mais quand j'aime, j'aimerais pouvoir redonner. Et directement. Pas via les gros gras de labels du disque.

    De plus, je confirme que comme un précédent intervenant, c'est trop cher. Quand ils ont doublé le prix des CD versus les cassettes, alors que les cassettes coûtaient plus cher à produire, ils m'ont perdu. Et la même chose arrivera à l'industrie du cinéma et ses DVD, qui eux aussi ont "fait la passe" versus le VHS.

    Et le pire, ils n'ont pas compris... un Blu-ray coûte la même chose à produire qu'un DVD, mais est vendu 2x le prix... (qui était déjà 2x le prix d'un VHS).

  • Kassiopee
    Abonnée
    dimanche 22 mars 2009 16h06
    Mort aux cd!
    Le problème principal des producteurs de musique? Le support. Ils se sont remplis les poches avec le passage au cd, et maintenant plus personne ne veut payer 20-25$ pour un album qui va être bon pour les poubelles à la première égratignure. Sans compter le boîtier qui risque de se rompre dès le déballage. Vive le numérique!

  • Clément Fontaine
    Inscrit
    lundi 23 mars 2009 14h13
    N'importe quoi !
    C'est une grave erreur de mettre tous les producteurs de disques dans le même panier, comme si, en leur qualité d'intermédiaires entre les artistes et le public, ils étaient forcément des profiteurs. Il est vrai que les plus gros s'en sont mis longtemps plein les poches, au détriment dans certains cas de plusieurs de leurs artistes mais le plus souvent avec la complicité de leurs grosses vedettes, qui peuvent ensuite réclamer des cachets mirobolants pour se produire en spectacle. Mais la grande majorité des enregistrements mis sur le marché le sont par des PME, comme dans n'importe quel autre domaine de l'activité économique et culturelle. Certains d'entre eux le font par conviction et passion bien davantage que par appât du gain et il n'est pas rare qu'ils y laissent leur chemise. Télécharger illégalement revient à affaiblir le principal moteur de diffusion de la création musicale, car ce ne sont pas tous les artistes qui peuvent se transformer en producteurs et vendre eux-même leurs compositions sur le web.

    Et puis aimez-vous tant que ça engranger sur vos maudits iPod de la musique à la pièce, en l'absence de livret d'accompagnement, et même de photo de couverture, avec RIEN à vous mettre sous les yeux et entre les mains? Pour ma part, je reste attaché à l'objet qui m'apporte un complément indispensable à la jouissance du contenu musical.

    Je pensais que les lecteurs d'un journal comme Le Devoir pouvait faire preuve de plus de discernement dans leurs jugements en cette matière. Et que dire de nos journalistes du domaine culturel qui semblent incapable d'analyser la situation et de faire la part des choses?

    Cependant, je soupçonne que les nombreux pourfendeurs du CD ne cherchent qu'un prétexte pour pirater sans remords les contenus musicaux, comme ils souhaiteraient pouvoir le faire pour tout le reste en se donnant bonne conscience. Ils me font penser aux manifestants qui vandalisent indifféremment tous les commerçant sur leur passage en prétendant protester contre les abus du système capitaliste, la répression policière ou Dieu sait quoi encore.

  • Luc Archambault
    Abonné
    lundi 23 mars 2009 22h23
    Yann Perreau... parle de piratage...
    Mort au CD dites-vous !?

    Entièrement d'accord avec Clément Fontaine. On tente ici de justifier la gratuité et le piratage. Piratage : s'approprier sans payer ce qui appartient à d'autre, sous prétexte fallacieux de piller les riches. N'importe quoi en effet !

    Lu dans RueFrontenac. 2009 03 23

    http://www.ruefrontenac.com/spectacles/2624/2624

    En mode survie

    Artiste farouchement indépendant, Perreau produit ses disques. Et il espère que ce statut va inciter les gens à ne pas pirater son oeuvre, tant sa survie en dépend.

    «Ce disque, c'est mon testament, dit-il, en saisissant l'album placé devant nous et en le cajolant. J'ai refusé des contrats d'artistes dans le temps. C'est mon troisième album et après le troisième disque, il n'y a plus de subventions de Musicaction. J'espère qu'il va marcher, qu'il va plaire aux gens, mais c'est peut-être le dernier disque que je vais produire. J'ai tout mis là-dedans.

    «Les 10 000 $ de la bourse de Gilles Vigneault gagnée l'automne passé, je les ai mis là-dedans. J'ai rien gardé. J'ai même remis mon salaire de musicien, d'artiste et de chanteur dans le projet. Ça intéresse peut-être moins le monde, mais les gens doivent être au courant de cette réalité-là, en tant que fans. Si le monde pirate, des disques comme ça, il va y en avoir de moins en moins.

    Bref, ce disque-là, ça va pas être bar open. Et quand je vois des bands comme Blur et Radiohead qui disent que l'on ne devrait pas légiférer sur le piratage, je trouve ça injuste. Eux, ils ont fait leur cash à l'époque où il n'y avait pas d'Internet.»

    Au-delà de la survie financière individuelle des artistes, Perreau y voit une perspective de société fort importante. De nos jours, Perreau ainsi que des collègues tels Dumas, Malajube et Karkwa font preuve d'audace. Mais si les jeunes artistes actuels ne peuvent véritablement laisser leur marque, qui définira le moment présent?

    «Nous sommes ceux qui font la culture. Les artistes dans la vingtaine et la jeune trentaine, ce sont nous qui définissons la culture aujourd'hui. J'ai un respect immense pour Beau Dommage, mais ce ne sont plus eux qui définissent la culture de nos jours. Ils l'ont fait quand ils avaient notre âge.»

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