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S'informer par Internet et par les agences de presse

Paul Cauchon   23 février 2009  Médias
Internet est une source d'information dont l'importance grandit sans cesse. En voici un autre exemple.

Le magazine Branchez-vous publie aujourd'hui un sondage SOM réalisé du 26 janvier au 3 février auprès de 923 adultes québécois. À la question «Quel média utilisez-vous le plus souvent pour vous informer?», 41 % ont répondu la télévision, 30 % Internet, 19 % les journaux et 10 % la radio.

Internet arrive même en première position comme source d'information dans le groupe des jeunes de 25 à 34 ans (46 % répondent qu'ils s'informent d'abord par Internet, et 31 % par la télévision).

On prendra note que le journal arrive en 2e place à partir du groupe de 55 ans et plus!

Ce sont des données qui s'additionnent à tous les autres sondages publiés au Canada et aux États-Unis depuis deux ans, qui démontrent la même tendance et qui font angoisser les éditeurs de journaux.

Le sondage Branchez-vous/SOM livre une autre donnée intéressante: 77 % des répondants affirment avoir très ou assez confiance dans les informations véhiculées par la télévision, la radio et les journaux, alors que 54 % disent la même chose pour Internet. Autrement dit, 46 % des répondants font peu ou pas du tout confiance à Internet comme source d'information, mais pour les trois autres médias cette «non-confiance» se situe autour de 22 %.

Peut-être que cette méfiance envers Internet traduit l'imprécision du terme «information». Car lorsqu'on demande aux gens quel média ils utilisent pour s'informer, qu'entend-on exactement par information? Prendre les nouvelles du jour sur le site de Radio-Canada, du Devoir ou Cyberpresse, ou consulter les sites de potins ou certains blogues douteux pour savoir si Paris Hilton... ou un joueur du Canadien ont été vus complètement saouls?

D'autres sondages ont déjà démontré que les sites d'information les plus consultés par les internautes sont, dans leur grande majorité, des sites de médias reconnus qui existaient avant dans le monde «traditionnel».

La semaine dernière, la firme Nielsen Online publiait la liste des sites d'information les plus fréquentés aux États-Unis en janvier. Les dix premiers sont presque tous liés à de grandes entreprises qui existaient déjà, comme CNN ou le New York Times.

On trouve dans le «top ten» trois entreprises purement Internet, soit Yahoo News, AOL News et Google News. Mais à partir de quel matériau ces entreprises fabriquent-elles leurs sites de nouvelles? À partir des agences de presse et des grands groupes de presse avec qui elles signent une entente.

On remarquera que, sur cette immense Toile où l'on s'informe de plus en plus, ce sont les agences qui fournissent la grosse part du contenu, et leur rôle est également en transformation.

La semaine dernière, un article de The Economist démontrait bien la pression actuelle sur les grandes agences.

D'un côté, elles font face à des pertes de revenus parce que des journaux en crise financière diminuent leurs abonnements. Il y a 20 ans, les journaux imprimés représentaient 55 % des revenus d'Associated Press (AP). L'année dernière, ils ont représenté 25 % de ses revenus.

Mais, de l'autre côté, les sites Internet sont littéralement affamés de contenus que, souvent, seules les agences peuvent fournir.

Les agences revoient donc leurs stratégies et tentent de développer de nouveaux services pour compenser le manque à gagner des journaux. Des entreprises comme Reuters et Bloomberg fournissent de plus en plus du contenu exclusif aux sites Internet. CNN vient d'annoncer qu'elle entend créer bientôt CNN Wire, une nouvelle agence qui veut concurrencer AP en offrant ses services aux journaux à un coût moindre qu'AP.

Au Canada, La Presse canadienne est également sous pression, alors que des entreprises comme CanWest s'organisent de plus en plus pour créer leur propre agence qui fournit l'information à tous les médias du groupe.

On peut facilement prédire la naissance de nouvelles entreprises spécialisées dans la livraison de contenus d'information. D'ailleurs, TQS le fait déjà, en faisant produire ses petits bulletins de nouvelles du week-end par une petite entreprise d'information privée.

***

pcauchon@ledevoir.com
 
 
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  • Brun Bernard
    Inscrit
    lundi 23 février 2009 09h08
    Pas si certain...
    « Mais, de l'autre côté, les sites Internet sont littéralement affamés de contenus que, souvent, seules les agences peuvent fournir. » Ce n'est pas si certain que ça.

    Vous avez l'exemple de l'incendie de la tour de la chaîne de télévision chinoise CCTV à Pékin récemment. Le flux d'informations circulait déjà alors que les grandes agences de presse ne s'en était pas fait l'écho. Il existe donc des sources spontanées, permanentes et continues d'informations brutes qui sont les lecteurs eux-mêmes, devenus acteurs par occasion. C'est ce grand bouleversement qu'il faut désormais prendre en compte. Les agences ne peuvent pas grand chose à ce sujet. La guerre du Liban aussi nous a révélé que les infos venaient plus rapidement par les gens possédants des cellulaires et des liaisons Internet. Bien avant les Agences nous savions ce qui se passait. Le problème st que si on va vers une régulation de l'Info dans Internet, s'en sera fini de la liberté d'expression. « Seules les agences » ne nous donnent plus d'infos. Si vous avez des relations pertinentes en termes de possibilité d'analyses dans l'endroit où se asse un évènement, vous savez bien avant les Agences et leurs tentations à manipuler, ce qui s'y passent. Une Agence sait-elle mieux qu'un vénézuélien intelligent, informé, articulé, sur ce qui se passe objectivement dans son pays? Pas si sur. Merci.

  • Claude Stordeur
    Abonné
    lundi 23 février 2009 11h12
    la bonne information la plus juste vient de plusieurs sources qui se recoupent
    Dans le temps, chaque salle de rédaction avaient ses reporters sur le plancher des vaches et en en lisant 2 ou 3 on pouvait se faire une idée plus exacte de la situation.

    Maintenant,pour une question de bénéfice versus cout, les agences de presses si peut nombreuse, fournissent le même texte, photos, vidéo à tout les moyens de communication qui fournissent la même information et image à travers le monde.
    Exemple de la même vidéo de reportage à CNN, TV5 et LCN ou CBS.

    Le net avec ses milliers de reporters bénévoles qui expédient les images sur le net, permet de de nouveau recouper les informations et surtout passer au dessus de la censure des chinois ou de Sarkosy en passant par Québec ou Ottawa...

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