Le milieu culturel demande au CRTC de réglementer le contenu d'Internet
Début hier de la grande audience du CRTC sur les nouveaux médias, qui se poursuit jusqu'à la mi-mars. Des visions opposées s'affrontent sur la pertinence de réglementer, ou non, le contenu d'Internet.
Gatineau — Les artisans de la télévision et du cinéma ainsi que des militants du milieu culturel ont exhorté hier les autorités canadiennes à créer rapidement un fonds pour la production de contenu canadien d'Internet et les autres nouveaux médias, semblable à celui qui existe déjà pour la télévision.
L'argent proviendrait des fournisseurs de services Internet et de téléphonie sans fil comme Vidéotron, Bell et Rogers, qui pourraient y verser jusqu'à 3 % de leurs revenus annuels. Cette contribution ne devrait pas se faire au détriment de leur contribution au Fonds canadien de télévision.
Pour l'ACTRA (Alliance of Canadian Cinema, Television and Radio Artists), qui représente 21 000 professionnels du milieu de l'audiovisuel, il serait tout à fait normal que les fournisseurs de services financent les émissions et les autres capsules destinées à Internet et aux portables puisqu'elles tirent des profits importants de leur diffusion.
Cet avis est partagé par le président de la Conférence canadienne pour les arts, Alain Pineau, par la Guilde canadienne des médias ainsi que par l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ), qui ont tous témoigné hier devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, à Gatineau.
Le Conseil tient jusqu'à la mi-mars une audience sur les nouveaux médias, qui a déjà fait couler beaucoup d'encre. Jusqu'à maintenant, tous les intervenants ont plaidé pour un meilleur encadrement de ces plateformes qui bénéficient depuis 1999 d'une liberté totale.
À l'époque, le CRTC avait en effet jugé que l'imposition de balises à ce secteur ne contribuerait pas à son essor et qu'il était nécessaire de laisser la technologie se développer avant d'intervenir.
Si l'on se fie aux témoignages entendus hier, plusieurs considèrent que le temps d'agir est maintenant venu.
D'après M. Pineau, il est temps de sonner la fin de la récréation dans le cyberespace. À son avis, Ottawa a désormais le «devoir» d'intervenir pour que la voix du Canada se fasse entendre sur le Web puisque le marché laissé à lui-même «n'a pas le bien public comme objectif».
Pour l'instant, il ne semble toutefois pas y avoir de consensus sur la manière de procéder. L'ACTRA et l'APFTQ plaident en faveur de normes de contenu canadien comparables à celles en vigueur dans les médias traditionnels. Claire Samson, de l'APFTQ, voit là une manière de rendre le marché «équitable» tout en atteignant les objectifs de la Loi sur la radiodiffusion.
Pour sa part, M. Pineau souligne qu'il serait difficile d'imposer des «quotas» dans un univers aussi vaste et diversifié qu'Internet. Il aimerait néanmoins que le CRTC intervienne, d'une manière ou d'une autre, pour s'assurer que les productions culturelles canadiennes soient mises en valeur dans les nouveaux médias.
Les fournisseurs de services Internet et les gros joueurs de l'industrie, dont Google, préféreraient quant à eux que le CRTC les laisse tranquilles. Ils affirment que les Canadiens ont déjà accès à un contenu diversifié, de bonne qualité et abondant.
Le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, et ses collègues entendront des dizaines de témoins avant de rendre une décision. L'audience se poursuivra en effet jusqu'à la mi-mars. L'Union des artistes et d'autres associations d'artistes doivent faire leur présentation aujourd'hui.
Les grandes entreprises, dont Quebecor et Cogeco, comparaîtront le mois prochain.
Gatineau — Les artisans de la télévision et du cinéma ainsi que des militants du milieu culturel ont exhorté hier les autorités canadiennes à créer rapidement un fonds pour la production de contenu canadien d'Internet et les autres nouveaux médias, semblable à celui qui existe déjà pour la télévision.
L'argent proviendrait des fournisseurs de services Internet et de téléphonie sans fil comme Vidéotron, Bell et Rogers, qui pourraient y verser jusqu'à 3 % de leurs revenus annuels. Cette contribution ne devrait pas se faire au détriment de leur contribution au Fonds canadien de télévision.
Pour l'ACTRA (Alliance of Canadian Cinema, Television and Radio Artists), qui représente 21 000 professionnels du milieu de l'audiovisuel, il serait tout à fait normal que les fournisseurs de services financent les émissions et les autres capsules destinées à Internet et aux portables puisqu'elles tirent des profits importants de leur diffusion.
Cet avis est partagé par le président de la Conférence canadienne pour les arts, Alain Pineau, par la Guilde canadienne des médias ainsi que par l'Association des producteurs de films et de télévision du Québec (APFTQ), qui ont tous témoigné hier devant le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes, à Gatineau.
Le Conseil tient jusqu'à la mi-mars une audience sur les nouveaux médias, qui a déjà fait couler beaucoup d'encre. Jusqu'à maintenant, tous les intervenants ont plaidé pour un meilleur encadrement de ces plateformes qui bénéficient depuis 1999 d'une liberté totale.
À l'époque, le CRTC avait en effet jugé que l'imposition de balises à ce secteur ne contribuerait pas à son essor et qu'il était nécessaire de laisser la technologie se développer avant d'intervenir.
Si l'on se fie aux témoignages entendus hier, plusieurs considèrent que le temps d'agir est maintenant venu.
D'après M. Pineau, il est temps de sonner la fin de la récréation dans le cyberespace. À son avis, Ottawa a désormais le «devoir» d'intervenir pour que la voix du Canada se fasse entendre sur le Web puisque le marché laissé à lui-même «n'a pas le bien public comme objectif».
Pour l'instant, il ne semble toutefois pas y avoir de consensus sur la manière de procéder. L'ACTRA et l'APFTQ plaident en faveur de normes de contenu canadien comparables à celles en vigueur dans les médias traditionnels. Claire Samson, de l'APFTQ, voit là une manière de rendre le marché «équitable» tout en atteignant les objectifs de la Loi sur la radiodiffusion.
Pour sa part, M. Pineau souligne qu'il serait difficile d'imposer des «quotas» dans un univers aussi vaste et diversifié qu'Internet. Il aimerait néanmoins que le CRTC intervienne, d'une manière ou d'une autre, pour s'assurer que les productions culturelles canadiennes soient mises en valeur dans les nouveaux médias.
Les fournisseurs de services Internet et les gros joueurs de l'industrie, dont Google, préféreraient quant à eux que le CRTC les laisse tranquilles. Ils affirment que les Canadiens ont déjà accès à un contenu diversifié, de bonne qualité et abondant.
Le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, et ses collègues entendront des dizaines de témoins avant de rendre une décision. L'audience se poursuivra en effet jusqu'à la mi-mars. L'Union des artistes et d'autres associations d'artistes doivent faire leur présentation aujourd'hui.
Les grandes entreprises, dont Quebecor et Cogeco, comparaîtront le mois prochain.
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