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Citoyens du monde en action - Comment choisir son stage en quelques clics !

«Les volontaires outre-mer accomplissent de très grandes choses»

Etienne Plamondon-Emond   7 février 2009  Médias
Karen Takacks, directrice générale de Carrefour canadien international et porte-parole de la coalition Citoyens du monde en action, en compagnie de partenaires africains.
Karen Takacks, directrice générale de Carrefour canadien international et porte-parole de la coalition Citoyens du monde en action, en compagnie de partenaires africains.
Les agences de coopération internationale développent depuis longtemps des projets pour initier les collectivités du Sud aux technologies de l'information. Récemment, ces mêmes agences se sont concertées pour que les technologies de l'information initient la collectivité d'ici à la coopération internationale et aident les volontaires dans leur cheminement. Le dernier-né de cette volonté: une communauté virtuelle sous la bannière de la coalition Citoyens du monde en action.

Il y a son expérience de travail: la formation qu'elle a donnée en milieu rural pour améliorer la scolarisation des jeunes filles. Il y a le choc culturel: une communauté qui lui donne un poulet vivant à chacune de ses visites et l'affront involontaire qu'elle leur fait en laissant les volailles s'évader. Et il y a l'aventure: une panne à bord d'un bateau à moteur défaillant sur lequel elle croit que son heure est venue.

Les sens encore à vif après son voyage, Marie-Claude Savard, qui a travaillé deux ans au Vanuatu, un archipel situé dans l'océan Pacifique, conserve l'ardent désir de sensibiliser la population à la situation des pays en développement. Elle se confronte par contre à la longue et difficile réadaptation au Canada. «La famille et l'entourage ont vu nos photos. Ils sont prêts à passer à autre chose», constate-t-elle, en plus de se buter aux obstacles qui l'empêchent de partager son expérience avec le public. «Quand on revient, les ONG [organisations non gouvernementales] n'ont pas toujours les moyens de nous appuyer dans ces démarches.»

Depuis peu, Marie-Claude Savard communique plus que jamais ses expériences grâce à Internet. Citoyens du monde en action, une coalition de huit des principales agences de coopération internationale du Canada, a inauguré officiellement le 3 février dernier une communauté virtuelle sur la Toile. Cette nouvelle plate-forme permet aux gens concernés ou intéressés par la coopération internationale d'échanger et de s'informer plus facilement. Les utilisateurs peuvent se créer un profil personnel, participer à des forums de discussion et écouter des balados (podcast). «C'est stimulant d'avoir un lieu commun où les gens pourront lire des histoires et en apprendre davantage sur les problématiques mondiales, du point de vue de ceux qui ont été sur le terrain», se réjouit Marie-Claude Savard.

Collectivité virtuelle

«On a parlé avec les volontaires outre-mer. C'est une suggestion qui est venue directement d'eux», explique Karen Takacks, directrice générale de Carrefour canadien international et porte-parole de la coalition Citoyens du monde en action. Depuis près de deux ans, Jeunesse Canada Monde, le Centre d'études et de coopération internationale (CECI), Carrefour canadien international, le Service d'assistance canadienne aux organismes, Oxfam Québec, Solidarité Union Coopération (SUCO), CUSO-VSO et l'Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC) se sont associés afin d'amplifier l'impact de leurs communications à l'intérieur du pays. La collectivité virtuelle se présente comme le fer de lance de cette collaboration entre agences qui vise à toucher un public plus vaste. «Avant [la coalition], on ne pouvait rejoindre que les gens que l'on connaissait [...]. Le travail des volontaires n'était pas visible, spécialement celui des volontaires outre-mer», précise Karen Takacks, qui se dit soucieuse de «démontrer aux Canadiens que les volontaires outre-mer accomplissent de très grandes choses».

«On encourage les volontaires et les bénévoles à mettre sur pied des projets de sensibilisation», se félicite maintenant Karen Takacks. En plus de donner une meilleure visibilité aux volontaires, le site met à la disposition de ceux-ci des documents d'information qui suggèrent des méthodes pour approcher les médias locaux, militer en faveur du développement international ou organiser des événements de sensibilisation.

Entre volontaires

La communauté virtuelle outille les volontaires à leur retour, mais aussi au moment où ils se dévouent aux quatre coins du globe. En plus de donner plusieurs sources d'information sur les objectifs du développement, la nouvelle plate-forme permet à ceux qui ont les deux pieds actifs sur différents continents de communiquer ensemble. «Ce qui est intéressant, considère Marie-Claude Savard, qui a travaillé avec CUSO, c'est qu'il peut y avoir des gens qui font un travail similaire avec des ONG différentes et qui nous font voir une perspective différente.»

Cette interaction via les profils ou le forum de discussion épaule les volontaires outre-mer dans leur travail comme dans leur vie d'expatrié. «Si j'avais été dans un pays sur le continent africain, j'aurais voulu m'en servir pour retrouver d'autres Canadiens, suppose Marie-Claude Savard. Quand on fait de la coopération internationale, on est isolé.» D'après elle, même dans un pays qui accueille moins de coopérants, la communauté virtuelle permet «de retrouver des gens, même de manière virtuelle, qui vivent les mêmes expériences. Ça aide à surmonter des périodes difficiles.»

Un moteur pour le recrutement

Même si Karen Takacks con-cède qu'«il y a toujours plus de demandes que de postes», la coalition a conçu la communauté virtuelle pour rendre les offres de stage plus accessibles et plus simples à consulter. Terminée l'époque où une personne devait multiplier les recherches dans d'innombrables sites Internet afin de trouver un projet qui correspondait à ses attentes. Tous les postes de volontaires outre-mer disponibles au sein des huit agences qui participent à la coalition se retrouvent sur une page. Le site permet ensuite de les trier selon la destination, l'agence ou le secteur qui nous intéresse.

Les agences expérimentent aussi de nouvelles formes de bénévolat grâce aux possibilités offertes par la planète Web. «On peut être volontaire outre-mer en restant ici», résume Karen

Takacks, en expliquant, par exemple, qu'une ONG partenaire du Swaziland, du Sénégal ou de la Bolivie peut dorénavant demander les services d'un graphiste canadien qui les conseillera ou accomplira le travail sans sortir de chez lui.

De son côté, Marie-Claude Savard, même si elle vient de donner naissance à son deuxième enfant, envisage déjà de partir à l'étranger dans le cadre d'un autre projet de coopération internationale. La collectivité virtuelle arrive à point pour Marie-Claude Savard, qui prévoit s'en servir comme outil de recherche, car elle permet aux stagiaires de s'informer sur leur futur pays d'accueil. «Si on part en coopération internationale dans un pays qu'on ne connaît pas, c'est utile de communiquer avec ceux [qui y sont déjà allés]», s'enthousiasme-t-elle, avant de rappeler que «les guides touristiques ne sont pas très utiles. La réalité d'un touriste est très différente de celle d'un coopérant.»

***

- On peut accéder à cette communauté virtuelle en tapant l'adresse suivante: www.citoyensdumondeenaction.ca.

***

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