mercredi 22 février 2012 Dernière mise à jour 20h06
fermer

Connexion au Devoir.com

Mot de passe oublié?


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir

Conflit au Journal de Montréal - Les syndiqués votent la grève à 99,6 %

Paul Cauchon   27 janvier 2009  Médias
Le président du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal, Raynald Leblanc (centre) a écouté les conseils des gens qui l’entouraient, hier, lors de l’assemblée tenue hier.
Photo : Jacques Nadeau
Le président du Syndicat des travailleurs de l’information du Journal de Montréal, Raynald Leblanc (centre) a écouté les conseils des gens qui l’entouraient, hier, lors de l’assemblée tenue hier.
Les syndiqués en lock-out du Journal de Montréal ont voté hier massivement pour la grève, et ils lanceront cette semaine une importante campagne de boycottage de leur quotidien, qui est publié depuis samedi par la direction du journal.

Les syndiqués ne publieront pas de quotidien gratuit, comme les syndiqués en lock-out du Journal de Québec l'ont fait avec Média Matin Québec l'année dernière. Mais ils procéderont demain ou jeudi au lancement officiel de leur site Internet ruefrontenac.com, qui se voudra un véritable site d'information, avec des exclusivités et des enquêtes.

La résistance s'organise donc chez les employés du journal, mis en lock-out par l'employeur dans la nuit de vendredi à samedi, après l'échec d'une dernière série de négociations pour le renouvellement de leur convention collective.

Réunis en assemblée générale hier, les 253 syndiqués ont voté dans une proportion de 99 % en faveur de la grève générale illimitée. Ainsi, si l'employeur lève le lock-out, les syndiqués n'ont pas l'intention de rentrer au travail sans obtenir une véritable convention négociée.

Les employés entendent aussi lancer une campagne de boycottage du journal. «Nous allons demander aux lecteurs et aux annonceurs de ne plus lire le journal et de ne plus acheter de publicité», a déclaré le président du syndicat, Raynald Leblanc, qui a qualifié le journal publié depuis samedi de «honte» et de «torchon».

Les syndiqués sont donc à la recherche d'appuis pour ébranler leur employeur. Québec solidaire a déclaré dimanche que ses porte-parole n'accorderaient plus d'entrevue au quotidien montréalais pendant toute la durée du conflit. Pour sa part, le NPD Québec a dénoncé le lock-out, demandant à Quebecor de «faire preuve de bonne foi, de mettre fin au lock-out» et de reprendre les négociations.

Un groupe Facebook a également été créé, Supportons les employés du Journal de Montréal, qui comptait déjà plus de 1330 membres hier en fin d'après-midi, dont des journalistes d'autres médias.

Par ailleurs, hier matin les employés du Journal de Montréal ont fait une haie d'honneur devant un autobus de TVA qui emmenait des membres des médias à Sainte-Adèle pour visiter les installations de Star Académie. Ce genre de moyen de pression risque de se multiplier dans les prochains jours.
 
 
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
 
 












CAPTCHA Image Générer un nouveau code

Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Denis Beaulé
    Abonné
    mardi 27 janvier 2009 06h17
    « Journal de merde », «torchon«, «honte», «faire la guerre« et « EUX » : « perroquets »
    Voilà, justement, le genre de langage ou d'attitude à éviter. La présidente-éditrice parlait, samedi, d'«eux» (les vilains décideurs du syndicat) ; ceux-ci parlent, en retour, de faire la guerre à ceux qui feraient de leur journal une honte, un torchon, une merde.

    Ce genre d'antagonisation (patronale/syndicale), du XXe siècle, n'est pas ce qui s'avère le plus susceptible de contribuer à rapprocher les parties en particulier, ni d'élaborer un plan, commun, de sauvegarde ou de consolidation du journalisme écrit en général. Cela, on y parviendra seulement en mettant au point, ensemble, une formule au moyen de laquelle les médias (a fortiori ceux de l'écrit) ne seront pas que des perroquets d'eux-mêmes.

    RE : «« Chantal Larouche, présidente de la Fédération nationale des communications (FNC/CSN), fait pour sa part valoir que «Quebecor veut pouvoir alimenter tous les médias du groupe sans égard pour l'intérêt public. On n'augmente pas la recherche et l'analyse, on reprend plutôt du contenu déjà existant. Les médias sont devenus des perroquets d'eux-mêmes.» » (Le Devoir, 17 décembre)

  • Denis Beaulé
    Abonné
    mardi 27 janvier 2009 07h50
    LE Problème de l'heure
    LA Question se posant, au plus près et au plus urgent, c'est: quelle sorte de journal papier sied-il de confectionner, si l'on continue à en imprimer de/sur du papier-journal: à quelle cadence (quotidienne, bi-hebdomadaire, hebdomadaire), sous quelle forme, avec quel genre de contenu(s) ?

    On sait, en effet, que le recyclage de ce type de papier ne va pas autant de soi, aussi facilement qu'on l'eût cru. On sait d'autre part qu'un journal imprimé engendre d'autres modes de pollutions, telles celles ressortissant à son transport (avant, pendant, après). Voilà pourquoi, de plus en plus, dorénavant, il semble qu'il ne faudrait pas imprimer, transporter et (faire) livrer «n'importe quoi».

    Voilà pourquoi, bref, ce qui n'est qu'«ordinaire», prosaïque, fugacéphémère ou frivole 'bavardage-placotage de salon', ne devrait plus, semble-t-il, figurer parmi ce qu'on imprime, matériellement, plus ou moins au quotidien. Plutôt, faudrait-il songer à l'inverse, dirait-on, à ne faire imprimer comme tel que ce qui vaut d'être conservé, qui l'est ou le sera - conservé -, durant un assez long temps. À la rigueur, peut-être même vaudrait-il mieux n'imprimer à l'avenir, journaux compris, que sur du papier glacé ou mi-glacé, sous forme de magazine «chérissable», 'sentant bon' ou, du moins, ne sentant pas mauvais, ne salissant pas et n'étant pas 'désagréable' au toucher ?

  • Pierre Samuel
    Abonné
    mardi 27 janvier 2009 08h33
    Où est "la" différence?
    Les journaliste du Journal de Montréal auront fort à faire afin de persuader le "lectorat de l'empire Péladeau" de boycotter le Journal! Le président du syndicat, M. Raynald Leblanc, devrait d'ailleurs être plus explicite, à savoir en quoi le contenu des éditions de la dernière fin de semaine étaient véritablement "différent" si ce n'est "l'épaisseur"!

  • Pierre-Yves Pau
    Inscrit
    mardi 27 janvier 2009 09h20
    Finir de scier la branche et passer à l'Internet
    Je ne sais pas si les journalistes de la presse écrite réalisent bien à quel point leur industrie est en crise: autocensure, dictature des annonceurs, conglomérats incapable de produire autre chose que de l'info-divertissement pour cervelles catatoniques et petits esprits bornés... bref, cela fait longtemps que le lecteur n'y trouve plus aucune VALEUR AJOUTÉE.

    Certaines publications jouent sans complexes le jeu de la grande industrie (Gesca). D'autres se retranchent sur des positions idéologiques préparées à l'avance, et leur journalistes écrivent plus pour se faire plaisir (Le Devoir), que pour honorer un métier qui ne signifie plus grand-chose... quand on a plus grand-chose d'important à dire, on peut aussi bien écrire n'importe quoi.

    La vériable information elle, vit aujourd'hui sur Internet: un fatras au professionalisme souvent douteux, mais avec un avantage concurrentiel énorme: la liberté d'expression. Si vous voulez VRAIMENT vous informer sur une question de société importante aujourd'hui, Internet est devenu incontournable; à vous de faire le tri. Mais vous y trouverez ce qui a été systématiquement censuré (ou pire, auto-censuré) dans la presse papier, pour ne pas déplaire à ces annonceurs tellement importants: mais qui voudra annoncer, quand les lecteurs délaissent un brouet devenu insipide?

    La presse traditionelle achève donc actuellement de scier la branche sur laquelle elle était assise, et par leur démission devant les diktats des propriétaires les journalistes ont une

  • Francois Piazza
    Inscrit
    mardi 27 janvier 2009 12h27
    Québecor n'arrivera à rien avec ses diktats ! François Piazza
    Ayant pris connaissance - grosso modo - des propositions des deux parties, ayant, de plus, participer à la longue lutte de feue « Montréal-Matin », je crois que la direction du « Journal de Montréal » a fait une erreur monumentale, en préparant depuis l'été 2008, ce look-out... qui n'a surpris personne, tant il était annoncé
    Il n'a fait que confirmer ( voir la faillite de Quebecword, le conflit de Videotron, celui du Journal de Québec etc... ) l'incapacité des héritiers de Pierre Péladeau, non seulement de développer 'l'empire qui devient peau de chagrin, mais de le gérer.
    Car s'il est vrai que les structures de l'information doivent évoluer, en fonction de l'Internet, cela ne peut se faire qu'avec une collaboration étroite entre toutes les parties. Or nous assistons, une fois encore, à une guerre totale déclarée par les propriétaires. Ça ne promet rien de bon pour la fin de celle-ci, qui doit adviendre tôt ou tard.
    L'ennui, c'est que, coté patronale, la guerre est idéologique. Son credo- que dis-je, son dogme! - c'est l'organisation de la pénurie en vue de l'augmentation des profits, C'est la théorie de la synergie, via le syncrétisme que l'on peut résumer comme suit : Une marmite suffit pour tous les plats : l'accommodation fait la différence. C'est la théorie du «village global » de feu Mc Luhan d' il y a 40 ans.
    Or le progrès lui a donné tort. Certes la communication est presque globale, mais ses sources deviennent de plus en plus variées et souvent contradictoires, les plus «officielles » étant les plus contrôlées et «accommodées» dès leur création. Le travail du journaliste est donc de plus en plus spécialisé, pour être honnête il ne peut être à la fois cameraman, reporter-radio, télé, photographe etc...
    Quant à reproduire son travail dans un autre média, pourquoi pas ? Mais avec son accord, et sous son contrôle. Réduire les effectifs? pourquoi pas, par attrition, ou départ volontaire ? Mais de façon progressive, après entente. Pas à coups de trique !
    Un journal, c'est d'abord une équipe de passionés, un lieu vivant. Ce n'est pas avec des cul-pincés, des forts en gueule et des penses-bêtes ( même s'il en faut une pincée pour épicer) des découpeurs d'articles qu'on fait un journal. Ce faisant, à la longue, on le tue. Un drame.
    Pas pour les héritiers Péladeau qui fracassent leur héritâge à coups de marteau, mais pour les lecteurs et surtout pour ceux qui ont mis leur vie au service de ce journal. C'est à eux que je pense,

  • Guy Fafard
    Inscrit
    mardi 27 janvier 2009 13h00
    C'est parti...
    Contrôlez vos employeurs dans le privé au moyen de vos syndicats. ( Si l'employeur ferme ses portes à cause de vous, vous n'aurez que perdu votre "Job"; à moins que l'employeur ne décide de déménager son entreprise dans un autre pays auquel cas vous ne perdez que votre "Job".)

    Faites des grèves avec vos syndicats pour obtenir des salaires plus gros que les travailleurs autonomes quand vous oeuvrez pour une grosse boutique.

    Construisez-vous votre propre pyramide, vous aurez un meilleur salaire et serez moins efficaces, c'est pas grave.

    P.S - dans le journal de Montréal le nombre de fautes a diminué, je me demande pourquoi?

    Entendre les syndiqués crier : "Vive la grève ! "... que c'est pathétique à entendre.

  • Denis Beaulé
    Abonné
    mercredi 28 janvier 2009 14h11
    Survivance ou croissance de presse imprimécrite possibles, si et seulement si...
    Le lock-out au Journal de Montréal aura le mérite de faire réfléchir sur la souhaitabilité d'une continuation d'impression et de distribution matérielles, au quotidien, de la nouvelle, du commentaire, de l'analyse, du compte rendu ou d'annonces de décès, d'art, de sport* ou ayant trait au divertissement. Sachant ce qu'il en coûte de produire et distribuer ainsi matériellement un tel produit, et ce que cela engendre comme pollutions de toutes sortes.

    On peut par ailleurs faire le pari qu'il reste une place pour la presse écrite papier. Aux conditions suivantes :
    - Qu'elle soit la plus fiable (moyennant indépendance, compétence, intégrité) ;
    - qu'elle repose sur justesse et qualité plutôt que sur vitesse et quantité ;
    - qu'elle soit agréable, maniable et conservable plutôt que jetable...

    La presse imprimée jetable est dépassée. La presse «imprimécrite» ne survivra que si l'on ne se sent pas coupable de l'acheter ou la consommer. Cela signifiant que sa présentation et ses contenus devront être considérés soit utiles, instructifs, enrichissants ou divertissants, faisant réfléchir ou impressionnant pour plus qu'une couple d'heures ou de minutes. Bref, l'approximatif, la médiocrité, le frivolité et la fugacité n'auraient plus de compatibilité (ou de «légitimité») avec la presse écrite papier. On ne continuera à se nourrir de celle-ci que si elle s'avère substantielle et à effet durable.

    * Ou spart, e.g. politique et patinage artistique

Vous devez être connecté pour rédiger un commentaire.
ou Créer un profil
Cet article vous intéresse?
7 réactions
0 vote Voter
 
  • a Taille du texte -- ++
  • Imprimer
  • Envoyer
  • Commenter
  • Partager
  • Droits de reproduction
  • Voter
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

m'inscrire
 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

En savoir plus
Stratégie Web et référencement par Adviso
Design Web par Egzakt
© Le Devoir 2002-2012