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Passer à autre chose

Denise Bombardier   17 janvier 2009  Médias
Cette phrase, on l'entend depuis plusieurs jours dans la bouche de Québécois impatients de se débarrasser du malaise éprouvé au moment de traverser la nouvelle année alors qu'ils s'agglutinaient devant l'écran cathodique. Cette phrase, ils la prononcent aussi avec une colère à peine retenue en découvrant que celle qui fut l'enfant-victime la plus célèbre, mais aussi la plus caricaturée, nous impose encore une fois sa douleur impudique à travers les médias. Oui, ils sont nombreux ceux qui, pour des raisons diverses et parfois douteuses, veulent passer à autre chose, tourner la page en fait, comme si l'émission assommoir du service public de télévision et ses conséquences devaient être oubliées sans qu'on tente d'en analyser et d'en comprendre la mise en oeuvre. Dans un réflexe régressif, tel un bambin qui se bouche les oreilles et ferme les yeux quand on lui fait reproche d'une mauvaise action, nombreux sont ceux qui piaffent d'en finir une fois pour toutes avec ce qu'ils considèrent comme un dérapage, une gaffe ou, dans une tentative de banalisation, un show raté.
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  • Georges Paquet - Abonné
    17 janvier 2009 06 h 58
    Et de plus... au 24/60
    Quelle meilleure façon en effet de s'assurer qu'on donne raison aux démolisseurs de personnes qui s'amusaient durant le Bye Bye 2008 en soutenant que Nathalie Simard avait été partout et en surdose dans tous les media, que d'inviter à nouveau Mme Simard à exposer sa personne et ses sentiments au regard de ceux qui disaient déjà l'avoir trop vue et trop entendue.
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  • Hélène Bourgeois - Abonnée
    17 janvier 2009 08 h 14
    Bien d'accord
    Merci pour votre lucidité Mme Bombardier. Je suis totalement d'accord avec tout ce commentaire.
    On aime rire nous les québécois. Je commence personnellement à rire jaune en nous regardant aller.
    Il y a des jours où j'ai envie de m'exiler en Nouvelle-Zélande.

    Cordialement,
    Hélène
    www.ephata.actifforum.com
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  • Jacinthe Roy - Abonnée
    17 janvier 2009 09 h 59
    Peut-être
    « À vrai dire, pourquoi ce besoin d'entrer dans une nouvelle année en démolissant ceux qui nous gouvernent et ceux qui sont nos idoles? Pourquoi ce plaisir pervers de renverser nos propres statues? »

    C'est peut-être que derrière le succès se cachent bien des misères, des mensonges, des coups bas. Peut-être que nous ne sommes pas dupes des belles images. Souvent, les gens qui s'élèvent au-dessus de la mêlée croient dur comme fer qu'ils sont responsables de leur propre succès alors que, très souvent, ils sont tout simplement gâtés par la vie. Le monde ordinaire sait très bien parce qu'il a goûté à sa médecine que le beau monde cache aussi ses Bougons. La différence c'est qu'ils sont bien habillés et vivent dans de belles maisons...

    Peut-être en avons-nous assez des statues. Les statues sont tellement convaincues de leurs vérités qu'elles sont aveugles à celles des autres. Parfois ça nous prend quelques fous du roi pour initier des remises en question. Ou, tout simplement, pour un soir, montrer une autre vision du monde.
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  • Mario Tremblay - Abonné
    17 janvier 2009 09 h 59
    Pas toujours d'accord ...
    Pas toujours d'accord avec vos propos, mais toujours avec la forme.
    Mais là, vous vous surpassez, dans le propos et dans la forme.
    Merci.
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  • Jacques Lafond - Abonné
    17 janvier 2009 10 h 30
    Radio Canada
    Indépendamment de notre option séparatiste ou pas, indépendantiste mous, pur et dur, toute cette panoplie de possibilités; il y a deux concept. Je voudrais les appelés: les nationalistes et les fédéralistes.

    Les nationalistes sont pour un Québec fort, adulte, français, etc.

    Les fédéralistes sont pour un Québec bien encré dans le Canada, un Québec dirigé par Ottawa, un Québec bilingue (voir anglophone), etc.

    Les nationalistes peuvent être séparatiste ou non. Évidemment, les fédéralistes sont tous non séparatistes.

    Madame Bonbardier, le seul média au Québec qui est encore vraiment nationaliste est Radio Canada !!??!! C'est très paradoxal, mais c'est comme ça. Je pense que la saveur nationaliste de Radio Canada est très, très menacée; et ce n'est qu'une question de temps pour que la société d'état se fasse mettre ''au pas''.

    Je pense qu'il est très dangereux de dénoncer quoi que ce soit actuellement au sujet de Radio Canada. Les fédéralistes ont Radio Canada dans la mire depuis longtemps, et n'importe quel prétexte peux et va être utilisé pour faire ''le ménage''

    Une fois que Radio Canada aura passé du côté fédéraliste, il ne nous restera quoi au juste ici au Québec ? Radio Québec ? Pas bien fort. Toutes les autres chaines de radio, de télévision, les journaux, sont tous sous l'emprise de l'establishment de l'Ontario.

    C'est du sérieux, Madame ...
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  • Lucette Lavoie - Abonnée
    17 janvier 2009 10 h 31
    Félicitations
    Encore une fois, vous dénoncez tellement juste...
    J'ai déjà préparé un texte au sujet de la langue parlée que j'aimerais vous faire parvenir personnellement.
    Un texte qui traite d'un projet qui pourrait améliorer cette langue d'une façon pas trop académique...
    Est-il possible d'obtenir l'adresse courriel de votre Bureau? car ce texte n'est destiné qu'à vous...
    Merci à l'avance
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  • Dominique Garand - Abonné
    17 janvier 2009 10 h 54
    Un acte de résistance
    Cette réflexion cible des points très importants et entraîne le débat au-delà des simples opinions. Bravo! Déclarer qu'on a assez parlé du Bye Bye (comme le faisait Hugo Dumas de La Presse, c'est avouer son incapacité à dépasser le commentaire de premier niveau, le j'aime ou j'aime-pas, la banale moralisation sociale. Madame Bombardier, elle, franchit le pas. Il ne s'agit pas de s'apesantir sur le Bye Bye, qui sert ici de prétexte à une réflexion plus large qu'elle ose proposer contre le consensus ambiant. Il s'agit pour moi d'un acte de résistance et j'en salue le courage. Le consensus, la norme, ce sont nos humoristes qui les dictent. «Tout le monde en parle», émission qui a ses qualités, est une fabrique de consensus et ses animateurs, quoi qu'on en dise, sont les personnalités médiatiques les plus attachées au «bon ton» (le ton de la majorité). Ils font tout pour être aimés. Madame Bombardier, elle, demeure fidèle à des principes qu'elle réaffirme malgré tous les sarcasmes que cela peut lui attirer. Ainsi en est-il dans le texte d'aujourd'hui qui contient une série d'affirmations ayant le mérite d'affiner la qualité de notre regard sur les la portée politique et sociale de l'humour. J'en épingle quelques-unes.
    Nous voulons «tourner la page en fait, comme si l'émission assommoir du service public de télévision et ses conséquences devaient être oubliées sans qu'on tente d'en analyser et d'en comprendre la mise en oeuvre.» Voilà une question cruciale : jusqu'à quel point sommes-nous capables (ou même disposés) à aller au fond des choses, par-delà les impressions de surface. Bref, il ne s'agit plus d'accuser les auteurs du Bye Bye, mais de réfléchir à la signification de ce rituel annuel et à la manière, surtout, dont on le conçoit. «Quel sens caché doit-on trouver à ce défoulement de nos envies, de nos jalousies, de nos frustrations enrobées dans un rire plus méchant et sournois que caustique et spirituel?» Nos humoristes, rassemblés en colloque l'automne dernier, n'ont pas fait beaucoup de chemin sur la voie d'une telle élucidation.
    «On ne peut pas être spectateur semaine après semaine d'une déstructuration de nos repères sociaux, spirituels et intellectuels sans graves conséquences.» Cette remarque, comme celle sur La Petite Vie (et on remarquera au passage l'admiration manifestée par Madame Bombardier devant Claude Meunier, ce qui prouve qu'elle n'est pas hostile a priori à toute forme d'humour), identifie l'un des paradoxes majeurs de l'humour québécois actuel, cantonné dans la figuration du «gros épais» : le public intègre et assimile comme allant de soi des comportements et des façons de parler au départ conçus pour les critiquer (mais je pense que les humoristes n'ont même plus l'intention, au jour d'aujourd'hui, de critiquer quoi que ce soit : ils adoptent seulement le ton convenu).
    Enfin, lorsqu'elle évoque l'ancienne éthique journalistique de Radio-Canada et la manière dont elle a été dévoyée, la chroniqueure émet une observation très finement exprimée, soulignant que si l'ancienne manière comportait quelque chose d'arrogant, Radio-Canada est maintenant dirigé par «des gens qui ont hérité de l'arrogance de l'institution sans en posséder la culture». Voilà qui cible parfaitement le problème. Le sarcasme et la dérision peuvent être des signes d'intelligence critique, mais en autant qu'ils prennent place dans une culture solidement assise. Sinon (et c'est le cas en ce moment), ils sont le témoignage d'un nihilisme délétère. Il faut des gens comme Denise Bombardier pour le dire, et ce contre un milieu décidément beaucoup trop complaisant.

    Dominique Garand
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  • Jacques Lalonde - Abonné
    17 janvier 2009 12 h 18
    Le fond des choses
    Madame Bombardier pose des questions qui atteignent le fond des choses et qui préoccupent parents, éducateurs et tous ceux et celles qui se sentent mis en demeure et voire souvent, trop souvent indignés par une langue "qu'on ne reconnaît plus" comme le chantait notre plus célèbre poète, par des comportements névrotiques qui nous entraînent à démolir ou à diminuer les nôtres qui ont gravi par leur travail acharné et leur détermination à toute épreuve les échelons d'une reconnaissance nationale et internationale pour ne pas dire planétaire, par le mauvais goût prédominant des propos qui prétendent faire rire et trop souvent désolent.

    Cette chronique et plusieurs autres signées par Madame Bombardier devraient faire l'objet de questionnements et discussions partout où l'on se préoccupe d'éducation et peut-être aussi dans le cadre des audiences de renouvellement de la licence de la SRC.

    Jacques Lalonde
    Gatineau
    jlalonde@ca.inter.net
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  • Daniel Creusot - Abonné
    17 janvier 2009 12 h 32
    pour remonter ton moral
    et de trois
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  • Rémi Catafard - Abonné
    17 janvier 2009 14 h 00
    L'humour...où cela???
    Merci madame B.
    On saurait difficilement mieux dire à quel bas niveau en est
    rendue la SRC, dont la mission première était de promouvoir
    et de hausser le niveau de la culture générale dans la Belle Province. Qui sont les responsables de cette dégradation?

    Continuez de nous écrire, madame B., et de "bien faire et laisser braire".
    RémiCat.
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  • André Loiseau - Abonné
    17 janvier 2009 16 h 47
    Faire feu de tout bois
    Oh là, Mme Bombardier, que vous êtes vite en affaire!
    Vous faites feu de tout bois.
    Même si ce Bye Bye pèchait par son inconvenance et ses maladresses caricaturales,il n'empêche pas les précédents d'avoir été meilleurs.
    Il me semble vous avoir lue chaque année en train de déblatérer contre cette émission de grand guignol, systématiquement. C'est vrai qu'elle est iconoclaste et qu'elle se rapproche plus du peuple que de l'élite richissime que vous favorisez. L'élite a beaucoup à se reprocher par ces temps maudits et tordus. Elle est beaucoup plus responsable que vous ne le croyez.
    Continuez votre belle tâche d'éducation de la plèbe...C'est quand même elle qui gagnera en bout de compte.
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  • Nicole-Patricia Roy - Abonnée
    17 janvier 2009 17 h 40
    Ne lâchez surtout pas
    Madame Bombardier,

    Continuez à dénoncer la bêtise de Radio-Canada qui a démissionné de sa mission pour laisser les ondes à de pseudos humoristes qui font la pluie et le beau temps à notre télévision publique. J'espère que la saga du dernier Bye Bye permettra de crever l'abcès et de redonner les ondes publiques à des professionnels de l'information et de la culture. Vite que les humoristes retournent à leur tribune de "Juste pour rire" et que les personnes qui aiment l'humour de Jean-François Mercier et cie paient pour aller entendre de telles niaiseries et imbécillités.
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  • Charles Brugger - Abonné
    18 janvier 2009 07 h 57
    Au-delà de la dénonciation
    Votre chronique m'invite à réfléchir à ce qui a pu mener à un tel dérapage, d'aller au-delà d'une première réaction, aussi scandalisée soit-elle, qui fut la mienne comme celle de tant d'autres, au lendemain de la "fameuse" émission. Le risque, avec ce genre de réaction épidermique, c'est d'y rester de de s'y complaire.

    Je ne peux que vous savoir gré, Madame Bombardier, de nous "déranger" et de nous pousser à aller plus loin. Continuez, votre présence est essentielle.
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