Passer à autre chose
Cette phrase, on l'entend depuis plusieurs jours dans la bouche de Québécois impatients de se débarrasser du malaise éprouvé au moment de traverser la nouvelle année alors qu'ils s'agglutinaient devant l'écran cathodique. Cette phrase, ils la prononcent aussi avec une colère à peine retenue en découvrant que celle qui fut l'enfant-victime la plus célèbre, mais aussi la plus caricaturée, nous impose encore une fois sa douleur impudique à travers les médias. Oui, ils sont nombreux ceux qui, pour des raisons diverses et parfois douteuses, veulent passer à autre chose, tourner la page en fait, comme si l'émission assommoir du service public de télévision et ses conséquences devaient être oubliées sans qu'on tente d'en analyser et d'en comprendre la mise en oeuvre. Dans un réflexe régressif, tel un bambin qui se bouche les oreilles et ferme les yeux quand on lui fait reproche d'une mauvaise action, nombreux sont ceux qui piaffent d'en finir une fois pour toutes avec ce qu'ils considèrent comme un dérapage, une gaffe ou, dans une tentative de banalisation, un show raté.
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