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À voir à la télévision le samedi 17 janvier - Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ?

François Lévesque   17 janvier 2009  Médias
Blade Runner, à l'instar de Touch of Evil, a bien failli ne jamais voir le jour. Ou, plutôt, la vision de son réalisateur, Ridley Scott (Alien, Gladiator), est passée à un cheveu de mourir sur la table de montage par les bons soins d'un studio trop frileux. Scott, comme Orson Welles avant lui, a dû attendre deux décennies avant que sa version, ou ce qui s'en approche le plus, soit enfin présentée au public. Patience récompensée.

Deckard (Harrison Ford, très Philip Marlowe) est un blade runner, un chasseur de replicants, une variété très évoluée d'androïdes faits plus humains que les humains. Deckard, qui est sujet à des accès de mélancolie, trouve en la personne de Roy Batty (Rugter Hauer, magnétique) un replicant féru d'existentialisme, une proie particulièrement pugnace.

Il ne s'agit là que d'un des éléments d'une intrigue beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît de prime abord. Chaque visionnement entraîne dans son sillage splendide un niveau additionnel d'interprétation.

Blade Runner occupe une place de choix dans les palmarès des amateurs de science-fiction (et des cinéphiles en général). Boudé lors de sa sortie, cette adaptation libre d'une nouvelle de Philip K. Dick (Total Recall, Minority Report, A Scanner Darkly) a rapidement acquis un statut de film-culte, tant pour sa magnificence visuelle que pour sa prescience esthétique. En amalgamant des éléments urbains des grandes cités asiatiques et des décors décatis de films des années 1940-50 (où le Bradbury Building joue un rôle prépondérant), Blade Runner a donné naissance à un look aussi singulier qu'envoûtant.

Si l'imitation est vraiment la plus sincère des flatteries, la preuve est faite que l'oeuvre de Ridley Scott jouit d'une déférence notable au sein de la profession. Il va sans dire qu'une présentation «plein écran» ne saurait rendre justice au film.

Blade Runner - Ztélé, 22h
 
 
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