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Les journalistes dénoncent le blocus qui leur est imposé - Des médias palestiniens ont été attaqués par Israël

6 janvier 2009  Médias
Il est difficile de couvrir un conflit lorsqu’on ne peut se rendre sur les lieux, comme c’est le cas dans la bande de Gaza.
Photo : Agence Reuters
Il est difficile de couvrir un conflit lorsqu’on ne peut se rendre sur les lieux, comme c’est le cas dans la bande de Gaza.
L'armée israélienne a visé et détruit plusieurs locaux de médias palestiniens dans la bande de Gaza. Les bureaux d'Al-Aqsa Television ont été détruits par un bombardement aérien le 28 décembre, ceux du journal Al-Resalah à Gaza City ont été bombardés le 3 janvier et ceux de la radio Sawt Al-Aqsa le 4 janvier, a affirmé hier l'ONG Presse Emblème Campagne (PEC) dans un communiqué.

L'organisme a notamment cité son correspondant local et le Centre palestinien pour le développement et la liberté de la presse (MADA), dont le siège est à Ramallah, en Cisjordanie. La PEC, basée à Genève et qui milite pour une meilleure protection des journalistes dans les zones de conflits, a déclaré que deux employés des médias étaient morts dans des attaques israéliennes: Hamza Shahin, photographe de la Shehab News Agency le 26 décembre, avant l'actuelle offensive, et le caméraman Omar Silawi, le 3 janvier, pendant l'offensive.

La PEC a en outre déploré le refus des autorités israéliennes d'autoriser les journalistes non palestiniens à entrer dans la bande de Gaza. Elle «condamne les attaques contre les médias palestiniens à Gaza, et demande un accès libre des médias au territoire palestinien et la création d'une commission d'enquête internationale».

Le blocus

Les autorités israéliennes tiennent à l'écart les journalistes et correspondants étrangers des combats en cours. Seuls les journalistes vivant en permanence sur place, en grande majorité palestiniens, fournissent les informations et les images qui parviennent aux rédactions du monde entier. Résultat: un conflit comme assourdi, couvert de loin, en raison du nombre très limité d'images disponibles, et des sources considérées comme relativement peu fiables, car partie prenante directe du conflit.

«Nous avons toujours pu travailler à Gaza, cette situation est intolérable. En tant que pays démocratique, Israël devrait nous donner un accès illimité à ce qui se passe», estime Glenys Sugarman, secrétaire générale de la Foreign Press Association (FPA), qui regroupe les journalistes étrangers travaillant en Israël. L'association a saisi la Cour suprême israélienne, qui a demandé mercredi au gouvernement d'autoriser des groupes de 12 journalistes maximum à entrer dans la bande de Gaza chaque fois que les points de passage seraient ouverts pour des raisons humanitaires. Cette décision ne s'est cependant pas traduite dans les faits faute, dans un premier temps, d'un d'accord sur les journalistes autorisés à accéder au territoire palestinien, et ensuite à la fermeture totale des points de passage avec le début de l'offensive terrestre israélienne.

L'État hébreu dément que l'interdiction d'accès des journalistes au territoire palestinien soit le fruit d'une politique délibérée. «Les journalistes étrangers ne peuvent accéder à la bande de Gaza, parce que le ministère de la Défense a décidé de ne plus maintenir en permanence de personnel aux points de passage, sans cesse visés par les tirs de roquettes et de mortier du Hamas», explique Yigal Palmor, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères israélien.

Stratégie

Une version contestée par Gideon Lévy, un journaliste israélien qui, comme ses confrères, ne peut plus entrer dans la bande de Gaza depuis la fin 2006. Lui, qui couvre notamment la société palestinienne pour le quotidien de gauche Haaretz, dénonce ce qui, selon lui, est une «politique délibérée visant à minimiser les souffrances des Palestiniens». De nombreux commentateurs estiment que le maintien à l'écart de la presse internationale s'inscrit bien dans une stratégie israélienne de maîtrise de l'information. «Israël est passé d'un extrême à l'autre. Du cirque médiatique de la deuxième guerre du Liban, pendant laquelle tout le monde s'exprimait, à une politique peut-être trop restrictive», estime Zeev Segal, professeur de droit à l'université de Tel-Aviv, spécialiste des questions relatives à la liberté d'expression.






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