Télévision - De Saint-Michel à Abbey Road
Réglons tout de suite un point. Aucun film ne peut vraiment rendre compte de l'expérience sonore et visuelle que représente réellement Love, le spectacle du Cirque du Soleil inspiré des Beatles. Parce que Love est vraiment une expérience totale, avec des numéros magnifiques qui utilisent la totalité d'une scène ronde et 6000 haut-parleurs qui vous donnent vraiment l'impression d'être en studio avec les Beatles eux-mêmes. Je le sais: j'ai vu le spectacle à Las Vegas.
Toutefois, pour ceux qui n'ont pas eu ma chance, ce documentaire d'Adrian Wills, coproduit par le Cirque du Soleil et les Beatles (par l'entremise de leur compagnie Apple), peut donner une bonne idée du spectacle. Mais il nous fait surtout entrer dans les coulisses de cette incroyable production.
Et pourtant, les écueils, énormes, auraient pu décourager n'importe qui. Après leur séparation, jamais les Beatles n'avaient accepté que leur musique serve de base à un spectacle. Le déclic s'est produit grâce à l'amitié entre Guy Laliberté, p.-d.g. du Cirque, et l'ex-Beatle George Harrison.
Le Cirque du Soleil a la réputation de mener ses projets seul et de conserver le contrôle absolu sur ses processus de création. Cette fois-ci, non seulement le Cirque était associé au groupe Mirage de Las Vegas (qui a investi 180 millions dans le projet!), mais il lui fallait constamment négocier avec un troisième partenaire, c'est-à-dire Apple.
La première décision, extrêmement délicate, fut de composer une bande sonore remixée à partir des chansons originales des Beatles. Un seul homme au monde pouvait s'acquitter de cette tâche: George Martin, le producteur des Beatles, qu'on a justement surnommé le cinquième Beatle, très présent dans le film avec son fils Giles.
Filmé à Montréal, à Londres et à Las Vegas, le documentaire montre sur plusieurs mois la préparation du spectacle, des premières répétitions dans les locaux du Cirque, dans le quartier Saint-Michel à Montréal, au soir de la première à Las Vegas. On suit plus particulièrement deux artistes: le Québécois Rodrigue Proteau, qui interprète le rôle du Sergent Peppers dans Love,
et le Sud-Africain Michael Moloi Tumelo, un jeune danseur de rue de grand talent qui est arrivé un beau matin dans la neige montréalaise et qui ne connaissait même pas la musique des Beatles!
Il faut surtout entendre les concepteurs du spectacle se pincer pour y croire. Dominic Champagne, le metteur en scène, n'en revient pas de pouvoir travailler avec un matériel aussi mythique. François Pérusse, qui a conçu le montage sonore de quelques moments du spectacle, a eu accès à des heures de matériel inédit, des dizaines de bandes de dialogues de studio entre
les quatre Beatles, un genre de Saint-Graal pour n'importe quel amateur de musique.
Mais l'enjeu véritable du spectacle, c'était de plaire aux Beatles eux-mêmes. Ringo Starr semble prêt à tout accepter. Paul McCartney, pour sa part, est très ouvert, mais il surveille avec attention l'évolution du projet.
Quant aux veuves des deux autres Beatles, elles veillent jalousement sur leur matériel respectif. Olivia Harrison a confiance, mais elle exprime souvent des inquiétudes et pose sans cesse des questions. Quant à Yoko Ono, le film ne cache pas ses doutes et montre même une discussion très serrée entre elle et Dominic Champagne, alors qu'elle l'accuse de ne pas saisir l'esprit des chansons de son John Lennon.
Bref, voilà un documentaire fascinant, d'autant plus que les ex-Beatles et George Martin livrent de nombreuses anecdotes sur les glorieuses années 60. À noter que la version présentée à Radio-Canada cette semaine diffère de la version internationale du film actuellement vendu en DVD: on y a ajouté de nouvelles entrevues en français avec des participants québécois.
All Together Now - Radio-Canada, le vendredi 19 décembre, à 19h30.
Toutefois, pour ceux qui n'ont pas eu ma chance, ce documentaire d'Adrian Wills, coproduit par le Cirque du Soleil et les Beatles (par l'entremise de leur compagnie Apple), peut donner une bonne idée du spectacle. Mais il nous fait surtout entrer dans les coulisses de cette incroyable production.
Et pourtant, les écueils, énormes, auraient pu décourager n'importe qui. Après leur séparation, jamais les Beatles n'avaient accepté que leur musique serve de base à un spectacle. Le déclic s'est produit grâce à l'amitié entre Guy Laliberté, p.-d.g. du Cirque, et l'ex-Beatle George Harrison.
Le Cirque du Soleil a la réputation de mener ses projets seul et de conserver le contrôle absolu sur ses processus de création. Cette fois-ci, non seulement le Cirque était associé au groupe Mirage de Las Vegas (qui a investi 180 millions dans le projet!), mais il lui fallait constamment négocier avec un troisième partenaire, c'est-à-dire Apple.
La première décision, extrêmement délicate, fut de composer une bande sonore remixée à partir des chansons originales des Beatles. Un seul homme au monde pouvait s'acquitter de cette tâche: George Martin, le producteur des Beatles, qu'on a justement surnommé le cinquième Beatle, très présent dans le film avec son fils Giles.
Filmé à Montréal, à Londres et à Las Vegas, le documentaire montre sur plusieurs mois la préparation du spectacle, des premières répétitions dans les locaux du Cirque, dans le quartier Saint-Michel à Montréal, au soir de la première à Las Vegas. On suit plus particulièrement deux artistes: le Québécois Rodrigue Proteau, qui interprète le rôle du Sergent Peppers dans Love,
et le Sud-Africain Michael Moloi Tumelo, un jeune danseur de rue de grand talent qui est arrivé un beau matin dans la neige montréalaise et qui ne connaissait même pas la musique des Beatles!
Il faut surtout entendre les concepteurs du spectacle se pincer pour y croire. Dominic Champagne, le metteur en scène, n'en revient pas de pouvoir travailler avec un matériel aussi mythique. François Pérusse, qui a conçu le montage sonore de quelques moments du spectacle, a eu accès à des heures de matériel inédit, des dizaines de bandes de dialogues de studio entre
les quatre Beatles, un genre de Saint-Graal pour n'importe quel amateur de musique.
Mais l'enjeu véritable du spectacle, c'était de plaire aux Beatles eux-mêmes. Ringo Starr semble prêt à tout accepter. Paul McCartney, pour sa part, est très ouvert, mais il surveille avec attention l'évolution du projet.
Quant aux veuves des deux autres Beatles, elles veillent jalousement sur leur matériel respectif. Olivia Harrison a confiance, mais elle exprime souvent des inquiétudes et pose sans cesse des questions. Quant à Yoko Ono, le film ne cache pas ses doutes et montre même une discussion très serrée entre elle et Dominic Champagne, alors qu'elle l'accuse de ne pas saisir l'esprit des chansons de son John Lennon.
Bref, voilà un documentaire fascinant, d'autant plus que les ex-Beatles et George Martin livrent de nombreuses anecdotes sur les glorieuses années 60. À noter que la version présentée à Radio-Canada cette semaine diffère de la version internationale du film actuellement vendu en DVD: on y a ajouté de nouvelles entrevues en français avec des participants québécois.
All Together Now - Radio-Canada, le vendredi 19 décembre, à 19h30.
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