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Médias - Une campagne au ras des pâquerettes

Paul Cauchon   1 décembre 2008  Médias
Étrange campagne électorale. On a l'impression que les chefs de parti font campagne sans imagination particulière, avec quelques publicités télévisées sans grand impact, des pancartes électorales sans grande pertinence et un débat télévisé, la semaine dernière, qui a pris les accents d'une foire d'empoigne plutôt que d'une discussion élevée autour de grands projets.

Mais les chefs n'oublient jamais de se montrer à la hauteur du peuple et, surtout, de ne pas trop l'étourdir avec de grands rêves collectifs.

Demain matin, tiens, ils sont tous invités à une émission légère comme les bulles, Deux filles le matin à TVA, où ils se soumettront aux questions «songées» des deux animatrices qui veulent faire «connaître l'humain derrière le leader» (c'est écrit tel quel dans le communiqué de TVA), avec des questions sur «la vie de famille, la spiritualité, leur enfance, etc.».

Faute de proposer de grands projets qui feront rêver, faute d'être capables d'imaginer ce que sera le Québec dans 10 ou 20 ans (c'était le sens de la dernière question posée lors du débat des chefs de mardi dernier, et les réponses furent d'une remarquable absence d'envergure), nos politiciens divertissent. Il faut démontrer son sens de l'humour à Infoman (sinon il vous fera passer un mauvais quart d'heure), passer à Tout le monde en parle ou, si l'on ne s'entend pas bien avec Guy A. Lepage, faire le clown à Dieu merci! pour montrer que l'on est capable, même si on veut diriger le Québec, d'être au même niveau que n'importe quel candidat tarte d'Occupation double.

Remarquez que les médias ne sont pas toujours eux-mêmes d'une grande élévation. Il y a une dizaine de jours, Pauline Marois a été soumise, dans le cadre d'une entrevue à Rythme FM, à une série de questions du type «êtes-vous de type crémeuse ou traditionnelle, manuelle ou automatique, rouleaux ou fer à friser». Authentique.

Mais avouons aussi que notre campagne paraît terne après l'intense campagne fédérale d'octobre, et elle paraît encore plus décalée aujourd'hui avec le psychodrame sensationnel en cours à Ottawa.

Il reste que nos élections apparaissent sans audace lorsqu'on les compare à la véritable révolution opérée par l'équipe de Barack Obama aux États-Unis.

On a beaucoup dit que son élection a été portée par une armée de bénévoles sur Internet. Depuis le 4 novembre, on apprend maintenant que le nouveau président se servira d'Internet comme jamais.

Le Washington Post écrivait récemment que si John Kennedy avait été le premier président (et probablement le premier chef d'État au monde) à se servir massivement de la télévision pour se faire élire, Barack Obama est maintenant vu comme le «premier président numérique».

Obama est en effet assis sur un trésor de guerre: une base de données électronique de plus de 10 millions de supporteurs, rassemblée pendant deux ans (au moins trois millions des gens sur la liste ont directement donné de l'argent à sa campagne). Une équipe de 95 personnes, qui avait animé ces millions d'internautes pendant la campagne électorale, est maintenant réquisitionnée par la nouvelle administration démocrate pour continuer le travail. On rappelle d'ailleurs qu'un des dirigeants de cette équipe est le cofondateur de Facebook.

Selon les informations qui circulent depuis dix jours dans la presse américaine, à compter du 20 janvier, le président Obama prépare une sorte de démocratie nouveau genre: il se servira de cette base de données pour créer un lien direct avec les électeurs, et tester ses politiques (ce qui, en passant, est une bonne façon de contourner les médias traditionnels...).

Dès le lendemain de son élection, son équipe a d'ailleurs ouvert un nouveau site, «change.gov», dans lequel les internautes peuvent partager leurs préoccupations et même poser leur candidature à des emplois dans la nouvelle administration.

L'équipe d'Obama a bien pris note, je suppose, que trois fois plus d'Américains ont utilisé Internet pour s'informer en 2008 que lors de la campagne de 2004 et que, cet automne, Internet était devenu la deuxième source d'information des Américains pour la campagne électorale, toujours derrière la télévision, mais, pour la première fois, devant les journaux.

Toute comparaison pourrait sembler boiteuse. Mais il est impossible de ne pas remarquer que la stratégie de communication des partis politiques québécois sur les nouvelles plateformes technologiques est d'une timidité désespérante. Internet est, en soi, un enjeu absent de la campagne. Les sites Internet des partis, eux, sont réduits au minimum, sans blogues (tout au plus trouve-t-on sur le site de l'ADQ un petit forum de discussion invitant les gens à «imaginer» le Québec du futur). Sur Facebook, Jean Charest a ouvert un profil qui comptait 2300 «amis» vendredi dernier, Pauline Marois 1900... et les autres chefs n'en ont pas.

Pourtant, exclue du débat des chefs, Françoise David est quand même parvenue, avec peu de moyens, à rassembler 30 000 personnes le soir du débat, avec un site temporaire qui invitait les électeurs à suivre le débat avec elle. Mais il faut croire que le Québec n'est pas encore mûr pour une véritable révolution numérique en matière politique.

***

pcauchon@ledevoir.com
 
 
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  • martin dubois
    Abonné
    lundi 1 décembre 2008 08h05
    à qui la faute ?
    M. Cauchon, votre texte me laisse de glace. Résumons ; vous commencez par déplorer le manque d'audace et d'envergure des projets proposés par les trois partis principaux en cette campagne électorale québécoise, pour ensuite comparer notre situation à celle qui prévaut aux États-Unis avec l'élection de Barack Obama, et finalement vous terminez avec la révolution numérique en politique avec ce même Obama, que vous comparez avec le retard numérique dans la campagne québécoise. Ouf ! Quel méli-mélo ! Pouvez-vous bien me dire ce qu'il y a dans votre texte pour démontrer ou expliquer le manque d'élévation de la campagne électorale québécoise ?
    Si vous-mêmes, ayant une tribune comme celle du Devoir, ne trouvez rien à dire de consistant sur le sujet, je ne suis pas surpris que nous en soyons où nous en sommes.
    Vous auriez pourtant pu dire des choses intéressantes.
    Par exemple, mentionner que le dernier politicien à avoir proposé un projet de société. M. Stéphane Dion, (dont je ne suis pourtant absolument pas un fan), a été littéralement massacré par les journalistes durant la campagne fédérale. Vous auriez pu mentionner que la souveraineté n'est plus présentable politiquement, parce que les journalistes en ont fait une maladie honteuse depuis belle lurette, tellement qu'aucun chef du PQ ne peut désormais espérer en faire un objectif sans s'attirer une vindicte médiatique acharnée. Vous auriez pu également parler de l'étrange docilité des journalistes avec les premiers ministres en place, surtout quand ceux-ci ont un talent pour le machiavélisme, et aucune projet de société en tête à part celui de rester au pouvoir et de récompenser des groupes d'intérêts.
    Vous auriez pu aussi avoir un regard critique sur Obama : en effet, à part son image incarnée du changement, son charisme, et aussi le contexte anti-républicain dans lequel il arrive, quelle idée différente ce politicien amène-t-il vraiment aux États-Unis ?
    Et enfin, en quoi le fait de se convertir au numérique devient-il un facteur d'idées nouvelles ?
    La forme définirait-elle désormais le contenu ?
    Tôt ou tard, M. Cauchon, quelqu'un quelque part devra s'attaquer sérieusement au véritable fléau qui tue à petit feu la démocratie; soit l'absence inconcevable d'auto-critique chez les journalistes, et leur incapacité à être désormais quoique ce soit d'autre que des pions complaisants dans le jeu des fanatiques du pouvoir.
    J'espère que Le Devoir, comme journal indépendant, sera parmi les premiers à briser cette passivité journalistique généralisée.
    Mais ce sera pour quand ?
    Quand le taux de participation sera sous les 20% ?

  • Gilles Delisle
    Abonné
    lundi 1 décembre 2008 08h50
    Parfaitement exact!
    Vous avez misé juste. Après avoir suivi quelque peu la campagne américaine et celle de la France, il y a quelques mois, on s'aperçoit que les campagnes électorales québécoise et canadienne ne lèvent pas très haut. Je trouve tout à fait inconcevable de voir nos politiciens jouer les apprentis- vedettes dans des émissions farfelues, comme celles dont vous faites mention dans votre article. Cette façon de faire de la politique, avec la complicité des médias, contribue à garder le peuple dans l'ignorance et la crédulité. Passer à l'émission de Lepage ou à d'autres émissions pour cancres du genre, constitue une occasion en or pour les chefs, puisque c'est pas mal moins compliqué que de répondre à des questions d'un journaliste du Devoir, par exemple.

  • André Chamberland
    Inscrit
    lundi 1 décembre 2008 09h52
    Élections inutiles qui nous écoeurre des politiciens et des élections
    C'est pourquoi, la grande majorité des électeurs potentiels n'ira pas voter. Et malheureusement, cet impact se répercutera sur plusieurs années et élections à venir.
    Harper et Charest ont trouvé la meilleure façon de tuer notre démocratie.

  • Jean-Serge Baribeau
    Abonné
    lundi 1 décembre 2008 10h48
    Et les médias dans ce théâtre de l'absurde???
    Tout comme Martin Dubois je pense que les médias jouent un rôle important dans l'assassinat (à petit feu) de la démocratie. Il y a les médias simplets et carrément débilitants. Mais il y a aussi les médias dits sérieux qui, de plus en plus, fixent et délimitent le cadre à l'intérieur duquel les politiciens doivent parler.


    Évidemment il y a l'extrême médiocrité de nombreux politiciens et politiciennes. Mais il y a aussi l'extrême manque d'audace de la part des journalistes et «communicateurs» de tout acabit.

    Aussi, on a conditionné une partie de la population à réclamer des émissions axées sur le HUMAN INTEREST, sur les anecdotes niaises, sur la nécessité, pour les politiciens, de prouver qu'ils sont aussi humains que nous tous, qu'ils sont drôles et attendrissants, qu'ils ne sont ni snobs ni hautains ni prétentieux.

    Tout cela mérite réflexion!

    JSB

  • alma1940
    Abonné
    lundi 1 décembre 2008 11h48
    Besoin d'un ''leader"" crédible.
    Notre système électoral est certainement à repenser. Des gouvernements minoritaires à répétition et des millions à chaque fois et cela en dedans du mandat régulier de quatre ans. Avec la montée des partis ( 17 au Québec, 19 au Canada) je pense qu'on devrait avoir une certaine forme de représentation proportionnelle.

    On devrait également pouvoir voter pour le meilleur candidat dans notre comté et un vote pour le meilleur leader comme chef. Mais, dans cette situation, il faudrait avoir une volonté de vraiment travailler pour le bien commun du peuple et non pas pour les visions bornées des partis ou des individus.

    Malgré les imperfections et les changements désirés il faut tout de même exercer son droit de vote qui est la plus belle manifestation de la démocratie. Dans le contexte actuel des élections du 8 décembre, je fais mon analyse comme suit :

    Jean Charest est un politicien opportuniste. Son parcours est comme un GPS, on sait le point de départ et le point d'arriver....mais peut-être pas par le plus court chemin ! Entre Québec et Ottawa, quel est le meilleur choix pour réaliser ses objectifs politiques personnels ? Des détours sont à l'occasion profitables, il faut les prendre. Exemples : le fait qu'il soit présentement Premier ministre du Québec, 2. le fait de déclencher des élections en décembre 2008.

    Mario Dumont prend de l'expérience et de l'assurance. Peut-être saura-t-il devenir un vrai rassembleur dans quelques années s'il apprend à partager les responsabilités.

    Mme Pauline Marois est la plus crédible, depuis ses débuts en politique en (1981), son parcours lui a permis plein d'expériences qui l'ont amené au poste de chef du Parti Québécois. Si vous avez Internet, voir ce lien qui vous permettra de voir son http://www.assnat.qc.ca/fra/Membres/notices/m-n/ma

    Et, dans ma circonscription de Saint-Maurice, je crois que Claude Pinard serait le meilleur candidat en tenant compte de la liste des candidats inscrits. Mais il devra retrousser ses manches pour reconquérir ses électeurs qui l'avaient délaissé aux dernières élections.

    En souhaitant avoir un gouvernement majoritaire pour le bien des québécois et non des partis politiques.

    Si, comme on vient de le faire aux États Unis, on donnait une ouverture à ce qui ne sait jamais fait auparavant, (l'élection d'un noir à la Maison Blanche), nous pourrions, ici au Québec, permettre à une dame d'être Première Ministre du Québec. Elle possède les qualités nécessaires pour réaliser son rêve, en plus de pouvoir rassembler toutes les forces vives autour d'elle pour diriger notre province. Elle serait je crois la « leader » dont nous avons besoin pour redresser le Québec et lui donner confiance dans tous ses potentiels, pour à la fin, redonner la fierté à tout un peuple capable de se gouverner lui-même.

    Oui, je peux voter pour elle.
    Oui, elle peut être Première Ministre.
    Oui, nous pouvons ensemble relevé ce grand défi.

    André-Jean Bordeleau, Shawinigan.

  • Kris Richard
    Inscrit
    lundi 1 décembre 2008 13h15
    La Faute
    La Faute
    De Qui vient la Faute?
    La réponse est là devant nous et la masse populeuse n'en saisit pas la Réalité, car la Vérité est cachée derrière le Paravent des Procès Verbaux Municipaux, Régionnaux, Provinciaux ou Fédéraux, contenant un Verbal Verbeux, se voulant de perdre en conjonctures tout ordre d'idée voulant faire la Lumières sur cette Faute employée par la Bête de l' Apocalypse de Saint Jean en comparant justement cette Bête à Desjardins actuellement, je l'explique et le Prouve.
    Je le dis au diapason des textes anciens et cela pour en avoir saisi l'importance de ce Moment où la Vérité fait office de Justice sur les Mensongeries de certains élus!
    Il est donc normal, d'observer un tantinet d'émotions un peu partout dans les cursives du Parlement de Québec et d'Ottawa.
    Pourquoi autant de cachettes?
    Pourquoi vouloir sauver Desjardins la Corrompue?
    Pourquoi ne pas simplement privatiser Desjardins dans une Nouvelle Alliance Gouvernementale afin de faire disparaître les usurpateurs de subventions et de redonner au Peuple sa Dignité sans avoir Besoin de Desjardins en tant qu'entité ministérielle.

    Entrevoyez l'Avenir de nos enfants si vous êtes si intelligents, Vous, les Dominants de l'Argent qui jouez aux Dominos Desjardins sur le Dos Mignons et courbés des esclaves Pensionnés qui agonisent dans les Cages à Poules du Parc Immobilier Desjardins, Bâti à Même les Finances Publiques, et dont les Fonds de Pensions de nos Retraités ont été DÉPENSÉS par la Bête Desjardins pour offrir à Nos Aînés une Prison Dorée pour retraité afin de garantir leur Liquidité et leur Pouvoir d'Emprunt à court, moyen et long termes.
    Le jour où le Peuple Québécois comprendra que Jean Charest a agi au Nom de son Maître Infâme Trudeau pour VENDRE le Québec aux Américains et aux JUIFS qui se cherchent un Pays Nouveau, car Israël sera bientôt Détruit comme il est prévu selon le Plan des Américains qui sont en train de vider le Moyen Orient pour que la Guerre Là Bas, s'en vienne ICITTE K-LyS, au Québec et personne fait RIEN !
    Il y aurait des moyens de faire autrement pour garantir une saine gestion des Deniers Publics en commençant par Étatiser Desjardins, Point Final. Que Desjardins deviennent la Banque du Peuple et que son Autorité soit remise dans les Mains du Ministre de la Sécurité Publique afin de garantir à tous Êtres Humains vivant au Québec, d'avoir du Pain sur la Table et une qualité de vie ajustée à une Société Intelligente. On fait ça comment? En Sacrant dehors nos Dirigeants Mafieux. Oui mais comment? En les déclarant ouvertement dans tous les Médias tout simplement et surtout en Informant Bien les Personnes Âgées du Québec qu'elles se font Royalement Fourrer par Desjardins qui les Hypnotisent pour AVOIR tous leurs AVOIRS !
    Kris Richard
    Réf 17
    http://17.xooit.fr/t21-17.htm

  • mhglrnu@gmail.com
    Abonné
    lundi 1 décembre 2008 16h47
    Quel grand projet?
    Celui de gouverner une province ca je le laisse au provincialstes qu'ils sont.Faire du Quebec un etat mornal,pardonnez-moi...Quand tu as peur de perdre ce que tun'as pas.Des grands projets c'est deux CHUMS un de trop.Mais que voules-vous.... Un grand projet se faire passer des Québecs sans accents.

  • Michel Chayer
    Inscrit
    lundi 1 décembre 2008 20h58
    Fer à défriser
    « Pauline Marois a été soumise, dans le cadre d'une entrevue à Rythme FM, à une série de questions du type «"êtes-vous de type crémeuse ou traditionnelle, manuelle ou automatique, rouleaux ou fer à friser "».

    Élections = piège à cons

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