À voir à la télévision le jeudi 20 novembre - Quand ça ne tourne pas rond
Les remakes et les suites sont rarement l'apanage du documentaire; ces stratagèmes commerciaux, utilisés surtout en fiction, rassurent un public frileux dont les horizons d'attente se limitent au porte-monnaie. On ne sent pourtant aucun calcul mercantile chez Marquise Lepage, même si son plus récent documentaire, Des billes, des ballons et des garçons, constitue l'autre versant de Des marelles et des petites filles (1999), un état des lieux bouleversant ayant connu une prodigieuse carrière internationale.
Son tour d'horizon n'était pourtant pas très réjouissant: du Yémen au Burkina Faso en passant par Haïti, elle révélait la douleur des mutilations, des travaux forcés et des sévices sexuels derrière les sourires des fillettes et leurs comptines. Ce constat troublant justifiait ainsi la colère de certaines féministes, voyant là la preuve éclatante que la souffrance avait bel et bien un sexe. Comme pour remettre les choses dans une juste perspective, la cinéaste a repris le bâton du pèlerin, s'engageant dans un autre voyage sur tous les continents de la misère, mais cette fois en donnant la parole à des hommes en devenir et dont l'enfance a été sauvagement piétinée.
D'un pays à l'autre, Marquise Lepage va à la rencontre de garçons qui n'ont parfois même pas la force de dénoncer leurs bourreaux, travaillant dans les mines, comme à Potosi, en Bolivie, ou dans les champs, comme à Niono, au Mali, sous la coupe d'un maître coranique qui ressemble plutôt à un marchand d'esclaves.
À chaque escale, la cinéaste expose d'abord le cadre enchanteur des lieux pour mieux déstabiliser le spectateur, qui ignore parfois que toutes ces beautés camouflent (très bien) horreurs, injustices et souffrances. À la froideur effroyable de certaines statistiques mises en exergue (120 000 jeunes Boliviens piochant dans les mines, 75 000 enfants soldats de moins de 16 ans en Birmanie, 30 millions de garçons travaillant sans rémunération en Afrique, etc.) se superposent toutefois des parenthèses d'espoir, des moments où ces victimes redeviennent ce qu'elles devraient toujours être: des enfants.
Grands reportages / Des billes, des ballons et des garçons - RDI, 20h
Son tour d'horizon n'était pourtant pas très réjouissant: du Yémen au Burkina Faso en passant par Haïti, elle révélait la douleur des mutilations, des travaux forcés et des sévices sexuels derrière les sourires des fillettes et leurs comptines. Ce constat troublant justifiait ainsi la colère de certaines féministes, voyant là la preuve éclatante que la souffrance avait bel et bien un sexe. Comme pour remettre les choses dans une juste perspective, la cinéaste a repris le bâton du pèlerin, s'engageant dans un autre voyage sur tous les continents de la misère, mais cette fois en donnant la parole à des hommes en devenir et dont l'enfance a été sauvagement piétinée.
D'un pays à l'autre, Marquise Lepage va à la rencontre de garçons qui n'ont parfois même pas la force de dénoncer leurs bourreaux, travaillant dans les mines, comme à Potosi, en Bolivie, ou dans les champs, comme à Niono, au Mali, sous la coupe d'un maître coranique qui ressemble plutôt à un marchand d'esclaves.
À chaque escale, la cinéaste expose d'abord le cadre enchanteur des lieux pour mieux déstabiliser le spectateur, qui ignore parfois que toutes ces beautés camouflent (très bien) horreurs, injustices et souffrances. À la froideur effroyable de certaines statistiques mises en exergue (120 000 jeunes Boliviens piochant dans les mines, 75 000 enfants soldats de moins de 16 ans en Birmanie, 30 millions de garçons travaillant sans rémunération en Afrique, etc.) se superposent toutefois des parenthèses d'espoir, des moments où ces victimes redeviennent ce qu'elles devraient toujours être: des enfants.
Grands reportages / Des billes, des ballons et des garçons - RDI, 20h
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

