À voir à la télévision le dimanche 16 novembre - Arriver à arriver...
De l'extérieur, Dieu s'est lassé de nous a toutes les apparences du film sur l'Afrique destiné à donner mauvaise conscience aux Occidentaux. Dans les faits, l'excellent documentaire de Christopher Quinn est une oeuvre à la fois fine, généreuse et à l'espoir mesuré opposant deux détresses.
Celle, matérielle, qui affecte les jeunes «garçons perdus» du Soudan parqués depuis 15 ans dans un camp de réfugiés au Kenya au terme d'un long exode qui les a conduits d'abord en Éthiopie. Et celle, psychologique, à laquelle ils sont confrontés après qu'une organisation caritative les a parachutés aux États-Unis pour qu'ils y refassent leur vie.
Le récit suit trois de ces jeunes hommes, transplantés à Pittsburgh et à Syracuse (N.Y.), où, après trois mois, ils doivent multiplier les boulots de misère pour gagner de quoi payer le loyer. Mais surtout pour pouvoir envoyer quelques dollars américains aux camarades et à la famille restés en Afrique, qui comptent sur eux.
Sans le verbaliser, Christopher Quinn signale à travers leurs histoires parallèles et croisées le peu de solidarité qui lie nos sociétés occidentales.
Un manque si grand qu'une organisation philanthropique fondée en Occident, aux intentions louables, ne peut concevoir ou prévoir que les bénéficiaires de sa charité deviendront automatiquement les esclaves de ceux qui sont restés derrière.
Cela dit, Christopher Quinn ne fait pas dans le cinéma à thèse. Son film, narré avec coeur par Nicole Kidman, suit sur cinq ans les trajectoires de ses «personnages», documente la société dont ils sont issus, filme ensuite leur voyage et leur instal-lation aux États-Unis. Ils n'ont jamais vu d'escalier mécanique, n'ont jamais allumé une ampoule, doivent se faire enseigner l'usage d'une cuvette, les vertus d'un réfrigérateur, la lecture d'un planibus, etc. Ils mettront des années à «arriver». Certains n'y arriveront pas... C'est ce que le cinéaste observe dans les deux derniers tiers de son film, admirablement photographié et monté, qui témoigne d'un immense respect envers ses sujets et n'en inspire pas moins aux spectateurs.
Docu-D / Dieu s'est lassé de nous - Canal D, 19h
Celle, matérielle, qui affecte les jeunes «garçons perdus» du Soudan parqués depuis 15 ans dans un camp de réfugiés au Kenya au terme d'un long exode qui les a conduits d'abord en Éthiopie. Et celle, psychologique, à laquelle ils sont confrontés après qu'une organisation caritative les a parachutés aux États-Unis pour qu'ils y refassent leur vie.
Le récit suit trois de ces jeunes hommes, transplantés à Pittsburgh et à Syracuse (N.Y.), où, après trois mois, ils doivent multiplier les boulots de misère pour gagner de quoi payer le loyer. Mais surtout pour pouvoir envoyer quelques dollars américains aux camarades et à la famille restés en Afrique, qui comptent sur eux.
Sans le verbaliser, Christopher Quinn signale à travers leurs histoires parallèles et croisées le peu de solidarité qui lie nos sociétés occidentales.
Un manque si grand qu'une organisation philanthropique fondée en Occident, aux intentions louables, ne peut concevoir ou prévoir que les bénéficiaires de sa charité deviendront automatiquement les esclaves de ceux qui sont restés derrière.
Cela dit, Christopher Quinn ne fait pas dans le cinéma à thèse. Son film, narré avec coeur par Nicole Kidman, suit sur cinq ans les trajectoires de ses «personnages», documente la société dont ils sont issus, filme ensuite leur voyage et leur instal-lation aux États-Unis. Ils n'ont jamais vu d'escalier mécanique, n'ont jamais allumé une ampoule, doivent se faire enseigner l'usage d'une cuvette, les vertus d'un réfrigérateur, la lecture d'un planibus, etc. Ils mettront des années à «arriver». Certains n'y arriveront pas... C'est ce que le cinéaste observe dans les deux derniers tiers de son film, admirablement photographié et monté, qui témoigne d'un immense respect envers ses sujets et n'en inspire pas moins aux spectateurs.
Docu-D / Dieu s'est lassé de nous - Canal D, 19h
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