Charest dit non au débat des chefs dans la forme proposée
Photo : Agence Reuters
Le chef libéral ne veut rien entendre de la formule de débat que les partis fédéraux ont expérimentée lors des dernières élections.
Le débat des chefs est dans une impasse, alors que le Parti libéral refuse catégoriquement la formule proposée par le consortium des télédiffuseurs, formule acceptée par l'ADQ et le PQ.
Le refus du Parti libéral s'étend même à l'animateur pressenti pour le débat, Stéphan Bureau, sur lequel le PLQ a émis «des réserves», selon le porte-parole du consortium des télédiffuseurs, Denis Pellerin.
De passage hier à Ottawa pour participer à la rencontre fédérale-provinciale sur l'économie, le leader libéral Jean Charest a confirmé qu'il refusait de changer la formule du débat télévisé des chefs.
«Je veux un débat des chefs où les chefs pourront échanger directement entre eux, comme c'était le cas en 1998, en 2003 et en 2007, a-t-il déclaré. Je veux que cela se fasse debout, dans un contexte où les Québécois pourront nous entendre et comparer ce que nous offrons comme plan économique.»
Dans le camp libéral, on estime qu'une nouvelle formule à l'image de celle utilisée lors des élections fédérales, où les chefs sont assis et peuvent se parler dans un format plus flexible, désavantagerait Jean Charest.
La formule utilisée lors de la campagne fédérale permettait plus d'échanges croisés entre les chefs, et donc des tirs nourris contre le premier ministre sortant.
Le consortium des télédiffuseurs, qui regroupe Radio-Canada, TVA et Télé-Québec, tient à sa formule mais se dit «prêt à discuter».
«Nous avons fait une proposition pour sortir de la formule traditionnelle, en nous inspirant du débat de la dernière campagne fédérale, explique Denis Pellerin, porte-parole du consortium, et cadre à Radio-Canada. Au fédéral, les cinq chefs de parti avaient accepté la nouvelle formule. Il a été prouvé que chaque chef a eu droit au même temps d'antenne, et c'est une formule qui n'empêche aucunement les débats un contre un.»
M. Pellerin ajoute que «l'on peut toujours discuter si les chefs préfèrent être debout ou assis», mais il ajoute que ce débat «n'est pas du temps d'antenne gratuit, c'est une émission d'information pour les téléspectateurs», faisant valoir que ceux-ci, justement, ont beaucoup apprécié la nouvelle formule adoptée au fédéral.
L'écoute du débat des chefs au fédéral a d'ailleurs été plus élevée que d'habitude, avec 1,6 million de téléspectateurs au Québec.
Le consortium a proposé la date du 25 novembre pour un seul débat, en français.
Les chefs des deux autres partis ont critiqué hier l'attitude du premier ministre sortant. De passage à Gatineau, le chef de l'ADQ Mario Dumont a fait valoir que après avoir lancé «une campagne que personne ne veut» et «après s'être vu au-dessus de la nécessité de sortir les chiffres», le Parti libéral «est rendu au-dessus du consortium des médias».
Selon Mario Dumont, Jean Charest semble vouloir que le consortium prenne son «trou et que le parti libéral décide seul, et que Jean Charest décide seul les règles. C'est un autre pas sur un chemin d'une arrogance qui n'est plus acceptable».
Pour sa part, la chef du PQ, Pauline Marois, a estimé qu'il appartenait à M. Charest de faire des compromis pour qu'un débat puisse se tenir.
«Le consortium des télédiffuseurs nous a proposé un débat qui nous convient parfaitement, a-t-elle indiqué. M. Charest devrait cesser d'être arrogant et accepter ce que les deux autres partis ont largement appuyé.»
Alors qu'on lui demandait si elle accepterait de faire des compromis pour permettre la tenue du débat, Mme Marois a répliqué: «Pourquoi M. Charest n'accepterait pas la proposition du consortium, alors que les deux partis politiques qui représentent la majorité de la population l'acceptent?»
Selon le consortium des télédiffuseurs, il faut trouver une solution d'ici à demain pour que le débat se tienne comme prévu.
Par ailleurs, Québec solidaire est revenu à la charge hier, faisant valoir que «le débat sur la formule est secondaire par rapport aux enjeux démocratiques fondamentaux soulevés par l'exclusion de Québec solidaire et des verts».
Le consortium a en effet définitivement exclu Québec solidaire et les verts du débat des chefs.
Québec solidaire remarque que «l'ADQ et le PQ souhaitent reprendre la même formule qu'au fédéral, avec en plus le même animateur, mais sans l'ouverture à d'autres partis. Pourtant, ce qui est bon pour le débat au fédéral devrait l'être également pour le débat au provincial, à moins de refuser d'évoluer. Sans les verts et Québec solidaire, c'est plus de 300 000 électeurs et électrices qui ne seront pas représentés lors de cet important rendez-vous».
Avec la collaboration d'Antoine Robitaille et La Presse canadienne
Le refus du Parti libéral s'étend même à l'animateur pressenti pour le débat, Stéphan Bureau, sur lequel le PLQ a émis «des réserves», selon le porte-parole du consortium des télédiffuseurs, Denis Pellerin.
De passage hier à Ottawa pour participer à la rencontre fédérale-provinciale sur l'économie, le leader libéral Jean Charest a confirmé qu'il refusait de changer la formule du débat télévisé des chefs.
«Je veux un débat des chefs où les chefs pourront échanger directement entre eux, comme c'était le cas en 1998, en 2003 et en 2007, a-t-il déclaré. Je veux que cela se fasse debout, dans un contexte où les Québécois pourront nous entendre et comparer ce que nous offrons comme plan économique.»
Dans le camp libéral, on estime qu'une nouvelle formule à l'image de celle utilisée lors des élections fédérales, où les chefs sont assis et peuvent se parler dans un format plus flexible, désavantagerait Jean Charest.
La formule utilisée lors de la campagne fédérale permettait plus d'échanges croisés entre les chefs, et donc des tirs nourris contre le premier ministre sortant.
Le consortium des télédiffuseurs, qui regroupe Radio-Canada, TVA et Télé-Québec, tient à sa formule mais se dit «prêt à discuter».
«Nous avons fait une proposition pour sortir de la formule traditionnelle, en nous inspirant du débat de la dernière campagne fédérale, explique Denis Pellerin, porte-parole du consortium, et cadre à Radio-Canada. Au fédéral, les cinq chefs de parti avaient accepté la nouvelle formule. Il a été prouvé que chaque chef a eu droit au même temps d'antenne, et c'est une formule qui n'empêche aucunement les débats un contre un.»
M. Pellerin ajoute que «l'on peut toujours discuter si les chefs préfèrent être debout ou assis», mais il ajoute que ce débat «n'est pas du temps d'antenne gratuit, c'est une émission d'information pour les téléspectateurs», faisant valoir que ceux-ci, justement, ont beaucoup apprécié la nouvelle formule adoptée au fédéral.
L'écoute du débat des chefs au fédéral a d'ailleurs été plus élevée que d'habitude, avec 1,6 million de téléspectateurs au Québec.
Le consortium a proposé la date du 25 novembre pour un seul débat, en français.
Les chefs des deux autres partis ont critiqué hier l'attitude du premier ministre sortant. De passage à Gatineau, le chef de l'ADQ Mario Dumont a fait valoir que après avoir lancé «une campagne que personne ne veut» et «après s'être vu au-dessus de la nécessité de sortir les chiffres», le Parti libéral «est rendu au-dessus du consortium des médias».
Selon Mario Dumont, Jean Charest semble vouloir que le consortium prenne son «trou et que le parti libéral décide seul, et que Jean Charest décide seul les règles. C'est un autre pas sur un chemin d'une arrogance qui n'est plus acceptable».
Pour sa part, la chef du PQ, Pauline Marois, a estimé qu'il appartenait à M. Charest de faire des compromis pour qu'un débat puisse se tenir.
«Le consortium des télédiffuseurs nous a proposé un débat qui nous convient parfaitement, a-t-elle indiqué. M. Charest devrait cesser d'être arrogant et accepter ce que les deux autres partis ont largement appuyé.»
Alors qu'on lui demandait si elle accepterait de faire des compromis pour permettre la tenue du débat, Mme Marois a répliqué: «Pourquoi M. Charest n'accepterait pas la proposition du consortium, alors que les deux partis politiques qui représentent la majorité de la population l'acceptent?»
Selon le consortium des télédiffuseurs, il faut trouver une solution d'ici à demain pour que le débat se tienne comme prévu.
Par ailleurs, Québec solidaire est revenu à la charge hier, faisant valoir que «le débat sur la formule est secondaire par rapport aux enjeux démocratiques fondamentaux soulevés par l'exclusion de Québec solidaire et des verts».
Le consortium a en effet définitivement exclu Québec solidaire et les verts du débat des chefs.
Québec solidaire remarque que «l'ADQ et le PQ souhaitent reprendre la même formule qu'au fédéral, avec en plus le même animateur, mais sans l'ouverture à d'autres partis. Pourtant, ce qui est bon pour le débat au fédéral devrait l'être également pour le débat au provincial, à moins de refuser d'évoluer. Sans les verts et Québec solidaire, c'est plus de 300 000 électeurs et électrices qui ne seront pas représentés lors de cet important rendez-vous».
Avec la collaboration d'Antoine Robitaille et La Presse canadienne
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