Télévision - Ce plat pays qui est le sien
Pas de resucée pour les 30 ans du décès. Certes en complément de programme ressort-on Brel, les adieux à L'Olympia, ce qui n'est jamais de trop pour se rappeler l'intensité effarante du gaillard sur scène, mais le plat de résistance de la soirée Jacques Brel d'Artv est fraîchement cuisiné. J'aime les Belges !, nouveau documentaire à propos de la belgitude du grand Jacques, est du fait maison 2008. Du Brel de première main.
Du premier lit, même. Un documentaire signé France Brel, la fille de, la fondée de la Fondation, la Brel officielle. Avec la participation de Miche Brel, la femme de, et d'Isabelle Brel, l'autre fille de. Toute la smala des ayants droit, quoi.
Documentaire autorisé, donc. Ç'a du bon: on obtient une émission pas chiche en documents d'archives. La très jalouse Fondation Jacques Brel n'a pas à demander la permission à la très jalouse Fondation Jacques Brel pour la moindre image. Et puis, les autres fournisseurs, l'INA, les collectionneurs, les télés d'un peu partout, offrent le reste sur le proverbial plateau. À charge de revanche. Y a qu'à se servir, donc, pour une fois. Ça veut dire un luxe d'extraits de spectacles et surtout d'entrevues, souvent jamais revues depuis leur diffusion.
Ce qui permet d'entendre Jacques Brel s'exprimer et s'expliquer en long et en large sur sa Belgique, sa Flandre natale, le Bruxelles de son enfance et «l'odeur de la soupe aux choux», l'accent bruxellois avec lequel il entretient un rapport amour-haine (Miche révèle qu'il a envoyé exprès ses filles au lycée français pour qu'elles ne le contractent pas de leur institutrice), la différence entre le flamand («un français rugueux») et le flamingan («un allemand mou»), et jusqu'au malentendu à propos de sa chanson Les Flamandes: «J'ai le droit, moi, Flamand de race, de raconter tout ce que j'ai envie en français.» Le Brel d'hier, dirait-on, parle aux Belges d'aujourd'hui: «Tout le monde a mal aux dents de la même façon [...] Je trouve que la Belgique d'aujourd'hui vaut mieux qu'une querelle linguistique... »
Brel étant tout le temps pertinent, l'essentiel du travail consiste à lier la sauce, à agencer les extraits, ce que France Brel fait plutôt bien. Mieux que d'habiller le paternel, ce qui n'est pas surprenant vu qu'il est déjà tout habillé. Superflues, en cela, sont les longues séquences de bord de mer, de la grand-place de Bruxelles, du pont de Liège, de la Flandre dans le brouillard. Pas de grande imagination dans ce traitement où les témoignages et les commentaires des proches et des amis sont superposés à ce qui ressemble à un reportage façon Canal Évasion sur les beautés de la Belgique d'aujourd'hui: on aurait plutôt voulu voir le Bruxelles du vivant de Brel, sa place de Brouckère, puis sa Flandre, son littoral à lui. On a tout de même la bonne idée d'utiliser ce que le Jacquot lui-même filma pour ses films, Franz et Far West, saisissantes images de Brel courant sur la plage à Blankenberge, déambulant avec Barbara dans le plat pays. Jacques Brel par Jacques Brel, c'est comme les bonbons de la chanson: «moins périssaaaaable».
Toute une soirée avec Jacques Brel - Samedi le 11 octobre à Artv
À 21h, Brel: J'aime les Belge !
À 23h, Brel, les adieux à L'Olympia.
Du premier lit, même. Un documentaire signé France Brel, la fille de, la fondée de la Fondation, la Brel officielle. Avec la participation de Miche Brel, la femme de, et d'Isabelle Brel, l'autre fille de. Toute la smala des ayants droit, quoi.
Documentaire autorisé, donc. Ç'a du bon: on obtient une émission pas chiche en documents d'archives. La très jalouse Fondation Jacques Brel n'a pas à demander la permission à la très jalouse Fondation Jacques Brel pour la moindre image. Et puis, les autres fournisseurs, l'INA, les collectionneurs, les télés d'un peu partout, offrent le reste sur le proverbial plateau. À charge de revanche. Y a qu'à se servir, donc, pour une fois. Ça veut dire un luxe d'extraits de spectacles et surtout d'entrevues, souvent jamais revues depuis leur diffusion.
Ce qui permet d'entendre Jacques Brel s'exprimer et s'expliquer en long et en large sur sa Belgique, sa Flandre natale, le Bruxelles de son enfance et «l'odeur de la soupe aux choux», l'accent bruxellois avec lequel il entretient un rapport amour-haine (Miche révèle qu'il a envoyé exprès ses filles au lycée français pour qu'elles ne le contractent pas de leur institutrice), la différence entre le flamand («un français rugueux») et le flamingan («un allemand mou»), et jusqu'au malentendu à propos de sa chanson Les Flamandes: «J'ai le droit, moi, Flamand de race, de raconter tout ce que j'ai envie en français.» Le Brel d'hier, dirait-on, parle aux Belges d'aujourd'hui: «Tout le monde a mal aux dents de la même façon [...] Je trouve que la Belgique d'aujourd'hui vaut mieux qu'une querelle linguistique... »
Brel étant tout le temps pertinent, l'essentiel du travail consiste à lier la sauce, à agencer les extraits, ce que France Brel fait plutôt bien. Mieux que d'habiller le paternel, ce qui n'est pas surprenant vu qu'il est déjà tout habillé. Superflues, en cela, sont les longues séquences de bord de mer, de la grand-place de Bruxelles, du pont de Liège, de la Flandre dans le brouillard. Pas de grande imagination dans ce traitement où les témoignages et les commentaires des proches et des amis sont superposés à ce qui ressemble à un reportage façon Canal Évasion sur les beautés de la Belgique d'aujourd'hui: on aurait plutôt voulu voir le Bruxelles du vivant de Brel, sa place de Brouckère, puis sa Flandre, son littoral à lui. On a tout de même la bonne idée d'utiliser ce que le Jacquot lui-même filma pour ses films, Franz et Far West, saisissantes images de Brel courant sur la plage à Blankenberge, déambulant avec Barbara dans le plat pays. Jacques Brel par Jacques Brel, c'est comme les bonbons de la chanson: «moins périssaaaaable».
Toute une soirée avec Jacques Brel - Samedi le 11 octobre à Artv
À 21h, Brel: J'aime les Belge !
À 23h, Brel, les adieux à L'Olympia.
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