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À voir à la télévision le mardi 1er juillet - À chacun sa révolution

André Lavoie   28 juin 2008  Médias
Même s'il s'est largement inspiré d'une pièce d'un compatriote polonais (L'Affaire Danton, de Stanislawa Przybyszewska), le cinéaste Andrzej Wajda a toujours nié le parallèle entre la France du XVIIIe siècle et la Pologne du XXe dans Danton (1982). Pourtant, derrière le portrait du bouillant révolutionnaire, on voyait bien l'ombre d'un homme qui faisait trembler le pouvoir communiste polonais au début des années 1980: Lech Walesa, le président du syndicat Solidarnosc.

Avec la complicité du scénariste Jean-Claude Carrière, Wajda décrit les troubles d'un été pas comme les autres dans l'histoire de la France, celui de 1793, alors que le peuple attend toujours les fruits de la Révolution. Danton (Gérard Depardieu dans ses grands jours) et Robespierre (Wojciech Pszoniak), deux personnalités importantes de cette période à la fois fabuleuse et chaotique, étaient d'abord des alliés objectifs, mais leurs profondes divergences vont vite les éloigner l'un de l'autre. En fait, Robespierre, grisé par la violence de son pouvoir, est vite irrité par l'attitude plus conciliante de l'hédoniste Danton et de son complice Camille Desmoulins (Patrice Chéreau). Leur combat contre la Terreur allait se terminer, sur les ordres de Robespierre, sous la guillotine...

Même si les parallèles avec la situation polonaise (explosive) du début des années 1980 peuvent s'avérer aujourd'hui plus vaporeux, et que la figure de Robespierre ne suscite plus chez les spectateurs des comparaisons spontanées avec le général Jaruzelski, Andrzej Wajda a su insuffler à cette imposante production un ton d'une grande sincérité. Tous ces symboles, ces personnages emblématiques, deviennent ici des êtres de chair, de sang et de fureur révolutionnaire, pétris de profondes contradictions qui en font nos semblables, et jamais des héros désincarnés. Une grande leçon d'histoire et une captivante leçon de cinéma.

Cinéma / Danton - Artv, 21h
 
 
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