Le CSF tire à boulets rouges sur Radio-Canada
Photo : Jacques Grenier
Christiane Pelchat
Québec — En «tassant» ses journalistes les plus expérimentées, la Société Radio-Canada contribue à perpétuer les pires stéréotypes sexistes accolés au genre féminin, a dénoncé hier la présidente du Conseil du statut de la femme.
Christiane Pelchat a profité du dépôt d'un avis alarmant sur l'image des femmes dans les médias pour condamner sans appel la décision de Radio-Canada de muter les animatrices Pascale Nadeau et Dominique Poirier.
Depuis toujours, Radio-Canada a «tendance à déprécier les femmes», en particulier celles qui prennent de l'âge, a soutenu Mme Pelchat. «C'est tasse-toi matante! T'es une femme, tu ne pognes pas, eh bien tasse-toi matante. Ils [les patrons de la société d'État] répondent aux stéréotypes sexuels et sexistes», a-t-elle lancé, en conférence de presse à Québec.
Au lieu de promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes, la Société Radio-Canada place ces artisanes sur la voie de garage, a estimé Mme Pelchat. Cette fois-ci, c'est «pour laisser la place à un gars qui veut rentrer à Montréal», a-t-elle avancé, en faisant allusion au journaliste Patrice Roy, chef de bureau à Ottawa, que plusieurs observateurs voient comme la prochaine vedette de la maison à Montréal.
La chaîne TQS n'échappe pas non plus aux critiques du Conseil du statut de la femme. Ce réseau de télévision aux abois veut se donner un mandat «plus macho et dirigé vers les hommes. C'est pas des blagues!», a déclaré l'ancienne députée libérale.
Dans son avis d'une centaine de pages présenté hier, le Conseil du statut de la femme conclut par ailleurs, à regret, que le mouvement féministe a échoué dans sa lutte contre les stéréotypes sexuels. Après 30 ans de campagne acharnée pour l'égalité, la femme, plus que jamais, est représentée dans les médias de masse par une image hypersexualisée et comme étant obsédée par sa taille, son apparence et par le désir de plaire aux hommes, relate le rapport intitulé «Le sexe dans les médias: obstacle aux rapports égalitaires».
Selon Mme Pelchat, les magazines destinés aux adolescentes illustrent parfaitement le phénomène d'hypersexualisation. De façon générale, ces publications rabaissent les femmes au rang «d'écervelées, d'incapables, d'étourdies» ou encore «d'infantilisantes».
Bombardées d'images de la sorte par les publicités, les téléréalités, les magazines, Internet et les jeux vidéo, les adolescentes finissent par incarner le fantasme de la femme fatale pas trop futée, prête à tout pour séduire son homme.
Cendrillon
«C'est le retour en force de Cendrillon, analyse la présidente du CSF. Les filles croient qu'il est normal d'être sexy. [...] Elles croient qu'elles sont libres d'agir ainsi pour obtenir pouvoir et objets, elles croient qu'il est normal de se montrer prêtes à satisfaire tous les désirs et les besoins des gars et qu'il est normal de consentir à des pratiques sexuelles avec lesquelles elles ne sont pas à l'aise.»
Convaincu de l'urgence de reprendre la lutte active contre le sexisme, le CSF formule une dizaine de recommandations au gouvernement du Québec, dont plusieurs sont destinées au ministère de l'Éducation.
L'organisme est d'avis que le personnel enseignant doit être mis à contribution pour que les élèves soient «sensibilisés» dès le primaire à l'importance des rapports égalitaires. Le nouveau programme d'éthique et de culture religieuse devrait inclure un enseignement à cet égard, recommande le Conseil.
Le CSF suggère aussi au gouvernement d'initier de nouvelles campagnes de sensibilisation à l'égalité et souhaite un resserrement des règles d'application des normes en matière de stéréotypes sexuels chez les diffuseurs et les publicitaires. Pour inciter les médias à se discipliner davantage, le Conseil recommencera à remettre chaque année des prix Meritas et Demeritas aux publicitaires et aux diffuseurs.
Christiane Pelchat a profité du dépôt d'un avis alarmant sur l'image des femmes dans les médias pour condamner sans appel la décision de Radio-Canada de muter les animatrices Pascale Nadeau et Dominique Poirier.
Depuis toujours, Radio-Canada a «tendance à déprécier les femmes», en particulier celles qui prennent de l'âge, a soutenu Mme Pelchat. «C'est tasse-toi matante! T'es une femme, tu ne pognes pas, eh bien tasse-toi matante. Ils [les patrons de la société d'État] répondent aux stéréotypes sexuels et sexistes», a-t-elle lancé, en conférence de presse à Québec.
Au lieu de promouvoir l'égalité entre les hommes et les femmes, la Société Radio-Canada place ces artisanes sur la voie de garage, a estimé Mme Pelchat. Cette fois-ci, c'est «pour laisser la place à un gars qui veut rentrer à Montréal», a-t-elle avancé, en faisant allusion au journaliste Patrice Roy, chef de bureau à Ottawa, que plusieurs observateurs voient comme la prochaine vedette de la maison à Montréal.
La chaîne TQS n'échappe pas non plus aux critiques du Conseil du statut de la femme. Ce réseau de télévision aux abois veut se donner un mandat «plus macho et dirigé vers les hommes. C'est pas des blagues!», a déclaré l'ancienne députée libérale.
Dans son avis d'une centaine de pages présenté hier, le Conseil du statut de la femme conclut par ailleurs, à regret, que le mouvement féministe a échoué dans sa lutte contre les stéréotypes sexuels. Après 30 ans de campagne acharnée pour l'égalité, la femme, plus que jamais, est représentée dans les médias de masse par une image hypersexualisée et comme étant obsédée par sa taille, son apparence et par le désir de plaire aux hommes, relate le rapport intitulé «Le sexe dans les médias: obstacle aux rapports égalitaires».
Selon Mme Pelchat, les magazines destinés aux adolescentes illustrent parfaitement le phénomène d'hypersexualisation. De façon générale, ces publications rabaissent les femmes au rang «d'écervelées, d'incapables, d'étourdies» ou encore «d'infantilisantes».
Bombardées d'images de la sorte par les publicités, les téléréalités, les magazines, Internet et les jeux vidéo, les adolescentes finissent par incarner le fantasme de la femme fatale pas trop futée, prête à tout pour séduire son homme.
Cendrillon
«C'est le retour en force de Cendrillon, analyse la présidente du CSF. Les filles croient qu'il est normal d'être sexy. [...] Elles croient qu'elles sont libres d'agir ainsi pour obtenir pouvoir et objets, elles croient qu'il est normal de se montrer prêtes à satisfaire tous les désirs et les besoins des gars et qu'il est normal de consentir à des pratiques sexuelles avec lesquelles elles ne sont pas à l'aise.»
Convaincu de l'urgence de reprendre la lutte active contre le sexisme, le CSF formule une dizaine de recommandations au gouvernement du Québec, dont plusieurs sont destinées au ministère de l'Éducation.
L'organisme est d'avis que le personnel enseignant doit être mis à contribution pour que les élèves soient «sensibilisés» dès le primaire à l'importance des rapports égalitaires. Le nouveau programme d'éthique et de culture religieuse devrait inclure un enseignement à cet égard, recommande le Conseil.
Le CSF suggère aussi au gouvernement d'initier de nouvelles campagnes de sensibilisation à l'égalité et souhaite un resserrement des règles d'application des normes en matière de stéréotypes sexuels chez les diffuseurs et les publicitaires. Pour inciter les médias à se discipliner davantage, le Conseil recommencera à remettre chaque année des prix Meritas et Demeritas aux publicitaires et aux diffuseurs.
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