TQS: les critiques ne font pas broncher Remstar
Québec — Alors que politiciens, syndiqués et défenseurs de la diversité de l'information se succédaient hier devant le CRTC pour réclamer le maintien des nouvelles locales de TQS, les patrons de Remstar n'ont pas bronché et refusent de revenir sur leur offre.
«On est confiant en notre proposition, on a fait ce plan-là dans le meilleur intérêt de la survie de TQS», a déclaré en après-midi Maxime Rémillard, refusant de commenter outre mesure les nombreuses critiques qui s'étaient abattues sur son projet au cours de la journée. «Maintenant on attend la décision du Conseil, la fin du processus.»
S'insurgeant contre la «montréalisation des ondes», la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, avait plaidé plus tôt que les télévisions généralistes comme TQS «devaient» posséder un service d'information digne de ce nom et que cela devait constituer une condition au renouvellement de la licence.
Refusant de se prononcer sur la transaction entre TQS et Remstar, elle n'a pas voulu non plus répondre à des questions des commissaires sur la pertinence de recourir à Télé-Québec pour remplir ce mandat. «Je vous rappelle que le mandat de Télé-Québec est éducatif», a-t-elle répété.
L'Action démocratique du Québec (ADQ) et le Parti québécois (PQ) sont venus, eux aussi, se porter à la défense de la nouvelle locale, mais c'est le maire de Québec, Régis Labeaume, qui s'est compromis le plus. Déclarant qu'il préférait l'absence de TQS à un «TQS sans nouvelles», il a réclamé qu'on réserve le marché publicitaire local à des investisseurs plus intéressants. «Les intérêts de Remstar et de la région de Québec ne convergent pas, c'est tout!», a-t-il martelé devant des commissaires étonnés — l'un d'eux, l'ancien journaliste Michel Morin, allant jusqu'à qualifier son point de vue d'«extrêmement radical».
Remstar avait pourtant fait un effort spécial pour le maire de Québec en ajoutant à sa proposition la production d'une émission matinale «réseau», tous les jours de la semaine, à partir de Québec. Mais M. Labeaume a dit qu'il ne faisait pas confiance aux frères Rémillard. «Ils [les investisseurs] ont avantage à vous dire plein de choses», a-t-il déclaré. «Comment ça se fait que j'ai de la misère à les croire?»
De la Mauricie au Saguenay en passant par l'Estrie, les syndiqués de TQS sont tous intervenus pour dire que leur milieu ne pouvait pas se priver d'une rare source d'information.
En fin de journée, le président de la FPJQ, François Bourque, est venu dire que les émissions «d'opinion» que propose de lancer Remstar ne pouvaient pas compenser la perte des bulletins de nouvelles. «L'information journalistique ne peut être comparée d'aucune façon à du commentaire», a-t-il déclaré, avant de souligner que les producteurs privés qui allaient hériter des futures émissions «n'étaient soumis à aucun code de déontologie» et qu'ils pouvaient faire fi d'obligations telles que la vérification des faits, le respect de la vie privée, le respect de la présomption d'innocence, etc.
À l'exception de l'Association des producteurs (APFTQ), tous les intervenants d'hier sont venus critiquer le projet de Remstar. La volonté des frères Rémillard de confier à des producteurs indépendants ses programmes quotidiens «d'opinion» leur a d'ailleurs valu un flot de questions de la part des commissaires. «C'est déjà un défi pour une station structurée de produire une émission quotidienne tôt le matin [...], ça va être un gros défi pour un producteur indépendant qui n'a pas toutes les ressources», a fait valoir le commissaire Michel Arpin.
Les représentants de TQS et de Remstar ont reconnu qu'il leur restait à s'entendre sur nombre de choses, tant avec les producteurs indépendants qu'avec les employés du réseau. On ne sait pas encore si les futures émissions seront conçues ou non dans les locaux actuels de TQS et avec le concours de quels employés. On a par ailleurs laissé entendre que les producteurs pourraient réembaucher certains des «talents» de TQS qui ont perdu leur travail.
Les investisseurs ont toutefois accepté de remettre aux commissaires un «démo-pilote» de leur concept d'émissions, lors des audiences prévues à Gatineau le 11 juin. À plusieurs reprises, les dirigeants de TQS et de Remstar ont rappelé qu'ils étaient forcés de se départir de la production de nouvelles puisque le réseau pâtit d'un déficit accumulé de 225 millions de dollars, dont 18 millions seulement pour l'an dernier.
Un argument que les employés de la station ont cherché à démolir, hier, en brandissant un document prouvant que la firme d'investissement torontoise Catalyst était toujours prête à reprendre les rênes de TQS tout en maintenant son service de nouvelles. Or, le 21 mai, la Cour supérieure avait refusé que le plan soumis par Catalyst soit présenté aux créanciers de TQS.
Et le CRTC refuse maintenant d'en tenir compte dans son évaluation du projet de Remstar. «Ils n'ont pas demandé à comparaître», a fait valoir le commissaire Arpin. «Ils peuvent bien le dire à des journalistes et eux le publier, mais nous, on ne peut pas le prendre en compte.»
Le temps ayant manqué hier, on a ajouté une nouvelle audience publique ce matin à Québec. Les commissaires entendront alors le syndicat local de la station, le Syndicat canadien de la fonction publique et le Conseil de presse.
«On est confiant en notre proposition, on a fait ce plan-là dans le meilleur intérêt de la survie de TQS», a déclaré en après-midi Maxime Rémillard, refusant de commenter outre mesure les nombreuses critiques qui s'étaient abattues sur son projet au cours de la journée. «Maintenant on attend la décision du Conseil, la fin du processus.»
S'insurgeant contre la «montréalisation des ondes», la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, avait plaidé plus tôt que les télévisions généralistes comme TQS «devaient» posséder un service d'information digne de ce nom et que cela devait constituer une condition au renouvellement de la licence.
Refusant de se prononcer sur la transaction entre TQS et Remstar, elle n'a pas voulu non plus répondre à des questions des commissaires sur la pertinence de recourir à Télé-Québec pour remplir ce mandat. «Je vous rappelle que le mandat de Télé-Québec est éducatif», a-t-elle répété.
L'Action démocratique du Québec (ADQ) et le Parti québécois (PQ) sont venus, eux aussi, se porter à la défense de la nouvelle locale, mais c'est le maire de Québec, Régis Labeaume, qui s'est compromis le plus. Déclarant qu'il préférait l'absence de TQS à un «TQS sans nouvelles», il a réclamé qu'on réserve le marché publicitaire local à des investisseurs plus intéressants. «Les intérêts de Remstar et de la région de Québec ne convergent pas, c'est tout!», a-t-il martelé devant des commissaires étonnés — l'un d'eux, l'ancien journaliste Michel Morin, allant jusqu'à qualifier son point de vue d'«extrêmement radical».
Remstar avait pourtant fait un effort spécial pour le maire de Québec en ajoutant à sa proposition la production d'une émission matinale «réseau», tous les jours de la semaine, à partir de Québec. Mais M. Labeaume a dit qu'il ne faisait pas confiance aux frères Rémillard. «Ils [les investisseurs] ont avantage à vous dire plein de choses», a-t-il déclaré. «Comment ça se fait que j'ai de la misère à les croire?»
De la Mauricie au Saguenay en passant par l'Estrie, les syndiqués de TQS sont tous intervenus pour dire que leur milieu ne pouvait pas se priver d'une rare source d'information.
En fin de journée, le président de la FPJQ, François Bourque, est venu dire que les émissions «d'opinion» que propose de lancer Remstar ne pouvaient pas compenser la perte des bulletins de nouvelles. «L'information journalistique ne peut être comparée d'aucune façon à du commentaire», a-t-il déclaré, avant de souligner que les producteurs privés qui allaient hériter des futures émissions «n'étaient soumis à aucun code de déontologie» et qu'ils pouvaient faire fi d'obligations telles que la vérification des faits, le respect de la vie privée, le respect de la présomption d'innocence, etc.
À l'exception de l'Association des producteurs (APFTQ), tous les intervenants d'hier sont venus critiquer le projet de Remstar. La volonté des frères Rémillard de confier à des producteurs indépendants ses programmes quotidiens «d'opinion» leur a d'ailleurs valu un flot de questions de la part des commissaires. «C'est déjà un défi pour une station structurée de produire une émission quotidienne tôt le matin [...], ça va être un gros défi pour un producteur indépendant qui n'a pas toutes les ressources», a fait valoir le commissaire Michel Arpin.
Les représentants de TQS et de Remstar ont reconnu qu'il leur restait à s'entendre sur nombre de choses, tant avec les producteurs indépendants qu'avec les employés du réseau. On ne sait pas encore si les futures émissions seront conçues ou non dans les locaux actuels de TQS et avec le concours de quels employés. On a par ailleurs laissé entendre que les producteurs pourraient réembaucher certains des «talents» de TQS qui ont perdu leur travail.
Les investisseurs ont toutefois accepté de remettre aux commissaires un «démo-pilote» de leur concept d'émissions, lors des audiences prévues à Gatineau le 11 juin. À plusieurs reprises, les dirigeants de TQS et de Remstar ont rappelé qu'ils étaient forcés de se départir de la production de nouvelles puisque le réseau pâtit d'un déficit accumulé de 225 millions de dollars, dont 18 millions seulement pour l'an dernier.
Un argument que les employés de la station ont cherché à démolir, hier, en brandissant un document prouvant que la firme d'investissement torontoise Catalyst était toujours prête à reprendre les rênes de TQS tout en maintenant son service de nouvelles. Or, le 21 mai, la Cour supérieure avait refusé que le plan soumis par Catalyst soit présenté aux créanciers de TQS.
Et le CRTC refuse maintenant d'en tenir compte dans son évaluation du projet de Remstar. «Ils n'ont pas demandé à comparaître», a fait valoir le commissaire Arpin. «Ils peuvent bien le dire à des journalistes et eux le publier, mais nous, on ne peut pas le prendre en compte.»
Le temps ayant manqué hier, on a ajouté une nouvelle audience publique ce matin à Québec. Les commissaires entendront alors le syndicat local de la station, le Syndicat canadien de la fonction publique et le Conseil de presse.
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