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TQS: les critiques ne font pas broncher Remstar

Isabelle Porter   4 juin 2008  Médias
Québec — Alors que politiciens, syndiqués et défenseurs de la diversité de l'information se succédaient hier devant le CRTC pour réclamer le maintien des nouvelles locales de TQS, les patrons de Remstar n'ont pas bronché et refusent de revenir sur leur offre.

«On est confiant en notre proposition, on a fait ce plan-là dans le meilleur intérêt de la survie de TQS», a déclaré en après-midi Maxime Rémillard, refusant de commenter outre mesure les nombreuses critiques qui s'étaient abattues sur son projet au cours de la journée. «Maintenant on attend la décision du Conseil, la fin du processus.»

S'insurgeant contre la «montréalisation des ondes», la ministre de la Culture, Christine St-Pierre, avait plaidé plus tôt que les télévisions généralistes comme TQS «devaient» posséder un service d'information digne de ce nom et que cela devait constituer une condition au renouvellement de la licence.

Refusant de se prononcer sur la transaction entre TQS et Remstar, elle n'a pas voulu non plus répondre à des questions des commissaires sur la pertinence de recourir à Télé-Québec pour remplir ce mandat. «Je vous rappelle que le mandat de Télé-Québec est éducatif», a-t-elle répété.

L'Action démocratique du Québec (ADQ) et le Parti québécois (PQ) sont venus, eux aussi, se porter à la défense de la nouvelle locale, mais c'est le maire de Québec, Régis Labeaume, qui s'est compromis le plus. Déclarant qu'il préférait l'absence de TQS à un «TQS sans nouvelles», il a réclamé qu'on réserve le marché publicitaire local à des investisseurs plus intéressants. «Les intérêts de Remstar et de la région de Québec ne convergent pas, c'est tout!», a-t-il martelé devant des commissaires étonnés — l'un d'eux, l'ancien journaliste Michel Morin, allant jusqu'à qualifier son point de vue d'«extrêmement radical».

Remstar avait pourtant fait un effort spécial pour le maire de Québec en ajoutant à sa proposition la production d'une émission matinale «réseau», tous les jours de la semaine, à partir de Québec. Mais M. Labeaume a dit qu'il ne faisait pas confiance aux frères Rémillard. «Ils [les investisseurs] ont avantage à vous dire plein de choses», a-t-il déclaré. «Comment ça se fait que j'ai de la misère à les croire?»

De la Mauricie au Saguenay en passant par l'Estrie, les syndiqués de TQS sont tous intervenus pour dire que leur milieu ne pouvait pas se priver d'une rare source d'information.

En fin de journée, le président de la FPJQ, François Bourque, est venu dire que les émissions «d'opinion» que propose de lancer Remstar ne pouvaient pas compenser la perte des bulletins de nouvelles. «L'information journalistique ne peut être comparée d'aucune façon à du commentaire», a-t-il déclaré, avant de souligner que les producteurs privés qui allaient hériter des futures émissions «n'étaient soumis à aucun code de déontologie» et qu'ils pouvaient faire fi d'obligations telles que la vérification des faits, le respect de la vie privée, le respect de la présomption d'innocence, etc.

À l'exception de l'Association des producteurs (APFTQ), tous les intervenants d'hier sont venus critiquer le projet de Remstar. La volonté des frères Rémillard de confier à des producteurs indépendants ses programmes quotidiens «d'opinion» leur a d'ailleurs valu un flot de questions de la part des commissaires. «C'est déjà un défi pour une station structurée de produire une émission quotidienne tôt le matin [...], ça va être un gros défi pour un producteur indépendant qui n'a pas toutes les ressources», a fait valoir le commissaire Michel Arpin.

Les représentants de TQS et de Remstar ont reconnu qu'il leur restait à s'entendre sur nombre de choses, tant avec les producteurs indépendants qu'avec les employés du réseau. On ne sait pas encore si les futures émissions seront conçues ou non dans les locaux actuels de TQS et avec le concours de quels employés. On a par ailleurs laissé entendre que les producteurs pourraient réembaucher certains des «talents» de TQS qui ont perdu leur travail.

Les investisseurs ont toutefois accepté de remettre aux commissaires un «démo-pilote» de leur concept d'émissions, lors des audiences prévues à Gatineau le 11 juin. À plusieurs reprises, les dirigeants de TQS et de Remstar ont rappelé qu'ils étaient forcés de se départir de la production de nouvelles puisque le réseau pâtit d'un déficit accumulé de 225 millions de dollars, dont 18 millions seulement pour l'an dernier.

Un argument que les employés de la station ont cherché à démolir, hier, en brandissant un document prouvant que la firme d'investissement torontoise Catalyst était toujours prête à reprendre les rênes de TQS tout en maintenant son service de nouvelles. Or, le 21 mai, la Cour supérieure avait refusé que le plan soumis par Catalyst soit présenté aux créanciers de TQS.

Et le CRTC refuse maintenant d'en tenir compte dans son évaluation du projet de Remstar. «Ils n'ont pas demandé à comparaître», a fait valoir le commissaire Arpin. «Ils peuvent bien le dire à des journalistes et eux le publier, mais nous, on ne peut pas le prendre en compte.»

Le temps ayant manqué hier, on a ajouté une nouvelle audience publique ce matin à Québec. Les commissaires entendront alors le syndicat local de la station, le Syndicat canadien de la fonction publique et le Conseil de presse.






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  • Denis Beaulé
    Abonné
    mercredi 4 juin 2008 07h25
    De Séraphin en Séraphin et de numérologie
    « Pourquoi «broncherait»-on donc ? N'a-t-on pas là un monopole de vie ou de mort sur quelque chose ou quelques-uns ? Tel notre légendaire Séraphin, jadis ? On ne peut plus ironique que ce personnage incomparable de notre «mythologie» télé semble aujourd'hui en 'faire apparaître' un 'comparable' en la figure de Max de Remstar. Pour qui, semblablement, «l'arjin» seul compterait ; pour qui tout et tous se verraient jaugés à l'aune de ce qu'ils peuvent valoir ou ne rien valoir en «arjin». Qui, quoique n'en ayant aucunement besoin - parce qu'étant déjà multi-millionnaire, ne s'en élance pas moins à la conquête d'un nouveau marché, où il pourra[it] faire davantage encore d'«arjin», lui, indépendamment de toute saignée que cela puisse engendrer par ailleurs. À/en un milieu auquel, humainement parlant, il eût en réalité fait moins mal de laisser mourir tranquillement, seul, de sa belle mort, tout ensemble, que de s'en faire acquéreur en vue d'y faire exclusivement de «l'arjin». À l'exclusion de tout autre mobile (tant soit peu plus noble ou 'désintéressé' - comme pouvait montrer en avoir et en actualiser jadis à l'occasion un certain ppp - Pierre Péladeau Père). Non. Niet! «L'arjin». Juste «l'arjin», la pia$tre qu'on peut faire, soi. Seul.
    Si bien qu'ironique qu'un tel développement s'effectue aujourd'hui en ce Québec si 'habité' naguère par l'image (radio mais surtout télé) d'un triste personnage. Où, tout semblablement à ce qu'avait produit dans la communauté l'«existence» d'un «vilain» Séraphin, avaricieux et insensible au possible (au point que le comédien J.-P. M. s'en était jusqu'à fait battre en société réelle en raison de sa cruauté fictive), on semble revoir le même phénomène impliquant l'impitoyabilité (perçue) d'un néo-séraphin s'attirant la colère ou la hargne de quasi tout le monde, en lien, cette fois-ci encore, avec une certaine pulsion de gain (plus) d'argin'. Qui pis est, le hasard faisant parfois bien (mal) les choses, celui-ci aura voulu que l'honni («odieux») personnage fût en couple avec la nouvelle Donalda.

    Mais quelle surprise qu'une telle conjonction, lorsqu'on peut constater par ailleurs des alignements numérologiques qui, en d'autres lieux ou occasions, eussent été considérés époustouflants, sinon parfaitement invraisemblables. Comme ceci par exemple : « Quelque 77,7 % des créanciers ont approuvé hier le plan d'arrangement lors d'un vote tenu au terme d'une assemblée, des appuis qui représentent environ 91,91 % de la valeur des créances. » (Le Devoir, 23 mai, «Les créanciers de TQS acceptent l'offre de Remstar»). 77,7%, ni plus ni moins ; et «ENVIRON» [sic] 91,91%, rien de moins, rien de plus. Venant de lire par ailleurs en ce même saint reportage que « Remstar offre de rembourser sept millions sur les quelque 33 millions... », '7' et '33' étant des nombres tous deux d'évocation éminemment judéo-chrétienne, on peut se demander si cette affaire n'en serait pas une «bénie» ? Ou, sinon, qui sait, peut-être à l'inverse, «maudite», sous le signe ou sous le coup d'une malédiction ? »

  • andré michaud
    Inscrit
    mercredi 4 juin 2008 09h36
    Qui a mieux à proposer?
    « Remstar veut sauver TQS mais en enlevant l'information classique pour rendre le tout rentable.On connait leur position. Qui peut dire sans rire qu'il manque d'information en cet air internet ou des milliers de souces d'informations à travers le monde sont disponible sur un clic..? Les média "officiel" c'est la pluspart du temps du copié-collé de toute façon...

    LA QUESTION est :qui veut acheter TQS et a mieux à proposer?

    Si personne n'a de meilleure proposition doit on penser "tout ou rien" et fermer la station et abolir tous les autres emplois aussi, ainsi qu'un débouché pour les artistes et producteurs québécois? Quel serait l'avantage de cette position absolutiste? »

  • François Caron
    Abonné
    samedi 7 juin 2008 13h05
    Le beau vernis des Rémillard Brothers craque !
    « Petits-fils de peddleurs de ciment et de pushers d'asphalte dont le king s'est à la force du poignet canonisé maire d'une banlieue reine du mal-développement dans les années '40 à '80, fils de flibustier de la vidange adoubé capitaine d'industrie et banquier off-shore, ces nouveaux fils-à-papa chevaliers d'entreprise sont les rejetons de cette maudite mouvance qui transforme les guerriers de l'émergence, hérauts de l'excellence, de l'efficacité, de l'efficience et de la performance en comptables créatifs voleurs de sens, des clones de Vincent Lacroix qui sont les seuls à croire que sous couvert de soluté financier, ils seront les sauveurs de cet ersatz culturel moribond et parasitaire des revenus de pub', quand tout le monde se rend compte, en dépit de ce qu'ils croient pouvoir camoufler brillamment, que TéQuHesse n'est qu'une autre occasion de faire une "passe d'argent" en attendant la venue de l'acheteur sérieux providentiel, profit à placer dans la banque d'affaires de papa dans les Antilles et par le fait même soustrait de l'impôt canadian et provincial, autre manière d'appropriation et spoliation du bien commun.

    Mais ces blanc-becs en culottes courtes se frottent à un milieu où des gens sérieux et bien avisés possèdent deux qualités inestimables qui ne s'achètent pas, et ce sont l'Expérience et la Culture. »

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