Mauvais départ pour Remstar
Le CRTC émet des doutes au sujet de la relance de TQS
Photo : Jacques Nadeau
Maxime Rémillard (au centre) en conciliabule lors des audiences du CRTC tenues hier à Montréal au sujet du projet de Remstar de racheter TQS.
Journée éprouvante hier pour le futur propriétaire de TQS, alors que le CRTC a soumis Remstar à un feu roulant de questions, mettant carrément en doute son projet.
«Soyons francs et honnêtes, nous avons beaucoup de problèmes avec votre proposition» a lancé le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, qui a reproché à Maxime Rémillard, coprésident et chef de direction de Remstar, de ne proposer aucune autre option que celle d'abolir le service des nouvelles.
Le CRTC s'est également étonné que TQS ne dispose d'aucune étude de marché à l'appui de ses choix futurs, et il a reproché à Maxime Rémillard de ne pas avoir déposé les états financiers de Remstar, ou les états financiers des frères Maxime et Julien Rémillard, propriétaires de Remstar.
En l'absence de ces documents, le CRTC serait obligé de refuser le projet, a ajouté l'organisme fédéral.
Le CRTC tenait hier à Montréal la première journée d'audiences sur la vente de TQS, un exercice qui se poursuivra aujourd'hui à Québec.
C'est Maxime Rémillard qui comparaissait devant le CRTC au nom de son entreprise, en compagnie des deux actuels dirigeants de TQS, Serge Bellerose, vice-président et directeur général, et Louis Trépanier, vice-président programmation.
Tous les trois ont répété l'ampleur des problèmes financiers de TQS, dont des pertes cumulatives de 225 millions depuis 1986 et une perte de 18 millions l'année dernière. «Nous ne faisons que tenter de ressusciter une entreprise cliniquement morte», a ajouté Maxime Rémillard.
Pour TQS, il faut absolument se démarquer des autres réseaux, et la seule façon de le faire est d'abolir la salle des nouvelles, alors que le public des nouvelles traditionnelles a diminué de 40 % ces dernières années, soutiennent les dirigeants de TQS. «Dans le passé, on a fait l'erreur de vouloir trop ressembler à TVA» ajoute Serge Bellerose.
Si le CRTC autorise la vente, TQS produirait au moins 15 heures de programmation locale par semaine à Montréal, dont une émission quotidienne de commentaires sur l'information de 16h à 18h.
À Québec, on produirait une émission matinale de deux heures (du style Caféine ou Salut bonjour). Ces deux émissions seraient diffusées sur l'ensemble du réseau.
Et à Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay, on produirait une demi-heure d'«information locale» à l'heure du souper, sans salle des nouvelles.
Pour TQS, ces émissions seront essentiellement des émissions de commentaires sur l'information, avec des entrevues, une revue de presse, des commentaires d'experts, des informations météo, et ainsi de suite. «Il n'y aura pas de journaliste pour venir raconter l'histoire, explique Louis Trépanier. Il y aura celui qui fait l'histoire qui viendra la raconter.»
Pour illustrer son projet, Louis Trépanier donne comme exemple les émissions radiophoniques de René-Homier Roy et de Paul Arcand. Et il souhaite remettre aux gens du milieu «un micro et une "cam" pour qu'ils reflètent leur milieu».
Le président du CRTC a semblé très sceptique. Il a fait valoir que, dans toutes ses décisions précédentes, le CRTC considérait les nouvelles comme faisant partie intégrante du système de radiodiffusion, et l'information locale en constituait le «principal véhicule».
«Vous voulez qu'on adopte une autre définition [des nouvelles]. Je ne partage pas votre opinion» a lancé Konrad von Finckenstein.
Le président du CRTC a également voulu savoir ce que ferait Remstar si le CRTC acceptait son offre d'achat en exigeant en retour la production de nouvelles locales. La réponse de Remstar et de TQS a été la même tout au long de la journée: nous sommes incapables de rentabiliser une salle des nouvelles.
En après-midi hier, la FNC-CSN (Fédération nationale des communications) a décrié cette conception de l'information. «Il n'est pas tolérable qu'au nom des difficultés financières on fasse n'importe quoi et qu'on prenne le CRTC en otage» a indiqué Chantal Larouche, présidente de la FNC.
Le député libéral fédéral Denis Coderre, critique en matière de Patrimoine, a rappelé que la Chambre des communes avait adopté, sur sa proposition, une résolution unanime qui affirme que le maintien d'un service d'information produit localement ou régionalement doit faire partie d'une licence de télévision généraliste.
Remarquant que le projet de Remstar prévoit la rentabilité après seulement la sixième année d'exercice, le vice-président du CRTC, Michel Arpin, s'est même interrogé sur la capacité financière de Remstar de recapitaliser adéquatement TQS.
Remstar a essentiellement acheté la dette de TQS, payant le réseau pour une valeur nominale de 10 $. L'entreprise a avancé 15 millions pour tenter de freiner l'hémorragie financière, et Maxime Rémillard a indiqué qu'il prévoit investir 10 millions de plus.
TQS/Remstar feront face à d'autres opposants aujourd'hui à Québec, dont la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre et le maire de Québec, Régis Lebeaume.
«Soyons francs et honnêtes, nous avons beaucoup de problèmes avec votre proposition» a lancé le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, qui a reproché à Maxime Rémillard, coprésident et chef de direction de Remstar, de ne proposer aucune autre option que celle d'abolir le service des nouvelles.
Le CRTC s'est également étonné que TQS ne dispose d'aucune étude de marché à l'appui de ses choix futurs, et il a reproché à Maxime Rémillard de ne pas avoir déposé les états financiers de Remstar, ou les états financiers des frères Maxime et Julien Rémillard, propriétaires de Remstar.
En l'absence de ces documents, le CRTC serait obligé de refuser le projet, a ajouté l'organisme fédéral.
Le CRTC tenait hier à Montréal la première journée d'audiences sur la vente de TQS, un exercice qui se poursuivra aujourd'hui à Québec.
C'est Maxime Rémillard qui comparaissait devant le CRTC au nom de son entreprise, en compagnie des deux actuels dirigeants de TQS, Serge Bellerose, vice-président et directeur général, et Louis Trépanier, vice-président programmation.
Tous les trois ont répété l'ampleur des problèmes financiers de TQS, dont des pertes cumulatives de 225 millions depuis 1986 et une perte de 18 millions l'année dernière. «Nous ne faisons que tenter de ressusciter une entreprise cliniquement morte», a ajouté Maxime Rémillard.
Pour TQS, il faut absolument se démarquer des autres réseaux, et la seule façon de le faire est d'abolir la salle des nouvelles, alors que le public des nouvelles traditionnelles a diminué de 40 % ces dernières années, soutiennent les dirigeants de TQS. «Dans le passé, on a fait l'erreur de vouloir trop ressembler à TVA» ajoute Serge Bellerose.
Si le CRTC autorise la vente, TQS produirait au moins 15 heures de programmation locale par semaine à Montréal, dont une émission quotidienne de commentaires sur l'information de 16h à 18h.
À Québec, on produirait une émission matinale de deux heures (du style Caféine ou Salut bonjour). Ces deux émissions seraient diffusées sur l'ensemble du réseau.
Et à Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay, on produirait une demi-heure d'«information locale» à l'heure du souper, sans salle des nouvelles.
Pour TQS, ces émissions seront essentiellement des émissions de commentaires sur l'information, avec des entrevues, une revue de presse, des commentaires d'experts, des informations météo, et ainsi de suite. «Il n'y aura pas de journaliste pour venir raconter l'histoire, explique Louis Trépanier. Il y aura celui qui fait l'histoire qui viendra la raconter.»
Pour illustrer son projet, Louis Trépanier donne comme exemple les émissions radiophoniques de René-Homier Roy et de Paul Arcand. Et il souhaite remettre aux gens du milieu «un micro et une "cam" pour qu'ils reflètent leur milieu».
Le président du CRTC a semblé très sceptique. Il a fait valoir que, dans toutes ses décisions précédentes, le CRTC considérait les nouvelles comme faisant partie intégrante du système de radiodiffusion, et l'information locale en constituait le «principal véhicule».
«Vous voulez qu'on adopte une autre définition [des nouvelles]. Je ne partage pas votre opinion» a lancé Konrad von Finckenstein.
Le président du CRTC a également voulu savoir ce que ferait Remstar si le CRTC acceptait son offre d'achat en exigeant en retour la production de nouvelles locales. La réponse de Remstar et de TQS a été la même tout au long de la journée: nous sommes incapables de rentabiliser une salle des nouvelles.
En après-midi hier, la FNC-CSN (Fédération nationale des communications) a décrié cette conception de l'information. «Il n'est pas tolérable qu'au nom des difficultés financières on fasse n'importe quoi et qu'on prenne le CRTC en otage» a indiqué Chantal Larouche, présidente de la FNC.
Le député libéral fédéral Denis Coderre, critique en matière de Patrimoine, a rappelé que la Chambre des communes avait adopté, sur sa proposition, une résolution unanime qui affirme que le maintien d'un service d'information produit localement ou régionalement doit faire partie d'une licence de télévision généraliste.
Remarquant que le projet de Remstar prévoit la rentabilité après seulement la sixième année d'exercice, le vice-président du CRTC, Michel Arpin, s'est même interrogé sur la capacité financière de Remstar de recapitaliser adéquatement TQS.
Remstar a essentiellement acheté la dette de TQS, payant le réseau pour une valeur nominale de 10 $. L'entreprise a avancé 15 millions pour tenter de freiner l'hémorragie financière, et Maxime Rémillard a indiqué qu'il prévoit investir 10 millions de plus.
TQS/Remstar feront face à d'autres opposants aujourd'hui à Québec, dont la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre et le maire de Québec, Régis Lebeaume.
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