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Mauvais départ pour Remstar

Paul Cauchon   3 juin 2008  Médias
Maxime Rémillard (au centre) en conciliabule lors des audiences du CRTC tenues hier à Montréal au sujet du projet de Remstar de racheter TQS.
Photo : Jacques Nadeau
Maxime Rémillard (au centre) en conciliabule lors des audiences du CRTC tenues hier à Montréal au sujet du projet de Remstar de racheter TQS.
Journée éprouvante hier pour le futur propriétaire de TQS, alors que le CRTC a soumis Remstar à un feu roulant de questions, mettant carrément en doute son projet.

«Soyons francs et honnêtes, nous avons beaucoup de problèmes avec votre proposition» a lancé le président du CRTC, Konrad von Finckenstein, qui a reproché à Maxime Rémillard, coprésident et chef de direction de Remstar, de ne proposer aucune autre option que celle d'abolir le service des nouvelles.

Le CRTC s'est également étonné que TQS ne dispose d'aucune étude de marché à l'appui de ses choix futurs, et il a reproché à Maxime Rémillard de ne pas avoir déposé les états financiers de Remstar, ou les états financiers des frères Maxime et Julien Rémillard, propriétaires de Remstar.

En l'absence de ces documents, le CRTC serait obligé de refuser le projet, a ajouté l'organisme fédéral.

Le CRTC tenait hier à Montréal la première journée d'audiences sur la vente de TQS, un exercice qui se poursuivra aujourd'hui à Québec.

C'est Maxime Rémillard qui comparaissait devant le CRTC au nom de son entreprise, en compagnie des deux actuels dirigeants de TQS, Serge Bellerose, vice-président et directeur général, et Louis Trépanier, vice-président programmation.

Tous les trois ont répété l'ampleur des problèmes financiers de TQS, dont des pertes cumulatives de 225 millions depuis 1986 et une perte de 18 millions l'année dernière. «Nous ne faisons que tenter de ressusciter une entreprise cliniquement morte», a ajouté Maxime Rémillard.

Pour TQS, il faut absolument se démarquer des autres réseaux, et la seule façon de le faire est d'abolir la salle des nouvelles, alors que le public des nouvelles traditionnelles a diminué de 40 % ces dernières années, soutiennent les dirigeants de TQS. «Dans le passé, on a fait l'erreur de vouloir trop ressembler à TVA» ajoute Serge Bellerose.

Si le CRTC autorise la vente, TQS produirait au moins 15 heures de programmation locale par semaine à Montréal, dont une émission quotidienne de commentaires sur l'information de 16h à 18h.

À Québec, on produirait une émission matinale de deux heures (du style Caféine ou Salut bonjour). Ces deux émissions seraient diffusées sur l'ensemble du réseau.

Et à Sherbrooke, Trois-Rivières et Saguenay, on produirait une demi-heure d'«information locale» à l'heure du souper, sans salle des nouvelles.

Pour TQS, ces émissions seront essentiellement des émissions de commentaires sur l'information, avec des entrevues, une revue de presse, des commentaires d'experts, des informations météo, et ainsi de suite. «Il n'y aura pas de journaliste pour venir raconter l'histoire, explique Louis Trépanier. Il y aura celui qui fait l'histoire qui viendra la raconter.»

Pour illustrer son projet, Louis Trépanier donne comme exemple les émissions radiophoniques de René-Homier Roy et de Paul Arcand. Et il souhaite remettre aux gens du milieu «un micro et une "cam" pour qu'ils reflètent leur milieu».

Le président du CRTC a semblé très sceptique. Il a fait valoir que, dans toutes ses décisions précédentes, le CRTC considérait les nouvelles comme faisant partie intégrante du système de radiodiffusion, et l'information locale en constituait le «principal véhicule».

«Vous voulez qu'on adopte une autre définition [des nouvelles]. Je ne partage pas votre opinion» a lancé Konrad von Finckenstein.

Le président du CRTC a également voulu savoir ce que ferait Remstar si le CRTC acceptait son offre d'achat en exigeant en retour la production de nouvelles locales. La réponse de Remstar et de TQS a été la même tout au long de la journée: nous sommes incapables de rentabiliser une salle des nouvelles.

En après-midi hier, la FNC-CSN (Fédération nationale des communications) a décrié cette conception de l'information. «Il n'est pas tolérable qu'au nom des difficultés financières on fasse n'importe quoi et qu'on prenne le CRTC en otage» a indiqué Chantal Larouche, présidente de la FNC.

Le député libéral fédéral Denis Coderre, critique en matière de Patrimoine, a rappelé que la Chambre des communes avait adopté, sur sa proposition, une résolution unanime qui affirme que le maintien d'un service d'information produit localement ou régionalement doit faire partie d'une licence de télévision généraliste.

Remarquant que le projet de Remstar prévoit la rentabilité après seulement la sixième année d'exercice, le vice-président du CRTC, Michel Arpin, s'est même interrogé sur la capacité financière de Remstar de recapitaliser adéquatement TQS.

Remstar a essentiellement acheté la dette de TQS, payant le réseau pour une valeur nominale de 10 $. L'entreprise a avancé 15 millions pour tenter de freiner l'hémorragie financière, et Maxime Rémillard a indiqué qu'il prévoit investir 10 millions de plus.

TQS/Remstar feront face à d'autres opposants aujourd'hui à Québec, dont la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre et le maire de Québec, Régis Lebeaume.






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  • Denis Beaulé
    Abonné
    mardi 3 juin 2008 01h40
    Mauvais départ pouvant en susciter un BON
    « Oui, c'en serait un - bon départ - et tout un ! - que celui des Rémillard de cette affaire...
    Louvoiement et cachotteries systématiques, parfois grotesques, d'abord à l'égard du public et du personnel ; puis même chose à l'égard du CRTC. Fallait l'faire! Non mais ces deux drôles de pistolets n'en manquent pas de front, de toupet et de culot! Qui dit mieux? Et c'est «ça» qu'il y aurait de mieux pour «relancer» [sic] TQS - ces énergumènes qui se foutent de la gueule de tout le monde, y compris du CRTC même ?
    C'en est renversant. Car, vous av[i]ez lu, hier, les commentaires d'experts sur le sujet dans La Presse Affaires ? Unanimement, tous ces spécialistes opinaient à l'unisson que le CRTC se montrerait bien disposé vis-à-vis Remstar et autoriserait quasi yeux fermés la transaction. Or, on voit, là, que ça ne regarde vraiment pas pour ça. Et pour cause. Car LE domaine en lequel, seul, on était enclin à croire Remstar au-dessus de tout soupçon (ou presque) -- le domaine affaires --, eh bien celui-là même serait dans le plus parfait bric-à-brac ou, sinon, tout empreint de l'habituel camouflage de ces marleaux. Non seulement pas de présentation des états financiers mais pas d'analyse de marché non plus. Amateurisme parfait.
    VOILÀ, donc, une «équipe», un "team" éminemment susceptible de «faire un succès» «inouï» avec, à et pour TQS.
    Bref, à souhaiter qu'aujourd'hui, à Québec, Christine St-Pierre, Régis Labeaume et Sébastien Proulx leur assènent le coup de grâce à ces indésirables. De manière à ce que, dès la fin de cette semaine-ci, on en soit résolument et définitivement délivrés. Le[ur] "show" - de bien mauvais goût -, dépourvu d'humanité et de respect les plus élémentaires, a d'ores et déjà duré bien trop longtemps.
    Suivant ! »

  • Roger Martineau
    Inscrit
    mardi 3 juin 2008 06h33
    TQS, ce n'est pas de la radio!
    « Si les frères Rémillard pensent que les lignes ouvertes sont de l'information... ils feraient bien mieux de se porter acquéreurs d'une station de radio « quétaine » où les opinions des auditeurs font force de loi, et ce, même si les gens parlent à travers leur chapeau plus souvent qu'autrement.
    Un réseau de télévision généraliste doit donner de l'information structurée et non pas se limiter à diffuser du VOX-POP. »

  • Michel Magnant
    Inscrit
    mardi 3 juin 2008 07h02
    TQS Un autre projet mal ficelé
    « Ces dernières années tous les projets émanant du sud-ouest de Montréal ont été mal ficelés. Laissant prévoir autant des canards boîteux que des gouffres financiers.Il faudrait donner des cours à tous ces promoteurs qui s'emballent pour des farces qu'ils confondent avec des projets rassembleurs. »

  • andré michaud
    Inscrit
    mardi 3 juin 2008 08h26
    Fermer TQS ?
    « Si le CRTC n'accepte pas la proposition de Remstar, il sera impossible de garder une télé déficitaire qui accumule chaque mois au moins un million de déficit en plus du gigantesque déficit accumulé...les amants de l'information à la TQS n'y changeront rien! Honnêtement, qui voudrais investir son fond de pension dans TQS??? Vous?

    PERSONNE n'a encore démontré que TQS pouvait devenir rentable en gardant les informations! PERSONNE!! Que la CSN ou tout autre organisme ou personne qui pense pouvoir rendre rentable TQS en gardant l'information achète TQS au lieu de chialer sans apporter de solution...

    Si le CRTC aime mieu la fermeture de TQS que le plan Remstar, il en portera l'odieux et Remstar aura perdu des millions à essayer de relancer TQS...est-ce vraiment la meilleure solution?

    Faut il prévilégier le tout ou rien, ou de deux maux choisir le moindre? »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    mardi 3 juin 2008 10h00
    Qui?
    « Dans tout cela qui perd son emploi ?
    Dans tout cela qui nous dit qu'il faut absolument garder l'information à tout prix ?
    Dans tout cela qui a le contrôle absolu sur l'information ?

    Les journalistes, les journalistes et encor les journalistes. Et aussi les syndicats de journaliste.

    Mais qui investit de son argent ?

    Mais qui décide ce qu'il aime, veut, ou regarde ?

    Remstar et le publique.

    Qu'on laisse carte blanche à remstar et le publique décidera et si l'information tel que les journalistes disent que l'on a besoin est réellement un besoin laissons Remstar prendre la décision.

    À la fin c'est qui le boss ?
    Les journalistes ou l'investisseur et propriétaire ? »

  • Michel Dumais
    Abonné
    mardi 3 juin 2008 10h53
    Fermer TQS: une précision
    « Advenant que le CRTC refuse le transfert de la licence d'exploitation de Cogeco à Remstar, Remstar ne perdrait pas des millions, contrairement à ce que monsieur Michaud affirme (sans trop connaître le dossier j'imagine). Les faits?

    Remstar ne perdrait-il que les 10 $ qu'il a payés pour TQS si le CRTC devait lui refuser l'acquisition? a demandé Michel Morin, ancien journaliste de Radio- Canada.

    M. Rémillard n'a eu d'autre choix que de répondre par l'affirmative. »

  • Daniel Bouchard
    Inscrit
    mardi 3 juin 2008 11h37
    Le problème c'est la défintion de "nouvelle".
    « Le problème dans tout cela c'est la définition que le CRTC se fait du mot "nouvelle" ou "émission d'information". En effet, les nouvelles présenté par Mongrain à TQS sont déjà bien différente de ceux présenté par Derome à Radio-Canada. La différence est que l'un donne des opinions et que l'autre ne fait que dire la nouvelle.

    Avec la proposition de Remstar, les opinions et débats remplaceront les nouvelles traditionnel. Selon moi ce n'est pas offrir des nouvelles que de faire une émission du type "TVA en direct.com" ou bien "l'avocat et le diable" parce que plus souvent qu'autrement l'information n'est que le prétexte pour faire de la trash télé. Je n'ai rien contre les émission télé ou radio d'opinion, j'aime beaucoup cela, mais de la à supprimer le service des nouvelles et de remplacer ceci par des émissions subjectif en opinion, je ne suis pas d'accord.

    Cependant si Remstar veut faire des émission du type "Gauthier", je suis en accord puisque les invités dit leur vision d'une nouvelle mais de façon polie et pas dans le but de provoquer et de choquer. Ensuite Gauthier restait dans la neutralité et selon moi c'était de la très bonne nouvelle Gauthier... mais puisque Remstar à supprimé l'émission, je doute fortement que le but soit de faire des émission d'information avec une certaine neutralité.

    La CTRC devra soit redéfinir ou ammolir sa définition d'information ou bien fermer TQS. »

  • Andrée Proulx
    Abonné
    mardi 3 juin 2008 11h57
    Si c'est pour nous présenter «ça»
    « Comment ces deux investisseurs espèrent-ils être pris au sérieux s'ils se présentent devant le CRTC sans études de marché et présenter leur états financiers ?


    Si c'est pour présenter les commentaires de Stéphane Gendron, Pierre Mailloux et Richard Desmarais que le CRTC accorde un permis aux frères Rémillard, il vaudrait mieux leur demander de refaire leurs devoirs. Comme si leur mission d'abrutir le public avec Loft Story ne suffisait pas.

    Après avoir regardé le reportage sur les 3 générations de Rémillard au téléjournal de Radio Canada, je comprends mieux les méthodes de fiers à bras utilisés lors de la fermeture de la station. Autre temps, autre moeurs ? »

  • Mario Ferland
    Inscrit
    mercredi 4 juin 2008 08h58
    Remstar et TQS
    « TQS se meurt parce qu'il était malade de médiocrité. Remstar ne le ressucitera pas avec le plan annoncé. J'ai lu quelque part que Remstar visera une clientèle jeune dans la nouvelle programmation (?) Les jeunes sont rares à regarder la télévision. Le jour ils sont à l'école ou au travail et le soir ils sortent, fréquentent l'internet ou s'occupent de leur intérieur... pour les jeunes un peu plus vieux. Il reste les personnes de plus de 50 ans dont personne ne s'occupe. Pourtant ce sont eux qui regardent le plus la télévision.
    Yvette Chouinard adres. cour. y_chouinard@hotmail.com »

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