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Journaliste, une espèce en voie de disparition

Lise Payette   30 mai 2008  Médias
Les journalistes sont malmenés ces temps-ci au Québec. Tous ne réagissent pas de la même façon devant les difficultés que vit la profession. Il y a ceux que ça laisse complètement indifférents, car leurs salaires sont élevés, leurs plans de pension blindés et ils attendent tranquillement la retraite dorée qu'ils estiment avoir bien méritée. Et il y a les autres, ceux qui croient dur comme fer qu'ils sont un rouage important de la démocratie telle qu'on la connaît ici et qui estiment qu'ils ne peuvent plus remplir librement leur mission qui consiste, d'abord et avant tout, à bien informer le public.

Il est difficile d'émouvoir le public à notre époque, car il a fini par se désensibiliser pour survivre. Sollicité de toutes parts, ciblé par la publicité, le monde ordinaire n'a pas une vie qui ressemble à un jardin de roses. Pensez aux catastrophes qu'on nous annonce chaque jour, au prix de l'essence qui ne cesse de grimper, au prix du panier d'épicerie, à la difficulté qui correspond au fait d'élever des enfants de nos jours à travers le laisser-aller qui est souvent présenté comme une sorte de liberté, et vous aurez compris que la fermeture de la salle des nouvelles de TQS n'a fait pleurer personne. Et pourtant! La perte d'une source d'information, quelle qu'elle soit, est un deuil pour une société démocratique.

Surtout qu'au Québec, nous vivons en ce moment, dans le domaine de l'information, une situation qui est en train de tourner au cauchemar. Nous sommes témoins d'une sorte de guerre civile dans laquelle s'affrontent deux ennemis dont l'objectif est de détruire l'autre par n'importe quel moyen. Nous assistons, pratiquement impuissants, au combat farouche que se livrent Gesca et Quebecor pour le contrôle de l'information, toutes plateformes confondues. La Presse et Le Journal de Montréal mènent la lutte, mais la guerre n'épargne personne et elle atteint tout le territoire. Tout le Québec est touché.

Il y a quelques jours à peine, des journalistes du Soleil de Québec lançaient dans Le Devoir un véritable appel au secours en dénonçant cette approche qui n'est plus seulement celle d'une saine concurrence, mais qui devient absolument malsaine quand on est forcé de l'alimenter.

De leur côté, les journalistes du Journal de Québec sont en lock-out depuis plus d'un an. Ce n'est pas rien! Mais malgré cette situation déstabilisante pour tous les journalistes, ils sont toujours seuls sur le trottoir. Aucun autre journaliste ne les a rejoints et tout doucement, le silence s'est fait autour des raisons qui les ont conduits dehors, même si ce qu'ils subissent risque de se répéter et de déterminer les normes du métier pour longtemps.

Faire taire les journalistes

C'est le rêve de tout pouvoir. Pour le comprendre, il suffit de regarder la performance des premiers ministres Stephen Harper et Jean Charest dans ce domaine. Priver les journalistes des renseignements qu'ils demandent, cultiver le mystère et souvent le mensonge, apprendre à ne pas répondre aux questions, ignorer les journalistes. Les traiter en minables pour les remettre à leur place plutôt que de les traiter comme des représentants du public à la recherche de la vérité. Sans les journalistes, notre monde nous paraîtrait plus tranquille au jour le jour, mais nous aurions une drôle de surprise quand nous découvririons tout ce qui nous a été caché et que nous aurions dû savoir pour prendre les bonnes décisions.

Le métier de journaliste est tentant. Il exige une culture générale importante, le goût des défis et un sens élevé de la responsabilité. La liberté de la presse est en danger au Québec, il faut leur faire comprendre. La trop grande concentration de la propriété de la presse n'est certainement pas une garantie d'équilibre en information. Il est d'autant plus important que les journalistes qui vont y oeuvrer soient exigeants par rapport à leur liberté de parole et au respect des écrits qu'ils vont signer.

La menace s'étend aussi à la radio et à la télévision. Gesca et Radio-Canada par exemple auraient signé une entente pour leur permettre d'élargir un peu plus leur présence face à Quebecor. On n'a pas fini de voir des journalistes de Radio-Canada interviewant des journalistes de La Presse comme s'ils étaient des spécialistes hautement qualifiés dans leurs domaines.

On n'a pas fini, non plus, d'entendre des journalistes de Radio-Canada faire «un détour en calèche» pour ne pas avoir à parler sérieusement de la souveraineté du Québec, de l'identité québécoise ou du désir des Québécois de sortir de l'Afghanistan. Les journalistes de Radio-Canada sont neutres... comme ceux de La Presse. Tout le monde doit le croire.

Il fut un temps au Québec où le propriétaire d'un journal pouvait être de l'allégeance politique qu'il voulait sans que ça teinte son journal. Ce n'est plus le cas aujourd'hui. Il suffit d'avoir des yeux pour lire. Certains journalistes sont devenus comme ces mercenaires qui font la guerre du patron.

Certains journalistes n'auront pas d'autre option que de se regarder dans les yeux en se demandant s'ils sont encore dignes d'exercer ce métier. Un questionnement essentiel et urgent. Il en va de la crédibilité de ce métier.






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  • Normand Chaput
    Abonné
    vendredi 30 mai 2008 02h18
    vous êtes indépendante financièrement
    « Sinon c'est la galère. Pigistes, payés au mot s'il-y-a quelqu'un pour les publier. Ce sont les journalistes qui ne veulent pas d'un ordre professionnel. Ils sont jeunes, sans aucune culture et ils n'espèrent qu'à devenir chef d'antenne ou mieux, gouverneur-général! Entre-temps, il faut survivre. Et quoi de mieux que d'être mercenaire pour un grand groupe? On nous donne comme argument que c'est désolant que TQS ferme son service de nouvelles parce tant de gens ont fait leurs classes à cette antenne! Pour être respecté, il faut d'abord être respectable! Et pour le reste, c'est business as usual. On écrit dans le journal, on est payé et si les gens n'aiment pas cela, alors ils vont voir ailleurs. Et, s'ils vont voir ailleurs, il n'y a plus de journal. Est-ce la faute du lecteur? Même le devoir n'y échappe pas. Combien de fois avons-nous des éditoriaux qui ne sont qu'un résumé de la même rengaine? J'en connais au moins quatre au Devoir, 125 à la Presse et 12 au journal de Montréal. Pratte? un long purgatoire après un commentaire sur l'après-carrière des politiciens! Maintenant, il a compris et maintenant, il est devenu le boss. Un roi-nègre finalement. »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    vendredi 30 mai 2008 03h46
    Le journalisme... Ah! Oui! Le journalisme!
    « Le journalisme... Ah! Oui! Le journalisme!

    Le journalisme existe-t-il encore?
    Il faut sérieusement se le demander.
    Comme dit Mme Payette: "Il suffit d'avoir des yeux pour lire!"

    Parfois et même souvent, je me dis que le journalisme a disparu.

    Les journalistes sont devenus des propagandistes.
    Les René Mailhot et Louis Martin sont disparus sans laisser une relève de la même trempe.

    On se disait totalement incapable de connaître l'allégeance politique de Louis Martin.
    Pour cet homme, ce journaliste, son opinion et ses convictions étaient bien secondaires. Son métier était d'informer et de tenter de son mieux, de montrer la réalité, juste la réalité, sans jugement, sans intonation, sans hausse de sourcils et sans grimace.

    Livrer la réalité est tout un défi.
    Un défi quotidien.
    Nous sommes faits de convictions, d'émotions, de croyances et de toutes ces choses qui font que notre perception de la réalité est empreinte de distorsion.
    Pourtant, il y a des balises, des faits, des livres d'Histoire. Il y a des outils que les journalistes sérieux utilisent.

    On a beau, ne pas aimer un gouvernement, un président, un "régime", il faut chercher à comprendre ses agissements, ses motivations. Il faut se cramponner aux faits tangibles, aux racines des mouvements.

    On nous offre du potinage, de la rumeur.
    On court les conférences de presse et on nous abreuve de discours "officielles" et de déclarations de "porte-parole".
    Les journalistes restent le cul dans leur bureau (manque de budget) et récite du AFP.

    On nous sert «l'expert» au long CV qui nous livre toute la vérité, rien que la vérité, je vous le jure.

    «On n'a pas fini de voir des journalistes de Radio-Canada interviewant des journalistes de La Presse comme s'ils étaient des spécialistes hautement qualifiés dans leurs domaines.»

    On nous offre de plus en plus de la surface et du bon et du méchant.
    "You are with us, or you are against us."

    Nous avons basculé dans un monde de superficialité, de rumeurs, de potins, de préjugés et de noir et blanc.
    Comme si les faits, l'Histoire et le gris n'existaient plus.
    On nous sert de l'opinion en guise «d'information»!
    Dieu sait, que l'opinion est à des lieues de l'information!

    Ces journalistes interviewant ces journalistes comme s'ils étaient des spécialistes hautement qualifiés et qui nous font avaler avec le plus grand sérieux leur simple et souvent ridicule opinion qui ne repose que sur le courant médiatique, passant sous silence, Histoire et faits dérangeants.

    Ces "spécialistes" qui nous passent leur propagande.
    Souvent, on a l'impression que ces "spécialistes", ces pros de l'info (sic), sont au service d'un pouvoir quelconque plutôt qu'au service de l'information.

    On fait de la nouvelle, ou du reportage pour justifier ses convictions.
    Il est facile de trouver une fleur dans un endroit puant de misère et d'offrir l'image que tout va bien. Comme il est facile de ne rapporter que la saleté des lieux où l'on tente désespérément de faire un grand nettoyage.
    Il est beaucoup plus facile de faire de la propagande que du journalisme.

    Il est aussi indéniable qu'on manipule l'opinion, beaucoup plus que l'on informe.
    Il n'y a qu'à lire, à écouter et à voir les médias.
    On nous livre de la sensation (image de beaux enfants souffrants, etc.) pour bien aiguiller notre opinion.
    Cet état de choses est évident. La chose qu'il l'est moins, c'est pourquoi donc, tant de journalistes sont si peu respectueux de leur métier.
    Pourquoi tant de journalistes font preuve d'un manque d'éthique gênant?

    Pourquoi donc, existe-t-il deux réalités?

    La réalité "officielle" et la réalité "alternative"?

    Pourquoi les articles du Monde sont-ils, si souvent, en contradiction avec les articles du Monde diplomatique?
    Pourquoi Alexandre Adler dit l'inverse de Maurice Lemoine?

    Pourquoi Brousseau et Truffaut (les siamois du Devoir), ont une vision du monde qui correspond si peu à la vision de la presse "alternative"?

    Pourquoi les nouvelles sur les réseaux Voltaire, Risal ou Rue89, diffèrent-elles tant de la presse "officielle"?
    Qui donc nous livre le mieux la simple réalité?

    Pourquoi donc tous ces débats concernant les mystères entourant la réalité et les enquêtes du 11 septembre 2001 sont-ils pratiquement absents et étouffés dans la presse officielle et si actifs dans la presse alternative?

    Pourquoi donc, dans la presse "officielle", pleure-t-on sur Exxon Mobil qui a été mis à la porte du Venezuela et dénigre-t-on Chavez qui met les profits du pétrole au service de sa population?

    Où est donc passé le journalisme?
    Est-il devenu impossible de nous livrer la réalité dans toutes ses couleurs.
    Est-il devenu impossible d'avoir l'information autrement qu'en noir et blanc?

    Il y a des journalistes que j'apprécie beaucoup.
    Mme Michèle Ouimet de La Presse.
    M. Jooneed Khan de La Presse.
    Et peut-être quelques autres, mais, ils sont si peu nombreux!

    Quand on lit ou entend une nouvelle, un reportage, il faut se demander sérieusement ce que nous avons appris.
    Il faut être conscient de ces reportages ou de ces nouvelles qui nous livrent rumeurs et potins pour aiguiller notre sentiment et par conséquent, notre opinion.
    Regarder bien les photos de ces magnifiques enfants pour vous gagner à la cause.
    Notez l'émotion que vous suggère un titre.

    N'oubliez jamais les «experts» de l'armée médiatiques qui vendaient la guerre.
    (New York Times du 20 avril 2008)
    http://www.nytimes.com/2008/04/20/washington/20generals.html
    http://www.ledevoir.com/2008/04/21/186144.html
    http://www.cyberpresse.ca/article/20080420/CPMONDE/80420025/6644/CPMONDE
    http://www.davduf.net/Le-mediagate-Analystes-experts.html



    Serge Charbonneau
    Québec »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 07h16
    La mesure a débordé cet hiver...
    « lorsque les journalistes de La Presse ont littéralement lynché la jeune journaliste du Journal de Montréal qui avait fait une enquête très solide sur l'anglais dans les commerces montréalais. Chez Gesca on ne pouvait accepter qu'une jeune blanc-bec, anglophone de surcroît, viennent faire la preuve que la Loi 101 était trouée de bord en bord.

    A l'inverse Quebecor n'en finit plus d'inventer des nouvelles, des piscines polluées au bonheur dans les villes au Québec. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 30 mai 2008 07h18
    Fin du journalisme...
    « "le monde ordinaire ", quel horreur cette expression. On se croirait en monarchie. La démocratie dit qu'un être ou un maître de l'art,ou poète tel le père Rimb peut "résussir" sans pour cela renier ses origines sociales...C'est méprisant. Voilà pourquoi le journaliste est en mode de disparaitre,journaliste d'exigence, non le journaliste-spectacle. La chance qu'ont les journalistes comme pour les politiciens, est qu'ils ne peuvent répondre de leurs mensonges et incohérences. D'ailleurs, ils ne répondent jamais aux réaction des lecteurs et il n'y a pas de dialogues avec eux du tout. Ceci expliquant cela. Pourtant le technologie le permet désormais. Ils ne peuvent se permettre de prouver leur ignorance et leur manque de sérieux. C'est dans le dialogue que nous savons ce que vaut un individu en termes de connaissances et de perceptions. Les articles dont on perçoit l'abîme de non-sens ne disent pas cette manque de teneur et de sérieux puisque désormais le journaliste abuse de réthorique pour se cacher derrière. Alors oui le journaliste tel que nous l'entendions il y 50 ans est mort et ouvre la voie à la censure afn que les lecteurs ne montrent pas leur incohérence ou leur service à des lobbys payants. Politiques ou non. Avec l'Internet nous avons de moins en moins besoin de journalistes de toutes façons et nous devons comprendre que le journalisme tel que nous le connaissons provient du siècle dernier où nous avons vu la naissance de l'Opinion publique. C'est une professionnalisation d'une partie "éclairée" de cette opinion publique qui est devenue journaliste. Mais dans nos temps, le journaliste tel que vous par exemple et tant d'autres, qui caressez cete opinion jusqu'à vouloir lui ressembler d'un point de vue populiste, c'est la tendance générale, et bien vous signez la mort du journalisme en tant que tel. »

  • Daniel Beaudry
    Abonné
    vendredi 30 mai 2008 07h41
    Le public ne sait pas
    « L'information est le fondement essentiel de la démocratie. Un public non informé est manipulable à l'infini.
    Il y a manipulation par les propriétaires et il y a les mercenaires à leur service. Enfin, il y a la concurrence pour vendre du papier qui pousse à faire du spectacle au lieu d'informer.
    Heureusement, il y a encore du bon travail malgré mais ceux qui le font en paient le prix, comme les artisans de multiples domaines. C'est le prix de la liberté et de l'intégrité.
    Daniel Beaudry »

  • jean claude pomerleau
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 07h53
    Gesca et Radio Canada; même combat.
    « C'est M Patrick Bourgeois (Le Québécois) qui nous a révélé l'existence de l'entente secrète qui permet à Gesca d'utiliser Radio Canada, financer par les fonds publiques, comme boite de résonance pour nous vendre l'idéologie fédéraliste. C'est cette révélation due au travail acharné de M Bourgeois qui a mener à la confrontation entre les deux géants de l'info: Gesca a mis en demeure Quebecor de faire attention dans le traitement de cette nouvelle. Tentative d'itintimidation qui a déclencher une réaction et depuis les lecteurs du JdeM connaise mieux M Paul Desmarais et son entreprise: Power Corp. Et non cette mise en perspective de la machine de guerre Gesca ne nuira pas à l'information au contraire. Le Québec va enfin se réveiller à la réalité qui est que Gesca est une machine de propagande fédéraliste qui détourne et manipule le débat au détriment de l'intérêt supérieur du Québec (médiacratie 101). Et tout cela grâce au travail acharné de M Bourgeois. Si c'est ce type de journaliste que vous appelez de tous vos voeux il aurait été bon de mentionner son nom. Et appeler le monde à l'appuyer. La vie n'est pas un télé roman: Il faut que les souverainistes assument les rapports de forces, celui-ci est médiatique. »

  • Bertrand Leger
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 08h09
    Amen !
    « Vous avez encore raison ! C'est à croire que seul(e)s les journalistes de plus de 70 ans savent de quoi ils ou elles parlent !
    merci madame Payette, vous parlez d'or ! »

  • Michel St-Pierre
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 08h39
    La dictature de l'information nous guette.
    « Avec un gouvernement conservateur à Ottawa et un chef conservateur à la tête du parti libéral à Québec (je n'ai jamais compris le choix de Jean Charest comme chef du parti libéral québécois) la désinformation règne comme jamais au sein des paliers gouvernementaux. Ajoutez à cela un duopole (Gesca et Quebecor) qui risque de devenir un monopole à plus ou moins long terme, et nous serons sous la gouverne d'une information tamisée et délayé au goût des détenteurs des pouvoirs économique et politique. Ça ne vous fait pas penser à une certaine Russie actuelle ? Pas très réjouissant comme perspective d'avenir, autant pour les journalistes que pour la population en général. »

  • martin dubois
    Abonné
    vendredi 30 mai 2008 09h22
    le doigt sur un mal généralisé
    « Mme Payette, vous mettez le doigt sur un gros gros problème...Je salue votre courage, car personne ne dit rien face à cette manipulation généralisée de l'opinion publique. Je me demande d'ailleurs s'il n'y a pas des liens cachés entre certains journalistes et certains conglomérats bien connus.
    Vous abordez le problème avec une grande prudence, c'est à se demander si il y a encore de la place pour mener un débat librement exprimé sur cette question ? Y'-a-t-il encore une liberté de presse au Québec ?
    En tout cas, moi je n'hésiterai pas à nommer des noms de journalistes qui me semblent travaillent de façon biaisée pour la cause fédéraliste. C'est le cas de Michel C. Auger et de Josée Thibault à radio-canada, et d'une multitude d'autres qu'on connaît bien à La Presse. »

  • Claude Archambault
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 09h42
    La beauté de la libre entreprise
    « La concentration et polarisation de l'information, ne devrait pas être vu seulement comme un mal, car ici au Québec on a tendance à tout régler par soit des lois ou par des moyen de pression. Pourquoi ne pas voir cela comme une opportunité ? OUI, cette concentration va crée des vides dans certain créneau et dans certaine régions, quoi faire ? Certain diront il faut FORCER l'entreprise par des lois et réglementation, çà c'est la méthode facile presque dictatorial digne des républiques soviétique, qui ne règlent rien car il y en aura toujours pour les détourner ou bien causera un tord irréparable à l'entreprise.
    Ce qu'il faut c'est reconnaître ces opportunités et agir si un besoin est perçu, il faut avoir un entrepreneur pour assouvir ce besoin soit d'un certain type d'information ou dans une région donné.
    Bien sur au début ce sera difficile, les salaires et conditions de travail seront aux meilleurs médiocres, mais si le besoin est réel, le produit de qualité alors le succès viendra ainsi que le revenue. Si la crise n'était que crée juste pour justifier des emploies et préserver des acquis alors ce sera l'échec car le besoin n'était pas réel et la demande n'y sera pas.

    Vous voyez pendant que Gesca et Québecor s'affrontent, ces deux Goliath perdent de vue les petits qui de leur coté peuvent s'accaparer des créneaux délaissé par ces géant.

    Car comme tous disent, l'important c'est une information variée, bien faite, honnête, impartial et d'actualité. Pas que des journalistes soient bien payés, reconnus, ayant une sécurité d'emplois.

    L'ordre des choses,
    CE QUE LE PUBLIQUE VEUX
    CE QUE LES MÉDIAS ACTUELS FOURNISSENT
    CE QUI MANQUE
    VOICI CE QUI RESTE À FAIRE : COMBLER CE MANQUE. »

  • Roger Lapointe
    Abonné
    vendredi 30 mai 2008 09h51
    FARENHEIT 9/11 ,le brûlot de M Moore,explique comment le mensonge étatique et la presse étatsunienne ...
    « ont fait bon ménage et continue sur la même lancée surtout en ce qui concerne cette sale guerre totalement injustifiée qui perdure en Irak.Moore démontre éloquemment comment tous les grands ténors de l'information des USA se sont fait les haut-parleurs de la Maison-Blanche et du Pentagone y compris Dan Rather considéré comme le pape de l'information aux USA, pour promouvoir la guerre contre l'Irak et dépeindre Sadam comme le diable en personne.Les USA ont pourtant un passé de criminels dans ce genre de personnages-marionnettes placés au pouvoir pour servir leurs intérets,dont Sadam lui-même et Ben Laden également.Ce triste épisode journalistique devrait servir de leçon à tous les journalistes ou grifonneux-scribouilleux de la planète.En passant, la SRC serait probablement l'institution fédérale la plus insidueuse et pourtant la plus encensée par les souverainistes Québécois. »

  • Nadeau Béa
    Inscrite
    vendredi 30 mai 2008 10h02
    Y'a de ces professions à risques
    « Nous avons encore une certaine forme de libre-expression.
    Les journalistes peuvent encore faire preuve de beaucoup de zèle sans avoir peur car ils représentent l'authenticité des vues du peuple (du moins ceux qui ont des visions d'avenir conscientes). En restant de bonne foi, jamais nous ne pourrons être ciblés en tant que groupes terroristes jusqu'à parce que l'on tient à nos porte-paroles de l'écriture sans démesure extrême. Avec le journalisme, le monde sait de quel bois se chauffer. En attendant, faut juste faire attention à nos propos qui parfois indiquent un peu trop nos allégeances pouvant être confondues et nous faire passer pour des pas de têtes plus extrêmistes que les groupes de surveillance bien payés pour nous faire taire. Bouche cousue...n'est pas toujours le baîllon chapeauté.
    Bravo Mme Payette.... »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 10h55
    La Mort du Journalisme
    « « Le traitement journalistique fait mine de constater ce qu'il contribue largement à mettre en scène. » - A.Rindel

    La faillite du 4ième pouvoir, sonne le glas du journalisme traditionnel. Consolidations, synergies et lobbyistes ont tué la profession autrefois admirée pour son indépendance de pensé, sa rigueur et son sens de l'éthique.

    La presse et les médias électroniques ont abandonnés leur mission de chien de garde des citoyens et de la démocratie contre les abus des trois pouvoirs traditionnels: législatif, exécutif et judiciaire. La voix des sans voix s'est tue ?

    L'info divertissement, le mélange des genres, l'hyper commercialisation, le rabâchement en boucle du même contenu et la surenchère auto suffisante ont distortionnés notre vision du monde et discréditer les messagers. Transparence, crédibilité et rigueur : la fin d'une époque

    "Le journalisme est le règne de l'éphémère et du volatil." - Bernard Pivot

    Dans une Lettre au Devoir, Raymond Corriveau, Président du Conseil de presse du Québec s'exprimait : " Il devient de plus en plus difficile de justifier l'investissement de sommes importantes pour produire une information rigoureuse et de voir s'établir une concurrence basée sur la frivolité ou, pire encore, sur l'insulte. Comment pouvons-nous accepter la marchandisation de la nouvelle sans brader les principes qui justifient notre propre existence? " www.conseildepresse.qc.ca

    Il pointe dans la direction de Bonnie Anderson qui... « parle de la disparition d'une tradition rigoureuse du journalisme au dépens d'une information gouvernée par l'industrie du divertissement. Les médias sous cette tendance lourde participent finalement à l'érosion du processus démocratique et au désintéressement des électeurs à la chose politique. »

    Alors que le taux de participation aux élections périclite, la ligne de démarcation entre le réel et le virtuel s'estompe. On suit la politique comme une game de hockey ou la finale de «Loft Story». La finalité quotidienne du politicien est de passer aux nouvelles. Point à la ligne. La glorification du star système ratisse large. Une tranche importante de la population délaisse l'exigeant processus démocratique pour plutôt choisir de vivre par procuration, en aspirant aux modèles glamourisés qui nous sont imposés à grands coups de bâtons médiatiques.

    Un simulacre efficace pour qui ?

    « Le monde se divise en trois catégories de gens: un très petit nombre qui fait se produire les évènements, un groupe un peu plus important qui veille à leur exécution et les regarde s'accomplir, et enfin une vaste majorité qui ne sait jamais ce qui s'est produit en réalité. » - Nicholas Murray Butler

    Follow the money !

    Le dernier grand coup d'éclat, de la profession, fut dernièrement salué avec le dénouement surprise mais tardif du scandale du Watergate. Deep Throat avait alors permis d'ajouter la filière « follow the money » aux traditionnels « Qui? Quoi? Quand? Où? Pourquoi? et Comment?» de l'arsenal du bon journaliste d'investigation. Avouons que ça fait un bail.

    Depuis on a eu droit à une disparition progressive du journalisme d'enquête. La pratique, jugée trop onéreuse et risquée pour les pouvoirs occultes est sacrifiée à l'autel de la consolidation médiatique, en cours. Un autre effet pervers de la globalisation. Les organisations à la Reuters, Associated Presset la Presse Canadienne nous mâchouillent la nouvelle qui nous est transmise, via les bonzes locaux, trop heureux d'économiser sur la création originale. Remplir les vides entre les pubs de chars et de bière est une exigence quotidienne.

    Quand on sait qu'autant Québécor, Gesca que le Devoir utilisent, à plein, les services de la presse canadienne; on est en droit de se demander, quel pourcentage des nouvelles reflète la réalité non tarabiscotée à la sauce de l'unité canadienne. www.cp.org Mais ça c'est une autre histoire !

    La collusion entre l'entreprise privée et les médias est testée à son extrême, aux États-Unis. La déréglementation sauvage a ouvert les vannes au corporatisme médiatique.

    Comme si l'aplatventrisme face aux commanditaires n'était pas assez débilitant; l'opportunité d'imposer une homogénéisation des contenus et une ligne éditoriale dirigé et imposée via d'immenses réseaux, fut trop tentante.

    L'organisation, Free Press, a même décortiqué le plan qu'ils s'appliquent systématiquement à imposer, en 7 points. http://www.freepress.net/media_issues

    Le plan consiste effectivement à consolider le paysage médiatique, mais plus encore. On cherche à s'infiltrer dans les télés d'état (PBS et NPR aux USA), à éliminer la dissension dans les médias de masse, à compliquer et limiter l'accès aux informations gouvernementales et même à cultiver le cynisme envers les médias. Tous les moyens sont bons pour ces « control freaks » de l'info.

    L'univers culturel sert, admirablement bien, à modeler la psyché populaire. On ne l'a pas oublié. Le rouleau compresseur y passe aussi. Les journalistes ne sont pas seuls à voir l'exercice de leur profession entaché. Le statut de l'artiste aussi est en train de régresser à son ancien état d'esclave de la royauté qui, dans ce siècle, est issu des empires médiatiques et non plus du sang bleu.

    Le néo-libéralisme touche tous les axes économiques. La privatisation de la propagande comme celle de la guerre coule de source depuis Bernays.

    Ajoutons l'insulte à l'injure

    Ces charlatans et les gouvernements ne sont pas seuls à mettre l'épaule à la roue. Comme l'illustre le dévastateur bouquin « Into the Buzzsaw » les empires médiatiques, eux-mêmes, sont devenus tellement dépendants des revenus publicitaires que mordre la main qui les nourrit devient impensable! Au diable l'objectivité, allo « bottom line »! www.freedomofthepress.net/intothebuzzsaw.htm

    Le documentaire Orwell Rolls In His Grave » souligne jusqu'à quel point la vision dystopique de Orwell, dans 1984, est désormais devenu une réalité aussi dérangeante qu'inquiétante. www.orwellrollsinhisgrave.com

    « Seuls les plus petits secrets ont besoin d'être protégés. Les plus gros sont gardés par l'incrédulité publique. » - Marshall McLuhan

    NBC et ses subsidiaires peuvent-ils encore, vraisemblablement, couvrir l'industrie du nucléaire, quand son propriétaire General Electric en est un des joueurs principaux ? La même logique s'applique à ses contrats en Iraq et Afghanistan.

    Les faits décrits, ne pourraient évidemment jamais se produire dans le plus meilleur pays du monde et pourtant... Depuis que l'on sait que Power Corporation est actionnaire de Wal-Mart, comment s'assurer que la couverture par, Gesca/La Presse, des activités de la multinationale soit libre de biais?

    L'équipe, du Project Censored, vient justement de répertoriée les comités de direction de 10 consortiums médiatiques (journaux, télé et radio). On y découvre 118 personnes qui siégent concurremment au commandes de 228 corporations américaines et multinationales. La ligne de démarcation entre les deux forces s'estompe, au mépris même du premier amendement de la constitution américaine, en protégeant les intérêts des corporations au-dessus de celles des citoyens. www.projectcensored.org/newsflash/C2006_chap6.pdf

    Doit-on croire de facto à la bonne volonté des intervenants de la chaîne médiatique ? Ces corporations méritent-elles le bon Dieu sans confession ? Face au manque total de crédibilité, on serait en droit de se le demander. Les corporations médiatiques maximisent-elles les profits, sans égard à leurs responsabilités face au public ? Est-il plus safe de nous rabâcher une litanie d'écrapous et de ragots de vedettes, alors que les vrais sujets sont esquivés ? La propagande est-elle aussi payante que l'hébétude euphorisante du star système ? Le média corporatif remplace t-il la religion comme opium du peuple ?

    Qui a le temps ou l'intérêt de se poser la question?

    Qui a encore l'autorité morale d'y répondre?

    "La liberté la plus funeste. La liberté exécrable, pour laquelle on n'aura jamais assez d'horreur... Nous voulons dire la liberté de la presse et de l'édition." - Grégoire XVI"

    A cynical, mercenary, demagogic press will produce in time a people as base as itself" - Joseph Pulitzer »

  • René Lasanté
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 11h44
    Un peu plus d'équilibre dans l'information serait le bienvenu.
    « Je tenais à vous remercier pour l'article que vous avez écrit aujourd'hui dans Le Devoir. Je me demandais si j'étais le seul à me sentir mal à l'aise au Québec devant ce que j'appellerais un déséquilibre important dans les moyens qu'ont à leur disposition les tenants des deux principales options constitutionnelles au Québec, c'est-à-dire la souveraineté et le fédéralisme.
    Il me semble que les médias les plus populaires et les plus puissants (comme Radio-Canada, les journaux du groupe Gesca et le journal The Gazette) favorisent d'une façon exagérée le point de vue fédéraliste et que la souveraineté est parfois défendue et mise de l'avant seulement par des initiatives personnelles de journalistes que l'on pourrait appelés indépendants.
    Il me semble que l'on peut affirmer, sans exagérer, que cette situation est à la limite un déni de démocratie dans un pays qui se dit au-dessus de tout soupçon regardant sa liberté de pensée.
    Les Québécoises et les Québécois qui souhaitent entendre parler plus souvent de la souveraineté de leur patrie en termes plus positifs et plus fréquemment devraient être capables d'ouvrir un journal à tous les jours et lire des opinions et des analyses qui vont dans le sens de leurs convictions profondes. »

  • Décary-Charpentier Normand
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 12h03
    Qui nous informent sur ce que font les journalistes?
    « "Sans les journalistes, notre monde nous paraîtrait plus tranquille au jour le jour, mais nous aurions une drôle de surprise quand nous découvririons tout ce qui nous a été caché et que nous aurions dû savoir pour prendre les bonnes décisions."
    Je suis bien d'accord avec votre affirmation. Par ailleurs, quand pourrons-nous découvrir tout ce qui nous a été caché dans le monde journalistique car je pense qu'ils ne sont pas tous des incorruptibles comme les gens de toutes les professions. Surprise que nous attendrons longtemps, je crois.

    C'est un travail qui donne de l'information à l'informateur et il peut faire de bonnes petites et grosses affaires avec sa petite valise, son petit stylo, son petit micro, sa petite auto. Un peu comme l'agent d'immeubles qui s'approprie une bonne affaire parce qu'il est le premier informé...
    Qui pourra questionner ces censures, les abus de son petit pouvoir car comme dans toutes les corporations, ils se protègent entre eux... Je ne voudrais pas généraliser, je parle de ce monde qui nous paraît si tranquille et dont, surprise nous entendons parler tout à coup... Même leurs collègues n'arrivent pas à sortir de leur petit boulot, leur petite auto pour les appuyer comme s'ils n'arrivaient pas à faire quelque chose quand c'est le temps de le faire et de ne pas seulement en parler.
    L'affaire entre TVA et les journalistes Therrien et Lagacé sur la relation entre Maxime Bernier et Lucie Couillard... montre bien comment ce petit monde n'est pas si tranquille que ça et qu'il cache bien des surprises. Therrien et Lagacé en plus de lever la couverture sur la relation du ministre, voulaient lever la couverture du lit d'une corporation... Nous pourrions soupçonner le journaliste du Soleil de profiter de l'occasion et que dire du super-blogueur de cyberpresse, un Rastignac en herbe qui est prêt à s'insinuer sous les couvertures des ministres pour se faire croire qu'il n'a rien à cacher vu qu'il démasque tout ... Qui sait! L'horreur c'est qu'il se permet de juger à sa morale ceux qui hésitent à nommer des personnes en leur prêtant des intentions utilitaires... Il ne censure probablement jamais sur son blogue ce monsieur, il n'a rien à cacher non plus assurément. Il n'a pas à s'inquiéter de toute manière, il est protégé par sa corporation...
    Vraiment nous vivons dans un petit monde tranquille de ragots, de propagandes diverses et qui peut nous dire ce qui est caché pour nous tenir alerte afin de prendre les bonnes décisions?
    Le journaliste serait-il une espèce en voie de disparition? Si nous pouvions connaître la vérité, toute la vérité alors seulement nous pourrions dire si elle est en voie de disparition ou si elle est déjà disparue. Pour le moment, j'accepte de vivre avec les limites de la nature humaine en ne déifiant personne, ni les journalistes, les politiciens, les patrons et ni les curés. Rendons à Dieu ce qui est à Dieu et à César ce qui est à César. »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    vendredi 30 mai 2008 12h35
    Bravo à Jean-François Couture!
    « Merci d'avoir soulevé toutes ces excellentes pistes de réflexion et d'analyse.

    Le journalisme, la liberté d'expression et la démocratie sont en perte de vitesse notable.

    On se gargarise de démocratie, mais on nous impose une pensée unique.

    Bravo pour cette analyse et cette réflexion. »

  • Lucien Choquette
    Inscrit
    vendredi 30 mai 2008 13h16
    Est-ce à cause de l'argent ?
    « Les journalistes disent que si la nouvelle est trop compliquée, ça n'intéresse pas le lecteur et il décroche.

    Les propriétaires des médias ont comprit depuis longtemps que c'est l'émotion qui vend. Mais le plus dramatique c'est que les journaux et les télévisions ne vendent plus de nouvelles aux téléspectateurs et/ou aux lecteurs mais bel et bien des téléspectateurs et/ou des lecteurs aux annonceurs.

    Les corporations et les grandes compagnies annoncent beaucoup dans certains journaux et à la télévision ce qui explique que les journalistes se contentent de lire leurs communiqués de presse et en font une nouvelle, sans aucun cens critique et sans aucune enquête. Les seules fois que le journaliste fouille un peu, c'est lorsque le dossier se rapporte aux gouvernements car ils savent que ça n'aura pas d'impacte sur les revenus de l'entreprise.

    Et puisque les journalistes ont le pouvoir d'orienter l'opinion publique, aucun politicien n'ose dénoncer ce fait. Je trouve toujours impressionnant de voir les journalistes montés aux barricades lorsque qu'un politicien ou un personnage publique suggère que c'est la faute des médias si ...

    D'un autre côté, les journalistes ont eux aussi compris que s'ils faisaient du journalisme d'enquête, mettaient en contexte les nouvelles, dénonçaient les mensonges des entreprises et des gouvernements, ils perdent leurs emplois.

    Alors, bravo aux journaux indépendants. Malheureusement visibilité n'y est pas ! »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    vendredi 30 mai 2008 13h41
    Le pouvoir démesuré des médias
    « Bravo madame Payette, et...tout spécialement lorsque vous concluez: Certains journalistes n'auront pas d'autre option que de se regarder dans les yeux en se demandant s'ils sont encore dignes d'exercer ce métier. Un questionnement essentiel et urgent.Il en va de la crédibilité de ce métier.
    Il est grand temps de remettre à leur place ceux qui déforment la nouvelle ou ont la prétention de penser pour nous. Qu'on pense seulement à la couverture journalistique parfois déficiente en politique! Certains méritent de perdre de la crédibilité.
    Et de plus, entre nous, lorsqu'on récompense (1er trophée à vie) un journaliste animateur aussi AMATEUR (pourtant imbu de lui-même) que Denis Lévesque, il y a de quoi se poser des questions! Il y a tellement de gens talentueux avec un potentiel supérieur disponibles. Un animateur professionnel se doit d'être bien préparé, rendre à l'aise ses invités sans les interrompre continuellement ( demandez entre autres à Gary Kirtz ce qu'il en pense) et surtout ÉCOUTER attentivement ses interlocuteurs afin de ne pas poser des questions auxquelles ils ont déjà répondu dans leurs interventions. C'est un minimum de civisme. Et, quelle voix insignifiante et lamentable! Avec des invités politiciens, cours *101* politique de grâce. »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 30 mai 2008 15h57
    Suite...
    « « Le métier de journaliste est tentant. Il exige une culture générale importante, le goût des défis et un sens élevé de la responsabilité. »
    Oui tentant certes, je le fus car on a ce que l'on veut et ce, dans tous les domaines. À propos de « la culture générale », après avoir fréquenté plusieurs journalistes de tous horizons possibles, c'était le désert et le mensonge comme tenue de travail. Les meilleurs, exemple Robert Lévesque ou Stéphane Lépine (littérature et culture général au top du top avec rigueur et large intuition pour humer le meilleur comme on hume le vin) et bien, ils sont absents des médias. Cela démontre que de culture générale, on s'en passe. J'ai vu et entendu trop de menteurs pour croire en leur « sens élevé de la responsabilité » dans leur loisir payé comme journaliste. Le problème est qu'ils oublient qu'ils s'adressent à des personnes qui ont une culture générale importante, un goût des défis et un sens élevé de la responsabilité comme citoyen mais comme être humain aussi. On sait décoder les manques et les démagogies. Le monde « ordinaire » est constitué de gens extraordinaires. La problématique des journalistes au Québec est la même que celle du reste des pays occidentaux. On le voie en France. Cela n'a aucun rapport avec la souveraineté, Gesca ou Radio-Canada. Il n'y a qu'à lire les commentaires dans la presse européenne pour s'en rendre compte. Il y a l'installation d'une censure mondiale et elle est en train de se faire. On est en train de la penser. C'est le problème pour la culture occidentale non un problème de nationalisme canado-québécois. C'est un problème grave. Je dis aussi bravo à Jean-François Couture pour son analyse précise et bien soupesée. »

  • Claude Daigneault
    Abonné
    vendredi 30 mai 2008 16h53
    Audi alteram partem
    « La culture générale. Le mot est lâché. Mme Payette a l'audace de mettre le nez des scribouilleurs et autres bonimenteurs dans leur caca. J'emploie le mot "scribouileur' dans le sens que le général de Gaulle avait donné à sa deuxième plus célèbre citation : "Tout ce qui grouille, grenouille et scribouille".
    J'ai été journaliste pendant près de 24 ans, dans la presse écrite, à cette époque où il ne suffisait pas d'avoir de la culture générale, mais où il fallait savoir écrire. Personne n'était allé plus loin que le cours classique, mais tout les reporters, les pupitreurs, les chefs de rédaction savaient ce que voulait dire "Audi alteram partem" et il ne serait venu à personne l'idée de se moquer d'un premier ministre qui avait de la culture. Comme il ne serait venu à personne l'idée de croire qu'il s'agissait d'une citation en espagnol, comme je l'avais entendu à l'époque d'une journaliste de Radio-Canada.
    Il ne venait non plus l'idée à aucune station de télévision de faire brailler systématiquement quelque interviewé chaque soir au bulletin de nouvelle. Le jaunisme était laissé aux hebdos policiers.
    Nous gagnions à l'époque des salaires minables et chacun craignait de perdre son emploi s'il faisait "une coche mal taillée". J'ai osé, dans un cahier Arts et Spectacles, publier une photo d'une toile montrant deux femmes nues, affichant leurs poils pubiens. La direction de l'entreprise a grincé des dents, enduré la pression des lecteurs qui appelaient pour se désabonner en déchirant leurs chemises. Mais elle a résisté, comme a résité le directeur de l'information qui m'a défendu. Nous n'avions en commun que l'idée que la presse devait être libre.
    Nous étions plus souvent qu'autrement péquistes, mais nous vivions à l'ère bourassiste. Il ne serait venu à personne l'idée de fausser la nouvelle pour favoriser la cause, pas plus qu'on aurait (en tant que chef de pupitre) accepté qu'un journaliste passe ses opinions personnelles dans un reportage voulu intègre.
    Aujourd'hui, je ne lis plus que Le Devoir. Désolé d'avoir l'air téteux, mais c'est le seul endroit où il se fait du journalisme écrit sérieux.
    Et plutôt que les nouvelles des chaînes de télé, j'écoute les documentaires de CanalD et de Découverte (venant en droite ligne de la BBC), du canal Historia, de History Channel, etc. J'écoute aussi TF1 et son bulletin de nouvelle vespéral. Enfin de l'information télévisée bien faite.
    Le journalisme se meurt-il ? Pourquoi mériterait-il de vivre si ce n'est que de l'information dirigée par des hommes d'affaires assez puissants pour influencer l'opinion du président français ?
    Il serait peut-être temps de ramener "Québec Presse", "La ... libre" et pourquoi pas "Le Nouveau Journal" ? »

  • Francine Dubois
    Abonnée
    vendredi 30 mai 2008 17h18
    La liberté de presse ou la liberté de "La Presse"
    « Bravo madame Payette pour votre chronique d'aujourd'hui. Je suis généralement en accord avec vos propos mais aujourd'hui plus que jamais. Je suis abonnée à "La Presse" depuis presque 15 ans. De plus en plus, je me questionne sur la liberté d'expression de ce journal. La page éditoriale est une vraie farce. Du temps où le Parti québécois était au pouvoir, vous pouviez compter sur les doigts d'une main, les éditoriaux favorables aux mesures prises par l'ancien gouvernemt. Aujourd'hui, c'est le contraire, les articles négatifs sont quasiment inexistants. La retenue n'est plus de mise. On doit passer le message le plus souvent possible, la souveraineté est une nuisance, il n'y a de salut que dans le fédéralisme! Pourtant, il existe encore de bons journalistes et "La Presse" en a de très bons. C'est la raison qui m'empêche d'annuler mon abonnement. Je suis aussi abonnée au Devoir depuis peu (2 ans environ) et je l'apprécie de plus en plus. Je pense qu'il faut savoir faire abstraction de la page éditoriale d'un journal. Autant au "Journal de Montréal" que dans les autres quotidiens, les journalistes qui font vraiment leur travail: soit celui d'informer et non pas de convaincre, doivent sentir que le public est derrière eux et donc ne pas se gêner pour les encourager!

    Francine Dubois »

  • Ginette Bertrand
    Inscrite
    vendredi 30 mai 2008 21h40
    @ René Lasanté
    « Vous dites : " Les Québécoises et les Québécois qui souhaitent entendre parler plus souvent de la souveraineté de leur patrie en termes plus positifs et plus fréquemment devraient être capables d'ouvrir un journal à tous les jours et lire des opinions et des analyses qui vont dans le sens de leurs convictions profondes."

    L'Aut'journal, Vigile.net, Le Québécois et, avec un peu de recherche, sûrement de nombreux autres s'emploient justement à combler cette lacune et sont très facilement accessibles. »

  • Lise Chayer
    Inscrite
    samedi 31 mai 2008 09h37
    Pourquoi gâter un si bon article?
    « Votre article concernant la crise dans le domaine de l'information est intéressant. Je déplore cependant cette phrase: "Il y a deux que ça laisse complètement indifférents, car leurs salaires sont élevés, leurs plans de pension blindés et ils attendent tranquillement la retraite dorée qu'ils estiment avoir bien méritée". C'est du "fiel" inutile, qui ne tient compte d'aucun raisonnement étayé et qui entretient l'idée que toutes personnes syndiquées ne pensent qu'à sa retraite à venir. Vous devez pourtant savoir que c'est quand on est syndiqué et donc protégé qu'on peut exprimer librement son opinion sinon on est à la merci d'un congédiement... Je comprends mal qu'une femme aussi intelligente que vous, tourne aussi facilement les coins ronds. C'est d'autant plus surprenant que, par principe et par solidarité pour des travailleurs syndiqués, vous avez démissionné du Journal de Montréal (de Québec). Vous devriez savoir qu'il y a, dans toutes les catégories d'employés, syndiqués ou non syndiqués, des pleutres et des gens prêts à défendre leur conviction... Alors, s.v.p., cessez cette propagande "populiste" et "patronale" voulant que toutes les
    personnes dont les emplois sont protégés sont des "béniouioui". C'est plutôt le contraire il me semble.
    Bon samedi quand même,
    Lise Chayer »

  • Michel Thibault
    Abonné
    lundi 2 juin 2008 15h08
    Mission essentielle
    « Les rôles et missions des journalistes sont essentiels en démocratie ne serait-ce que pour le bon fonctionnement de celle-ci. La nature humaine étant ce qu'elle est, le citoyen serait démuni sans la voix des journalistes »

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