Tollé général contre TQS
Le démantèlement du service des nouvelles de TQS a suscité une onde de choc et un tollé général hier, tant auprès des organismes de défense des journalistes que des politiciens.
Le premier ministre Jean Charest a promis que toute la classe politique québécoise usera de son pouvoir «d'influence» auprès du CRTC pour empêcher la fermeture du service d'information du réseau. L'Assemblée nationale a d'ailleurs adopté une motion unanime exigeant du CRTC le maintien du service des nouvelles de TQS (voir autre texte en page A 3).
Les employés s'attendaient à l'annonce de compressions importantes, mais ce qui leur est tombé sur la tête hier matin est pire que tout ce qu'ils avaient imaginé: l'abolition de 270 postes d'employé permanent, sur 480 postes, et l'abolition pure et simple de tout le service d'information, jugé non rentable par Remstar, futur propriétaire de TQS.
Remstar évoque des pertes de 18 millions lors de la dernière année financière, et un déficit accumulé de 71 millions, pour soutenir que la relance de l'entreprise passe par un tel électrochoc.
Le service des nouvelles est le poste de dépenses le plus important et «sa rentabilité n'a jamais été démontrée», soutient Remstar. L'entreprise évoque également la «surabondance d'informations» chez toutes les autres chaînes pour justifier son retrait de ce créneau.
Les économies ainsi réalisées seraient réinvesties dans la production «d'émissions culturelles et de divertissement de qualité», sans qu'on en sache plus pour le moment.
Le choc a été tel que TQS a suspendu hier toutes ses émissions d'information, remplacées par des films. En fin de soirée, la diffusion du sacro-saint 110 % devait également être suspendue.
En principe, les bulletins de nouvelles reviennent en ondes aujourd'hui. Mais pas pour longtemps. Selon le plan proposé, TQS réduirait les informations à deux demi-heures par jour à compter du 2 juin et ne diffuserait plus aucune émission d'information ou d'affaires publiques à compter de septembre.
Le choc est particulièrement rude dans les régions, où l'information locale et régionale était déjà appauvrie depuis plusieurs années dans l'ensemble des médias. Selon le plan proposé hier, TQS abolit 152 postes sur 298 à Montréal, mais 50 postes sur 67 à Québec, 30 postes sur 50 à Sherbrooke, 16 postes sur 32 à Trois-Rivières et 22 postes sur 32 à Saguenay.
À Québec, les employés de TQS sont carrément descendus dans la rue après l'annonce du plan, et tous les chefs de parti à l'Assemblée nationale leur ont apporté leur soutien. Quant au maire de Québec, Régis Labeaume, «en colère», disait-il, il entend exiger du CRTC le maintien de l'information locale.
Pour le président de la FTQ, Michel Arsenault, la nouvelle d'hier est un «véritable massacre à la tronçonneuse». Avec l'actuel conflit au Journal de Québec, ajoute-t-il, la ville de Québec devient une «véritable zone sinistrée en information».
Pour le Conseil de presse du Québec, la décision de TQS met en péril la diversité des voix en information au Québec, «qui est déjà trop limitée par la concentration de la propriété des médias».
La décision est également dénoncée par le FNC-CSN et par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), qui se dit consternée. C'est un «électrochoc qui doit faire prendre conscience des menaces qui planent en ce moment sur l'information», dit la FPJQ.
Décision tout aussi «inacceptable» pour la Tribune de la presse à Québec, qui regroupe les journalistes parlementaires, et qui ajoute qu'«une télévision généraliste ne peut pas passer outre à ses obligations et devoirs comme diffuseur public et faire fi du droit du public à l'information».
Tous ces organismes veulent faire pression sur le CRTC pour qu'il impose le maintien du service des nouvelles à TQS. TQS doit présenter son plan de relance au CRTC d'une journée à l'autre, et l'organisme fédéral doit rapidement tenir des audiences sur le sujet, probablement en juin. Le réseau est toujours sous la protection du tribunal pour éviter la faillite.
Interrogée hier lors de son passage à Québec, la ministre fédérale Josée Verner s'est montrée très prudente, expliquant qu'elle avait demandé au CRTC de la tenir au courant de l'évolution du dossier. «Quand vient le temps d'octroyer une licence, nous avons un droit de regard», a-t-elle ajouté.
La production d'information n'est pas, en soi, une condition de licence de TQS devant le CRTC. Selon le dernier renouvellement de licence du réseau, qui date de juin 2000, il s'agit plutôt d'un «engagement» pris par le réseau devant le CRTC. TQS s'était en effet engagé à diffuser au moins 14 heures 30 minutes de nouvelles locales par semaine à Montréal et au moins 9 heures 30 minutes par semaine à Québec. Remstar voudrait donc être libéré de cet engagement.
On sait que Jean-Luc Mongrain, la principale figure de l'information à TQS, avait récemment annoncé qu'il n'entendait pas renouveler son contrat au printemps.
On rappellera que, lors de sa création il y a plus de vingt ans, le réseau TQS voulait justement faire de l'information différente, axée sur la réalité locale. À l'époque, les dirigeants avaient même tenté de lancer le principe du vidéo-journaliste.
Le premier ministre Jean Charest a promis que toute la classe politique québécoise usera de son pouvoir «d'influence» auprès du CRTC pour empêcher la fermeture du service d'information du réseau. L'Assemblée nationale a d'ailleurs adopté une motion unanime exigeant du CRTC le maintien du service des nouvelles de TQS (voir autre texte en page A 3).
Les employés s'attendaient à l'annonce de compressions importantes, mais ce qui leur est tombé sur la tête hier matin est pire que tout ce qu'ils avaient imaginé: l'abolition de 270 postes d'employé permanent, sur 480 postes, et l'abolition pure et simple de tout le service d'information, jugé non rentable par Remstar, futur propriétaire de TQS.
Remstar évoque des pertes de 18 millions lors de la dernière année financière, et un déficit accumulé de 71 millions, pour soutenir que la relance de l'entreprise passe par un tel électrochoc.
Le service des nouvelles est le poste de dépenses le plus important et «sa rentabilité n'a jamais été démontrée», soutient Remstar. L'entreprise évoque également la «surabondance d'informations» chez toutes les autres chaînes pour justifier son retrait de ce créneau.
Les économies ainsi réalisées seraient réinvesties dans la production «d'émissions culturelles et de divertissement de qualité», sans qu'on en sache plus pour le moment.
Le choc a été tel que TQS a suspendu hier toutes ses émissions d'information, remplacées par des films. En fin de soirée, la diffusion du sacro-saint 110 % devait également être suspendue.
En principe, les bulletins de nouvelles reviennent en ondes aujourd'hui. Mais pas pour longtemps. Selon le plan proposé, TQS réduirait les informations à deux demi-heures par jour à compter du 2 juin et ne diffuserait plus aucune émission d'information ou d'affaires publiques à compter de septembre.
Le choc est particulièrement rude dans les régions, où l'information locale et régionale était déjà appauvrie depuis plusieurs années dans l'ensemble des médias. Selon le plan proposé hier, TQS abolit 152 postes sur 298 à Montréal, mais 50 postes sur 67 à Québec, 30 postes sur 50 à Sherbrooke, 16 postes sur 32 à Trois-Rivières et 22 postes sur 32 à Saguenay.
À Québec, les employés de TQS sont carrément descendus dans la rue après l'annonce du plan, et tous les chefs de parti à l'Assemblée nationale leur ont apporté leur soutien. Quant au maire de Québec, Régis Labeaume, «en colère», disait-il, il entend exiger du CRTC le maintien de l'information locale.
Pour le président de la FTQ, Michel Arsenault, la nouvelle d'hier est un «véritable massacre à la tronçonneuse». Avec l'actuel conflit au Journal de Québec, ajoute-t-il, la ville de Québec devient une «véritable zone sinistrée en information».
Pour le Conseil de presse du Québec, la décision de TQS met en péril la diversité des voix en information au Québec, «qui est déjà trop limitée par la concentration de la propriété des médias».
La décision est également dénoncée par le FNC-CSN et par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), qui se dit consternée. C'est un «électrochoc qui doit faire prendre conscience des menaces qui planent en ce moment sur l'information», dit la FPJQ.
Décision tout aussi «inacceptable» pour la Tribune de la presse à Québec, qui regroupe les journalistes parlementaires, et qui ajoute qu'«une télévision généraliste ne peut pas passer outre à ses obligations et devoirs comme diffuseur public et faire fi du droit du public à l'information».
Tous ces organismes veulent faire pression sur le CRTC pour qu'il impose le maintien du service des nouvelles à TQS. TQS doit présenter son plan de relance au CRTC d'une journée à l'autre, et l'organisme fédéral doit rapidement tenir des audiences sur le sujet, probablement en juin. Le réseau est toujours sous la protection du tribunal pour éviter la faillite.
Interrogée hier lors de son passage à Québec, la ministre fédérale Josée Verner s'est montrée très prudente, expliquant qu'elle avait demandé au CRTC de la tenir au courant de l'évolution du dossier. «Quand vient le temps d'octroyer une licence, nous avons un droit de regard», a-t-elle ajouté.
La production d'information n'est pas, en soi, une condition de licence de TQS devant le CRTC. Selon le dernier renouvellement de licence du réseau, qui date de juin 2000, il s'agit plutôt d'un «engagement» pris par le réseau devant le CRTC. TQS s'était en effet engagé à diffuser au moins 14 heures 30 minutes de nouvelles locales par semaine à Montréal et au moins 9 heures 30 minutes par semaine à Québec. Remstar voudrait donc être libéré de cet engagement.
On sait que Jean-Luc Mongrain, la principale figure de l'information à TQS, avait récemment annoncé qu'il n'entendait pas renouveler son contrat au printemps.
On rappellera que, lors de sa création il y a plus de vingt ans, le réseau TQS voulait justement faire de l'information différente, axée sur la réalité locale. À l'époque, les dirigeants avaient même tenté de lancer le principe du vidéo-journaliste.
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