mardi 24 novembre 2009 Dernière mise à jour 00h09


Chercher

Inscrivez-vous (gratuit)
Mot de passe oublié?
Abonné papier? Connexion
S'abonner au Devoir
Publicité

Sylvain Lafrance, directeur général de TV5 Monde?

Paul Cauchon , Antoine Robitaille   17 avril 2008  Médias
La saga de TV5 Monde a donné lieu à d'intenses négociations hier à Paris alors que, selon les informations du Devoir, le nom de Sylvain Lafrance, patron des services français de Radio-Canada, circule comme éventuel directeur général de TV5 Monde.

De passage hier à Québec, le secrétaire d'État français à la Francophonie, Alain Joyandet, a d'ailleurs déclaré aux médias que «nous sommes prêts à ce que le numéro 2 de TV5, ce qui n'a jamais été le cas pour l'instant, soit francophone et non français». Interrogé à savoir si ce pourrait être un Québécois, il a répondu: «Par exemple.»

Sylvain Lafrance, qui est membre du conseil d'administration de TV5, était à Paris hier, et il a été impossible de lui parler. À la haute direction de Radio-Canada, toute question portant sur TV5 était référée «aux autorités politiques».

On croit comprendre que les négociations actuelles, fort complexes, portent sur le rôle d'un directeur général indépendant pour TV5, qui aurait toute latitude et qui ne serait pas soumis à la nouvelle structure France Monde souhaitée par le président Nicolas Sarkozy.

Le gouvernement français avait annoncé l'année dernière son intention de regrouper dans une nouvelle structure, appelée France Monde, toutes ses actions dans le domaine de «l'audiovisuel extérieur», soit TV5 Monde, France 24 (la chaîne d'information continue) et RFI.

Depuis des mois, les gouvernements partenaires de TV5 Monde, soit le Canada, le Québec, la Belgique et la Suisse, s'opposent au projet, faisant valoir que TV5 Monde doit représenter l'ensemble de la Francophonie et ne pas être sous contrôle français exclusif.

La semaine dernière, les représentants de la télévision suisse romande ont menacé de se retirer de TV5 si le nouveau TV5 était entièrement subordonné à la France.

Les 48 dernières heures ont été fertiles en péripéties. Dans la nuit de mardi à hier, les représentants du gouvernement québécois auraient fait parvenir une contre-proposition à la France pour dénouer l'impasse. Au cabinet de la ministre de la Culture et des Communications, Christine St-Pierre, on a expliqué que cette proposition concernait la «gouvernance» de TV5.

Hier, les partenaires de TV5 se réunissaient à Paris pour une réunion jugée cruciale. Cette réunion a toutefois été annulée, faute de quorum.

Selon les déclarations de représentants syndicaux des employés de TV5 auprès de l'Agence France-Presse, une première réunion matinale s'était mal passée et, après la suspension de la rencontre, plusieurs administrateurs ne s'étaient pas présentés, privant l'assemblée de quorum. «C'est une action concertée», indiquaient les représentants des employés.

Par ailleurs, les salariés de TV5 Monde avaient adopté mardi une résolution demandant que le directeur général de TV5 «soit francophone, mais non français, et qu'il bénéficie d'une autonomie réelle par rapport au holding» créé par le président Sarkozy.

Le projet initial du gouvernement français consistait à regrouper les trois groupes audiovisuels (TV5, RFI et France 24) au sein de France Monde, dont le président serait Alain de Pouzilhac et la directrice générale Christine Ockrent, journaliste qui est par ailleurs la compagne du ministre Bernard Kouchner, ce qui faisait également craindre aux partenaires étrangers un contrôle gouvernemental serré sur France Monde.

Non seulement le holding ne s'appellerait plus France Monde, mais les négociations semblent maintenant porter sur les pouvoirs d'un directeur général qui s'occuperait de TV5 Monde en toute indépendance.

C'est dans ce contexte que le nom de Sylvain Lafrance a circulé, avec l'idée de confier le poste à un francophone de l'extérieur de la France. La réunion d'hier a probablement achoppé sur la question des pouvoirs véritables dont ce directeur général devrait disposer.

Une source a indiqué au Devoir que la nomination de M. Lafrance serait une «suite logique» au travail qu'il a effectué l'automne dernier alors qu'il avait rédigé en compagnie de Jean-Pierre Cottet, ancien président de France 5, un mémoire sur l'avenir des programmes de TV5.

Le secrétaire d'État français Alain Joyandet a indiqué hier à Québec qu'«il reste un point sur lequel il faut continuer à avancer, qui est celui de la gouvernance. Mais nous sommes d'accord sur l'essentiel. TV5, qui est un outil exceptionnel et multilatéral, est totalement préservé dans son identité et dans sa structure. C'est quelque chose qui est très important et qui était une revendication, une crainte de nos partenaires. Alors, sur ce sujet, il n'y a pas de débat. TV5 reste TV5. La France a fait des avancées très importantes. L'actionnariat français est vu et revu à la baisse dans le capital de TV5».

M. Joyandet a ensuite exprimé son accord avec le fait que le patron de TV5 soit «francophone et non français. Reste à se mettre d'accord sur la répartition des rôles entre celui qui sera le président de TV5 et celui qui en sera le numéro 2».






Envoyer
Fermer

Haut de la page
Cet article vous intéresse?
Partager
Digg Facebook Twitter Delicious
 

Vos réactions

Triez : afficher les commentaires 
  • Alain Niveleau
    Inscrit
    jeudi 17 avril 2008 08h24
    Sylvain Lafrance, directeur général de TV5 Monde?
    « Je suis très favorable à cette possible nomination. Les cinq années heureuses que j'ai passé au Quebec m'incitent à penser qu'un Québecquois sera un excellent défenseur de la francophonie et apportera un éclairage qui ne sera pas trop franco-français. Vive la diversité....et le partage ! »

  • Réjean Beaulieu
    Inscrit
    jeudi 17 avril 2008 09h42
    L'entente secrète entre GESCA et la SRC se poursuit-elle???
    « Il faudrait se rappeler que Paul Desmarrais et Sylvain Lafrance se sont tous les deux mérités la Légion d'honneur de Sarkozy&Co. Et que Lafrance présidait lors de l'entente secrète entre GESCA et la SRC. Ca l'en dit long, me semble-t'il, sur son "combat pour l'identité et la diversité culturelle". De la belle parure et du déjà-vu venant de gros conglomérats médiatiques. Non? »

  • Nicolas St-Gilles
    Inscrit
    jeudi 17 avril 2008 10h48
    De sérieuses réserves...
    « M. Sylvain Lafrance a été au fil des dernières années associé de très près à :

    1) Une « Radio-Canada » de plus en plus insignifiante et commerciale;

    2) Une « Radio-Canada » qui fait tandem avec une puissante entreprise privée - j'ai nommé Gesca/Power Corporation, propriété de la famille Paul Desmarais - dont la motivation politique de tous les instants, et ce depuis des décennies, consiste à lutter bec et ongles contre le projet de Libération du peuple québécois. Voir notamment : www.vigile.net/Lorsqu-un-empire-prive-d-obedience et http://lequebecetlafrancite.blogs.nouvelobs.com/
    archive/2008/03/09/
    lettre-ouverte-au-president-de-la-republique-francaise.html)

    3) Une « Radio-Canada » au service de la « Canadian Unity ». C'est donc depuis longtemps que cette société n'est plus une « société publique ». Sous la tutelle de M. Sylvain Lafrance (et M. Robert Rabinovitch), elle est bel et bien devenue une (vulgaire) « société d'État ».

    Je suis persuadé que faire confiance à M. Lafrance en ce qui concerne TV5, c'est l'équivalent d'accorder notre confiance à Mme France Boucher (et M. Jean Charest) quant à l'avenir de la langue française au sein de la nation québécoise.

    Aussi regardons-y à deux fois avant de remettre un autre fleuron de la Francité entre les mains d'un fossoyeur de la québécité libre et adulte.

    Un fossoyeur très actif ou plus ou moins passif, je ne sais très précisément. La responsabilité reste toutefois rigoureusement la même dans les deux cas de figure. »

Déjà inscrit? Ajoutez votre commentaire ci-dessous

    Connexion




Cet article vous intéresse?
3 réactions
0 votes
 
Pour en savoir plus
Article
Mots-clés de l'article
Recherche complète sur le même sujet


Abonnez-vous pour recevoir nos Infolettres par courriel
Choisir mes
infolettres
Publicité

Les blogues du devoir

Vos commentaires

 
Recherche



Exemples de recherche :
Robert Sansfaçon
"directeur général des élections"

S'abonner au Devoir
Abonnez-vous au journal papier Le Devoir ou à la version Internet.
Publicité
Vous souhaitez annoncer dans Le Devoir, contactez le service de publicité.

» En savoir plus
© Le Devoir 2002-2009