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René: la vraie histoire?

Lise Payette   4 avril 2008  Médias
Emmanuel Bilodeau dans le rôle de René Lévesque. Photo: Radio-Canada
Emmanuel Bilodeau dans le rôle de René Lévesque. Photo: Radio-Canada
Misère de misère! La série télévisée René présentée par Radio-Canada les mardis soir devrait être classée parmi les oeuvres de fiction. Les événements que nous racontent ces émissions ont à peine plus de 30 ans, mais leurs liens avec la réalité sont si minces que même les principaux intéressés ne s'y retrouvent pas. Pourtant, la plupart des protagonistes sont toujours vivants et la vérification du contenu, des attitudes et du comportement des personnes aurait pu facilement se faire directement auprès des personnes concernées.

Il aurait sans doute fallu mieux faire la recherche au départ. On aurait su par exemple que les élus du Parti québécois en 1976 ont été les premiers à renoncer à taper sur les pupitres comme des malades à l'Assemblée nationale pour démontrer leur accord ou leur désaccord avec les travaux qui se faisaient sous leurs yeux. Ce n'est qu'un détail, mais c'est très agaçant quand on connaît la vraie histoire.

Emmanuel Bilodeau avait déjà été éblouissant dans la première partie de cette saga politique, mais le personnage lui a échappé dans la deuxième. On a fait de René Lévesque un homme abattu, déprimé et inquiet, ce qu'il n'a jamais été durant les quatre années dont on parle. Pourtant, le manque de succès de la série n'a rien à voir avec le talent des comédiens. Le texte n'est pas crédible, et il est évident qu'il a fallu bâcler le tout en quatre heures sans les moyens financiers nécessaires à une telle entreprise.

Récrire l'histoire

Ce qui m'inquiète, c'est que pour beaucoup de jeunes qui n'ont pas vécu les moments que raconte la série René, ce qui va rester de l'histoire avec un grand H, c'est ça. Quatre heures d'une mauvaise série où rien n'est clairement expliqué et où tout est traité de façon très superficielle. Et c'est dommage.

L'usage intelligent des images d'archives donne pourtant envie de suivre la série. On y recrée l'excitation de la victoire de 1976 comme la tristesse de la défaite de 1980 grâce à la présence des Gérald Godin, Denis Lazure ou Jean Duceppe, qu'on voit en vrai l'espace de quelques secondes. Ce sont les seuls moments où nous avons envie d'y croire. Le mélange de la réalité des archives avec quelques répliques est une réussite.

Ce qui me dérange le plus, c'est que la «vraie histoire» n'y est pas. Et la caricature qu'on a choisi de faire des personnages principaux passe à côté de la réalité qu'ils ont vécue. Tant pis pour la vérité. Certains seront blessés, c'est inévitable.

Le cas

Un jour, on avait publié dans Paris-Match un long reportage sur le Québec, et j'avais acheté le magazine pour savoir ce qu'on racontait sur nous. L'article était tellement truffé d'erreurs grossières que ça en devenait drôle. Ma réaction a été de me dire que si Paris-Match ne pouvait pas faire un reportage sur le Québec sans faire d'erreurs, il fallait tenir pour acquis qu'il y avait autant d'erreurs quand il faisait un reportage sur le Vietnam, sur la Chine ou sur le Brésil. Cette découverte a semé le doute dans mon esprit par rapport au travail non seulement des journalistes mais aussi des historiens, qui sont la courroie de transmission de l'histoire du monde.

La série René me donne raison. Le fait de voir ce qu'on peut faire aujourd'hui d'une histoire qui s'est passée il y a seulement 30 ans, celle de René Lévesque et de ses amis politiciens, permet de comprendre que si vous n'y étiez pas, vous ne saurez jamais ce qui a été. On vous racontera des histoires de toute sorte qui se transformeront encore à l'infini parce que chacun voudra y apporter sa compréhension, son explication, sa couleur, quand ce n'est pas son mot d'esprit. Que restera-t-il de la vraie histoire au bout du compte? Probablement pas grand-chose.

Que reste-t-il de vrai quand on raconte l'histoire du Roi Soleil, des pharaons ou d'Alexandre le Grand? L'histoire se transforme au fur et à mesure qu'on la raconte. Quant à l'histoire d'un certain Jésus, elle a fait bien du chemin en 2000 ans. Peut-être est-elle devenue une fiction totale.

Je crois qu'on ne devrait plus toucher à René Lévesque pour un bout de temps. On devrait le laisser reposer en paix. On pourra peut-être le revisiter pour la télévision quand on en aura les moyens financiers, quand quelqu'un prendra le temps de faire le tour de ses archives et de celles de tous ceux qui l'ont entouré avant d'écrire un seul mot. C'est bien le moindre respect qu'on lui doive.

Lui qui aimait la «belle ouvrage» ne mérite pas ce qu'on lui fait subir en ce moment.






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Vos réactions

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  • Gérard Lépine
    Abonné
    vendredi 4 avril 2008 05h48
    fiction
    « Et voilà la fiction qui ressurgit pour servir les besoins politiques actuels. Y aurait-il des sarkozistes au Québec? »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    vendredi 4 avril 2008 06h49
    Ce n'est qu'un détail, mais c'est très agaçant...
    « "Ce n'est qu'un détail, mais c'est très agaçant quand on connaît la vraie histoire."

    Ça peut sembler stupide ce détail, mais pour moi comme pour Mme Payette, c'est bien plus qu'un détail. Ce tapochage de bureau, c'est un symbole. Un symbole que le bon sens, l'intelligence et le simple savoir-vivre prenaient place dans ce haut lieu de la démocratie.
    Je vous comprends Mme Payette.

    Comme si la série avait pour objectif de démolir le mythe de ce monstre sacré de René Lévesque, ce maudit séparatiste qui était un méchant malade.
    C'est la mise de l'avant du méchant malade. (Bien sûr, j'exagère un peu, mais à peine!)

    Ça me rappelle presque un film sur Castro. Au début, il est sympathique, sensé, véhiculant de belles valeurs humaines, d'égalité, de fraternité, de solidarité, de dignité, mais tout à coup, on bascule dans le méchant, le malade, le dément même.
    On dirait que la série René Lévesque a suivi un patron similaire.

    «Ce qui m'inquiète, c'est que pour beaucoup de jeunes qui n'ont pas vécu les moments que raconte la série René, ce qui va rester de l'histoire avec un grand H, c'est ça.»

    Oui, c'est très inquiétant. On refaçonne l'Histoire en fonction de ses vues politiques.
    La force du jeu, du vidéo, du film, s'impose et remplace la réalité vécue.
    On doit prendre des mois de lecture pour connaître une époque.
    On peut nous la faire avaler en quatre heures. Le réalisateur ou producteur peut alors imposer sa vision d'une époque, d'un personnage historique. C'est un pouvoir immense.
    Qui peut prendre des centaines, des milliers de textes pour corriger la réalité maquillée.

    Corinne n'est plus là pour corriger les perceptions, mais il en reste plusieurs, comme vous Mme Payette. Espérons que vous soyez lu par le plus grand nombre. Mais quel est le pourcentage de ceux qui ont les yeux rivés au petit écran qui mettent aussi les yeux sur l'écrit? Bien peu, je crois!
    (En vous écrivant, je pense à mon ami André, de qui je n'ai pas eu de nouvelle depuis longtemps. Il a travaillé avec René et était un bon ami de Corinne, il doit sans doute vous lire et peut-être aussi mon commentaire (et verra mon courriel))

    L'anecdote du Paris-Match est bien éloquente: «Cette découverte a semé le doute dans mon esprit par rapport au travail non seulement des journalistes mais aussi des historiens...»
    Dans bien des situations du passé et même du présent on peut dire: «si vous n'y étiez pas, vous ne saurez jamais ce qui a été.»
    Et de plus en plus, comme si l'éthique (surtout des journalistes, peut-être moins des historiens) disparaissait. On peut dire l'éthique des médias face à la vérité et à la réalité des choses disparaît. Malheureusement, ce ne sont pas tellement les Historiens qui font de la télé. Ils travaillent, en général, bien honnêtement et minutieusement de longues années pour pondre un vrai livre d'Histoire.
    Le grave problème c'est que les gens ne lisent pas les livres d'Histoire, mais regardent plutôt la télé. Cette boîte à sensation et même à désinformation et à manipulation de l'opinion, par l'image et le son.

    «Que reste-t-il de vrai quand on raconte »
    Devons-nous toujours croire tout ce qu'on nous dit?
    Je crois que nous devons toujours chercher.

    René Lévesque qui aimait l'ouvrage bien fait, qui nous faisait des points de mire fouillés, c'est bien triste qu'on lui ait fait perdre son essence et qu'on l'ait transformé en caricature.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Roger Lapointe
    Abonné
    vendredi 4 avril 2008 06h53
    René Lévesque, la vraie histoire;
    « le moins qu'on puisse dire, c'est que ce personnage de Lévesque manque énormément de passion; triste caricature d'un homme hors du commun fait surtout de passion. »

  • Forest Georges
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 06h56
    Merci Mme Payette
    « Je n'ai pas vu la série, ni celle récente de la Vrai(!) histoire des Lavigueurs. Mais sans doute que, soit les gens préfèrent la fiction, soit que les auteurs d'oeuvres dites hitoriques se servent de fragments d'histoire que comme de faire valoir personel.
    Pour ce qui est de la déformation journalistique des faits, cela fait depuis longtemps que je ne peux lire ou regarder l'information qu'avec un oeil, l'autre étant occupé à visualiser l'envers de ce qui est raconté, en sachant que cet envers de la médaille a autant de chance d'être en rapport avec la vérité.
    Quand je vois tout ce qu'on nous fait bouffer de ce temps-ci sur la Chine.... misère de misère!! »

  • Bertrand Leger
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 08h04
    Pas de vérité dans les médias
    « Les rares grands événements que j'ai pu vivre de très près et qui ont été rapporté dans les medias m'ont appris une chose : à moins d'avoir participé de très près à cet événement, vous ne pourrez pas savoir ce qui s'est vraiment passé, et surtout pas en lisant simplement un compte-rendu dans un journal.
    Les medias déforment tout ! D'accord, on va nous apprendre qu'Untel a démissionné mais on ne vous donnera jamais LA vraie raison.Seuls les proches de ce M. Untel le sauront... »

  • pierre minville
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 09h01
    Chère Madame Payette,
    « Demanderiez-vous à tous les survivants du cabinet de 76 de raconter l'histoire de René, que les angles et les éclairages seraient tous différents.Leur demanderiez-vous d'écrire un collectif que ce serait la foire d'empoigne à cause des egos surdimensionnés du type Landry ou Parizeau.
    Alors je me dis qu'au moins on aura parlé de Monsieur Lévesque.
    Je vous salue bien bas Madame Payette, dans une autre vie j'ai eu le plaisir de vous croiser sur le plateau d'Appelez-moi Lise. J'en garde un excellent souvenir


    Pierre Minville, artisan
    http://pages.infinit.net/minville »

  • David Lévesque-Venne
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 09h12
    Histoire: réalité vs. fiction
    « La première chose que nous apprenons lorsqu'on décide d'étudier l'Histoire de manière plus assidue, est qu'il n'existe pas d'histoire objective. On se rend alors rapidement compte que la ligne entre fiction et réalité, dans ce domaine, est très mince. Le seul moyen de ne pas franchir cette limite est d'approfondire sa recherche le plus possible. Encore faut-il vouloir produire un travail à caractère véritablement historique et informatif. Était-ce là la véritable intention de la série "René" de Radio-Canada?



    Personnellement, je ne crois pas puisqu'un message précédant la diffusion de chaque émission nous informe sur la nature fictive de cette dernière. Ce message est clair:«il ne s'agit pas d'un documentaire». Il est alors, selon moi plus défendable de noter quelques «erreurs» historiques.



    Je dois cependant déplorer le fait que les principaux acteurs de l'époque, encore vivant aujourd'hui, n'aient pas été consultés de quelques manières que ce soit, autant par les recherchistes que par les comédiens qui ont participés à la série. Ils constituent à eux seuls une source d'information non négligeable lors de telles entreprises.



    En terminant j'aimerais rappeler à Mme Payette qu'il nous est impossible de savoir ce qui s'est réellement passé dans l'histoire à moins d'inventer une machine pour y retourner. Nous devons continuer de faire confiance aux historiens. Notez qu'ils sont plusieurs et non un seul et qu'ils constituent notre véritable lien avec ce que nous appelons l'Histoire. »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 09h43
    "Le libérateur de peuple"....
    « La pire connerie qu'on a écrite sur Lévesque l'a été à sa mort, par Félix d'Orléans lui-même. S'il y a une chose que Lévesque n'a pas été c'est bien un "libérateur de peuple"! Son héritage, 20 ans après sa mort, est pitoyable de ce coté.
    A brailler.

    Lévesque s'est approprié de la cause à la fin des années 60, il a tassé tout le monde (parlez-en à Bourgeault) et y a greffé sa maudite association qu'on traine encore aujourd'hui dans les sondages.

    Son parti, toujours gardien de la sainte cause, la cache depuis 13 ans et vient de l'enterrer dans un congrès de fin de semaine.

    La question qu'il faut se poser et qu'on ne se pose jamais: est-ce que le Québec serait libre aujourd'hui si René Lévesque n'avait jamais existé? »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    vendredi 4 avril 2008 10h27
    Des précédents pourtant supérieurs...
    « Les deux meilleures séries réalisées, à date, sur René Lévesque furent, principalement, celle conçue pour la radio, en 10 épisodes, réalisée par M. Jacques Bouchard intitulée "Point de mire sur René Lévesque" présentée à la SRC en 2002. Un magnifique documentaire, tirée de celle-ci, disponible en DVD, présenté en 2004 à Télé Québec ("René Lévesque - héros malgré lui"), furent, je crois, beaucoup plus crédibles parce qu'ils se référaient, d'abord et avant tout, aux archives disponibles tout en ayant la déférence de s'adresser aux principaux intervenants de l'époque. Madame Payette serait, peut-être, en mesure de confirmer cet état de fait. »

  • Denis Biron
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 10h57
    Libérateur ... ?
    « Monsieur Jacques Noel a bien raison, René Lévesque n'a pas été le libérateur, un titre qu'on veut bien lui attribué à tort.

    Nommez-moi un pays membre des Nations-Unies qui règne en tant que "souverainiste-associationniste" ? Avant d'être reconnu par les autres nations de l'ONU, il faut devenir un pays indépendant. Il faut reconnaître que Lévesque n'a jamais prononcé le mot "indépendantiste" ou "indépendance"; de toute façon, il a tassé tous les vrais indépendantistes du Parti québécois - sauf quelques exceptions. J'en sais quelque chose.

    D. Biron »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    vendredi 4 avril 2008 11h02
    @ Serge Charbonneau
    « Il n'y a rien que je puisse ajouter monsieur Charbonneau, tellement je suis en accord avec votre intervention et l'interprétation de madame Payette. Les rectifications s'imposent lorsqu'on se permet ainsi de déformer l'histoire en pâle caricature. Autant que les évènements se doivent d'être relatés dans leur propres contextes! Analyse juste mais combien troublante quand on déforme ainsi l'histoire...un héritage falcifié qu'on laisse à ceux qui n'en ont pas été témoins. C'est aussi grave que de la censure....il n'y a qu'un pas à franchir....Quand on maltraite ainsi l'image du politicien le plus démocrate que le Québec ait connu, il y a un examen de conscience à faire!
    On souille ni plus ni moins la mémoire de René Lévesque.
    Le peu de budget accordé à cette série est indigne de la grande valeur de l'homme. »

  • Pierre Rousseau
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 11h30
    Ah, l'histoire!
    « Vous avez bien raison Mme. Payette, les gens de l'avenir ne sauront pas ce qui s'est vraiment passé à l'époque de M. Lévesque. L'histoire est la plupart du temps colorée par la perception et la culture de ceux qui la racontent, ou encore est influencée par leurs opinions socio-politiques. La série sur Champlain qui a passé récemment au canal Historia est un bon exemple où on voit que les livres d'histoire de nos écoles passaient sous silence la contribution essentielle de Dugas de Mont à la fondation de Québec parce qu'il était Protestant.

    D'ailleurs le mot « histoire » a deux sens, celui de l'Histoire, c'est-à-dire la relation d'évènements passés et l'autre sens, dans « conte moi pas des histoires ». Mais ce qui est dangereux avec l'histoire, c'est qu'elle sert souvent de prétexte à des conflits inter-ethniques violents, comme par exemple au Kosovo où une bataille survenue il y a environ mille ans est sous-jacente aux tensions actuelles.

    Il faut donc faire attention aux séries historiques, particulièrement celles sur les grandes personnalités, pour ne pas déformer les évènements. J'étais là dans les années 70 et j'ai vu les deux premières émissions de la série cette année et j'ai été très désappointé. La réalité a été déformée et cela risque d'avoir un impact néfaste sur la perception que les générations futures auront de M. Lévesque et de l'histoire de cette époque. »

  • Nestor TURCOTTE
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 11h37
    René Lévesque n'était pas indépendantiste
    « Je n'écoute pas la série sur René Lévesque. La raison est fort simple: on n'écrit pas une série télévisée sur un personnage mort il y a un peu plus de 20 ans et dont les acteurs principaux sont encore vivants. On dénature forcément le personnage en question. On défigure les vivants.

    La position constitutionnelle de René Lévesque reste toujours très ambiguë pour ceux qui militent encore aujourd'hui pour l'indépendance nationale du Québec. Bourgault en savait quelque chose.

    Lévesque, selon l'histoirien Godin, était en faveur d'une nouvelle Confédération. Le référendum de 1980 ne portait donc pas sur l'indépendance du QUÉBEC, comme les péquistes essaient encore de nous le faire croire, mais sur une nouvelle entente CANADA-QUÉBEC, qui aurait mené à donner plus de pouvoir au Québec, sans qu'il sorte du Canada. Si le OUI,l'avait emporté en 1980, le Québec ne serait pas aujourd'hui un pays, avec siège aux Nations-Unis. Le Québec serait souverain dans plusieurs domaines(cf. les 22 pouvoirs du Rapport Allaire) mais dans une Fédération remodelée que l'on pourrait nommer nouvelle et vraie CONFÉDARATION CANADIENNE.

    Ce n'était pas la position de Parizeau et tant d'autres, C'est pourquoi, «les purs et durs " (expression que j'utilise pour les besoins de la cause, mais qui m'horripile) ont quitté Lévesque en 1982. Et on connaît la suite de l'histoire avec le retour de l'Union nationale de Pierre-Marc Johnson.

    Luciens B. et Bernard L. ont repris la même thèse que René Lévesque, qui, si on pousse l'histoire jusqu'au bout, ressemblait comme deux gouttes deux, à la fameuse question de Bruxelles de Robert Bourassa. Landry n'a-t-il pas dit en 2002 qu'il voterait OUI à la question de Bruxelles? Bourrasa était-il séparatiste? Il semble que non. Voter OUI à la question de Bruxelles, c'était voter OUI à une nouvelle confédération, à une nouvelle Union Canadienne. Rien de plus, sauf que dans le projet de loi de Parizeau, si les négociations échouaient, l'Assemblée nationale s'arrogeait le droit de proclamer unilatéralement l'indépendance du Québec. Et dire que tous ces gens qui agissaient ainsi, disaient que l'indépendance appartenait au peuple.

    Sous Pauline Marois, la nouvelle autonomiste et celle qui ressuscite encore une fois l'UNION NATIONALE, on recule encore de 50 ans. Elle incarne Maurice Duplessis, mais au féminin. Comme quoi, les Québécois sont sans mémoire et ils s'amusent à répéter la petite histoire parce qu'ils ne comprennent pas leur «vraie histoire».

    A moins que le PQ ait choisi de ne pas la leur expliquer, afin de rester le plus longtemps au pouvoir. J'en suis maintenant persuadé. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 4 avril 2008 12h01
    @ M. Jacques Noel
    « Vous écrivez : «La question qu'il faut se poser et qu'on ne se pose jamais: est-ce que le Québec serait libre aujourd'hui si René Lévesque n'avait jamais existé?»

    Ma réponse est NON. Quand un Montréalais refuse de faire un voyage à Québec parce qu'il trouve que c'est trop loin, qu'il a peur de l'inconnu et qu'il aime bien sa tranquillité, ne vous demandez pas s'il aurait dit OUI à un voyage à Set-Iles ou à Wabush.

    M. Lévesque en 1980 et Parizeau en 1995 n'étaient pas fous "ils connaissaient ce principe" et savaient fort bien que leur seule chance de gagner le référendum était d'adoucir la souveraineté pure en y ajoutant l'association et le partenaritat. Le partenariat de 1995 allait même plus loin que l'association de 1980 en suggérant une union politique en plus de l'économique.

    Le RIN de M. Bourgault n'a jamais eu plus de 6 % de votes. Il aurait fallu que les Québécois continuent à être discriminés par le ROC et les anglos québécois comme, avant 1970, pour les inciter en plus grand nombre à quitter le Canada. La peur économique a surpassé l'attrait du pays francophone nouveau. Est-ce qu'ils ont eu tort ? Est-ce qu'on serait mieux aujourd'hui sur tous les aspects de notre vie, M. Noel ou est-ce qu'on aurait été boycotté et partitionné par le ROC avec des gouvernemments de Trudeau et de Chrétien ? On connait leur hargne au sujet des vilains séparatisssss démolisseurs de beaux grands pays. »

  • Krimo Bouaou
    Abonné
    vendredi 4 avril 2008 12h35
    Une Histoire baclée à defaut d'être tue?
    « Azulations!
    Je partage le scepticisme de Mme Payette quant à l'écriture de l'histoire ancienne quand on n'est même pas capable de relater celle plus proche de nous correctement d'autant plus que, dans le cas du Québec, ses principaux acteurs sont encore vivants. Je suis au Québec depuis 24 ans et j'ai vécu les autres 24 ans de ma vie en Algérie, pays dont ce cher René Lévesque a si bien raconté l'histoire aux québécois durant sa carrière journalistique. 24 ans là-bas et 24 ans ici, cela me donne probablement maintenant la légitimité d'utiliser le qualificatif d'algéro-québécois! Et en prime tellement d'histoires à raconter à mes filles! Mais revenons à l'Histoire avec un grand H! Si l'Histoire du Québec est mal racontée, on a fait pire dans le cas de mon autre pays puisque celle-ci est complètement tue car s'il fallait la raconter, ceux qui sont actuellement au pouvoir s'y retrouveraient probablement dans la poubelle de l'Histoire. Un véritable crime contre la mémoire qu'on n'a pas osé commettre ici heureusement.
    Je vous laisse avec ce joli proverbe africain sur l'écriture de l'histoire. A méditer mais à ne pas rapprocher SVP avec la série René! : "Tant que les lions n'auront pas leurs propres historiens, les histoires de chasse continueront de glorifier les chasseurs!"
    Krimo »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 12h51
    Une simple question de distance
    « La Série Duplessis, du très modeste Arcard, avec le Jérolas dans le role-titre est passée à l'histoire comme une grande série, une pièce de collection.

    A l'époque j'étais assistant de Jean-Charles Falardeau, contemporain de Duplessis, et adversaire avoué du Cheuf. Falardeau avait détesté la série, soulignant à quel point la caricature de Lapointe correspondait en rien avec le Noblet.
    Il avait trouvé les scènes de beuveries complètement grotesques. Pourtant la critique était élogieuse et ceux qui comme moi n'avaient pas connu l'époque avait beaucoup aimé.

    Et si tout ça était une simple question de distance? Ceux qui ont cotoyé Lévesque cherchent les petits détails et oublient l'essentiel: les grands événements de la vie de Lévesque, défilés comme un clip.

    Et si on faisait des séries historiques à la place? Si on faisait une série de 13 émissions sur les plus grands explorateurs québécois? Des êtres exceptionnels qui ont parcouru le continent à l'huile de bras, dealant bravement avec les "Sauvages", adoptant même leurs moeurs bien avant la Commission Bouchard-Taylor. Ils ont exploré tout un continent, notre continent, pendant que les Anglais restaient poignés sur la côté, terrifiés à l'idée de cotoyer les "Sauvages". Des géants, les Lasalle, Radisson, La Vérendrye, Marquette, Joliette, Radisson, D'Iberville.
    De véritables héros qui feraient triper nos jeunes qui rêvent de parcourir le monde avec un sac sur le dos.

    Je suggère de commencer par mon ancêtre Jean Nicolet, premier blanc à entrer dans le Lac Michigan. Les Américains l'ont reconnu eux! A Green Bay, au fond de la baie, au royaume des Packers, on lui a érigé une immense statue. Un vrai winner, Nicolet. Rien à voir avec notre ti-poil, tout poigné par en-dedans, qui s'est fait baiser par Trudeau.


    PS: Ceux qui ont connu le Grozagricole savent qu'il sacrait comme un charretier. Ils n'ont rien inventé! »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 4 avril 2008 13h47
    @ M. Nestor Turcotte
    « Vous écrivez : «mais dans une Fédération remodelée que l'on pourrait nommer nouvelle et vraie CONFÉDARATION CANADIENNE.»

    Pour commencer, une fédération remodelée n'est pas du tout une confédération, c'est une fédération remodelée simplement.

    Une confédération est, si vous prenez la peine de consulter votre dictionnaire : Une association d'États SOUVERAINS qui ont délégué certaines compétences à des organes communs. Pas des provinces, des États SOUVERAINS "À lire lentement".

    Si les États associés décident de confier à l'administration centrale, les affaires extérieures, o.k., on ne siègerait pas à l'ONU ou à l'OTAN "pour ce que ça peut apporter d'y avoir une voix totalement indépendante". EST-CE QUE ÇA VOUS MANQUE ?

    Est-ce que vous voulez protéger la langue française et la culture québécoise en Amérique M. Turcotte et que vous voulez que le Québec place son nez dans les affaires, disons, des Thaïlandaises et des Pakistanaises et autres pays de la terre en plus de toutes nos représentations déjà dans les pays les plus importants ? Le tout ou rien M. Turcotte ?

    Je vous sens du genre à aimer mieux que le Québec s'anglicise et demeure dans la fédération centralisatrice actuelle si vous n'obtenez pas la séparation du Québec au complet du Canada comme le nouveau parti PI désire faire dès qu'il prendait le pouvoir. Parfait pour le principe du pays séparé mais, en pratique, good luck ! le RIN de M. Pierre Bourgault, avec ce genre d'objectif, n'a jamais dépassé 6 % de votes. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    vendredi 4 avril 2008 14h01
    @ M. Denis Biron
    « M. Denis Biron écrit «de toute façon, M. Lévesque a tassé tous les vrais indépendantistes du Parti québécois - sauf quelques exceptions. J'en sais quelque chose.»

    C'est quoi ça un vrai indépendantiste ? M. Lévesque, dès la fondation du MSA "mouvement souveraineté-association" qui est devenu le PQ, M. Lévesque a bien montré ses couleurs. Si vous êtes devenu membre malgré l'objectif qui comprenait l'association, c,est vous qui n'avez pas lu le programme comme il faut. Si vous vouliez enlever le mot association à côté de celui de la souveraineté, vous n'étiez pas à votre place et c'était bien correct de quitter le PQ.

    Vous avez maintetant le PI qui pourrait vous satisfaire parce que le référendum et l'association d'avec le ROC, ce parti indépendantiste là ne veut rien savoir de ça. C'est un parti pur comme vous. On prend le pouvoir et on déclare l'indépendance, point à la ligne. Tout ce qui manque, c'est un assez grand nombre de votes. »

  • Lorraine Dubé
    Abonnée
    vendredi 4 avril 2008 15h50
    Le Canada n'a jamais été une confédération. Merci monsieur Bousquet
    « En effet monsieur Bousquet, le Canada malgré ce qualificatif dans les livres d'histoire n'a jamais été une confédération. L'explication que vous donnez est juste. C'est à tort qu'on nommait ainsi la fédération canadienne. Une autre falcification de notre histoire! Je consulte vos commentaires avec intérêt. »

  • Claude Poulin
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 16h25
    L'histoire traitée avec mépris
    « À propos de la dernière série sur la vie de René Lévesque, Martine Tremblay et madame Payette ont tout à fait raison de critiquer aussi sévèrement cette odieuse présentation du personnage. Ayant été un observateur très attentif de l'évolution de la vie politique de cette époque, j'ai toujours cru que René Lévesque jouait le rôle de rassembleur malgré ses convictions politiques plus confédérationistes que souverainistes. Je trouve donc qu'on en a fait une caricature. La même chose avec ces personnages grotesques qu'on nous propose. Le gérant du département des perruques à RC s'est fait plaisir! Malgré mes réserves sur ses idées pas toujours claires, j'ai toujours admiré ses qualités intellectuelles de même son sens de l'État. Le montrer comme on le fait, donne à ceux qui n'ont pas eu le privilège de le connaître une image très déformée de la réalité. L'histoire qu'on discrédite en l'enseignant de la manière que l'on sait, est cette fois-ci traitée avec mépris. Impossible de croire comment la suite à venir va modifier ce sentiment de frustration produit par ces deux premières émissions. Sentiment de tristesse aussi face à cet argument infantile du comédien qui comme beaucoup de gens de sa génération ne réfléchit (dans son entrevue avec Christiane Charette) qu'à partir de ses tripes. Ces malheureux à qui on ne transmet plus la connaissance ni la culture.

    Claude Poulin Québec/Sillery »

  • Raymonde Chouinard
    Abonnée
    vendredi 4 avril 2008 16h35
    Le seul et unique René Lévesque
    « A mes yeux, René Lévesque a été la seule personne authentique et crédible à la tête de cette formation politique de coupeurs de têtes.

    Lui-seul aurait pu modifier le cours de l'histoire....mais on lui a coupé l'herbe sous les pieds et j'ai l'impression que, dorénavant, l'avènement d'un tel homme, au sein de ce parti, n'est pas pour demain.

    En terme de biographie, il y aurait lieu de relire en premier lieu sa propre autobiographie, intitulée: "Attendez que je me rappelle..." au lieu de travestir l'histoire avec toutes ces biographies subséquentes et ces séries télévisées à la noix.

    Mme Payette a bien raison d'écrire qu'il faut le laisser reposer en paix; il le mérite bien après toutes les trahisons qu'il a subies. »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    vendredi 4 avril 2008 20h35
    Je me souviens
    « Je me souviens d'avoir interrogé du regard monsieur Morin, à quelques jours du référendum, le trouvant moins combatif. Il savait sans doute ce qui s'en venait. Je me souviens de m'être promené avec la convention collective des fonctionnaires disant à mes confrères qu'il ne pouvait pas avoir de meilleur contrat. Je me souviens que deux ans plus tard elle fut déchirée et que là, ça faisait dure. Je vois encore Camille Laurin s'affaler après un croc-en-jambe derrière le Concorde et d'avoir dé-soufflé les pneus de sa limousine alors que la voiture de René Lévesque subissait les coups de pancartes. Dures lendemains de référendum où je me demandais si je ne devais pas aller travailler avec un sac sur la tête.

    À mon humble avis... la série aurait été plus intéressante avec des documents d'archives (tellement nombreux) entrecoupés de jeux d'acteurs faisant le lien (expliquant) entre ceux-ci.

    Claude L'Heureux, Québec »

  • André Julien
    Inscrit
    vendredi 4 avril 2008 22h21
    Biographie, propagande ou fiction pour un chef rejeté par ses partisans
    « Pourquoi élever sur un piedestal, un mort qu'on a assassiné politiquement de son vivant ? Pourquoi exiger une embellie télévisuelle de sa vie par la suite ? »

  • Raphaella Robitaille
    Inscrite
    samedi 5 avril 2008 09h27
    Le respect , ça existe-encore?
    « Madame Payette,
    Je suis de votre avis. On vit dans une société qui ne respecte pas les vivants,comment voulez-vous qu'on respecte les morts? On ne respecte pas René Lévesque , le plus grand , le seul leader, le seul qui a réveillé les québécois , qui a soufflé un esprit de fierté et et de liberté sur notre Québec. Il a eu le courage de ses opinions, et quel homme sincère et intègre!L'époque René Lévesque est la plus dynamisante de notre histoire, la plus importante quand on pense à toutes les lois que son gouvernement a votées dès son premier mandat; la loi 101, l'assurance-automobile,le financement des partis politiques, pour n'en nommer que quelques unes...Quatre épisodes ne suffisent pas pour raconter cette histoire.Pourquoi ne pas avoir consulté les personnes qui ont été proches de lui, encore vivantes avant de produire cette série. Je suis d'accord avec vous , si on n'est pas capable d'honorer la mémoire de cet homme et d'écrire la vraie histoire, laissons-le dormir en paix...René Lévesque mérite mieux que cela.
    Les Québécois, à la recherche de notre identité?Nous l'avons perdue depuis son départ et nous cherchons encore? Moi, Je me souviens!
    Raphaëlla Robitaille »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    samedi 5 avril 2008 17h11
    @ Mme Lorraine Dubé
    « Merci de votre appréciation Mme Dubé.

    Je crois que le Québec devrait tabler sur cette affaire de fédération qui nous a été faussement passée pour une confédération en 1867. Dans une confédératon, les États qui en sont membres ont le dernier mot à dire sur le pouvoir central à qui ils ont négocié, entre eux, de lui déléguer "tout le contraire de la fédération centralisatrice actuelle".

    Une telle solution me semble un bon compromis pour les Québécois nationalistes qui ne sont pas des fédéralistes ou indépendantistes purs et durs. Ça prendrait un chef connu et crédible qui va pousser cette idée là qui pourrait aller chercher plus de 60 % de OUI pour un État du Québec dans une confédération canadienne. Ça pourrait être également acceptable au PQ et à l'ADQ et à quelques Liébraux provinciaux nationalistes. »

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