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Un pays qui aurait du sens

Dans une série de huit heures, Hugo Latulippe propose une redéfinition de la social-démocratie

Le cinéaste Hugo Latulippe
Photo : Pascal Ratthé
Le cinéaste Hugo Latulippe
La phrase a le ton d'un graffiti dont les lettres claquent sur les murs: «Nous sommes plusieurs à rêver la chute de l'Amérique», dit Hugo Latulippe. Qui précise: la chute d'un système. Sur les ruines duquel le cinéaste aimerait voir s'élever une social-démocratie redéfinie, plus humaine et plus verte.

C'est donc le portrait de celle-ci que le cinéaste brosse dans Manifestes en série, titre coiffant la série documentaire de huit heures qu'il vient de terminer et qui sera diffusée d'ici deux semaines à Canal D. Une série née de l'idée d'offrir, 38 ans plus tard, une suite à Un pays sans bon sens, le documentaire de Pierre Perrault.

La filiation va de soi. Car comme Perrault, Hugo Latulippe croit fermement à la contribution sociale du cinéma et du documentaire. À un art qui «documente les transformations du Québec et qui contribue en même temps à ces changements», disait-il la semaine dernière en entrevue au Devoir, sous le soleil d'un premier après-midi printanier.

Ainsi en est-il de ces huit manifestes qui ambitionnent de révéler «un Polaroïd social, politique et culturel du Québec d'aujourd'hui». Pendant trois ans, Latulippe et son équipe ont sillonné le territoire — ville et région — pour aller recueillir la parole de gens qu'il présente comme une «famille de progressistes». Des acteurs engagés dans un quotidien à échelle humaine, citoyens de tout horizon qui racontent «le Québec rêvé» par Hugo Latulippe.

«La chose la plus subversive qu'on pourrait dire est que la série brosse le portrait du Québec, explique le cinéaste. Ce n'est pas ça, et Mario Dumont ne serait sûrement pas d'accord pour dire que c'est le Québec qu'il désire.» Il s'agit plutôt d'un «certain portrait», dit-il, conscient qu'un documentaire est «forcément orienté, teinté de l'opinion de la personne qui le fait. Il y a une organisation dramatique de personnages et de symboles. C'est une forme de théâtre».

Un théâtre où la prise de position est assumée et le ton — politique —, revendiqué. Mais où on propose aussi et surtout des solutions: critiquer pour critiquer n'intéresse pas Hugo Latulippe. La «chute de l'Amérique» qu'il évoque comme un credo, c'est une façon de parler «d'un autre rêve», dit-il, de faire un pas en avant.

Celui qui affirmait avoir fait Bacon, le film pour «ne pas devenir terroriste» présente ses «manifestes» (chaque épisode aborde un thème précis: culture, santé, agriculture, transport... ) comme autant de solutions concrètes et de modèles alternatifs possibles pour «amener la social-démocratie ailleurs».

Ton calme, regard bleu perçant, Hugo Latulippe explique: «Le paradigme industriel [actuel] est une grosse machine où l'humain se perd et où on perd le sens du projet de société, de soigner, d'éduquer, de cultiver... La social-démocratie est "challengée" de toute part aujourd'hui. Et le gros bon sens de l'élite économique et politique, c'est souvent d'aller vers une plus grande libéralisation, vers moins de souveraineté pour les États. J'ai l'impression que les Québécois n'ont pas encore bien réalisé qu'on va perdre du terrain bientôt [si rien ne change].»

Mais pas question de tout jeter à la poubelle pour rebâtir un système radicalement différent, dit le cinéaste. Les bases québécoises sont bonnes, affirme-t-il, «bien meilleures qu'ailleurs». Sauf qu'elles ne sont pas acquises et qu'il importe aujourd'hui de faire le choix entre «résister et laisser aller».

Sa position à lui est claire. «On a bâti un système qui fait qu'on peut tous aller à l'école pour pas trop cher, qu'on peut tous être soignés pour pas trop de sous... Il ne faudrait pas laisser aller ce projet de société. On ne peut pas l'abandonner au point où on est arrivés.»

Cela dit, Latulippe est optimiste quant aux possibilités de façonner le Québec de demain avec des solutions durables. Notamment parce que les intervenants de Manifestes en série font déjà tous les jours le choix de ces gestes de résistance. Ici, un professeur enseigne la réflexion plutôt que l'obéissance. Là, une infirmière croit que la relation humaine entretenue avec le patient cimente la guérison davantage que les médicaments.

«Il faut demeurer exigeant envers un projet de société, croit Hugo Latulippe. Les gens que nous avons rencontrés ont tous cette exigence: ils ne suivent pas une ligne précise mais se considèrent toujours en construction. Ils sont prêts à se refaire et à se questionner. C'est la clé pour ne pas devenir de vieux cons.»

Tournée

Ces intervenants, Hugo Latulippe les considère aussi comme «des amis», des «gens de partout qui ont une vision assez similaire de la société». Il les a pour la plupart rencontrés en promenant ses films Bacon... et Ce qu'il reste de nous (sur le Tibet, coréalisé avec François Prévost) à travers le Québec.

Il répétera d'ailleurs le même concept avec Manifestes en série: l'Institut du Nouveau Monde s'est associé à Esperamos Film (la boîte de production du cinéaste) et à Canal D pour organiser plusieurs soirées projection-débat, question de pousser plus loin l'intention de Latulippe de «mettre sur la place publique, par des films, des idées nouvelles». Le documentariste estime que c'est là l'occasion d'accentuer la «contribution des arts à la société» et de «retourner [les films] d'où ils viennent»: dans la communauté. Peu importe qu'elle soit citadine ou rurale.

«La série est née d'un amour profond pour le pays et le projet de pays, dit Hugo Latulippe. Pas au sens Québec-Canada et débat constitutionnel du terme, mais dans l'idée d'habiter ensemble sur un même territoire, villes et régions confondues. J'ai un amour profond pour le territoire du Québec. C'est quelque chose de central: une vie proche des éléments et des écosystèmes, c'est primordial... Il faut savoir aimer notre pays pour le défendre et en prendre soin. J'ai cette passion-là.»

Les «manifestes» prendront donc la route sous peu. Après quoi, l'ancien concurrent de la Course destination monde retournera plancher sur deux autres projets de film. Une première fiction, tournée en Afrique du Sud, sorte de road-movie remontant la route du sida. Puis un autre documentaire, mettant en parallèle le tournage de Stromboli, film de Roberto Rossellini portant entre autres sur la pêche au thon, et la signature au même moment des accords de Bretton Woods aux États-Unis.

«Ça, c'est si je ne me recycle pas en écrivain, dit-il. C'est tellement compliqué de faire du cinéma!» Mais pas de crainte là-dessus: Hugo Latulippe avoue du même souffle que de pouvoir «placer une petite phrase rentre-dedans» dans 200 000 ou 300 000 foyers donne une sacrée dose de satisfaction...
 
 
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  • Yves Archambault - Abonné
    2 avril 2008 00 h 23
    un système?
    comme latulippe je rêves de la chute d'un système...mais je rêves aussi du démantellement de son principale porteur. 50 véritables états au sud du 45° se serait chouette non! ça les renderaient peut-être plus humains plus attentifs au reste du monde. ils pourraient peut-être apprendre une autre langue que le two steps.
    yves archambault
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  • Normand Chaput - Abonné
    2 avril 2008 00 h 51
    bof
    Perrault plantait sa caméra; un message s'imposait. Après il y avait le montage pour en conserver le sens. Latulipe a un discours avant même de commencer. De plus il me semble satisfait de passer a canal D. Comme si c'était une consécration de son oeuvre. Pas sûr qu'on va s'en souvenir dans trente ans.
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  • Jean Dussault - Inscrit
    2 avril 2008 08 h 21
    Ce gars est un vrai
    J'admire profondément Hugo Latulippe, son courage et l'intégrité de sa vision.

    Je l'ai vu en panel devant une salle comble à Rigaud, où l'on avait présenté son documentaire Bacon, pour réveiller la population aux dégâts méga-porcins (Dieu les en protège), et où le cercle local de l'UPA avait fait monter tous ses coqs de la grande région, de Valleyfield à Baconfield, pour l'accuser, le salir, le ridiculiser (lui et Roméo Bouchard, admirable également). Et ce jeune cinéaste, sans malice et d'une douceur désarmante, leur répondait sans hausser la voix, et avec une pertinence sans faille.

    Ce sont des personnes comme ça qu'il nous faudrait en politique au Québec, qui voient l'horizon et qui ont à coeur le bien collectif, au lieu de leur égo et de leur bourse. Mais, de fait, je crois que Hugo a plus d'influence par l'écran que sur les bancs.

    Continuez, Monsieur Latulippe. Et merci.
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  • Eric Proulx - Inscrit
    2 avril 2008 08 h 34
    Re-défénir notre identité
    Une oeuvre d'une grande profondeur qui aura le mérite certain de re-défénir notre identité en cette terre d'amérique. Cette terre qui a vu 14 générations de québécois, la labourer, la parcourir, l'osculter, l'aimer.

    Je souhaite de tout coeur que cette série sera considérée a juste titre ... pour que demain soit, pour la suite du monde

    eric proulx
    le chevalier tourilli
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  • jacques noel - Inscrit
    2 avril 2008 08 h 36
    Un pays de granos...recyclables
    La majorité des jeunes aujourd'hui sont à droite. Ils tripent MOI, MOI, MOI je consomme et je ne veux pas payer de taxes pour les vieux, les riches boomers et la dette. Je veux tout pour MOI, MOI et ma famille: garderies, congés de maternité, congés de paternité, congés flexibles, etc. Mais je veux pas payer.

    Pis y'a la minorité de Hugo qui est tripent vert et recyclabe. Ils sont inquiets pour l'avenir de la planète, inquiets pour les peuples du désert qui pourrait souffrir de grandes chaleurs en 2075, mais se foutent complètement de l'avenir de notre peuple, tombés à 49% sur l'ile et à 79% au Québec.

    Leur faute? Ou la nôtre qui avons oublié que leur enseigner notre histoire?
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  • andré michaud - Inscrit
    2 avril 2008 08 h 41
    La chute de l'amérique..suivi du Québec
    Quand l'économie américaine s'effondrera, l'économie Québécoise suivra. Quiconque a quelques notions économiques sait que notre richesse dépand largement de notre commerce avec les USA...comment peut-on passer sérieusement à côté de cette évidence?

    Il nous faudrait beaucoup plus d'entrepreneurship pour être moins dépendant des USA, et au Québec ceux qui ont de l'entrepreneurship sont considéré comme de vils profiteurs..pendant que l'on trouve normal que des dizaines de milliers de citoyens aptes au travail recoivent un chèque pour ne RIEN FAIRE, et refusent les milliers d'emplois disponibles! C'est tout cela qui n'a pas de bon sens!
    Nous avons le pays que l'on mérite...
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  • fernand nadeau - Inscrit
    2 avril 2008 09 h 10
    J'ai perdu l'espoir
    Tranquillement pas vite, on se fait grignoter l'âme par l'intérieur et ça fait pas mal aux "trips". L'identité québécoise, la sociale-démocratie, tout est sacrifié par un concensus sournois sur l'autel de la mondialisation de l'économie. Du pain et du beurre avant tout le reste,le reste, c'est du reste de table pour les pleurnicheurs rêvasseux.

    Fernand Nadeau
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  • marie-claude leclerc - Inscrite
    2 avril 2008 09 h 25
    Utopiste ?
    Enfin quelqu'un qui, comme plusieurs autres, sort du cynisme ambiant avec la volonté de construire avec des valeurs saines. Une réflexion qui fait de plus en plus de chemin et qui se fout de ceux et celles qui ridiculisent ou nient l'évidence qu'il faut passer à une nouvelle société. Une approche constructive et positive et non une résistance au changement morbide.
    Les Hugo et autres de ce monde sont des êtres intègres et responsables de leur destin et non à la remorque d'un système qui tourne en rond en laissant la corruption, la destruction et l'argent mener. Ça dure depuis trop longtemps et les résultats sont pitoyables. Mieux vaut construire une société juste et équitable collectivement et s'attirer des sarcasmes que de rester immobile, dans le déni de la réalité et chialer pour rien. L'implication citoyenne est drôlement plus valorisante à long terme. Et les éclairs de conscience qu'allument les films ou autres actions de sensibilisation sont les bienvenues pour y parvenir peu à peu et bâtir un territoire à la la mesure d'une société responsable et adulte.
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  • roger montreal - Abonné
    2 avril 2008 11 h 17
    Moi, moi, moi
    Nous voyons la reparti/ BOF PERSONNE NE SE SOUVINDRA DE CE DOCUMENTAIRE DANS TRENTE ANS/.
    Oui avec des gens, qui sont heureux avec leurs petit moi ,tout ca leur passe aux dessus de la tète.
    MOI MOI MOI
    ROGER MONTREAL
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  • Caroline Laurin - Abonnée
    2 avril 2008 11 h 19
    Donnons-y une chance!
    J'ai bien hâte de voir ça, ce sera sans aucun doute inspirant... donnez-vous au moins la peine d'en écouter des bribes avant de le juger!!!

    Canal D, ben oui, c'est un bon début, y'a de bon documentaire, un peu trop dans la critique (peut-être) qui n'auront jamais cette chance.

    Et si ça peut en amener quelques uns à comprendre le "paradigme" dans lequel certain de nous vivons... pourquoi pas. Pour que s'atténue la polarisation excessive de notre société.
    Parce qu'après et avec la contestation, on a besoin d'idées, d'exemples constructifs, tous marginaux soient-ils, dans le sens des idéaux que l'on porte, sans quoi à quoi bon...

    Si vous ne croyez plus en rien, et bien taisez-vous, laissez donc parler ceux rêvent. Je les remercie d'avance


    Puis-je espérer qu'un tel baume agissent encore sur ce mal qui nous ronge, ce cynisme de ceux qui ont perdu leurs illusions, et dont ma génération a hérité.


    Caroline Laurin
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  • Pierre François Gagnon - Inscrit
    2 avril 2008 11 h 27
    Un leader naturel
    C'est le rôle des leaders naturels de montrer la bonne voie à la population qui sinon peuvent s'égarer derrière une certaine élite noire, nomade, qui rejette la socialisation de l'Économie en prêchant la fuite en avant droit dans le mur!
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  • Normand Desjardins - Abonné
    2 avril 2008 11 h 38
    Système et société : un changement s'impose.
    Quand je lis des commentaires qui commencent par "granos", "environnementaleux", "mangeux de luserne", etc... Je rage.

    La génération qui a renforcé le système capitaliste jusqu'à le dénaturé, par manque d'éducation politique mais surtout par un jemenfoutisme démesuré, est celle qui reproche aux jeunes de vouloir y changer quelque chose.

    Et, ce n'est pas par manque de connaissance de leur Histoire si les jeunes d'aujourd'hui sont ouverts aux problèmes de l'étranger. C'est parce que beaucoup d'entre eux comprennent qu'on a aboli les frontières pour l'argent, les biens et les services mais, qu'injustement on empêche toujours les personnes de franchir ces même frontières. Gardons les pauvres dans les pays pauvres... c'est tellement pratique pour faire produire nos petits luxes à bas prix.

    Beaucoup de jeunes "granos" d'aujourd'hui ne peuvent plus admettre qu'on se satisfasse d'un système où le bonheur des uns passe essentiellement par le malheur des autres.

    M.Noel, grâce aux radios "trash" qui sévissent dans la région de la capitale, les jeunes de droite se concentrent essentiellement près de Québec. Pour le reste du territoire, c'est une autre histoire. Mais depuis 2 ou 3 ans, il faut avoué que la droite aigüe fait une percée à Montréal grâce à la radio de Paul Arcand.

    M. Noel, allez aux conférences que donnera M. Latulippe suite à son documentaire. Vous y rencontrerez de très très nombreux jeunes (et des moins jeunes) bien différents de ceux que vous entendez dans les radios-poubelles de Québec.
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  • claire lavoie - Inscrite
    2 avril 2008 11 h 57
    Un pays qui aurait du sens
    J'en ai une aussi, "une p'tite phrase rentre-dedans":

    On passe sa vie à "éviter" la "vérité" en Soi. A "nier" nos abus et/ou nos manques, comme si de "rien" n'était. Comme s'il n'y allait pas y avoir de conséquence, jusqu'au jour où
    ça nous pète dans la face.

    Je suis une jeune grande mère très heureuse de voir que cette belle jeunesse (que les vieux cons accusent toujours d'être moins vaillants qu'ils ne l'ont eux-mêmes été, alors qu'ils sont tout simplement je crois, plus intelligents) oblige la société à regarder les choses en pleine face.

    Comme il le dit si bien, c'est tellement facile de critiquer, ça donne l'impression de s'impliquer; c'est de beaucoup plus difficile de s'engager à trouver des solutions.

    Un jour que je critiquais certaines personnes qui à mon avis n'accomplissaient pas bien leur tâche dans un centre pour personnes avec un handicap, quelqu'un m'a donné ceci à réfléchir: "Les poules s'impliquent pour donner leurs oeufs mais les cochons s'engagent eux pour donner leurs saucisses."

    En d'autres mots: Si tu n'es pas pour vraiment t'engager, ferme-la donc!

    C'est pas pour rien que la route de l'engagement est la route la moins fréquentée. Il faut s'y "consacrer" et/ou selon un autre point de vue, être un sacré con.

    L'important c'est la "Rose" dit-on. A ce que je vois, le jeune Latulippe sait "Oser" et je nous souhaite ce beau pays qui aurait véritablement du sens.
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  • jacques noel - Inscrit
    2 avril 2008 12 h 09
    @normand desjardins
    Allez jeter un coup d'oeil sur la carte électorale, vous allez voir qu'il n'y a pas qu'à Québec que les X et les Y votent ADQ. L'ADQ a eu plus de votes que le PQ et il n'y a pas grands vieux qui ont voté pour Mario.

    La majorité des jeunes au Québec sont à droite. Ils en veulent aux boomers qui ont tout eu et veulent tout avoir en payant le minimum. Ils tripent maisons, chalet, gros chars et skidoos. Dans le c... l'environnement et les trips collectifs. Moi, moi and moi again.

    Une minorité comme Hugo-le-grano est à gauche. Ils veulent sauver la planète, mais tsé le Québec libre c'est un vieux trip. L'urgence c'est le gros nounours s'ul deux piasses qui risque de se noyer (même leur prix Nobel croit à ça!)

    Je ne juge personne: je rends compte d'une situation qui m'attriste et j'assume une responsabilité de générations. Lucien a enterré le projet il y a 10 ans et pas un seul PQ n'a crié au secours, on coule.

    Depuis on fond, on coule, pendant que les granos se préoccupent du sort des Tibétains, des Dafouriens, des ours polaires et des bébés-phoques.

    Mea culpa, mea maximum culpa
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  • - Abonné
    2 avril 2008 12 h 10
    Intéressant..
    L'idée est intéressante et permet d'alimenter le débat.

    Les commentaires négatifs envers cette initiative le sont aussi. Le débat semble être une activité honnie au Québec. Le cynisme et le "calage" systématique en vigueur au Québec doit cesser. Les commentateurs professionnels (à la Jacques "je dois donner mon opinion sur tous les articles du Devoir" Noel) sont barbants et répétitifs ("c'est la faute à l'immigration et au BS", "Maudit jeunes!", etc...).

    Pour revenir au sujet de l'article, je trouve que les prises de position dans le but de favoriser une discussion sérieuse sur le futur sont une bonne chose. Les solidaires et les lucides ont des points à faire valoir. Une rencontre à mi-chemin peut être souhaitable si on y planche sérieusement. Le pire, selon moi, est la sclérose de la réflexion qui touche actuellement tout débat public au Québec. Et après, on se plaint que rien ne change...

    PS: La grande participation et l'intérêt grandissant pour des programmes comme Québec sans frontières chez les jeunes d'aujourd'hui tend à mettre en échec les affirmations que nous sommes (je m'inclus) majoritairement à droite. Le "moi, moi, moi" ne frappe pas seulement chez les 15-34 mais bien dans l'ensemble de la société. Refaites vos devoirs, Mr Noel.
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  • Martin Prémont - Abonné
    2 avril 2008 12 h 29
    Le véritable test de la démocratie: l'éveil des consciences endormies
    Bravo monsieur Latulippe,
    Je suis assuré que des consciences endormies vont se réveiller et que l'heure de la Vérité va éclater.
    Seuls les hommes de bonne volonté sauront ramener la démocratie vers un destin plus merveilleux sur le plan humain. Vous êtes un prophète des temps modernes car le prophète parle de DIEU de ses désirs les plus chers et le bien-être de l'Humanité , c'est le voeu pieux de DIEU.
    La terre nous a été confiée par le Créateur pour nourrir L'humanité matériellement et surtout spirituellement. Ne laissons pas les néolibéralistes la détruire. Réveillons-nous collectivement et faisons confiance aux voies de la logique.
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  • Eric Proulx - Inscrit
    2 avril 2008 12 h 53
    message aux cyniques et aux Bof !
    Comme disait l'autre, si vous ni croyez pas, que votre sport national est la médisance, et le sarcasme... Fermez vous le clapet.. Vous n'êtes d'aucune utilité si il n'y a rien de constructif dans le propos. Déja qu'on vit dans une société névrosée,.. Faut qu'en même pas tirer sur le messager a bout portant.. gagne de saint-thomas !!

    On est très conscient de que l'égo, le chaos, l'avidité,, la spoliation du vivant est présente.au québec et dans le monde. On vit dedans chaque jour imaginez vous donc ! Mais au moins on garde espoir et on rêve en toute lucidité.

    C'est notre devoir envers la génération qu'on élève.



    Sinon c'est le suicide collectif.
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  • Bernard Gervais - Abonné
    2 avril 2008 13 h 47
    Un discours rafraîchissant !
    Oui, le discours que tient Hugo Latulippe est rafraîchissant et fait contrepoids à celui, actuellement omniprésent dans les médias, de certains chroniqueurs financiers et penseurs qui prônent la privatisation de nombreux services et qui ont une immense admiration pour les plus riches du monde !
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  • jpz - Abonné
    2 avril 2008 14 h 23
    contournement médiatique
    Comme l'information au Québec est très largement contrôlée par 2 grands empires : Gesca et Québécor,
    Assez inclinés à droite comme le monopole de l'UPA.
    La voie que prend Hugo pour essayer de faire progresser le débat d'idées différentes est intéressante et j'espère que plusieurs vont essaimer à la suite de ses visionnements. Comme Léo Paul Lauzon et Brigitte Allepin qui dénoncent les évasion ou évitements fiscaux qui enlèvent trop de pouvoir d'achat aux québécois.
    Je sais qu'il y a des centaines d'idées innovatrices et sociales démocratiques pour faire prospérer le Québec et redonner plus de chance de profiter de nos richesses collectives patrimoniales ; L'énergie, l'eau, le vent, les ressources naturelles, forestières et minières utilisés adéquatement et profitablement pour les 7.7 M de québécois dans une VISION D'AVENIR À LONG TERME.
    Le Québec à venir dans 20 ans et au delà ; une force naturelle propre en Amérique.

    Jean-Paul
    analyste énergie et environnement
    un sexagénaire confiant dans un avenir positif...
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  • Chryst - Abonné
    2 avril 2008 16 h 37
    Bienvenu cher utopiste ???
    Il faut des gens comme vous pour donner espoir en un monde meilleur. Les vrais utopistes et les Bofs feraient mieux de se la fermer s'ils n'ont rien à apporter. Le cynisme et l'utopie c'est la mort.

    Comme le disait un célèbre président américain; < Demandez-vous ce que vous pouvez faire pour votre pays et non ce que ce dernier peut faire pour vous > ou quelque chose de semblable.

    Ce n'est pas non plus dans la complaisance que les choses peuvent changer, encore moins dans le < je m'en foutisse >

    Comme dirait monsieur Latulipe nous avons depuis longtemps fait le choix entre résister et laisser aller. Nous avons préféré et de loin donner un sens à la vie. Cela amène inévitablement, à résister à de nombreuses modes passagères.
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  • Pierre-Yves Pau - Inscrit
    2 avril 2008 16 h 37
    Halte au catastrophisme
    Le Québec traverse une crise d'adolescence, qui malheureusement s'éternise. Pris isolément, aucun de ses problèmes n'est insoluble ou catastrophique. C'est l'accumulation de signaux d'alarme sur le tableau de bord, et l'absence de volonté politique de réforme (en particulier sur le plan économique et fiscal), qui augurent mal du futur prochain de la seule société francophone d'Amérique du Nord.

    Comme le font remarquer certains ici, la survie du Québec passe par une économie forte, or l'économie québécoise se trouve actuellement confrontée à un certain nombre de culs-de-sac d'origine politique (et fiscale, donc politique), mais dont les gouvernements de Québec semblent incapables de se dépêtrer. À cause de celà des milliers de jeunes Québécois, souvent qualifiés, prennent d'ailleurs chaque année la route des provinces de l'Ouest canadien, ou des États-Unis, souvent pour ne plus revenir: voyons les comme un investissement, plutôt que comme une perte.

    Maintenant, jusqu'ou cette société devra t'elle descendre pour trouver enfin le sursaut salvateur et entamer sa deuxième "révolution tranquille", celle qui après avoir sorti l'Église de la vie des citoyens, en expulsera une bureaucratie paternaliste et sclérosée? Bien malin qui pourrait répondre à cette question... mais je suis certain que ce jour viendra.

    En attendant, les prochaines 25 années seront probablement pénibles, mais entre le jovialisme de mauvaise foi de ses élites, et le noir désespoir des naufragés du souverainisme, il y'a de la place pour un optimisme patient et raisonné, et quelques raisons de se réjouir: si même le PQ est prêt à redécouvrir l'économie de marché, alors tout peut arriver.
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  • François Beaulé - Abonné
    2 avril 2008 17 h 43
    Vibrations et résonance
    Hugo Latulippe comme sa femme, Laure Waridel, ont un charisme discret mais agissant. Leurs idées, leurs valeurs, leur générosité, la critique qu'ils font des excès de l'économisme capitaliste ne sont pas exprimées que par des mots mais aussi par des gestes. On croit à l'intégrité de leur discours et de leurs sentiments. On voit dans leurs yeux leur foi en un monde meilleur.

    Je lis sur cette tribune une majorité de réactions positives et ça me fait du bien. Le Québec a besoin d'animateurs sociaux (leaders ?) comme eux pour se mobiliser.

    Quel contraste rafraîchissant avec tous ces gens, très présents dans les média, qui confondent la liberté avec l'aliénation capitaliste, matérialiste, individualiste.
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  • Dominic Pageau - Abonné
    2 avril 2008 19 h 19
    mondialisation économique et alter mondialiste, même combat!
    Citoyen du monde, quel concept utopique absolumet décconecté de la la réalité. On ne peut avoir de sentiment avec un ensemble si grand. L'habitant du Zimbabwe, il se fout pas mal de nous autre.

    Cette idéologie est en directe ligne avec celle du gouvernement mondial, je me demande comment on pourrait maintenir des programmes sociaux si n'importe qui peut en bénéficier et si on a pas de controle de la population locale?

    L'aide internationale et autre système de maintiens dans la misère, ça ne ve vaut rien. À la force de se mêler des affaires des autres, on ne s'occupe plus des notres et tout ça n'a rien à voire avec une lutte droite et gauche.
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