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Que du contenu canadien en soirée

Paul Cauchon   29 février 2008  Médias
Sylvain Lafrance
Photo : Jacques Grenier
Sylvain Lafrance
Radio-Canada doit continuer à diffuser de la publicité. Son financement doit être augmenté et mieux planifié sur sept ans. Mais elle devrait présenter uniquement des productions canadiennes le soir en semaine, aux heures de grande écoute.

Les séries américaines et les films étrangers devraient donc disparaître des ondes? C'est ce que laissent entendre les députés membres du Comité permanent du patrimoine canadien, qui a rendu public hier matin à Ottawa un rapport fort attendu sur le mandat de Radio-Canada, sur sa programmation et ses finances.

Cet examen de la société publique avait commencé il y a plus d'un an, et les douze parlementaires du comité, représentant tous les partis aux Communes, avaient tenu 45 réunions et organisé des rencontres publiques à la grandeur du pays. Leur rapport, CBC/Radio-Canada: définir la spécificité dans un paysage médiatique en évolution, fait 200 pages et propose près de 50 recommandations.

On n'y trouve aucune proposition de réduire le mandat de l'institution publique. Au contraire: Radio-Canada «est une institution publique essentielle qui joue un rôle crucial», déclare le comité. Sa télévision, particulièrement, doit être distincte des chaînes privées, mais elle ne doit pas être élitiste: elle doit s'adresser à l'ensemble du public «parce que l'ensemble des contribuables paie». Tous les genres télévisuels doivent y être représentés, y compris les variétés et le sport, mais chaque genre devrait être traité différemment de ce que fait le privé, selon le comité.

La direction de Radio-Canada ne peut qu'être ravie de plusieurs recommandations. Ainsi, le comité propose que CBC/Radio-Canada dispose d'un financement sur sept ans, établi par contrat entre le gouvernement et la société publique. Un financement accru, ciblé et indexé au coût de la vie. Les parlementaires proposent que ce financement soit porté à environ 40 $ par Canadien (il se situe actuellement autour de 33 $).

Tout en partageant l'objectif d'un financement stable, les députés conservateurs membres du comité ont exprimé une «opinion minoritaire», refusant de s'engager sur des montants précis, faisant plutôt valoir que Radio-Canada doit d'abord présenter une estimation du coût des nouvelles recommandations.

Le comité propose de faire reconnaître dans la Loi sur la radiodiffusion le rôle que Radio-Canada doit jouer en matière de nouveaux médias et de nouvelles technologies, qui doivent faire partie intégrante du mandat de la société publique. Celle-ci devrait d'ailleurs soumettre aux parlementaires une stratégie plus précise dans ce domaine.

En ce qui concerne la programmation, le comité propose que Radio-Canada ne diffuse que des émissions canadiennes le soir, du lundi au vendredi. Réaction de Sylvain Lafrance, vice-président aux services français de Radio-Canada: «Nous y sommes presque, nous avons à peine trois séries américaines le soir. Peut-être pourrions-nous discuter d'un compromis pour la fin de semaine. Nous pensons que nous devons jouer un rôle pour présenter les meilleures séries dans le monde.»

À CBC, on affirme que plus de 90 % de la programmation le soir est canadienne.

Sur cette recommandation précise, les députés conservateurs ont signifié leur opposition, refusant «d'interférer dans la programmation quotidienne de CBC/Radio-Canada».

Le comité demande également que Radio-Canada fasse plus de place aux réalités régionales et qu'elle présente plus d'émissions artistiques. Le comité évoque les émissions sur la musique, les livres, les films, la danse et le théâtre.

«Tout dépend de nos moyens, répond prudemment Sylvain Lafrance, et il faut bien définir ce qu'est une émission culturelle et une émission artistique.»

En ce qui concerne la publicité, les parlementaires reconnaissent que Radio-Canada ne peut pas s'en passer. Ils ne suivent donc pas la voie empruntée en France par le président Sarkozy, qui veut éliminer la publicité du service public. Mais ils proposent que Radio-Canada et le gouvernement travaillent à diminuer la dépendance de l'entreprise aux revenus publicitaires. Sylvain Lafrance ajoute, encore là, que «tout dépend des revenus».

Le comité demande également à Radio-Canada de lui soumettre un programme plus précis concernant le passage au numérique, avec une estimation précise des coûts.

De façon globale, Sylvain Lafrance se montre «très satisfait» du rapport, puisque «c'est un vote de confiance envers nous, envers notre rôle important comme diffuseur public».

À noter que, même si le Bloc québécois appuie le rapport, il avait proposé que le mandat de Radio-Canada reconnaisse que les services français font la promotion de l'identité nationale québécoise, ce qui a été refusé par les autres partis.

C'est l'actuel gouvernement, minoritaire, qui doit maintenant décider de ce qu'il fera de ce rapport. La suite, donc, dans quelques mois. S'il n'y a pas d'élections.






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  • Roger Lapointe
    Abonné
    vendredi 29 février 2008 06h06
    Les régions Québécoises dans le paysage de la SRC? OUBLIÉES comme d'habitude.
    « Les membres de ce comité ne doivent pas regarder souvent les émissions de la SRC sinon ils auraient constater l'absence presque totale de la programmation, d'émissions produites en région et notamment celles de type culturel.La région Montréalaise domine outrageusement et les ondes de la SRC servent trop souvent à faire la promotion de shows venant de l'étranger même si les tickets sont déjà tous vendus.Il y dans ce comportement des animateurs une forme de colonialisme primaire qui n'a pas sa place sur les ondes d'une société d'État.Par contre ces mêmes animateurs font preuve de mépris et d'ignorance de la réalité nationale québécoise et je souligne celle du domaine culturel surtout.Dommage que ce savant comité n'est pas,et le reproche s'adresse davantage au Bloc Québécois, regarder de près cet aspect de la SRC qui devrait changer son nom pour Société Radio-Montréal qui lui conviendrait mieux.Selon la version radiocanadienne un Montréalais n'est plus Québécois: il y a d'un côté les Montréalais et les autres c'est à dire NOUS pauvres petits provinciaux attardés.
    Avez-vous oublié votre origine régionale M Lafrance? »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 29 février 2008 09h08
    Samedi soir à St-Dilon
    « Voici la brillante télé de M. Lafrance, le samedi soir, nuit magique de la mythique Soirée du Hockey, plus vieille émission de télé au monde, envoyée à la poubelle par on ne sait plus quel petit boss.


    19H 3600 secondes platitude. Copie recyclée de La fin du monde est à 7 heures de TQS

    20H Le moment de vérité, quizz idiot

    21H Dr Grey, leçon d'académie

    22H L'équipe B du téléjournal, sans aucune nouvelle régionale.

    Un milliard de nos impots pour ça?

    http://www.radio-canada.ca/gh/televisiongenerale/ghHoraires.asp


    PS: Après la gaffe de Véro à 18 heures à la place des nouvelles on a corrigé le tir. On ne pourrait pas ramener la Soirée de hockey le samedi soir? »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    vendredi 29 février 2008 10h13
    Populiste donc et montréaliste
    « Le comité s'empresse à dire que la société ne doit pas être élitiste car tous payent pour voir et entendre du populisme comme Tout le monde en parle. L'on croirait entendre le docteur Avincenne de VLB ! Pourtant les émissions de qualité ont la cote et il serait facile de demander aux animateurs de suivre une cure régionale et du ROC sinon à céder la place aux représentants de ces régions.

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Réjean Beaulieu
    Inscrit
    vendredi 29 février 2008 10h55
    L'art de ne pas gouverner ... le rôle du diffuseur public au XXIième siècle
    « Allons y d'une analyse sémantique de la brique de 208 pages, 47 recommandations, et 42 acronymes pour les mots suivants:
    blog/blogue/blogging/blogosphère : 1x
    citoyen : 2x, communautaire : 2x
    média citoyen/média communautaire (presse ou radio): 0x
    web2.0: 0x
    Facebook: 1x, MySpace: 2x, YouTube: 2x
    Google, pagerank, relevance, wikipedia: 0x
    achalandage (web): 0x
    paradigme: 0x
    spécificité: 4x
    programmation: 204x

    L'enquête du comité parlementaire ne devait-elle pas pourtant porter sur le rôle du diffuseur public au XXIième siècle, pas sur les chimères du vingtième lorsqu'il y a changement de paradigme en matière de contrôle des contenus par l'usager. Peut-on se demander pourquoi le rapport ne répond pas, malgré les 208 pages, à la question "quel sera le rapport entre le diffuseur public, les médias communautaires, les médias citoyens et les médias privés au XXIième siècle?", ou encore "est-il dans le mandat du diffuseur public de faire la promotion de la culture canadienne qui s'exprime dorénavant directement dans des nouveaux médias sur le Net?"

    C'est Harper et ses p'tits amis des conglomérats médiatiques commerciaux qui doivent être contents puisqu'ils n'auront même pas à couper le diffuseur public, la gangraine de la "programmation" dans le système faisant la jobbe elle-même... »

  • Serge Miville
    Abonné
    vendredi 29 février 2008 15h51
    Et le Canada français hors Québec?
    « Il est évident que les régions du Québec doivent obtenir une représentation quand même importante en ce qui a trait à la programmation de Radio-Canada. Mais est-ce que ce rapport saura augmenter la programmation régionale hors-Québec? Avec à peine deux émissions et un téléjournal, par exemple, les réalisateurs franco-ontariens n'ont guère chance de se démarquer avec la société d'État. Reste à voir de qui nous parlons quand nous insistons sur une programmation régionale. »

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