Télévision - 400 ans d'histoire noire au Canada
On connaît mal leur histoire, et pourtant ils sont avec nous depuis les débuts de la colonie, autant en tant qu'hommes libres qu'en tant qu'esclaves. Car on le sait depuis les travaux de l'historien Marcel Trudel sur la question, l'esclavage était présent au Québec dès la Nouvelle-France. Cette fois, un documentaire intitulé Héritage noir, présenté jeudi à 21h dans le cadre de l'émission Les Grands Reportages à RDI, retrace l'histoire mouvementée des Noirs en sol canadien. L'émission est signée Nicole Briand et Charles Thériault.
En fait, le premier Noir canadien connu s'appelait Mathieu Da Costa, provenait de l'Afrique de l'Ouest et accompagnait l'expédition de Samuel de Champlain, à qui il servait notamment d'interprète, puisqu'ils avaient à communiquer avec les autochtones. Da Costa avait d'ailleurs sans doute foulé le sol américain bien avant Champlain. Mais le documentaire s'attarde particulièrement aux communautés noires des provinces maritimes, entre autres celle de la Nouvelle-Écosse, qui était, à une certaine époque, particulièrement imposante. La ville de Halifax a en effet longtemps compté un quartier noir qu'on appelait Africville, bidonville insalubre qui a depuis été entièrement rasé mais qui est demeuré un point de ralliement pour la communauté noire néo-écossaise. Et la première mairesse noire de l'histoire de l'Amérique du Nord a été Daurene E. Lewis, descendante de Noirs loyalistes depuis sept générations et élue mairesse d'Annapolis, en Nouvelle-Écosse, en 1984.
C'est aussi en Nouvelle-Écosse, à Birchtown, qu'on trouvait en 1820 la plus grande communauté noire libre hors d'Afrique. Et, grand paradoxe, on pouvait voir à une certaine époque, dans une ville comme Shelburne, toujours en Nouvelle-Écosse, tant des Noirs affranchis que des esclaves provenant d'une même famille! C'est à Shelburne aussi que, récemment, un musée abritant la mémoire de cette longue histoire a été détruit dans un incendie, dont on dit qu'il était de nature criminelle.
Au Canada français, l'esclavage a été aboli en 1833, comme en témoigne l'historien Marcel Trudel, qui est longuement interviewé dans le documentaire. Auparavant, l'esclavage était courant ici, tant chez le gouverneur que dans les communautés religieuses. Il était cependant moins dur et plus civilisé que dans les Antilles, les esclaves d'ici ayant eu recours aux tribunaux dans les cas de mauvais traitements. Mais l'historien n'y va tout de même pas de main morte quand il s'agit de l'attitude adoptée par les Canadiens français blancs devant leurs compatriotes noirs.
«Nous avons été racistes. La société canadienne-française a été raciste», martèle-t-il, entre autres au sujet de l'éducation qui a été dispensée jadis dans le cours classique, avant d'ajouter que la conception du Québécois «de souche» relève de la mythologie.
Les documentaristes se sont ensuite déplacés vers Buxton, en Ontario, où l'on trouve des descendants d'anciens esclaves marrons, et en Alberta. Ils sont aussi allés en Colombie-Britannique, où la présence d'une importante communauté noire, appelée spécifiquement pour peupler le territoire par un gouverneur qui avait lui-même du sang noir, a été occultée par l'histoire.
Si le propos du documentaire est intéressant et a le mérite d'approfondir une réalité qui mériterait d'être mieux connue, il manque parfois de précisions quant aux références historiques des événements. Et, on doit sans doute s'en réjouir, il donne au téléspectateur l'appétit d'en savoir plus sur certains pans de l'histoire noire au Canada.
Les Grands Reportages / Héritage noir - RDI, jeudi à 20h
En fait, le premier Noir canadien connu s'appelait Mathieu Da Costa, provenait de l'Afrique de l'Ouest et accompagnait l'expédition de Samuel de Champlain, à qui il servait notamment d'interprète, puisqu'ils avaient à communiquer avec les autochtones. Da Costa avait d'ailleurs sans doute foulé le sol américain bien avant Champlain. Mais le documentaire s'attarde particulièrement aux communautés noires des provinces maritimes, entre autres celle de la Nouvelle-Écosse, qui était, à une certaine époque, particulièrement imposante. La ville de Halifax a en effet longtemps compté un quartier noir qu'on appelait Africville, bidonville insalubre qui a depuis été entièrement rasé mais qui est demeuré un point de ralliement pour la communauté noire néo-écossaise. Et la première mairesse noire de l'histoire de l'Amérique du Nord a été Daurene E. Lewis, descendante de Noirs loyalistes depuis sept générations et élue mairesse d'Annapolis, en Nouvelle-Écosse, en 1984.
C'est aussi en Nouvelle-Écosse, à Birchtown, qu'on trouvait en 1820 la plus grande communauté noire libre hors d'Afrique. Et, grand paradoxe, on pouvait voir à une certaine époque, dans une ville comme Shelburne, toujours en Nouvelle-Écosse, tant des Noirs affranchis que des esclaves provenant d'une même famille! C'est à Shelburne aussi que, récemment, un musée abritant la mémoire de cette longue histoire a été détruit dans un incendie, dont on dit qu'il était de nature criminelle.
Au Canada français, l'esclavage a été aboli en 1833, comme en témoigne l'historien Marcel Trudel, qui est longuement interviewé dans le documentaire. Auparavant, l'esclavage était courant ici, tant chez le gouverneur que dans les communautés religieuses. Il était cependant moins dur et plus civilisé que dans les Antilles, les esclaves d'ici ayant eu recours aux tribunaux dans les cas de mauvais traitements. Mais l'historien n'y va tout de même pas de main morte quand il s'agit de l'attitude adoptée par les Canadiens français blancs devant leurs compatriotes noirs.
«Nous avons été racistes. La société canadienne-française a été raciste», martèle-t-il, entre autres au sujet de l'éducation qui a été dispensée jadis dans le cours classique, avant d'ajouter que la conception du Québécois «de souche» relève de la mythologie.
Les documentaristes se sont ensuite déplacés vers Buxton, en Ontario, où l'on trouve des descendants d'anciens esclaves marrons, et en Alberta. Ils sont aussi allés en Colombie-Britannique, où la présence d'une importante communauté noire, appelée spécifiquement pour peupler le territoire par un gouverneur qui avait lui-même du sang noir, a été occultée par l'histoire.
Si le propos du documentaire est intéressant et a le mérite d'approfondir une réalité qui mériterait d'être mieux connue, il manque parfois de précisions quant aux références historiques des événements. Et, on doit sans doute s'en réjouir, il donne au téléspectateur l'appétit d'en savoir plus sur certains pans de l'histoire noire au Canada.
Les Grands Reportages / Héritage noir - RDI, jeudi à 20h
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