Pour en finir avec TQS
Ma première chronique dans ce journal s'intitulait «Permis d'abrutir». Je me demandais pourquoi le CRTC permettait à TQS d'abrutir les Québécois, de distiller le racisme et l'intolérance, la vulgarité et l'ignorance.
Maintenant que TQS est menacée de faillite et de disparition, journalistes, chroniqueurs (euses) et intellectuels montent au créneau au nom de la liberté d'information et de la diversité des points de vue. Il faudrait sauver TQS au nom de la diversité culturelle et de la nécessaire multiplicité des langages et des formes d'expression. Voilà beaucoup de jolis concepts pour défendre l'existence du vide. On nous raconte que le «mouton noir» a innové. On mentionne Marc Labrèche et quelques humoristes déjantés. On veut sauver TQS au nom de son passé précurseur. On ne parle pas de ce qu'est TQS: une machine qui abrutit.
Imaginons un paysage audiovisuel sans TQS. De quel langage, de quelle forme d'expression serons-nous privés? Quelle information, quelle capacité de création, quelle innovation disparaîtront?
En information, le pain et le beurre de TQS sont le trottoir mal déneigé qui provoque une foulure de la cheville, l'handicapé intellectuel qui parvient à se débrouiller, le scandale catastrophique du déneigement, les nids-de-poule et le vendeur de hot-dogs paraplégique. Sur les sujets complexes comme la santé, TQS nous propose les yeux courroucés de Jean-Luc Mongrain qui se demande comment ces «bureaucrates incompétents» ne parviennent pas à contrôler une petite «bibitte» comme la bactérie C. difficile. En information, TQS alimente et conforte l'ignorance et le préjugé. Surtout, elle nourrit ceux qui croient que le monde n'est fait que d'incendies, d'accidents, de chaînes du bonheur, de meurtres et de familles généreuses qui accueillent un immigrant. Suivez l'information sur cette chaîne si vous souhaitez ne pas savoir que le Darfour existe, que les États-Unis existent, que le monde existe. Même pas le monde, mais Québec et Ottawa, le Québec et le Canada, la politique, oui, la politique qui existe à TQS uniquement pour dire que les députés et les ministres sont des imbéciles et probablement des gens corrompus. Tout cela, TVA le fait avec un peu plus de noblesse et d'intelligence. TQS est une sorte de TVA des pauvres d'esprit.
Si TQS ferme, de quelle créativité serons-nous privés? Nous serons privés du Loft et d'Elvis Gratton. C'est comme être privé du choléra et de la pollution. Nous serons privés des pires films américains, de chiens qui mordent les couilles de leur maître, de femmes obèses qui s'écrasent sur un trampoline, de bébés qui régurgitent sur leur papa qui s'esclaffe de rire. Mais malgré le chien qui mordille son maître, il faudrait sauver TQS. Dieu que nous, gens de communication, sommes complaisants et protecteurs de nos intérêts! Nous protégeons nos emplois sans nous demander s'ils ont un sens, même si nous savons que nous défendons la bêtise et l'exploitation des préjugés. Au choeur des pleureuses s'est joint hier le chef de l'ADQ, lui aussi au nom de la «diversité». Mario n'en est pas à sa première défense de l'information-poubelle. Il était aussi monté aux barricades pour sauver la radio de Jeff Fillion avec toute sa démagogie, sa propension à l'injure et au libelle. Cela ne nous surprendra pas; l'information à TQS distille l'ensemble des préjugés et des désinformations dont se nourrit joyeusement le chef adéquiste. Les démagogues sont solidaires des démagogues.
Sur le fond, il faut bien reconnaître que TQS ne devrait jamais détenir un permis de télévision généraliste si on appliquait les critères du CRTC pour obtenir une telle permission d'exister. TQS ne fournit pas une information générale qui permet de mieux comprendre le Québec et le monde. TQS ne propose pas une télévision originale. TQS ne contribue en rien au développement de la culture québécoise, sinon en faisant des «plogues» pour les artistes populaires. Ce réseau n'a jamais investi dans la création dramatique de qualité, n'a jamais contribué à l'essor ou à la diffusion du cinéma québécois ou de la chanson québécoise. Autrement dit, ce réseau est totalement inutile dans le paysage audiovisuel québécois. Et que dire du fait que cette télévision n'a jamais cru que des élections québécoises ou canadiennes méritaient une soirée spéciale!
De manière plus générale, la disparition de TQS assainirait la situation de la télévision québécoise, qui souffre de financement précisément parce qu'elle est trop éclatée et que le gâteau publicitaire n'a jamais grossi au même rythme que l'octroi ridicule de permis de diffuser par le CRTC.
Le Québec n'a ni les moyens financiers ni les ressources créatives pour entretenir trois chaînes généralistes de qualité respectable. Cette pléthore de chaînes généralistes et spécialisées constitue une aberration unique au monde. Nos voisins du Sud ne comptent que quatre chaînes généralistes. Pour 60 millions d'habitants, la France n'en a que trois.
Reste la «liberté d'expression» qui, selon certains, serait menacée. Alors que j'étais au journal Le Jour, dans les années 1970, un journaliste qui couvrait la comparution d'une association homosexuelle devant une commission parlementaire qui étudiait les droits de la personne avait titré: «Les "tapettes" veulent aussi des droits». Constatant que nous avions modifié son titre, il avait plaidé la liberté d'expression. Le conseil de rédaction lui avait répondu que «la liberté d'expression, ce n'est pas la liberté de dire n'importe quoi». Cela s'applique parfaitement à TQS.
Maintenant que TQS est menacée de faillite et de disparition, journalistes, chroniqueurs (euses) et intellectuels montent au créneau au nom de la liberté d'information et de la diversité des points de vue. Il faudrait sauver TQS au nom de la diversité culturelle et de la nécessaire multiplicité des langages et des formes d'expression. Voilà beaucoup de jolis concepts pour défendre l'existence du vide. On nous raconte que le «mouton noir» a innové. On mentionne Marc Labrèche et quelques humoristes déjantés. On veut sauver TQS au nom de son passé précurseur. On ne parle pas de ce qu'est TQS: une machine qui abrutit.
Imaginons un paysage audiovisuel sans TQS. De quel langage, de quelle forme d'expression serons-nous privés? Quelle information, quelle capacité de création, quelle innovation disparaîtront?
En information, le pain et le beurre de TQS sont le trottoir mal déneigé qui provoque une foulure de la cheville, l'handicapé intellectuel qui parvient à se débrouiller, le scandale catastrophique du déneigement, les nids-de-poule et le vendeur de hot-dogs paraplégique. Sur les sujets complexes comme la santé, TQS nous propose les yeux courroucés de Jean-Luc Mongrain qui se demande comment ces «bureaucrates incompétents» ne parviennent pas à contrôler une petite «bibitte» comme la bactérie C. difficile. En information, TQS alimente et conforte l'ignorance et le préjugé. Surtout, elle nourrit ceux qui croient que le monde n'est fait que d'incendies, d'accidents, de chaînes du bonheur, de meurtres et de familles généreuses qui accueillent un immigrant. Suivez l'information sur cette chaîne si vous souhaitez ne pas savoir que le Darfour existe, que les États-Unis existent, que le monde existe. Même pas le monde, mais Québec et Ottawa, le Québec et le Canada, la politique, oui, la politique qui existe à TQS uniquement pour dire que les députés et les ministres sont des imbéciles et probablement des gens corrompus. Tout cela, TVA le fait avec un peu plus de noblesse et d'intelligence. TQS est une sorte de TVA des pauvres d'esprit.
Si TQS ferme, de quelle créativité serons-nous privés? Nous serons privés du Loft et d'Elvis Gratton. C'est comme être privé du choléra et de la pollution. Nous serons privés des pires films américains, de chiens qui mordent les couilles de leur maître, de femmes obèses qui s'écrasent sur un trampoline, de bébés qui régurgitent sur leur papa qui s'esclaffe de rire. Mais malgré le chien qui mordille son maître, il faudrait sauver TQS. Dieu que nous, gens de communication, sommes complaisants et protecteurs de nos intérêts! Nous protégeons nos emplois sans nous demander s'ils ont un sens, même si nous savons que nous défendons la bêtise et l'exploitation des préjugés. Au choeur des pleureuses s'est joint hier le chef de l'ADQ, lui aussi au nom de la «diversité». Mario n'en est pas à sa première défense de l'information-poubelle. Il était aussi monté aux barricades pour sauver la radio de Jeff Fillion avec toute sa démagogie, sa propension à l'injure et au libelle. Cela ne nous surprendra pas; l'information à TQS distille l'ensemble des préjugés et des désinformations dont se nourrit joyeusement le chef adéquiste. Les démagogues sont solidaires des démagogues.
Sur le fond, il faut bien reconnaître que TQS ne devrait jamais détenir un permis de télévision généraliste si on appliquait les critères du CRTC pour obtenir une telle permission d'exister. TQS ne fournit pas une information générale qui permet de mieux comprendre le Québec et le monde. TQS ne propose pas une télévision originale. TQS ne contribue en rien au développement de la culture québécoise, sinon en faisant des «plogues» pour les artistes populaires. Ce réseau n'a jamais investi dans la création dramatique de qualité, n'a jamais contribué à l'essor ou à la diffusion du cinéma québécois ou de la chanson québécoise. Autrement dit, ce réseau est totalement inutile dans le paysage audiovisuel québécois. Et que dire du fait que cette télévision n'a jamais cru que des élections québécoises ou canadiennes méritaient une soirée spéciale!
De manière plus générale, la disparition de TQS assainirait la situation de la télévision québécoise, qui souffre de financement précisément parce qu'elle est trop éclatée et que le gâteau publicitaire n'a jamais grossi au même rythme que l'octroi ridicule de permis de diffuser par le CRTC.
Le Québec n'a ni les moyens financiers ni les ressources créatives pour entretenir trois chaînes généralistes de qualité respectable. Cette pléthore de chaînes généralistes et spécialisées constitue une aberration unique au monde. Nos voisins du Sud ne comptent que quatre chaînes généralistes. Pour 60 millions d'habitants, la France n'en a que trois.
Reste la «liberté d'expression» qui, selon certains, serait menacée. Alors que j'étais au journal Le Jour, dans les années 1970, un journaliste qui couvrait la comparution d'une association homosexuelle devant une commission parlementaire qui étudiait les droits de la personne avait titré: «Les "tapettes" veulent aussi des droits». Constatant que nous avions modifié son titre, il avait plaidé la liberté d'expression. Le conseil de rédaction lui avait répondu que «la liberté d'expression, ce n'est pas la liberté de dire n'importe quoi». Cela s'applique parfaitement à TQS.
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