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Revue de presse - À la guerre comme à la guerre

Manon Cornellier   26 janvier 2008  Médias
Il n'y a pas de décision plus grave pour un gouvernement que celle d'envoyer des hommes et des femmes à la guerre. La réaction à la parution du rapport du groupe d'experts indépendant sur le rôle futur du Canada en Afghanistan, cette semaine, était à la mesure du sérieux de la question. À peu près aucun autre dossier de portée nationale n'a réussi à capter l'attention, et l'accueil du rapport fut largement favorable.

Le Calgary Herald est persuadé que ce rapport ne comporte que du bon pour Harper puisque le premier ministre se retrouve avec un rapport aux apparences impartiales, doté d'une certaine autorité morale mais dont les conclusions ne sont pas exécutoires. Harper «peut maintenant choisir parmi les flèches fournies par Manley pour atteindre les cibles de son choix.» Stephen Maher, du Halifax Chronicle-Herald, craint d'ailleurs que le rapport n'arrive pas à mettre fin à «cette éternelle politique partisane malsaine». Selon lui, «M. Dion peut virer capot, s'en tenir à sa position ou gagner du temps en attendant la réunion de l'OTAN en avril pour prendre une décision. Aucune de ces options n'est cependant idéale. Peu importe le choix que M. Dion fera, attendez-vous à ce que M. Harper, comme à l'accoutumée, reste un ou deux pas en avance.»

Mais la plupart des journaux croient que Harper, tout autant que Dion, doit prendre acte du rapport, qui n'équivaut pas à un chèque en blanc. Parlant de l'ultimatum que le premier ministre pourrait devoir lancer à l'OTAN en avril, le Globe and Mail dit qu'il serait embarrassant pour Harper d'obtenir gain de cause à l'OTAN pour être ensuite défait aux Communes. Il lui faut l'appui des libéraux. Bien sûr, approuver la démarche de Manley obligerait M. Dion à modifier sa position, mais cela en vaudrait la peine, croit le Globe. Quant à M. Harper, il doit comprendre que le temps est venu d'adopter un esprit de coopération et de changer d'attitude. Cela signifie, entre autres choses, être plus actif sur la scène internationale, plus transparent au Canada et, «même si cela chagrine le premier ministre, tendre la main à l'opposition, aux libéraux en particulier». Sans cela, il n'obtiendra jamais la collaboration des autres partis. «Sur des questions aussi sérieuses, on devrait pouvoir attendre des partis qu'ils mettent de côté leurs querelles partisanes pour le bien commun.» Et selon le Globe, l'approche du sommet de Bucarest exige que «les chefs des deux principaux partis canadiens se rencontrent sur le pont que le comité Manley leur a érigé».

Du pareil au même

La suggestion d'ultimatum a l'appui de nombreux journaux, dont le Toronto Star, le Winnipeg Free Press, le Halifax Chronicle-Herald ou encore le Vancouver Sun. D'autres, comme le Ottawa Citizen et le National Post, le désapprouvent. Jeffrey Simpson, du Globe and Mail, doute quant à lui de l'utilité du procédé. Il note que, même si le premier ministre avait l'appui de l'OTAN, il lui resterait à obtenir celui du Parlement. «Dans le contexte actuel de gouvernement minoritaire, cela ne se produira pas», prédit-il. Et de toute façon, «la présence d'un millier de soldats supplémentaires, aussi utiles soient-ils, ne redressera pas la situation.»

Thomas Walkom, du Toronto Star, est un des rares à voir dans le rapport un éloquent plaidoyer pour le statu quo. Selon lui, il ne fait que dire, «en un mot, que nous devons continuer de faire ce que nous faisons déjà, mais en mieux». Pour les sceptiques, c'est-à-dire la majorité et lui, «ce rapport offre peu de raisons pour changer d'idée».

Opposé depuis longtemps à la solution militaire, Haroon Siddiqui, du Toronto Star, craint lui aussi que le rapport ne fasse qu'encourager la poursuite de la voie militaire. Il critique sévèrement le comité pour avoir évité de parler de la raison qui explique notre présence en Afghanistan: le désir d'apaiser Washington après notre refus de participer à la guerre en Irak. Siddiqui souligne que tous les membres du groupe sont reconnus pour leur «souci de plaire aux Américains afin de maintenir nos relations commerciales». Il relève plusieurs silences, mais le plus gros défaut du document, selon lui, reste la recommandation principale. Rester en Afghanistan serait à la fois affaire de principes et objet d'un «vulgaire marchandage» avec l'OTAN. Il se demande pourquoi l'OTAN plierait maintenant et en quoi 1000 soldats changeraient la donne d'une mission en péril.

De choses et d'autres

La faiblesse du volet historique des célébrations du 400e anniversaire de Québec a fait jaser au Québec et a fini par attirer l'attention du père Raymond J. De Souza, qui écrit dans le National Post. Le religieux se désole de la publicité faite au Canada anglais, où on mise sur le caractère européen de la ville plutôt que sur son importance historique. Il ne comprend pas non plus que le Louvre ait prévu, dans le cadre des célébrations, une exposition d'antiquités romaines, grecques et autres plutôt que d'artéfacts et d'oeuvres portant sur l'histoire des Québécois. «C'est pourtant une histoire aussi prenante que certaines grandes aventures européennes pour ceux qui savent la raconter.» Citant l'auteur Richard Gwyn, De Souza écrit: «Tout le monde a un passé, mais l'histoire est différente. C'est une façon de connaître le passé pour qu'il anime le présent, offrant ainsi continuité à une culture. [...] Souligner un événement passé n'est pas la même chose que célébrer une histoire significative.»

Ça vous rappellera un certain excès de vitesse. Danny Williams, le premier ministre de Terre-Neuve-et-Labrador, a reconnu avoir utilisé un cellulaire alors qu'il était au volant, ce qui est interdit dans sa province, la première à avoir légiféré sur ce sujet, rapporte la Canadian Press. Il n'a pu résister à répondre à un appel urgent de son bureau, dit-il, et a promis de payer sa contravention s'il en reçoit une. On n'en attendait pas moins...

mcornellier@ledevoir.com






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  • Simon Garneau
    Abonné
    samedi 26 janvier 2008 08h13
    « Experts indépendants »
    « Qui parmi ces « experts indépendants » du comité Manley s'est déjà prononcé dans le passé contre l'action militaire en Afghanistan? Le comité n'a fait aucune consultation publique et n'a aucunement tenu compte des arguments de ceux qui s'opposent à cette guerre. Après, on prétendra faire des leçons de démocratie aux Afghans. »

  • André Chamberland
    Inscrit
    samedi 26 janvier 2008 10h34
    L'innocence des politiciens
    « Dans vos deux textes, je constate l'innocence de nos politiciens. Que ce soit dans leurs décisions personnelles ou dans leurs décisions professionnelles (gouvernement),vous nous démontrez bien, et ils le font aussi encore mieux, que ce sont des gens de piètre jugement.
    Faire la guerre et envoyer des Canadiens se faire tuer à défaut de tuer et ne pas respecter les lois en parlant au cellulaire en conduisant un véhicule et de prendre cela à la légère nous incite à ne pas respecter les lois. Il en est de même au niveau municipal où un maire (Trois-Rivières) lit et étudie un budget au volant de son auto et se vante de conduire très vite et au niveau provincial où une ministre dit dormir pendant que son chauffeur roule à tombeau ouvert.
    Quels beaux exemples pour les citoyens ! Quels beaux modèles pour nos jeunes !

    André Chamberland
    Québec »

  • Fernand Trudel
    Abonné
    samedi 26 janvier 2008 11h08
    Une décision toujours controversée
    « Aller en guerre n'est pas une décision populaire mais quand il faut préserver la liberté et irradier les trafiquants de drogue et d'armes, c'est difficile à comprendre pour le peuple.

    Dans le concert des nations, il y a des implications de solidarité envers nos alliés qui ne souffre d'aucun compromis mêm,e si ce n'est jamais populaire.

    Cew n'est pas une question de démocratie populaire mais bien de bonne entente entre les pays qui défendent les mêmes valeurs démov<cratiques.

    Simon G<rneau préférerait peut-être que les Said Jaziri mène les canadiens avec leur coran et leurs femems voilées. Il n'y a pas d'accommodement raisonnable quand les principes de dictature et de mysoginie sont à combattre peut importe où?

    Je suis pa<r exemple partisan que le Canada doit sommer l'OTAN de changer la garde pour que nos soldats n'aient pas tout le bouleau pendant que les 41 autres pays ne se mouillent pas trop. Si l'OTAN a des principes d'équité, on demandera à la France ou à l'Italie de faire un peu plus que ce qu'il consentissent actuellement. La fFrance est plus populeuse que le Canada mais ne fournit que 200 soldats dans les lignes arrières. Il est temps que les français nous démontrent leur courage ou leur poltronnerie comme plusieurs québécois y compris Gilles Duceppe, le gérant d'estrade qui n'a jamais eu le courage de se présenter en Afghanistan, nous démontrent leur esprit de boy-scout.

    C'est drôle que depuis que Stéphane Dion est allé, les bémols sont de rigueur... »

  • Roland Berger
    Abonné
    samedi 26 janvier 2008 15h35
    Mise en scène réussie
    « Le dépôt du rapport Manley relève de la mise en scène, par surcroît très réussie. Un comité ad hoc comme on appelle ça dans les hautes sphères de la politique. La marionnette a bien fait son travail. Elle avait l'air sincère quant elle a reproché au gouvernement Harper son manque de transparence. « Bullshit», que dirait un anglophone.

    Roland Berger
    St-Thomas, Ontario »

  • Gerry Pagé
    Inscrit
    dimanche 27 janvier 2008 20h36
    Festival du «Grand Rire Bleu» !
    « On se croirait en plein festival de la grosse farce bleue conservatrice, depuis le passage du pince-sans-rire, le reconverti joker libéral Manley. Quel bluff risqué que celui de Stephen Harper, ce joueur aux quelques jetons minoritaires dévalués, cet astiqué d'un large SOURIRE BLEU qui finira par RIRE JAUNE! L'actuel tacticien «commandant temporaire» du Canada fait mine de connaître les terrains minés que pensent occuper les inconfortables libéraux du sergent Dion, que disent occuper les pétards mouillés du caporal Duceppe, que cherchent à occuper les quelques réservistes rescapés que regroupe Layton, ce cicérone du l'Armée du Salut. Le stratège du spectaculaire grand rire des bleus croit pouvoir négocier les silences de la complicité (lâcheté) des libéraux, encore écrasés sous les tas suffoquant des sales commandites. En choisissant l'EX MINISTRE du cabinet Chrétien, l'EX CANDIDAT À LA CHEFFERIE DU PLC, LEQUEL, frustré par les appuis que recueillait son rival Paul Martin, A ABANDONNÉ (LÂCHÉ) ladite course, le 22 juillet 2003, Stephen Harper croyait donner apparence de neutralité et mine de crédibilité à un rapport qui ira rejoindre tout ce qui se partage les poussières des tablettes de l'oubli, aux frais M$ des contribuables. Stephen Harper cherchait plutôt à donner à Manley une temporaire visibilité et une éphémère notoriété qui soient de nature à tasser et à neutraliser l'actuel chef sans panache du PLC, assurant ainsi son opportuniste ami d'occasion, Manley, d'émoluments considérablement convaincants et justifiant tous les biais que motivent habituellement de gros billets.

    Par ailleurs, depuis la guerre froide, l'OTAN ne cherche qu'à motiver le maintien de ses labos et collabos, justifiant ainsi ses faramineux coûts d'opération et «d'investissements». Ne pouvant relever les défis que posent l'insécurité, les chamboulements terrorisants et les déraillements extrêmes qui amusent les fous du 21e siècle; ne pouvant ni s'ajuster, ni atteindre les altitudes de performance et d'efficience que fixent le jeu des complexités relationnelles internationales et que polarisent les joueurs des alliances de la mondialisation, l'OTAN ne cherche qu'à «sécuriser des acquis» à la somme desquels rien de concret, ne s'est ajouté depuis des lunes. Compte tenu du palmarès de ses contre-performances et des artifices de certains de ses Sommets médiatiques, il est tout aussi inconcevable qu'irresponsable, que le Canada ait si béatement accepté de «jouer» la «game afghane» pour laquelle il n'était absolument pas préparé, ce qu'a largement démontré les visites bidon et la distribution loufoque des «Jos Louis» de Bernier, version québécoise des «Mae West» de Harper. Pire encore, l'armée canadienne a accepté un mandat de reconstruction d'écoles et d'autres éléments d'une impossible démocratie, alors que nos soldats ont été jetés aux brasier d'une guerre infernale dont les résultats seront aussi pitoyablement catastrophiques que le désastre des 200 000 civils tués en Irak, ajoutés aux milliers de soldats états-uniens dont le Spectre de Washington cache le nombre. Pour les bouffons bluffeurs du grand rire bleu canadien, ça s'appelle «jouer». Pour les francs citoyens payeurs et pour les braves «chairs à canon», beurrés et leurrés soldats, ça s'appelle «mentir effrontément», alors que certains athlètes drogués vont en prison, pour avoir si peu» menti. Il est tout aussi irrecevable et choquant de voir ces «grands comiques» porter des gants bleus pour livrer le rapport de l'Opération Nez Rouge Manley et porter des gants blancs pour jeter leurs jetons sur la table de poker de l'OTAN et pour multiplier les poignées de mains avec ces jokers. Cette Organisation dépassée que méprisent les USA et que boudent ou niaisent la France, l'Allemagne, l'Italie, l'Espagne, le Royaume Uni et la douzaine de groupuscules qui y ferment la parade, devra être mise devant un fait accompli. RETRAIT PUR ET SIMPLE DES FORCES ARMÉES CANADIENNES DE TOUS LES CHAMPS DE TIRS QU'ENTRETIENNENT LES SPÉCULATEURS DE LA MONDIALISATION DES POUVOIRS ÉCONOMIQUES.

    En somme, au sommet fédéral des oppositions, les querelleurs tous azimuts et les guérilleros désaxés de la brousse des politicailleries les plus irresponsables, se foutent éperdument du bien commun des canadiens et de la dilapidation de plus de 5 milliards $ de son trésor, engouffrés en Afghanistan. Ils méprisent, avec toutes les bassesses de la stupidité partisane, les soldats canadiens dont le déploiement est orchestré par des «Généraux de Lobby» et des élus «YES MEN» qui jouent aux «sous-fifres et laquais de salon». Nos soldats, sous des représentations faussées de A à Y..., vont se faire cribler en Afghanistan et ils en reviennent cendrés ou marqués à vie.

    En bref, aucun ultimatum n'impressionnera les militaristes de l'OTAN qui assistent, béatement complices, à l'orchestration des guerres civiles, des tueries et immolations raciales, des génocides, des prises d'otages auxquelles se livrent les guérillas de brousse, des menaces nucléaires, des envolées terroristes et autres formes des extrémismes sectaires et religionnaires. Face à tous ses «spectacles», les militaristes de l'OTAN choisissent et justifient le choix des terrains où ils iront parachuter d'innocents soldats, soumis aux ordres des MANDATÉS DE LA COALITION «STAR WAR».

    Gerry Pagé
    Ville de Québec »

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