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Médias - Des nouvelles éphémères qui laissent peu de traces

Paul Cauchon   24 décembre 2007  Médias
Dans le numéro de décembre du magazine Le Trente, la question des accommodements raisonnables a été présentée comme étant la nouvelle la plus «gonflée» de l'année, la plus disproportionnée.

Voilà qu'une analyse scientifique semble confirmer ce point de vue. Cette analyse, c'est celle de l'entreprise Influence Communication, qui calcule toutes les semaines le poids médiatique d'une nouvelle dans tous les médias québécois. La semaine dernière le président de cette firme, Jean-François Dumas, publiait son bilan 2007, un document de près de 80 pages qui fait une revue statistique du travail des médias.

Il soutient que la question des accommodements raisonnables a pris des proportions démesurées. On pourrait toujours discuter du bien-fondé de cette affirmation, mais son rapport présente une statistique très troublante: «83 % de toute la couverture médiatique accordée à l'une ou l'autre des nombreuses communautés ethniques du Québec a été réalisée en marge de sujets controversés ou dans le cadre de situations conflictuelles». Et la presse québécoise a accordé dix fois plus d'attention aux incidents ethniques survenus au Québec qu'ailleurs.

Autrement dit, dans l'immense majorité des cas, lorsque les médias ont parlé des communautés ethniques, c'était toujours en référence à des conflits, à des tensions, à des problèmes. C'est quand même quelque chose.

Ajoutons que, plus de 80 % du contenu des émissions du matin provenant des quotidiens, comme le remarque Jean-François Dumas, les dossiers discutés par les médias deviennent très rapidement monolithiques. «On peut facilement croire que l'ensemble des médias rapporte systématiquement les mêmes nouvelles sous le même angle», dit-il.

De façon générale, après avoir analysé les deux millions de nouvelles provenant des médias traditionnels en 2007 au Québec (quel calcul!), Influence Communication conclut que les deux événements qui ont généré le plus de nouvelles cette année sont la politique et la campagne électorale, ce qui est normal, et les accommodements raisonnables.

L'«effet de meute» des médias, cette façon qu'ont les médias de se ruer en bloc sur la même information pour en exploiter les plus petites facettes, semble avoir joué à plein lorsqu'on examine le traitement de certains sujets, par exemple les déboires de Myriam Bédard. Mais Influence Communication décerne son prix du «bogue de l'an 2007», c'est-à dire de la non-nouvelle qui a suscité le plus d'attention médiatique, au passage de l'Airbus A380 cet automne à Montréal. À voir certains reportages télévisés, on avait en effet l'impression que les journalistes à bord de l'avion venaient de marcher sur la Lune...

Mais la statistique la plus fascinante de ce rapport, c'est celle-ci: 85 % des nouvelles disparaissent au cours des 24 premières heures.

La firme soutient avoir constaté une augmentation de 20 % du nombre de nouvelles dans les médias québécois de 2005 à 2006. Pour faire place à cette augmentation (et la concurrence effrénée entre les médias est une des causes de cette augmentation), il faut nécessairement que la durée de vie des nouvelle soit plus courte. Sinon, on peut supposer que le nombre de pages des journaux et le temps consacré à l'information à la radio et à la télévision aurait augmenté de 20 %. Conclusion de Jean-François Dumas: «nous sommes plus informés que jamais, mais avec beaucoup moins de profondeur».

Trois ou quatre sources privilégiées

Cette façon purement mécanique de calculer le nombre de nouvelles peut avoir des limites, mais elle indique quand même quelques tendances générales intéressantes, non?

J'ajouterais que «être informé» est une notion qui, en soi, peut être interprétée de différentes façons. Pour prouver que nous sommes dans un ère d'abondance de l'information, les grandes entreprises médiatiques soutiennent qu'on a de moins en moins besoin de règles sur la concentration des médias. C'est le discours que tient Quebecor, par exemple. L'accès à un nombre incroyablement élevé de sources d'information, à travers Internet en particulier, garantirait en soi la diversité de l'information.

Encore faudrait-il véritablement trouver des informations différentes et alternatives sur toutes ces nouvelles plateformes. Jean-François Dumas rappelle que le consommateur d'information se rabat continuellement sur un groupe privilégié de trois ou quatre sources d'information, et que sur le Web l'internaute a tendance à reproduire cette habitude «avec quelques sites d'information qui répondent le mieux à ses besoins».

Bien sûr, Internet multiplie les sources d'information, il serait ridicule de le nier. Mais plusieurs enquêtes démontrent aussi que les sources d'information les plus consultées sont souvent les sites des médias traditionnels.

L'année 2008 viendra-t-elle renforcer ou contredire ces tendances? On aura l'occasion d'en reparler. En attendant cette chronique fait relâche pour une semaine et sera de retour début janvier.

Joyeux Noël accommodant à tous!

***

pcauchon@ledevoir.com
 
 
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  • Marcel (Fafouin) Blais
    Inscrit
    lundi 24 décembre 2007 07h05
    "BranchéEs"... sans fil ! ?
    Salutations d'entraide tout le Monde.

    Grands mercis pour ce mot sur les médias éphémères qui laissent peu de traces d'information...à cause... possiblement... de la vitesse avec laquelle les "NewS" circulent ou font espérer ou positionner le Monde vers qq chose de.

    En effet, depuis l'avènement des technologies sophistiquées (ordinateur, internet... .), il devient de plus en plus compliqué de saisir TOUT CE QUI SE PASSE Ici et dans le Monde, et il n'est "personne" qui soit "capable" de les assimiler "raisonnablement" et "humainement".

    On dirait que nous sommes "branchéEs" sans fil ! sans source, sans ressource, sans communication approfondieé... de questions médiatiques soutenues ou proposée à l'attention du Public (lequel ?).

    On dirait, du même souffle, que parfois trop souvement, les "NewS" s'occupent de "choses" déjà "orientées" ou "sans importance" devant ou pouvant embellir tantôt l'idiotie, la désinformation autre tantôt!

    "BranchéEs"... sans fil... ?

    Bien sûr que... !

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    lundi 24 décembre 2007 07h22
    Ces "gnochons" de Québécois!
    Casser du Sucre sur le dos des Québécois est le sport national des médias corporatifs car son agenda de détermination social exige, non seulement, que l'on fasse peur au citoyen mais qu'il déprime à son sujet.

    Voir le clip : HOPE FOR THE BEST
    http://www.youtube.com/watch?v=3JLc5dqZCOU

    L'analyse est malheureusement que trop réaliste mais semble pourtant échapper à la majorité des sbires et scribouillards de nos empires médiatiques.

    C'est comme si on cherchait à démontrer que les Québécois seraient incapables de se donner un pays viable tellement ils sont concombres, irresponsables et désormais xénophobes et racistes, à la limite. Le processus n'est pas nouveau mais fonctionne toujours aussi invariablement.

    "Les mensonges et la crédulité s'accouplent et engendrent l'opinion." - Paul Valéry

    L'opération, rondement menée via nos médias de masse, est constante et pernicieuse. Elle s'opère aveuglément, quitte à jeter le bébé avec l'eau du bain. Nos maîtres se contre-saint-balance des répercussions négatives de leur campagne.

    L'important est de remettre à sa place la tranche de quelque 60% de francophones qui a déjà démontré sa tendance souverainiste.

    Le bonhomme sept heures de la sociale démocratie qui pourtant fait envie, (Ask any american or watch SIKO ! ) et identifie le plus admirablement la spécificité québécoise, ratisse large. Privatisation et corporatisation extrême oblige !

    Le Québec est loin d'être en si mauvaise posture comme le prétendent nos sinistres pions auto-proclamés médiatiques. le gros du problème vient du manque total de contrôle de nos institutions, mais ça qui en parle depuis la mort de René Lesvesque.

    L'antidote à cette grisaille est l'Annuaire du Québec de l'Institut du Nouveau Monde sous la direction de Michel Venne dont la sortie est annuellement largement ignorée par Big Media.

    Cette publication devrait être distribuée gratuitement à tous les nouveaux immigrants, et surtout, dans toutes nos écoles secondaires et universités pour remettre les pendules à l'heure et prévenir l'immense campagne de salissage de la nation qui est en cours.

    Arrêtons de prendre pour du cash les déblatérassions des mercenaires à la solde des pouvoirs économiques et médiatiques tels les retords de L'Institut Économique de Montréal ou du Frazer Institute. Il faut, au contraire les dénoncer pour ce qu'ils sont : de vulgaires potiches politiques sans aucune espèce de crédibilité.

    La mécanique de l'assimilation tel que pratiqué depuis Lord Durham s'applique encore et toujours. Immuablement ! Les outils ont évolué, ils sont moult fois plus efficaces et omniprésents mais le plan demeure intact.
    · Première étape : Démoraliser la nation inféodée · Deuxième étape : Discréditer l'autorité de la nation inféodée · Troisième étape : Neutraliser la nation inféodée

    "Depuis 1763, nous n'avons plus d'Histoire, sinon celle, par réfraction, que nos conquérants veulent bien nous laisser vivre, pour nous calmer. Cette tâche leur est d'autant plus facile que nous secrétons nos propres bourreaux." - Léon Dion / politicologue et papa de Stéphane. Comme la vie est cruelle !

    Les priorités des nos bonzes médiatiques sont-elles vraiment à la bonne place ? Sert-on le public ou un agenda politique ? La prétention à l'objectivité est-elle suffisante ? Poser la question c'est y répondre !

    Ce qui est des plus dérangeant, c'est de réaliser que ce n'est pas seulement ce que l'on décide de nous présenter qui est questionnable mais surtout ce que l'on décide de ne pas investiguer.

    Notre premier sinistre "Harpeur" s'allie aveuglément à la pire gang de bandits, coupable de crimes contre l'humanité, qu'est l'administration Bush. Pourtant cela nous est présenté comme étant anodin.
    Ce qui est inacceptable, c'est le changement unilatéral de la politique historique de l'approche canadienne de son rôle comme force armée. C'est l'envoi au combat de nos militaires dans une guerre que le peuple canadien et québécois réprouve. C'est l'aplatventrisme face à l'amerloque belliqueux. C'est la mainmise du complexe militaro-industriel sur la politique étrangère du Canada comme des USA.

    C'est ça la vrai nouvelle !

    "On croit mourir pour sa patrie et l'on meurt pour les industriels." - Anatole France

    C'est ça que l'on veut balayer sous le tapis ! Le jupon dépasse méchamment il me semble mais qui s'en aperçoit ? Qui nous le rappellera ? Pas nos médias apparemment !

    "Le peuple est une masse imbécile faite pour être menée par ceux qui se donnent la peine de le tromper." - Frédéric II de Prusse

    Bonne Année quand même !

  • Yves Babin
    Inscrit
    lundi 24 décembre 2007 10h31
    Faites attention, les médias!
    Je suis bien d'accord avec les propos de Jean-François Couture à propos de son commentaire intitulé "Ces gnochons de Québécois!" Ce sont des propos qui nous éclairent enfin!

    Je crois que les médias (surtout ceux de Gesca Ltée) doivent crier victoire et se dire "Mes amis, levons un taost à cette brillante et valeureuse victoire que nous savourons sur ces stupides québécois souverainistes. L'ennemi est désemparé, déprimé et désorienté, bref nous avons vaincu et que Dieu nous bénisse $$$!

    Mais attention! La vie peut parfois nous réserver de grandes surprises et c'est quand nous pensons avoir gagné que commence la chute du dit vainqueur. Même si on croit à tort que le peuple est gnochon et malléable, il peut sortir de sa torpeur et refaire l'histoire que l'on croyait écrite pour les siècles à venir.

    Quand on étire l'élastique comme le fait beaucoup de nos médias, il peut nous "péter" en pleine face et là les vaiqueurs deviennent des vaincus.

    Joyeuses fêtes!

  • Guy Fafard
    Inscrit
    lundi 24 décembre 2007 11h48
    Une nouvelle de plus que 24 heures...
    Je réagis à deux articles qui me semblent connexes.

    Gilles Duceppe, Jean Charest, Stephen Harper, Immigration, Gouvernement, Québec (province), Canada (Pays)

    nouvelles, Le Trente, Média, Québec (province)

    Monsieur Stephen Harper commence à faire fausse route dans la première rubrique, en disant que le Canada se comporte bien en matière d'immigration. Si tel était le cas il n'y aurait pas de problème d'accommodements déraisonnables et d'intégration des immigrants intégristes de culture différente.

    Si le Trente trouve que les accommodements déraisonnables ont eu une sur-couverture médiatique au Québec; c'est que le Trente a oublié de regarder ce que font les musulmans en Europe, aux États Unis et dans les autres pays contre tout ce qui est occidental. Je dois convenir que les intégristes de tout poils ont accaparé ici un gros pourcentage de la nouvelle avec environ 2% de la population. Je n'ai qu'une question sur une nouvelle de plus de 24 heures, la voici: "Est-ce ce la prolongation du programme à la long terme élaboré par lord Durham ?"

  • Steve Boudrias
    Inscrit
    mardi 25 décembre 2007 12h58
    Le Village Global News ou Global ?
    Pour comprendre à quel point la diversité des sources d'informations sur internet n'est aucunement garante d'une plus grande variétés de sources d'informations consultées par les internautes québécois, c'est de constater à quel point la fameuse mondialisation ne fait que produire moins cher les même conneries occidentales d'hier.

    Prenez par exemple l'industrie du cinéma et de la télévision par satellites.

    Pouvez-vous m'expliquer comment se fait-il que Bollywood n'envahisse jamais nos écrans comme les productions Hollywoodienne des États-Unis et comment on peut avoir si peu de canaux étrangers dans un ensemble de canaux choisis à la carte par un diffuseur d'émissions retransmises par satellites ?

    Plus ridicule encore, comment peut-on être aussi étranger à la culture cinématographique ou télévisuelle du Mexique alors qu'ils font partie de l'ALÉNA ?!

    Et comment peut-on vraiment prétendre à une quelconque ouverture sur le monde lorsque nous ressentons constament le besoin de passer par un filtre québécois afin de comprendre et de voir ce qui se passe dans le reste du monde ?!

    Bref, après le syndrôme du ROC (Rest Of Canada), on fait face au ROTW, le Rest Of The World syndrom.

    Super. Joyeuses fêtes à défaut d'une joyeuse amélioration...

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