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Dramatique saga de la famille Lavigueur

Paul Cauchon   13 décembre 2007  Médias
La famille Lavigueur (Patrice Bélanger, Sophie Cadieux, Dhanaé Audet-Beaulieu et Pierre Verville), au moment de recevoir son chèque de plus de 7,6  millions de dollars. Photo: Radio-Canada
La famille Lavigueur (Patrice Bélanger, Sophie Cadieux, Dhanaé Audet-Beaulieu et Pierre Verville), au moment de recevoir son chèque de plus de 7,6 millions de dollars. Photo: Radio-Canada
N'importe quel scénariste qui aurait écrit une histoire imaginaire comme celle de la famille Lavigueur se serait fait rabrouer. Trop invraisemblable, trop tiré par les cheveux. Mais comme la réalité dépasse souvent la fiction, l'histoire véridique des Lavigueur dépasse tout ce que la fiction pourrait inventer.

Pour les Québécois qui ont suivi la saga des Lavigueur dans les années 80, cette famille est synonyme de gags sans fin, c'est comme une sorte de symbole du «parvenu» qui fait honte à la collectivité.

C'est donc avec stupéfaction que les téléspectateurs prendront connaissance de la série en six épisodes Les Lavigueur, la vraie histoire, que Radio-Canada diffusera au début de janvier et dont deux épisodes ont été présentés hier aux médias.

Car la véritable histoire de cette famille est une tragédie, et la série est très dramatique. «Au départ, explique Mario Clément, directeur des programmes de Radio-Canada, c'était une famille unie, simple, qui s'aimait. Elle a vécu un drame humain incroyable. Comme télévision publique, nous avons voulu réhabiliter leur nom.»

La famille Lavigueur a été ridiculisée dans les médias, pourchassée par certains journalistes avides et dévastée par la gloire soudaine qui leur est tombée dessus sans aucune préparation.

On se souvient que les Lavigueur, une famille très modeste de l'est de Montréal, avaient remporté au printemps 1986 le plus gros lot de l'histoire de Loto-Québec à l'époque, soit plus de 7,6 millions de dollars, après avoir perdu le portefeuille qui contenait les billets. C'est un inconnu, anglophone, qui avait sonné un soir à leur porte pour rapporter le portefeuille et leur apprendre qu'ils étaient devenus millionnaires.

Tout le Québec découvrait alors cette histoire incroyable... et commençait à se moquer des déclarations maladroites faites aux médias par les membres de la famille, se régalant des chicanes entre le père Jean-Guy et sa fille Louise, qui était alors en pleine crise d'adolescence et qui a poursuivi en justice la famille pour obtenir sa part du gros lot, sous les pressions de son chum, un petit bum.

La famille s'est désintégrée sous la pression, et sous les manipulations des étrangers qui tentaient d'obtenir leur part. Le père a passé pour un imbécile alcoolique vivant de l'aide sociale depuis des années: en réalité, c'était un homme simple, analphabète, dévasté par la mort de sa femme qu'il adorait et qui était survenue quelques mois auparavant, profondément attaché à ses enfants, fier d'avoir travaillé toute sa vie mais venant de perdre son emploi. Il était indigné d'être présenté, dans les premiers reportages, comme un assisté social.

La série est basée sur le livre d'Yve Lavigueur, seul survivant aujourd'hui de cette famille, avec sa soeur Sylvie (Louise est décédée à 22 ans, un autre frère s'est suicidé, le père est mort en 2000).

Le projet, scénarisé par Jacques Savoie, a connu plusieurs étapes. D'abord présenté à TQS, il est ensuite passé à TVA, où il devait faire l'objet d'un long métrage. C'est Radio-Canada qui a finalement relancé la série, et le réalisateur Sylvain Archambault (Le Négociateur) a particulièrement bien filmé la réalité quotidienne des quartiers populaires de Montréal.

La série sera présentée le mardi soir à compter du 8 janvier à Radio-Canada.
 
 
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    13 décembre 2007 08 h 02
    L'argent et le bonheur
    Ça ne va pas être trop bon pour Loto-Québec ça en montrant que le bonheur et le bien-être ne sont pas plus disponibles quand on est millionnaire que quand on ne l'est pas.

    C'est bien démontré dans la fable de La Fontaine : Le savatier et le financier qui finit par le savatier qui dit au financier : Rendez-moi mes chansons et mon somme et reprenez vos cent écus.
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  • Lise Beaudoin - Inscrite
    13 décembre 2007 14 h 45
    Méfiance et Croyances!
    Nous rêvons tous de gagner le gros lot un de ces jours, c'est certain! Mais à quel prix?
    Du plus loin que je me rappelle, devenir riche tout d'un coup apportait instantannément un jugement collectif: "C'est un maudit parvenu!" Sans oublier "Regarde-le! Le frachier! Il a oublié d'ou il vient!!!" Et aussi, l'inévitable "Tête enflée!Y reconnait pu personne!"
    C'est ce que j'appelle des croyances tenaces qui ont la couenne dure. Qu'un de nous se démarque soudainement, et la méfiance à son égard est automatique. Encore une fois, les phrases toutes faites issues de notre entourage depuis tellement longtemps surgissent. Elles sonnent comme ceci:
    "C'est un croche, il vole tout le monde!"; "C'est pas net son affaire, il y a surement des passes passes en dessous de ça." Etc, etc, etc. Sans oublier une jalousie secrète, une envie de tout ce que le voisin a et qu'on a pas, tout aussi inavouable l'une que l'autre...
    Avec ce bagage "méfiance-croyance-social-collectif", il était normal que toute une société réagisse avec autant de dénigrement envers ces gens. Chacun se voyant plus méritant parce qu'eux travaillent d'arrache pied à se sortir de leur ordinaire. Eux-même avaient au moins plus de bonnes raisons de gagner! Alors, pourquoi ces "pauvres-là"? Que de jalousie et d'âpretés ont gagné tout un peuple aussi instantannément que cette famille qui remportait un GROS LOT de LOTO!!! En serait-il vraiment autrement aujourd'hui???
    Non, cette famille ne méritait pas le dénigrement d'une société tout entière. Elle avait rêvé comme des millions d'autres gens de gagner ce "paradis"... sauf qu'en plus elle reçu notre mépris!
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  • Gilles Bousquet - Inscrit
    14 décembre 2007 09 h 46
    @ Lise Beaudoin
    La famille Lavigueur a été un objet de dérision de nos journalistes et de nos comiques, pas parce qu'elle avait gagné ce gros gros-lot qui les rendait riches mais pour ce qu'elle en a fait en un court laps de temps : Chicanes de famille, achat d'un château tros gros, déclarations pathétiques et/ou risibles etc...Il y a d'autres familles qui ont aussi gagné de gros montants et aucun n'a autant attiré l'attention et à perdre tout leur "motton" aussi vite pour des niaiseries, si ma mémoire est bonne.

    D'une façon ou d'une autre, on va avoir la vraie histoire bientôt que l'on va suivre avec intérêt pour nous conforter dans la théorie que plus d'argent ne rend pas plus heureux automatiquement.
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