À voir à la télévision le dimanche 9 décembre - Procession sur la banquise
Ni soldat ni esclave (sauf de la faim et du froid), pas vraiment oiseau ni tout à fait poisson, le manchot empereur règne en roi et maître sur l'Antarctique. Il n'a guère de mérite, toutefois, puisqu'il y est pratiquement seul, à part quelques scientifiques français établis dans une base non loin de leur colonie depuis environ 50 ans.
Pour eux, la présence humaine n'a rien de menaçant, ils craignent davantage leurs forces déclinantes à couver leur progéniture pendant des mois, ou encore à traverser, le ventre vide, des immensités de glace pour rejoindre l'océan. Mais pourquoi doivent-ils aller se reproduire sur une terre aussi ingrate et aussi loin de leur jardin d'Éden aquatique?
Le réalisateur français Luc Jacquet a l'humilité de reconnaître qu'il en ignore la réponse, et c'est ce mystère, mêlé à une admiration palpable, qui donne à La Marche de l'empereur sa beauté grandiose et cette fascination digne des plus belles légendes. Rompant à son tour — après Microcosmos et Le Peuple migrateur, entre autres — avec le côté parfois scolaire du documentaire animalier, il opte pour l'approche réconfortante du conte ainsi que pour un point de vue anthropomorphique, décrivant, en termes simples, les joies et les périls du cycle reproducteur des manchots empereurs.
Dans ce lieu du bout du monde, où les icebergs sont «des colosses endormis», les morceaux de bravoure ne manquent pas. Luc Jacquet les capte selon tous les points de vue, s'approchant des manchots au moment de leurs amours, les suivant dans la mer où ils nagent à la vitesse d'une torpille ou pendant qu'ils clopinent sur la glace en rangs serrés. Toutes ces étapes sont racontées par trois voix, épousant respectivement celle du mâle (Charles Berling), de la femelle (Romane Bohringer) et de leur progéniture (Jules Sitruk).
Entre les vieux rituels et un décor inamovible, la musique électronique d'Émilie Simon, à sa manière une sorte d'oiseau rare, ajoute au film une part d'étrangeté.
Cinéma / La Marche de l'empereur - TVA, 21h
Pour eux, la présence humaine n'a rien de menaçant, ils craignent davantage leurs forces déclinantes à couver leur progéniture pendant des mois, ou encore à traverser, le ventre vide, des immensités de glace pour rejoindre l'océan. Mais pourquoi doivent-ils aller se reproduire sur une terre aussi ingrate et aussi loin de leur jardin d'Éden aquatique?
Le réalisateur français Luc Jacquet a l'humilité de reconnaître qu'il en ignore la réponse, et c'est ce mystère, mêlé à une admiration palpable, qui donne à La Marche de l'empereur sa beauté grandiose et cette fascination digne des plus belles légendes. Rompant à son tour — après Microcosmos et Le Peuple migrateur, entre autres — avec le côté parfois scolaire du documentaire animalier, il opte pour l'approche réconfortante du conte ainsi que pour un point de vue anthropomorphique, décrivant, en termes simples, les joies et les périls du cycle reproducteur des manchots empereurs.
Dans ce lieu du bout du monde, où les icebergs sont «des colosses endormis», les morceaux de bravoure ne manquent pas. Luc Jacquet les capte selon tous les points de vue, s'approchant des manchots au moment de leurs amours, les suivant dans la mer où ils nagent à la vitesse d'une torpille ou pendant qu'ils clopinent sur la glace en rangs serrés. Toutes ces étapes sont racontées par trois voix, épousant respectivement celle du mâle (Charles Berling), de la femelle (Romane Bohringer) et de leur progéniture (Jules Sitruk).
Entre les vieux rituels et un décor inamovible, la musique électronique d'Émilie Simon, à sa manière une sorte d'oiseau rare, ajoute au film une part d'étrangeté.
Cinéma / La Marche de l'empereur - TVA, 21h
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