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Médias - Exclusif: enquête sexy!

Paul Cauchon   26 novembre 2007  Médias
Il y a quelques semaines, la FPJQ (Fédération professionnelle des journalistes du Québec) avait mené un sondage auprès de ses membres. Avec 252 répondants volontaires sur plus de 2000 membres, il ne s'agissait pas d'un sondage scientifique. Il faut prendre les résultats avec prudence, mais ils indiquent tout de même une certaine tendance.

Dans ce sondage, 92 % des répondants trouvaient que la qualité de l'information est de plus en plus menacée dans nos médias. D'abord à cause du sensationnalisme, qui prend de plus en plus de place, ensuite à cause du glissement de l'information vers le divertissement, enfin à cause du manque de temps dont disposent les journalistes.

Cette fin de semaine, la FPJQ tenait son congrès à Québec. Les mauvaises langues diront que c'est l'exercice annuel d'autoflagellation des journalistes... qui retombent dans leurs bonnes vieilles habitudes une fois le congrès terminé.

Avec ce petit sondage en tête, on se demandait, dans un des ateliers, si les médias se sentent obligés de «spinner» la nouvelle, c'est-à-dire d'exagérer la nouvelle, de la «surjouer», d'en beurrer trop épais.

Évidemment, les patrons de presse ne l'admettront pas. À La Presse par exemple, expliquait l'éditeur adjoint Philippe Cantin, on a fait le pari, au tournant de l'année 2000, «d'être plus spectaculaire en une, avec une mise en page plus accrocheuse, des titres spectaculaires», parce que le tirage du quotidien baissait à la fin des années 90. Un journal «ne peut plus se contenter de répéter ce qu'on trouve sur les sites Internet ou à la télé», ajoutait-il, et il doit développer ses propres histoires fortes, ce avec quoi on ne peut qu'être d'accord.

Au Journal de Montréal, on ne reconnaît pas non plus «exagérer» la nouvelle. «Nous avons entrepris un virage enquête, explique George Kalogerakis, directeur de l'information. Nous voulons être plus proches des gens, défendre les intérêts civiques et personnels de nos lecteurs. Nous voulons être le chien de garde.»

Tout cela est bien beau, mais le malaise persistait chez plusieurs journalistes qui écoutaient ces propos. Il semble évident à plusieurs que les différents groupes médiatiques sont entrés dans une lutte féroce où chaque média a tendance à «jouer» très fort sa nouvelle, et à la décliner, en plus, sur plusieurs plates-formes différentes... tout en critiquant, d'ailleurs le travail du concurrent. À quel moment le sain marketing devient-il de l'exagération? La frontière n'est pas toujours claire. Même Radio-Canada mène maintenant de vastes opérations de marketing avec ses propres nouvelles sur toutes ses plates-formes, et Alain Saulnier, directeur général de l'information, admettait «que, des fois, on a tendance à annoncer trop souvent la fin du monde».

Par ailleurs, il faut se réjouir de l'importance grandissante apportée au travail d'enquête dans les médias. Personne ne devrait s'en plaindre. Encore faut-il s'entendre sur ce qu'est une véritable enquête.

Le Journal de Montréal est particulièrement fort dans l'utilisation du terme. À Radio-Canada, il existe même une émission qui porte maintenant le titre d'Enquête... alors qu'il s'agit, souvent et tout bonnement, de simples reportages dans l'ancien esprit d'Enjeux.

Bref, l'enquête devient une expression passe-partout, censée vous garantir que vous seront révélés de grands complots ou de grands secrets qui ont nécessité des mois de travail... alors qu'il s'agit souvent d'un travail journalistique de base, avec quelques coups de téléphone donnés pendant une journée de travail.

Spinner la nouvelle? Il est certain que l'information continue, et la concurrence qu'elle suscite entre les groupes médiatiques, multiplie aussi les risques d'exagération. Il n'y a là rien de très nouveau: depuis plusieurs années, les journalistes critiquent les dérapages qui se produisent lorsqu'ils sont obligés d'aller en ondes à chaud, sans avoir le recul nécessaire pour comprendre l'information. La vraie surprise là-dedans, c'est que, après 10 ou 15 ans d'information continue, on constate encore des dérapages, comme si les médias n'apprenaient jamais. Alain Saulnier admettait lui-même lors du congrès que, lors de la visite de l'avion Airbus 380 à Montréal récemment, «on en a un peu trop fait». Il a le courage de la franchise, alors que les patrons de TVA, eux, brillaient par leur absence. À écouter le déluge de reportages lors du passage de l'Airbus, on avait pourtant l'impression que c'était la plus grande invention depuis le Spoutnik...

Sur un mode plus grave, et toujours au sujet de l'information continue, une journaliste de TQS-Trois-Rivières avouait aussi que, dans l'histoire de la petite Cédrika Provencher, «nous sommes allés en ondes avec des informations non vérifiées».

En tout cas, l'exagération en matière d'information ne semble plus un sujet tabou. Lors de ce même congrès, un atelier se demandait jusqu'où il faut aller pour obtenir le témoignage d'une victime. Et dans un autre, la couverture des accommodements raisonnables fut vertement critiquée par certains journalistes, qui estimaient que les médias ont un peu trop jeté d'huile sur le feu.

pcauchon@ledevoir.com






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  • Robert Benoït
    Abonné
    lundi 26 novembre 2007 07h59
    approbation et critique
    « Excellent reportage.

    Les journalistes enfin se posent les vraies questions et reconnaissent pour certains leurs nombreux dérapages.

    Malheureusement, je ne peux encore espérer un virage dans l'information dans un soucis professionnel de rendre une nouvelle vraie, un commentaire précédé d'une réflexion honnête.

    Malheureusement je ne peux encore espérer que les media cessent de répéter à outrance les mêmes nouvelles.

    Malheureusement je ne peux encore espérer que les media cessent de s'accrocher à la nouvelle dramatique jugée par eux tellement essentielle que lorsque le Québec, le Canada, l'Amérique ne leur fournit pas le contenu qui remplit les minutes, les lignes dont ils disposent (imposées) ils vont de par le monde, dans quelque petit coin de la planète chercher la tragédie nécessaire.

    Non, je ne me rendrai certainement pas à ce jour béni où les media auront eu le courage de penser et de voir les dégâts qu'ils causent et se tourneront un tant soit peu vers les beaux événements de la vie.

    "Dis-moi ce que tu lis ... ce que tu écoutes ... et je te dirai qui tu es" Nous sommes ce qui nous nourrit.

    Pauvres de nous!.

    Pierrette Maher »

  • Gabriel RACLE
    Inscrit
    lundi 26 novembre 2007 08h15
    Information ou désinformation
    « Il s'agir d'un problème général, pour ne pas dire mondial, et nos journalistes du Québec ne sont pas les seuls qui peuvent faire - à l'occasion - leur mea culpa. Un test intéressant consiste à comparer la même information donnée par les télévisions belge, suisse, française et canadienne, pour s'en tenir à des bulletins en langue française. Grâce à TV5 Monde, cet exercice est parfaitement possible, lorsque l'occasion s'en présente. Or, non seulement l'interprétation de l'événement peut varier, ce qui peut s'expliquer du fait d'opinions politiques, de contextes géographiques, de valorisations et autres facteurs qui diffèrent, mais les faits eux-mêmes sont présentés de manière différente, avec parfois des modifications si apparentes que l'on peut se demander si ces journalistes parlent de la même chose.

    On peut aussi s'amuser à faire une comparaison du même genre, grâce à Internet, entre les journaux de différents pays. On peut arriver à des constatations identiques. Il n'y a donc pas en jeu qu'une question d'exagération de l'infirmation, de surexposition de celle-ci, mais de dénaturation des faits, au point que l'on peut se demander ce qui s'est réellement passé. Les guerres d'Irak et d'Afghanistan sont particulièrement révélatrices à cet égard, d'autant que les informations sont difficilement vérifiables et émanent souvent d'une seule source. Si l'on additionnait le nombre de talibans tués depuis le début de la guerre d'Afghanistan ou de « terroristes » tués en Irak, il y a longtemps qu'il ne devrait plus en avoir. Mais qui peut vérifier la véracité des communiqués triomphants des états-majors, si les victimes sont bien ce qu'ils prétendent? Et les rectifications sont rares. Mais il n'est pas toujours nécessaire d'aller aussi loin. Des informations non vérifiées ne sont pas une exception, sous la pression de la concurrence entre les médias et de la nécessité d'être les premiers à en assurer la diffusion.

    Le résultat négatif est un scepticisme à l'égard de la nouvelle, ce qui est fort regrettable. »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    lundi 26 novembre 2007 08h37
    Plus on est ignorant moins on s'en aperçoit !
    « "A cynical, mercenary, demagogic press will produce in time a people as base as itself" - Joseph Pulitzer

    Le véritable journalisme d'enquête se meurt. Même quand un intrépide de la trempe d'Éric Laurent réussi à relever le voile de déception qu'est devenu Big Media, on le lui rend au centuple en l'ignorant (Il était au Québec cette semaine et on lui a préféré un flopée d'insignifiant à "Tout Le Monde En Parle"). Mais pire : on souligne la sortie de son livre mais on ignore les aboutissants du contenu qu'il révèle.

    EXEMPLE : On ne peut lire son bouquin "La Face Cachée du 11 Septembre" sans se poser de sérieuses questions sur le narratif américain autour du 9-11 et pourtant le pablum journalistique ambiant continue à être régurgiter sans arrêt comme si de rien n'était. La position canadienne de serviteur béat de l'empire est rarement questionné.

    Pas le temps pour ces balivernes : On a une guerre à gagner !

    Le consensus est d'accepter la version officielle du clan Bush pourtant coupable, aux yeux du monde entier de crimes de guerre et contre l'humanité.

    Conspiration ou non !

    On ne saura probablement jamais ce qui s'est réellement passé le 9-11; pas plus que pour les assassinats de JFK, son frère, Martin Luther King, j'en passe et des meilleurs... C'est la preuve de concept de l'inefficacité totale de la profession d'éclairer les moments forts et pivotaux de notre civilisation.

    "Il faut bien l'avouer, la télévision est devenue un lieu de non-dit politique. Paralysée par son respect des rôles, étriquée par une sorte de rectitude politique, elle se transforme de plus en plus en simple courroie de transmission pour les professionnels de la communication qui organisent le discours politique." Gil Courtemanche / Réflexions sur la pratique journalistique

    Merci messieurs les journalistes pour votre merveilleux travail. Mindfuck Inc. ne pourrait pas contrôler la plèbe aussi efficacement sans vos précieux talents.

    Aux valeureux professionnels qui continue l'opiniâtre combat de réellement nous informer de la dure réalité... MERCI !

    Merci, Éric Laurent, Greg Palast, Seymour Hersh et autres défenseurs de la profession qui osent s'élever au-dessus de l'insignifiante mêlée médiatique pour nous aider à réellement comprendre cette horrible réalité qui berce, encore et malgré tout, nos illusions.

    En attendant...

    "We are watching a poorly staged rendition of Wag the Dog , interpreted for the morbidly stupid and performed by the criminally insane." - Jules Carlysle »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    lundi 26 novembre 2007 10h04
    Médiacres? vous avez dit médiacres? Comme cest bizarre?
    « Je propose de nommer désormais les journalistes (le problème est que nous ne pouvons pas mettre tout le monde dans le même panier mais presque...) des médiacres à la place de médiocres. Médiacre qui fait penser à médiocre et aussi à média. J'ai entendu un jour un journaliste dire que Rita Luxemburg était anglaise et aidait les pauvres; j'en connais un autre qui n'a jamais lu Hannah Arendt mais qui dit qu'il l'adore, ni Montaigne. Vous me direz et alors? Un journaliste se doit de maîtriser son sujet sinon pourquoi le lire s'il raconte des bêtises. Moi j'ai le droit de dire des bêtises par définition puisque je ne suis pas journaliste, je suis une personne «ordinaire» comme le disent justement les journaleux de Radio Canada. Souvent ils ont un comportement de charognard, ils volent vers un accident, un fait politique, un fait divers, chats et chiens, hommes, enfants, femmes, pauvres, New-Orléans, catastrophes naturelles, guerres et autres écrasés. Ils parlent culture dans leur ennuyeux hebdo (sauf VOIR qui a une tenue et une teneur très correcte) où d'un bref coup d'oeil on voit bien qu'ils n'y entendent rien. On a viré Stéphane Lépine pour la littérature de Radio Canada pour mettre de bizarres cultivateurs et Robert Lévesque a disparu de l'horizon. Il y en a plein qui le remplace et même qui remplace la culture par le néologisme « CUL-ture » inventé par un éditorialiste québécois. À peine vous voyez un homme écrasé par un camion (oui, je l'ai vu de mes propres yeux et même j'ai lancé des mots pas sympas au caméraman) et le sang coulant avec un désarroi de mort à pleurer surtout lorsque son enfant est prêt de lui et qui pleure et qui pleure, et le journaliste presque aux genoux du moribond pour lui demander ce qu'il ressent. Voilà pourquoi les médiacres sont des charognards. Idem pour tout le reste des médias. Je ne parle pas des analyses et autres, c'est différent et Le Devoir fait exception à la règle (même si ce n'est pas tout le temps). »

  • Réjean Beaulieu
    Inscrit
    lundi 26 novembre 2007 10h17
    Et le citoyen lui?
    « La profession aurait peut-être pu reconnaitre dans ce sondage que les rétroactions de ses lecteurs ainsi que la blogosphère-citoyenne lèvent la barre en matière de "journalisme". Doit-on s'étonner si cela n'a pas été reconnu? Dites-moi donc qui sont nos "nouveaux curés"? »

  • Michel Pépin
    Inscrit
    lundi 26 novembre 2007 10h35
    Enquêter sur les enquêteurs
    « Beau constat, mais comme vous le dites si bien, lundi matin vous retournez au travail pour continuer un travail qui est de plus en plus bâclé, à mon avis. À quand une véritable enquête sur vous-même? Ça doit pas être assez "vendeur". Dans la dernière grève étudiante, il y a eu des "dérapages" coté étudiants, j'en convient, mais le public n'a rien compris de cette grève et des problèmes de l'éducation post-secondaire au Québec, sinon : 50$/session, des pupitres brisé et un peu de pot. C'est tu ça aller au delà de la nouvelle? »

  • Pierre Samuel
    Abonné
    lundi 26 novembre 2007 10h37
    Au secours Debord, Chomsky, Baillargeon...
    « Dès 1967, le philosophe Guy Debord dans son volume "La Société du spectacle" mentionnait très justement que "le règne autocratique de l'économie marchande avait accédé à un statut de souveraineté irresponsable." Ce que devraient méditer les dirigeants de ces déferlantes entreprises dites de "communication" qui ne sont en fait que des fabricants de poudre de perlimpinpin dans une poursuite effrénée au lucratif marché du "lavage de cerveaux"! »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    lundi 26 novembre 2007 11h15
    Les journalistes, ces professionnels essentiels à la démocratie
    « Cette réunion de journalistes revêt, à mon sens, un exercice important de remise en question du travail journalistique ainsi que de l'éthique journalistique.

    La crédibilité des artisans de l'information est en chute libre, et pour cause.

    L'information 24h en onde, primeur internet, associée à une technologie qui permet l'instantané, favorise le cliché, c'est le cas de le dire. Nous avons de l'information de polaroid.
    Le recul sur la présentation d'une nouvelle, sur l'essence de la nouvelle, fait défaut.

    Le marketing est aussi une des plaies de l'information. Dans bien des cas, le but n'est pas d'informer, mais de vendre. Nous avons l'information hygrade. Ce type d'information a le vent dans les voiles, c'est le phénomène "radiopoubelle" enclenché par André Arthur, Jeff Filion, qui a fait bien des émules.
    Ce phénomène, de l'information de commérage, ridicule fait boule de neige dans la population. La rumeur, le préjugé, le cliché dominent partout. Mario Dumont en profite allègrement.

    Même Radio Canada, la très crédible société d'État qui employait des journalistes d'une intégrité irréprochable, glisse vers le laxisme du jugement facile et nous offre de l'information suivant le courant imposé par les locomotives de la pensée et de la perception.

    Une des facettes, qui selon moi, est de la plus grande importance, est le degré d'opinion dont les médias regorgent et noie l'information pure. Il est évident que plus de la moitié du contenu des journaux et des publications, sont en fait des textes d'opinion. Éditorialistes, spécialistes, porte-parole... On n'informe plus, on nous fait sentir ce qui est bon et ce qui est méchant. Après avoir pris la connaissance d'une nouvelle, il faut se demander si nous en savons plus ou si notre sentiment a été orienté. On nous fait sentir le méchant. On nous fait sentir le bon. On conclut pour nous sans rien nous apprendre. On aiguille notre opinion.

    Beaucoup de journalistes lorgnent plus facilement vers la démonstration de leurs opinions plutôt que vers la nouvelle objective. Les faits sont relégués en arrière-plan, l'opinion en premier plan. Souvent, les faits ne servent qu'à démontrer l'opinion bien établie au départ.

    Depuis le 11 septembre 2001, depuis que l'axe du mal et celle du bien s'opposent, l'opinion mondiale est polarisée. Cette puérilité a fait son chemin, le cinéma états-unien surfe sur cette notion depuis quelques décennies, le monde Walt Disney s'est répandu, la nuance a disparu. Il y a désormais, les bons et les méchants. Fini les nuances. Dans ce monde de noir et de blanc, les multiples tons de gris ont disparu. L'opinion sur bien des sujets importants est polarisée. Les bons et les méchants se confrontent dans les médias.
    Les journalistes, chose que je ne comprends absolument pas, emboîtent le pas. À travers le choix de leurs mots, à travers leurs intonations, ils nous exposent le point de vue des bons et des méchants. Il n'y a plus de doute. Le propos d'un Chavez est incontestablement démoniaque, connaissant la verdeur de son langage et sa feuille de route de provocateur affranchi. Il est inutile de chercher à comprendre et à approfondir ce qu'il dit.

    Saddam était un fieffé dictateur, mais il n'avait pas d'armes de destruction massive et ne représentait pas de grande menace. Il était dictateur, mais pas fou. La couverture journalistique lors des pressions US à l'ONU pour enclencher la tuerie d'Irak a été encore cette fois, du blanc pur et du noir méchant. Dans les médias, même la France, avec ce De Villepin empêcheur d'avancer vers le bien, avait tort. Les journalistes, analystes de tout acabit rangeaient automatiquement la France vers l'axe du mal. On lui reprochait à pleine page d'empêcher la bonne marche de l'ONU et de miner la crédibilité de l'institution. Incroyable! Il faut relire les journaux et les titres de l'époque.
    La réalité nous a appris que De Villepin et la France avait raison. Que Hans Blix avait raison, que les millions de personnes descendues dans les rues du monde pour dénoncer cette future boucherie, avaient raison. Mais les médias ont persisté à véhiculer le discours et les arguments mensongers des administrateurs de l'axe du bien.
    J'étais estomaqué d'entendre cet unisson médiatique, même le regretté René Mailhot disait que De Villepin minait la crédibilité de l'ONU.
    On était bien loin du Watergate. Nous sommes bien loin du Watergate. Aujourd'hui un journaliste d'enquête grattant une facette politique qui sent mauvais, se ferait rapidement remettre à sa place. Il suffit d'une déclaration de Bush ou de Harper disant que ce n'est que de la diffamation pour que tout rentre dans l'ordre. Les journalistes sont dociles ou pire, stupides!

    Le journal le Monde titrait au mois de septembre 2006 "Hugo Chavez s'ouvre la voie pour une présidence à vie". Hier j'entendais une promo de l'émission de la SRC "Une heure sur terre" "Chavez veut s'octroyer la présidence jusqu'en 2031". Chavez prévoit-il abolir les élections?
    Ce titre frappe l'esprit et nous renvoie au verrat de gros méchant dictateur qu'est Chavez. Pourtant, si John Howard avait été élu en Australie, aurait-on souligné qu'il en était à son Xième mandat consécutif? Les mandats consécutifs, une réalité de bien des pays: en Angleterre, en France , en Italie, en Allemagne, au Canada, au Québec...

    Je ne sais pas si J.M. Leprince va nous présenter une étude approfondie de la réforme constitutionnelle vénézuélienne qui doit être approuvée par la population vénézuélienne dimanche prochain?
    Je crois que cette réforme a bien plus qu'un unique point comme on nous le présente. Bien sûr, on va nous parler de l'article concernant la censure des médias en cas de tentative de coup d'État, mais on ne dira pas grand-chose sur le rôle des médias le 11 avril 2002. Je me demande même si M. Leprince va en glisser un mot. On dénonce avec plus d'ardeur cet article de la constitution vénézuélienne que la censure réelle et actuelle des médias au Pakistan.

    Les journalistes sont résolument orientés vers le bien et même si Musharaff a censuré emprisonné et même assassiné, il demeure démocratique parce que M. Negroponte est à ses côtés pour le guider vers la bonne voie. Musharaff peut faire toutes les atrocités, il demeure un dictateur démocratique et pour preuve il a annoncé les élections et a enlevé son uniforme. Par contre, la Birmanie a eu droit à un concert médiatique de dénonciation intense de sa méchanceté. Le chef du bien a réitéré son blocus économique qu'il voulait mondial en janvier 2007, M. Harper en défenseur de la démocratie et de la liberté a imposé une rupture économique avec ces méchants. Le concert médiatique fut, une fois de plus, à l'unisson, la Birmanie est un repère de méchants. On l'a découvert soudainement, brutalement, même s'il existe déjà depuis plus de 40 ans!
    Étrange, tout de même, cet engouement soudain de dénonciation enclenché par une manifestation bien ordinaire de moines contre la hausse des prix du carburant!

    Étrange que les journalistes ne s'interrogent pas sur leur unisson. Étrange aussi que les médias, qui sont pourtant friands de sujets radiopoubelles, ne s'attardent pas plus sur bien des points sombres reliés aux attaques du 11 septembre 2001. Pourtant, plus de la moitié de la population américaine et même mondiale, se pose des questions troublantes et qui demeurent sans réponse.
    Étrange comme les médias ont sauté sur l'histoire de cul (il faut dire que le cul... ça vend en titi!) de Bill Clito. Des millions (67) pour une enquête sur le scandaleux Bill Clinton et un maigre 14 millions (initialement 3 millions) pour l'enquête officielle sur le pire attentat ayant les plus grandes répercussions planétaires de tous les temps.

    Il faut vraiment se questionner sur les vagues médiatiques. Ces déferlantes qui nous engloutissent. Comme les accommodements raisonnables où le traitement fut d'un ridicule incroyable où la confusion fabriquée a fait grimper les ventes et les cotes d'écoute où l'information radiopoubelle a été phénoménale. Comme une grande soupe stupide où tout se mêle et où plus rien ne ressort distinctement.

    La FPJQ devrait se réunir plus régulièrement. Cet exercice devrait avoir lieu trimestriellement. Il reste certainement des journalistes dignes de ce nom qui sont capables de voir les choses franchement et qui peuvent rétablir une éthique journalistique capable de redorer la crédibilité de cette profession essentielle pour la bonne marche démocratique du monde.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Roger Morin
    Inscrit
    lundi 26 novembre 2007 23h02
    Rafraichissant
    « Que ces questions soient soulevé avec honnêteté.....ou par la pression sociale....elles sont tout de même posées et c'est tant mieux.Parce que le métier n'a plus le glamour qu'il avait.
    Le métier de journaliste est plutôt maltraité et souvent avec raison. Dans bien des entreprises d'importance, il n'est plus permis à un quidam non formé de s'adresser aux médias, le risque de dérapage est trop grand. Il y a de trop nombreux cas de "gestion" de l'information obtenu en entrevue; découpage hors contexte, montage biaisé, tout pour faire ressortir un objectif préalable.... mauvais , très mauvais.
    La nouvelle devrait arriver après la ceuillette d'information pas avant.....et découler des informations pas la construire. »

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