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Rage contre la machine médiatique

Stéphane Baillargeon   28 septembre 2007  Médias
Jacques Bouchard et Charles Taylor
Photo : Jacques Grenier
Jacques Bouchard et Charles Taylor
On n'est jamais mieux châtié que par soi-même. Appelée à commenter le rôle des médias dans le dossier brûlant des accommodements raisonnables, la journaliste montréalaise Rima Elkouri a sorti hier son artillerie analytique et tiré à boulets critiques dans son propre camp.

«À mon sens, de façon générale, les médias ont été une incroyable usine à désinformation dans ce contexte», a dit la chroniqueuse de La Presse pendant un débat organisé par l'École des médias de l'UQAM. «Sans ce rôle négatif, on ne serait pas pris aujourd'hui avec une commission qui va coûter cinq millions de dollars. [...] Les médias n'ont pas trempé la plume dans la plaie, comme le demandait le journaliste Albert Londres. Ils ont créé la plaie.»

Pour Mme Elkouri, le sommet (ou le fond) a été atteint avec l'histoire de la cabane à sucre où on a servi de la soupe aux pois sans jambon pour satisfaire des clients musulmans. Après la manchette du Journal de Montréal, l'anecdote commerciale est devenue une petite «affaire» et les politiciens ont évidemment été cuisinés par la meute. Un collègue, hégélien malgré lui, a interrogé André Boisclair sur le jambon comme élément constitutif de l'essence de la mixture pétaradante...

Continuant à cracher dans sa soupe, Mme Elkouri a noté que trop de manchettes et de nouvelles donnent l'impression que le Québec a été envahi par des ultrareligieux. La veille du débat, avant-hier donc, TVA ouvrait son journal télévisé avec une photo prise le 24 juillet de femmes voilées dans une piscine à vagues...

«Six femmes de dos à la piscine, ce n'est pas une nouvelle», a enchaîné l'animateur de TQS Jean-Luc Mongrain, précisant toutefois qu'il ne voulait pas trop critiquer les absents, personne du réseau TVA n'étant présent. Le débat réunissait aussi Jeff Heinrich, de The Gazette, et des médiologues de l'UQAM et de l'Université Laval. De toute manière, M. Mongrain tenait surtout à balayer les accusations selon lesquelles c'est encore une fois la faute aux médias.

«On est taxé de sensationnalisme à TQS, mais j'ai des petites nouvelles pour vous autres. On a fait 39 reportages de huit minutes sur ce que sont "les autres". Nous avons visité 39 communautés. On l'a fait. On ne l'a pas fait pour récupérer, puisque la diffusion a précédé le début des travaux de la commission Bouchard-Taylor.»

Le timonier du Grand Journal de 17h pense que l'affaire des accommodements raisonnables a été montée en épingle par les politiciens eux-mêmes, pas par les médias. «Cette commission est un compromis, une entourloupette. On ne peut pas aborder une problématique sociétale avec mépris. Il ne sortira rien de cela.»

Celle qui pleure, celui qui rit. Le public, lui, semble adopter une position mitoyenne, ménageant l'absolution et l'anathème, sans rage rose ou noire contre la machine médiatique. «Les perceptions négatives et positives par rapport aux médias coexistent pacifiquement au sein de la population», a résumé le chercheur Michel Lemieux, du Centre d'études des médias de l'Université Laval. Il a présenté les conclusions d'une enquête qualitative sur le sujet. «Les médias sont perçus par les participants à nos rencontres comme des vigiles qui attirent l'attention sur certaines réalités que les élites préféreraient cacher. En même temps, ils estiment que les médias exacerbent certaines craintes, exagèrent des situations et accordent une importance démesurée aux accommodements raisonnables.»

Cette étude, intitulée La dynamique médias/accommodements raisonnables, se base sur des entrevues réalisées en juin dernier auprès de groupes de Québécois francophones dans trois régions (Montréal, Québec et Trois-Rivières).

Du côté négatif de la perception, les participants se disent agacés par la redondance des nouvelles, «la répétition constante, en boucle». Ils critiquent «la vision simpliste, univoque des événements». Ils établissent des liens entre le sensationnalisme, les cotes d'écoute et les tirages. Ils observent que les sujets relayés «jouent sur des peurs profondes et des éléments émotifs, frustrants ou menaçants», l'égalité des hommes et des femmes ou l'identité québécoise, par exemple.

Du côté positif, les gens pensent que les médias jouent un rôle de vigile, révèlent une «réalité cachée», suscitent des débats et exposent le «complot du silence des élites» autour de ce problème. Plus étonnant encore, les répondants croient que le système médiatique fait de la pédagogie à l'égard des autres cultures et des religions minoritaires. Ils croient aussi que les outrances se corrigent à moyen terme et que le sensationnalisme s'atténue dans les jours suivant les manchettes accrocheuses. Bref, dans l'ensemble, «les médias ont plus reflété que créé les faits», et «l'aspect positif l'emporte sur l'aspect négatif», a résumé M. Lemieux.

Le professeur Florian Sauvageau, lui aussi du Centre d'études des médias, a avoué que cette enquête l'obligeait à repenser ses grilles d'analyse. Il dirigeait le groupe réunissant les journalistes et les médiologues. «J'ai un devoir de réserve en tant que président, mais je dois dire que j'étais assez près de la position de Mme Elkouri. Maintenant, je dois constater que la population est beaucoup plus nuancée.»

Son collègue Antoine Char, de l'UQAM (et du Devoir), a examiné autrement le couple médias-public. «La dictature des médias n'est pas plus forte qu'il y a 20 ou 30 ans, a dit le professeur-pupitreur. Il faut plutôt parler de la dictature des publics. Il faut regarder ce que font les publics des médias qu'ils aiment tant. Les médias ne contrôlent plus l'attention politique, ils l'attirent.»

Une spécialiste du rôle des médias dans nos démocraties, la professeure Anne-Marie Gingras, de l'Université Laval, a finalement pris le micro dans la salle pour souligner l'ironie de la situation. Hier matin, à Montréal, dans une université, de savants observateurs des médias «défendaient le sensationnalisme comme "nature de la bête"» tandis que des journalistes «activaient le mécanisme de l'autocritique»...






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Vos réactions

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  • Benoît Gagnon
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 00h41
    Idée versus image. Benoît Gagnon
    « Dans l`ordre de la connaissance, l`image se caractérise par la saisie directe de la réalité(on dit que le sens de la vue donne 80% de l`information sur notre environnement). Tandis que le discours(celui qui accompagne l`image dans l'information télévisuelle, est en général une description de l`image elle même). Or que retenons-nous de cette information " le spectacle". Alors la question est de savoir comment introduire la réflexion dans l`information spectacle que nous recevons chaque jour.
    Il me semble que la solution passe par les journalistes qui, en consultation avec ses confrères, pourraient améliorer l`information au quotidien »

  • Serge Charbonneau
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 03h30
    Excellente initiative de Mme Elkouri
    « Je crois que Mme Elkouri, a soulevé une critique intéressante et justifiée.

    Force est de constater que souvent, les médias forgent l'événement.
    Force est de constater que les médias sont composés d'une proportion démesurée d'opinions au détriment de l'information pure.
    Les faits sont relégués en arrière-plan et les discours à l'avant-plan.
    Les mots dominent sur les faits.
    On ne va plus sur les lieux, on ne rapporte plus les gestes, on délaisse souvent la réalité.
    On préfère la conférence de presse. Nous avons du journalisme de conférence de presse et nous avons du journalisme de sensation.
    Il y a l'art de débusquer le con qui fera réagir. Il y a l'art de trouver la niaiserie qui occupera les radiopoubelles pendant des jours.

    Il est grand temps que les journalistes retournent vers la réalité et laisse dire les orateurs, les pseudo analystes, les pseudo-experts, les grands professeurs universitaires. Tous ceux-ci nous exposent leurs opinions en la déguisant comme étant la vérité, la réalité.

    Autre problème des médias, c'est qu'ils sèment la confusion. Les journalistes ont perdu l'idée du focus, ils tirent tous azimuts. Ils semblent devenus incapables de cerner un sujet.
    Les accommodements raisonnables en sont un bel exemple. On y inclut l'immigration, le débat sur la laïcité, la vie en société, les lois électorales, les rapports homme femme. Bien sûr que toutes ces facettes sont des sujets satellites des accommodements, mais le débat serait plus efficace si on l'envisageait point par point, parce que c'est en fait plusieurs débats et non un débat cacophonique unique.

    Les journalistes ne jouent plus leur rôle d'amener une information pure pour alimenter la réflexion. On nous sert de l'opinion pleine page, sans nous offrir des bases solides pour appuyer la réflexion.

    Le Canada en Afghanistan est un autre exemple. La nouvelle ressemble souvent plus à de la propagande qu'à de l'information. Il faut toujours se rappeler qu'en temps de guerre la première victime est justement, l'information.

    Mme Elkouri a soulevé un excellent point. Les journalistes doivent prendre conscience de leur "mission", de leur pouvoir et de leurs lacunes.


    Serge Charbonneau
    Québec »

  • Isidore Kashiba
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 06h41
    La machine médiatique à la base de la commission
    « Oui, c'est vrai que le manque de contrôle de la journaliste d'un des journaux à Montréal avait donné le goût aux villageois de Hériouville d'exposer leur haine contre les personnes d'origines immigrantes. Les politiciens, entre autre Mario Dumond en a profiter largement en profitant de la maladresse de la journaliste qui est à base de ce désordre.
    L'opinion se souviendra que cette journaliste qui avait choisie la voie de la haine s'improvisait sur les plateaux des différentes télévisions non pas pour chercher à savoir pourquoui les femmes musulmanes sont voilées mais plutôt à porter son jugement déjà tranché en avance. Sincèrement en elle, on y trouver point aucun jugement jurnalistique. Aucun. Il s,agisait tout simplement d'une fanatique de la haine déguisée en journaliste. »

  • Gilles Delisle
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 07h47
    Les états d'âme de Mme Elkouri
    « Il y a plusieurs mois que Mme Elkouri s'éclate à chaque fois qu'un groupe d'immigrants demande un accomodement "déraisonnable", comme le disait si bien hier Mme Pelchat du Conseil du statut de la femme! Par exemple, elle ne comprenait pas la réaction des gens qui se sont plaints des changements de règlement municipal sur le stationnement à Outremont, il y a quelque temps, pour satisfaire un groupe de juifs. Pourtant, c'est justement à cause de demandes de ce genre qu'il y a une commission sur les accomodements. Mme Elkouri s'amuse beaucoup depuis quelques mois à dénigrer les québécois qui ont soulevé ce genre de comportements inappropriés dans notre société, dêpuis quelques mois. C'est un peu à cause d'elle, et de ses collègues éditorialistes au journal La Presse, que j'ai abandonné mon abonnement à ce journal.

    Gilles Delisle »

  • jacques noel
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 08h04
    Le plus gros mensonge: la crise démographique
    « Depuis une bonne décennie, on nous bombarde quotidiennement du même mensonge: on vieillit, on fait plus d'enfants, on va disparaitre. ON NOUS MENT EFFRONTÉMENT. Jamais les paresseux de journalistes ne vont vérifier les données qui contredisent ce discours qui ne sert qu'à nous vendre un niveau démesuré d'immigration.

    En 2006, les Québécoises ont fait 82,100 enfants, le meilleur crû au 21e siècle. Une augmentation de 14,5% par rapport à 2000. Comme seulement 54,000 Québécois sont morts, ça donne un ratio de 152 naissances pour 100 décès. C'est l'un des meilleurs ratios du monde industrialisé.

    La France, dont on vante tant les programmes de natalité, a un ratio de 131. Elle fait plus d'enfants que le Québec certes mais a beaucoup plus de morts, ce qui donne un ratio plus bas. La Suisse, l'un des pays les plus riches au monde, a un ratio de 114. En Suède, pays comparable au Québec sous bien des aspects, on est dans le rouge avec 99 naissances pour 100 décès. L'Autriche, pays catholique de 7 millions d'habitants, est aussi dans le rouge à 89; l'Italie est à 83 et l'Allemagne à 77. En Russie, pour chaque 100 morts, seulement 68 enfants voit le jour! La Russie se meurt, pas le Québec.

    Le Québec compte seulement 14,3% de personnes âgées. La France est à 16,4%, la Belgique et la Suède 17,4%, l'Espagne 17,7%, la Grèce 19%, l'Allemagne 19,4%, l'Italie 19,7 % et le Japon (2e puissance économique de la planète ) à 20%. Au top, y'a le pauvre Monaco à 22,4% .

    Bref, on nous ment sur toute la ligne. Il n'y a ni pénurie de main-d'oeuvre (juste des employeurs qui ne paient pas) ni crise démographique au Québec. Pourquoi on le cache au bon peuple? »

  • Jean St-Jacques
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 08h09
    Journalisme malade
    « Les médias ont le don de faire d'un fait divers, une montagne. Certains journalistes cherchent à donner à un fait un envergure pour se donner une réputation.

    Une manchette est plus payante qu'un chien qui fait pipi sur un poteau...

    J'en ai marre des Martineau, Boisvert, Marrisal, Dubuc, Pratte qui sèment des jugements que la population répète comme des perroquets.

    C'est l'argent qui mène le monde journalistique. Le Journal de Mtl est l'exemple le plus frappant. C'est payant pour Péladeau. On vit dans un monde où le capitalisme est le vrai maître. Qu'on laisse donc les gens pensés par eux-mêmes et on devrait faire le ménage dans l'information visuelle et écrite. La télévision est un instrument diabolique. Il faut fermer sa télé et prendre l'air... »

  • Yvon Montoya
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 08h44
    Les médiacres ont le pourvoir de tout dire et de tout faire...
    « « C'est le retour de l'arène romaine et de la tendance qu'à la société contemporaine à se transformer en un décor de spectateurs pour le nouveau théâtre de la cruauté. (...). On n'a pas suffisamment tenu compte du fait que le symbole et le média le plus fort de la culture de masse antique, je veux parler de l'arène romaine, n'ont fait leur retour qu'au XXème siècle, et sous une forme architecturale et dramaturgique. (...). Ainsi naît la société totalitaire des médias, qui tend à tirer toute chose à l'intérieur de l'arène.»
    « ...il existe un lien clair entre le divertissement de masse et le management du ressentiment de type fasciste.» (Peter Sloterdijk).
    Cela semble-t-il si étonnant ce genre d'affaire? Le journaliste de nos jours n'analyse pas, il fournit, comme le boulanger son pain, de l'événement. Nous assistons bien dans tous les médias même les plus « intelligents » à une course au sensationnel. À Montréal, une bonne part des journalistes ne sont tout simplement pas à la hauteur de leur job. Ils n'ont pas les connaissances suffisantes pour un recul salutaire à une analyse digne du journalisme d'information. La difficulté est qu'ils se cachent tous derrière la sacro-sainte notion d'authenticité et d vérité. Ils n'en ont rien à faire et cela porte préjudice à tout le monde. Il est facile de voir comment ils écrivent et manient les concepts qu'ils ne connaissent pas. J'ai vu, lu, entendu des journalistes avec lesquels j'ai travaillé citer des auteurs nécessitant des années de travail alors qu'ils ne les avaient jamais lus. Lorsque vous avez un minimum de culture et de connaissances, vous voyez très vite le misérabilisme des médiacres pointer le bout du nez. Qu'importe puisque les lecteurs n'en savent pas plus. Ceux qui en savent plus, ragent de tant de mensonges et d'irresponsabilité. Alors, un jour quelqu'un le signale, c'est fait, merci Rima Elkouri ... »

  • Pierre-Alexandre Bossé
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 09h30
    crédibilité des médias
    « Dans la situation actuelle, la crédibilité des médias est un enjeu important. À force de crier au loup, ont peut lasser l'auditoire et surtout ne plus représenter qu'un divertissement.
    dans ce journal, en première page de l'édition du samedi 15 septembre, la photo de Chantal Jolis avec en titre "Chantal Jolis musulmane". quel soit musulmane c'est son choix et rien de plus. Mais en plein débat des accomodements raisonnable cela relève de la provocation.
    Depuis ce jour, votre crédibilité en a pris un coup à mes yeux.
    Je suis d'accord avec Mme Elkouri et aussi avec Mme Bombardier.
    Si l'attitude des médias - dont le votre - ne change pas. Si leurs points de vue ne s'élève pas, pour sortir de l'anecdote, ils s'apercevront que la sagesse populaire est à bien des occasions supérieurs à propre point de vue - réf.: entrevue de Christiane Charette avec le maire Tremblay de Chicoutimi - et elle perdra toute crédibilité.
    Le débat est en passe de devenir une impasse grâce en bonne partie aux médias.
    Le débat s'est transformé en une arêne entre les différentes formes de religiosité et une pensée d'intellectuels athées - qui sont restés accrochés avec l'image passéiste de l'église des années 50 - qui se prétend seul capable de soutenir une société laïc.
    Le discours des médias doit changer - le risque est grand pour la démocratie lorsqu'une voix aussi essentiel perd sa crédibilité. »

  • André Doré
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 10h12
    Faits divers devenus faits de société? Déformation de la réalité?
    « Non... ce qui a été rapporté par les médias ne sont pas des faits divers. On y parlait de faits très importants auxquels les politiciens auraient cependant dû prêter une oreille attentive et leur appliquer une solution immédiate au lieu de laisser traîner les problèmes soulevés.

    Par contre, les médias savent comment créer une polémique pour faire vendre leurs journaux ou augmenter leurs cotes d'écoute. Voyez l'exemple de l'histoire d'Hérouxville: ils ont déformé la réalité et ont fini par créer une plaie... pas seulement la gratter...!!!

    Pas plus tard que dans l'édition du 27 septembre de ce journal, un collectif d'auteurs, des gens informés, éduqués et instruits (j'imagine) ont publié le texte "Rompre avec la démission identitaire" dans lequel on y lisait entre autres choses à propos de l'accueil des immigrants, que: "Dans tous les cas, les candidats (à l'immigration) devraient signer un contrat de citoyenneté dans lequel seraient énumérés non seulement leurs droits mais également leurs responsabilités, notamment leur adhésion aux valeurs fondamentales du Québec comme l'égalité des hommes et des femmes ainsi que le caractère laïque de l'espace public."

    Ce texte m'apparaissait hier et encore aujourd'hui très censé... pourtant, c'est exactement ce que visait à faire le fameux texte d'Hérouxville qui fut tant décrié...!!! Bizarre, n'est-ce pas? Pourquoi ce qui se veut n'être que "gros bon sens" aujourd'hui, ne l'était pas hier? Est-ce que c'est parce que l'idée venait de gens "trop" ordinaires...?

    Je dis que ce sont souvent les médias qui font tout déraper quoique... lorsqu'on lit dans les commentaires... que les "villageois de Hériouville (sic) (ont exposé) leur haine contre les personnes d'origines immigrantes.", on doit avouer que les médias n'ont pas le monopole de la déformation de la réalité...!!! »

  • Jean-François Couture
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 10h26
    Le Prix de l'Âme d'un Peuple
    « "La politique, c'est l'art de consulter les gens sur ce à quoi ils n'entendent rien, et de les empêcher de s'occuper de ce qui les regarde." - Paul Valéry

    Le statut du citoyen régresse à son ancien état d'esclave de la royauté. Ce n'est plus le sang bleu qui impose, c'est au tour des empires médiatiques de régner.

    En des temps moins politiquement corrects, le pouvoir affichait ouvertement son souverain mépris...

    "Le peuple est une masse imbécile faite pour être menée par ceux qui se donnent la peine de le tromper. " - Frédéric II de Prusse

    Mindfuck Inc. affiche de plus en plus cette attitude hautaine et suffisante. On se cache de moins en moins, tellement l'emprise médiatique sur l'opinion publique se consolide et semble irréversible.

    De pointer les empires médiatiques comme de simples mercenaires du pouvoir économique et politique est devenu un plancher pour quiconque s'intéresse encore à l'exercice démocratique.

    Que 97.5% des médias écrits québécois (Gesca et Québécor) manipulent l'opinion publique, par leur incessant dirigisme ridiculise toute prétention à l'objectivité des institutions autrefois connues comme le 4ième pouvoir.

    Ce qui demeure indéfendable de la part de Gesca, ce n'est pas que La Presse et ses satellites soient des organes fédéralistes néo-con-libéraliste ; c'est leur prétention à l'impartialité. Dito pour CBC franco. Que le Journal de Montréal se refuse à avoir une page éditorial est aussi explicite.

    Un citoyen corporatif a aussi des obligations, surtout quand il utilise un bien commun comme les ondes publiques. Mais ça, qui s'en souvient ?

    Il semble autrement plus payant pour nos élites d'utiliser leur intelligence et pouvoir pour abuser de leurs contemporains que de les aider à évoluer en les éduquant.

    Les émules d'Edward Bernays ratissent large et sans vergogne.
    Voir absolument les 4 heures du documentaire "The Century of the Self" / First Part : http://video.google.com/videoplay?docid=2637635365191428174&q=The+Century+of+the+Self La genèse du PR et du contrôle dirigé du peuple y est exposé... Ouch !

    Depuis, la psyché collective carbure, par procuration, via les chantres de la transformation du citoyen en consommateur. Le tout largement subventionné par vous et moi ! On a de la classe tout de même, on fournit le KY !

    Abuser du bon peuple... c'est du gâteau médiatique.

    "Les puissants se servent des institutions même qui établissent la liberté de principe pour faire régner l'inégalité de fait dans le cadre de la loi." - Jean Jaurès

    Nous sommes libres, de toute la longueur de notre chaîne...

    Les journalistes, artistes et artisans de l'industrie culturelle sont désormais pris en otage et réduis au silence, sinon à l'insignifiance et au dirigisme de l'information comme de la création.

    Tous les hommes ont leur prix nous assure-t-on...

    Quel est celui de l'âme d'un peuple ?

    Nous sommes des Québécois à peur entière !

    "Il n'y a pas d'élégance à être un bon perdant quand l'enjeu perdu est la liberté." - John Hay Whitney »

  • Francois Piazza
    Inscrit
    vendredi 28 septembre 2007 12h03
    Apprennez le métier !
    « Ancien journaliste (sur le terrain) puis ancien chroniqueur ( sur un événement faisant partie d'un ensemble ou sur un ensemble circonstanciel ) j'ai tours fui ce genre de réunion où, au nom d'une excellence souvent autoproclamée, des confrères flagellent ou victimisent la profession. Puis-je leur rappeler. y compris à Mme Rima Elkouri , ce qu'est le métier ?
    C'est d'abord d'informer !
    Le journaliste, en autant qu'il peut vérifier, décrit un fait, Quand une série de faits ont une même cause, il y a là un phénomène ( éphémère ou non) de société qui nécessite ou non un reportage en profondeur : en journalisme Mme Rima Elkouri on recherche les causes pour aider le lecteur à comprendre. Car nous sommes d'abord à son service et à celui de la vérité. Quant au chroniqueur, «censé »être ( qui est de moins en moins le cas, n'est-ce pas madame ? ) un journaliste chevronné, il émet une opinion qu'il doit étayée dans le cadre de la liberté éditoriale qui lui est dévolue. D'où j'en conclu que Mme Rima Elkouri, parlant via sa fonction qui justifiait sa présence, parlait un peu au nom de la Presse

    Elle a du réjouir les chefs de pupitre et les adjoints du directeur de l'information de la Presse, qui comme leurs concurrents et néanmoins amis (?) qui ont fait de grands titres sur les incidents accommodatifs et la commission ad hoc,. ont « crée la plaie » ( Dame Rima Elkouri dixit) À moins que préférant Blondin à London ils « n'en ont rien à boire » dés propos de Notre Dama Rima Elkouri !
    Sinon « Il va y avoir du sport » ailleurs que chez Mme Bazzo

    François Piazza »

  • Michelle Bergeron
    Abonné
    vendredi 28 septembre 2007 16h41
    Plus près des vedettes que du peuple
    « A mon sens il n'existe qu 'une seule règle d'or. l'enquête, l'enquête et l'enquête. Suivi des vérifications et des nuances. Neutralité le plus possible présenter des faits et laisser le soin aux lecteurs ou auditeurs la réflexion finale. Nous sommes rendu à faire circuler des nouvelles copier des autres, insinuations, mémérages etc. Pas fort. Quand on pense que la démocratie repose sur ce bien souvent??? Les vedettes journalistes, les vedettes de n'importe quoi sont des analystes pour dire à la populasse comment pensée...comment votée. Médias pouvoir malade pire que la politique. »

  • ntet mitond
    Inscrit
    lundi 8 octobre 2007 04h34
    Et si je vous demanez de réagir à ma liste d'accomomoments suivants'
    « MESSAGE D'UN TEMOIN OCCULAIRE
    -------------------------------------------------------

    Je suis né en République démocratique du Congo, dans le village de Mutombw A Chibang, district de Kapanga, sous province du Lualaba, Province du Katanga.

    A l'époque il n'y avait ni eau potable ni électricité, ni route, ni moyen de transport fiable. Aujourd'hui rien n'a changé.

    La quasi-totalité des habitants vivent de l'agriculture traditionnelle et de pêche archaïque.
    Le monde occidental nous était inconnu. Tout ce que nous connaissions de ce monde se limiter à la présence des missionnaires et à l'histoire de la colonisation Belge.

    A l'époque il n'y avait qu'une seule école secondaire dans mon district ne comptant que la première et la deuxième année. Il y avait en tout quatre centres du cycle primaire sur l'ensemble du territoire. Mon village n'avait que les classes de première et deuxième année du primaire. Nous parcourions plus de cinq kilomètres chaque matin et chaque soir pour aller à l'école dans un des centres du district

    À la fin du cycle primaire, on devait se rendre dans un centre pour y passer un examen d'admission en première année secondaire de la seule école secondaire qui existait dans le district.

    Mon village se situe à la frontière de la province voisine où l'on n'avait pas besoin d'un examen d'admission en secondaire après son cycle primaire.
    A l'insu de mes parents, je me suis rendu dans la province voisine pour m'y inscrire dans une école catholique de la place. Après mon secondaire, je me suis rendu à Lubumbashi capitale de la province du Katanga où l'on pouvait trouver la seule université de la province. Je fus admis à l'université de Lubumbashi, la seule existant dans la province.

    C'est là que j'ai appris qu'il existait des programmes d'aide au développement et des bourses d'étude que l'occident octroyait aux Congolais. C'est là aussi que j'ai appris qu'il y avait présence des casques bleus au Congo dont parmi eux des Canadiens.

    Là mon cochaimare a commencé. Je commençais à me demander pour quoi mon village n'a jamais reçu une part de ces aides et bourses. Ma curiosité m'a crée quelques ennuis et je me suis retrouvé malgré moi, réfugié en Zambie, pays voisin. Un heureux hasard m'a conduit au Canada. Ce Canada qui est devenu ma seconde patrie. Je me suis inscris à l'Université d'Ottawa et j'ai reçu un double baccalauréat en sociologie et management publique. Malgré ça, je continuais à mes poser les mêmes questions. J'ai passé beaucoup de temps à essayer de comprendre le processus, les motivations et les priorités du Canada pour les questions d'aide au développement en Afrique. J'ai lu un certain nombre des projets conçus par les ONGS et le gouvernement canadien.

    J'ai compris que bien que conçus avec les meilleurs intentions du monde, la plupart des projets ne répondaient pas et ne répondent toujours pas aux besoins des majorités des congolais qui vivent dans des campagnes et dont la seule source de revenus est l'agriculture encore pratiquée dans sa forme archaïque. Beaucoup d'ONG elles mêmes actrices sur le terrain critiquent aujourd'hui les méthodes actuelles d'intervention. Malheureusement, ces critiques n'apportent pas toujours des solutions pratiques.

    Aujourd'hui je ne me pose plus la question de savoir pour quoi les miens n'ont jamais bénéficié des projets d'aide au développement. J'ai finalement compris que la vision occidentale des problèmes des communautés en milieu rural au Congo et en particulier ceux dans mon village sont basés sur des modèles qui ne cadrent pas avec les réalités du milieu. Tenez par exemple : Ici pour faire un projet, il y a des protocoles incompréhensibles pour la plupart des communautés rurales. Ces communautés ne sont souvent pas intégrées aux différents projets et leurs besoins ne sont pas ceux des communautés urbaines. Ici on parle des objectifs, des buts, des missions, d'études de faisabilité et d'autres procédés aussi complexe que les projets eux mêmes.

    Mon village, comme l'ensemble des villages du Congo vivent dans un environnement où n'existe aucune infrastructure de base telle : eau courante, électricité, routes, hôpital ou clinique médicale. Il n'existe ni usine ni manufacture.

    Les seules ressources disponibles sont l'abondance des terres agricoles, des centaines des cours d'eau et des forets. Toutes ses ressources sont sous exploitées et le sont faites d'une façon archaïque et ne donnent pas aux populations des revenues convenables pour prétendre à un quelconque développement.

    Le problème de mon village tout comme celui des autres villages du Congo est claire et n'a besoin d'aucune étude de faisabilité au modèle occidental. Le problème est sans doute le manque des infrastructures de base. Nous ne pouvons pas envisager un quelconque développement sans nous attaquer au problème des infrastructures de base.


    IL n'y a pas manque des ressources, il y a cependant, manque des connaissances et des outils nécessaires pour exploiter ces ressources et les développer. C'est là le vrai défi.
    Comment aider ces populations à développer les ressources existantes pour créer leurs propres richesses. C'est se défi que nous voulions relever en créant le Conseil de transfert des connaissances et des technologies alternatives (LE C.T.C.T.A).


    Vous m'avez accueilli comme immigrant. Vous m'avez par la suite octroyé la nationalité canadienne. Je suis très fier d'être membre de ce merveilleux pays que vos aïeux ont bâti pour vous et que vous continuer à bâtir pour les progénitures avenir.

    Le Canada a grande réputation de générosité envers les pays du tiers monde. Mon pays, la République Démocratique du Congo fait parti des bénéficiaires de cette générosité. Cette générosité vient des vos ancêtres, agriculteurs, marchants, architectes, pécheurs, tradition que vous avez su bien garder et que vous continuer à perpétuer pour les générations futures.

    Je vous l'ai déjà dis, je suis né en République Démocratique du Congo. Mon village s'appelle Mutombw à Chibang., Dans le territoire de Kapanga, district du Lualaba, province du Katanga. Toute ma famille y vit encore. Je ne peux amener toute ma famille ou mon clan au Canada sans parler de tout mon village. Le Canada ne peut pas le faire non plus. Ce merveilleux pays a été bâti à partir de ses ressources naturelles, notamment la terre.

    Mon village dispose de beaucoup d'espace vert, terres fertiles, cours d'eau remarquables, mais ne dispose d'aucun moyen d'exploitation. Il n'y a ni eau courante, ni électricité, ni routes praticables.

    Mon village et mon territoire n'ont pas besoin d'aide humanitaire conne telle, parce qu'il n'y a pas manque des ressources. Il n'y a pas des calamités naturelles. Ce dont mon village et mon territoire ont besoin c'est d'un appui de base pour qu'ils obtiennent les moyens et les capacités nécessaires pour créer leurs propres richesses.

    Je suis témoins oculaire de leurs besoins, je suis né parmi eux et j'ai grandi parmi eux. Grace à la magie des novelles technologies, on trouve aujourd'hui des téléphones cellulaires même dans les villages sans électricité. Il y n'a deux dans mon village et je eu l'occasion de parler à mon oncle et voilà ce qu'il m'a dit. « Cher neveu, pourquoi ne demande-tu pas ӑ tes amis blancs de nous envoyer quelques vieux tracteurs au lieu des vieux habits. Tu sais qu'avec ça, nous pouvons cultiver beaucoup des maïs et de manioc et nous acheter nos propres habits ». Nous pouvons aussi avoir de l'argent pour construire nos routes, avoir un hôpital et beaucoup des choses.
    Voici comment mon oncle a réagi quand je lui ai demandé comment la famille a apprécié les habits que je leur est fait parvenir par le biais d'une ONG américaine.

    Ça c'est un besoin qui ne figure presque jamais dans les différents projets concoctés pour l'Afrique. Certes les medias ne se spécialisent que dans la présentation de catastrophes, des cas de famine, de la corruption des leaders politiques, rarement ils ne parlent des efforts des milieux des associations qui n'ont besoin de plus que ce quelques machines que les canadiens-canadiennes n'utilisent plus.

    En fait, mon village et mon district peuvent facilement sortir de leurs conditions actuelles de vie s'ils recevez des don de machines plutôt que des biens de consommations.


    Voici comment une liste des besoins élaborée avec les membres de mon village et de mon district.
    Equipements de ferme (tracteurs et accessoires)
    Semences.
    Equipements pour construction et entretien des routes (tracteurs et accessoires)
    Equipements de minoterie et boulangerie.
    Equipement pour fabrication des briques
    Equipements d'imprimerie
    Outils pour charpentier, mécanicien, électriciens, maçon, plombier
    Véhicules utilitaires.
    Outre ces besoins en équipements comme soutien au développement, il nous faudra aussi de :
    - Créer des coopératives agricoles.
    - Former des villageois comme ou intervenants en milieu rural
    - Créer des centres de formation pour ouvriers spécialisés
    - Initier des travaux de construction des infrastructures de base.
    - Construire un centre de référence médicale.
    - Travailler avec les institutions d'enseignement existantes pour
    Améliorer La qualité de leurs programmes.
    Ntet Kbwit Mitond
    mitond@yahoo.com »

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