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Couverture médiatique en Afghanistan - Radio-Canada rejette les accusations de partialité et de propagande

Paul Cauchon   6 septembre 2007  Médias
Alain Saulnier
Photo : Jacques Grenier
Alain Saulnier
Dans une lettre publiée ce matin dans les médias (dont Le Devoir en page A 6), la direction de l'information de Radio-Canada rejette toutes les accusations de partialité et de propagande concernant sa couverture de l'Afghanistan.

Ces derniers jours, un regroupement de cinq organismes pacifistes déposait une plainte auprès de l'ombudsman de Radio-Canada, accusant la télévision publique de présenter des informations «non objectives, incomplètes, biaisées et profondément déséquilibrées» dans sa couverture de la guerre. Les organismes soutiennent que seule la position gouvernementale est couverte de façon systématique par Radio-Canada.

Cette critique survient alors que le chef d'antenne Bernard Derome se trouve à Kandahar. Une journaliste du Globe and Mail avait d'ailleurs critiqué la semaine dernière l'accueil réservé par les militaires à M. Derome. On avait, entre autres, offert un barbecue en son honneur et fait un tour de la province en hélicoptère avec le brigadier-général Guy Laroche.

Dans sa lettre publiée ce matin, le directeur de l'information de Radio-Canada, Alain Saulnier, défend l'intégrité de son service en rappelant que, depuis 2001, les journalistes de Radio-Canada «ont pris des risques énormes» pour rencontrer les Afghans chez eux et produire des reportages sur une foule de sujets. Laisser entendre que Radio-Canada ne donne pas l'antenne aux critiques est un «mensonge», ajoute-t-il, en faisant valoir que les partis d'opposition ont été entendus plusieurs fois sur le sujet. Aussi, le documentaire de lundi dernier de Jean-François Lépine sur les dessous de l'engagement militaire du Canada était loin d'être complaisant, dit-il. De plus, laisser entendre que les journalistes expérimentés et aguerris qui se sont rendus sur le terrain «ne sont que des naïfs qui se laissent manipuler par les relationnistes de l'armée est une absurdité», ajoute-t-il.

Alain Saulnier fait également valoir que «nous couvrons l'armée parce qu'une information complète doit aussi s'intéresser à cet aspect de l'engagement canadien».

Preuve qu'on ne peut satisfaire tout le monde, Alain Saulnier mentionne «les autres critiques» que Radio-Canada reçoit, qui souhaitent que la chaîne cesse de couvrir les craintes des soldats ou de leurs familles «pour ne parler que des aspects positifs de la mission».

Bref, Radio-Canada est maintenant dans l'oeil du cyclone, alors que l'engagement militaire en Afghanistan suscite de plus en plus de passions dans la population. Si l'on se fie à la lettre de la direction de l'information, la télévision publique entend aussi se battre pour préserver sa réputation.






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  • Robert Henri
    Inscrit
    jeudi 6 septembre 2007 06h39
    Couverture médiatique en Afghanistan, partialité et de propagande
    « Rejetez! Rejetez! Dès que vos journalistes embarquent avec les soldats en mission criminelle en Afghanistan ou ailleurs, c'est qu'ils acceptent un clan, celui des soldats. Dès lors, ils font de la propagande et ils sont partiaux. »

  • Gilles Bousquet
    Inscrite
    jeudi 6 septembre 2007 11h14
    Pour leur bien
    « Bien OUI, Radio-Canada doit bien être d'accord avec l'idée qu'on va tuer des Afghans pour leur bien même si on ne voit pas trop souvent, dans les reportages, les constructions d'écoles et d'hôpitaux par nos soldats, la mitraillette à gauche et la truelle à droite à 40 degrés sous le soleil avec leurs gros habits anti-balles. »

  • Claude L'Heureux
    Abonné
    jeudi 6 septembre 2007 12h14
    Noyer le poisson
    « C'est vrai que le premier reportage de Radio-Can laissait la parole aux Afgans, en début de bulletin, pour ensuite tendre le micro à un haut-gradé de l'armée en fin d'émission. Pourquoi ne pas avoir diffusé ce reportage avant l'entrevue pour ensuite demander des comptes? L'on a préféré laisser le monsieur dire que tout allait bien et... merci d'avoir voulu nous parler!

    Aussi, j'aimerais que le Devoir nous explique pourquoi Radio-Can fait de la publicité, en première page pour nous inciter à écouter Christianne Charest et compagnie sur un poste sans publicité! Ma compréhension est que Radio-Can cherche à acheter le Devoir avec nos taxes.

    Claude L'Heureux, Québec »

  • Anick Perreault-Labelle
    Abonnée
    jeudi 6 septembre 2007 13h33
    Jamais coupable
    « Les journalistes, une fois de plus, refusent la critique. Ne sont-ils pas supposés être au service de la démocratie? Or, la démocratie, c'est la parole de tous, et pas seulement celle de ceux qui ont le micro... »

  • Sarah Bilodeau
    Inscrite
    jeudi 6 septembre 2007 15h53
    Et le téléspectateur?
    « Pour avoir suivi le dossier de l'Afghanistan à Radio-Canada et au Devoir, je m'estime renseignée convenablement. Je ne crois pas que le fait de lire le Globe and Mail et de regarder LCN aurait fait en sorte de changer mon opinion à l'égard de cette guerre.

    Je ne crois pas non plus que les militaires canadiens en Afghanistan soient des monstres assoiffés de sang afghan. Les montrer comme tels serait une fausse représentation. Ce que j'ai compris de la couverture de Radio-Canada, c'est qu'EUX subissent la désinformation et la propagande de la part de notre gouvernement et des hauts gradés.

    C'est au citoyen de faire preuve d'esprit critique à l'égard des médias et de varier ses sources d'information. Radio-Canada, contrairement à d'autres médias télévisés (pour ne pas les nommer), est loin de prendre son auditoire pour du bétail sans jugement... »

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