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Télévision - Du gros tennis

Jean Dion   11 août 2007  Médias
Au moment d'écrire ces lignes intenses, les Internationaux de tennis du Canada, aussi connus sous le nom de «Coupe Rogers», et, si l'on veut vraiment se faire le relais de la publicité qui est de nos jours un peu trop partout, de «Coupe Rogers présentée par Banque Nationale», les Internationaux de tennis du Canada, donc, n'en sont qu'au premier tour de compétition. Il serait par conséquent légèrement présomptueux d'annoncer d'ores et déjà ce qu'on retrouvera dans ce week-end du carré d'as.

Remarquez, ordinairement, on entend: «bien malin qui pourrait prédire que». En l'occurrence, cependant, personne n'a besoin d'une tonne de perspicacité pour avancer qu'il serait infiniment possible que Roger Federer et Rafael Nadal soient toujours dans la course le temps des demi-finales arrivé. Depuis deux ans, ces deux-là, qui sont en train de développer une rivalité amicale qui fait plaisir à voir pour quiconque apprécie le beau sport professionnel, dominent de manière effrénée le monde du tennis masculin. Ils sont là, inamovibles, numéro un et numéro deux, alors que derrière eux se déroule une chaise musicale perpétuelle pour l'obtention de la troisième place, mais les candidats à celle-ci ne sont pas proche pantoute de convoiter la seconde marche du podium. Le fossé reste énorme. Bien sûr, n'importe quel jour, n'importe qui peut battre n'importe qui, voilà pourquoi le sport est si merveilleux, mais lorsqu'on a quelques sous à parier, il demeure toujours préférable de les mettre du côté des amigos suisse et espagnol.

Cela dit, si Federer est confortablement installé au premier rang depuis environ trois ans et demi, c'est Nadal qui a le meilleur dans les affrontements directs, avec un dossier de 8-5. Sa force sur terre battue lui confère un avantage à cet égard. Mais on a cette fois affaire à une surface «neutre» en ce qui les concerne. Si on regarde les chiffres, on voit en effet ce qui suit. Gazon: 2-0 Federer. Terre battue: 6-1 Nadal. Dur (et la surface de Montréal est dure): 2-2.

Une finale Federer-Nadal serait une première pour Montréal. Tenez, je vais me citer un peu.

Il y a deux ans, soit la dernière fois que les messieurs se produisaient à Montréal, Nadal avait débarqué en forme d'ouragan, lui qu'on venait de découvrir à 19 ans alors qu'il avait passé les premiers mois de 2005 à tout balayer sur son passage. Il n'avait pas déçu sur le central, s'offrant même le championnat dans une finale «passation des pouvoirs d'une génération à l'autre» en défaisant l'increvable Andre Agassi. Agassi qui devait prendre sa retraite quelques jours plus tard après un ultime baroud d'honneur au US Open.

Mais Federer n'avait pas pu concourir, ennuyé par une blessure, au pied également si je me souviens bien, mais ne comptez pas trop là-dessus. On n'avait donc pas eu droit au grand choc.

Cette fois pourrait être la bonne. Les deux connaissent une année à la mesure des immenses attentes, le Suisse avec quatre titres et un dossier de 36-5, l'Espagnol avec six championnats et un rendement de 56-8. En 2007, leurs chemins se sont croisés à quatre reprises, dans les finales de Monte Carlo, Hambourg, Roland-Garros et Wimbledon; résultat: deux gains de chaque côté. Par ailleurs, ils se partagent les trois derniers titres de la coupe Rogers masculine, Federer l'ayant emporté à Toronto en 2004 et en 2006 et Nadal à Montréal en 2005.

Le plus drôle, c'est que tout ce qui précède est peut-être vain. Suffirait d'une blessure intempestive, d'un coup de vent mal placé, d'une petite fatigue soudaine, et on aurait affaire à un tout autre scénario.

Ce qui est certain, par contre, c'est qu'on ne devrait pas s'ennuyer. Les 23 meilleurs joueurs au monde sont à Montréal. Rendu à ce niveau-là, le spectacle est systématiquement séduisant.

Les Internationaux de tennis du Canada, Radio-Canada, samedi, 13h et 19h (demi-finales); dimanche, 13h30 (finale)
 
 
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