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Ramdam à La Gazette des femmes

L'avenir du prestigieux magazine féministe fondé en 1973 suscite de vives inquiétudes

Isabelle Porter   19 juillet 2007  Médias
Québec — Démission en bloc de l'équipe de rédaction, mise au pas de collaboratrices aguerries, réflexion interne sur l'avenir de la revue... L'avenir du prestigieux magazine féministe La Gazette des femmes suscite de vives inquiétudes.

Publié cinq fois l'an par le Conseil du statut de la femme, le magazine fondé en 1973 reposait, depuis une dizaine d'années, sur les épaules de la rédactrice en chef Claire Gagnon et de son adjointe Annie Savoie.

Leur départ en bloc au printemps a semé la consternation parmi les collaboratrices du magazine, qui s'inquiètent de la direction donnée à La Gazette des femmes depuis l'entrée en poste en décembre de la nouvelle présidente du Conseil, Christiane Pelchat.

La journaliste Valérie Borde affirme même que l'un de ses articles a été censuré. Le texte en question traitait de données controversées de l'Institut de la statistique sur la violence conjugale.

«J'ai un papier qui a été commandé, approuvé et brutalement retiré sans aucune explication. Et la rédactrice en chef elle-même m'a avoué qu'elle n'avait aucune explication à m'offrir parce que ça venait d'en haut», soutient cette collaboratrice de longue date de La Gazette des femmes qui écrit souvent dans L'actualité. «Tant qu'on ne pourra pas me garantir que ça ne se reproduira plus, je ne travaillerai plus pour eux. C'est aussi simple que ça. [...] Ça ne marche pas, c'est de la censure.»

La journaliste Mélanie Saint-Hilaire a vu l'un de ses textes complètement chamboulé et a refusé par la suite de le signer. «Je suis extrêmement inquiète. Je peux témoigner du fait que Claire Gagnon et Annie Savoie étaient extrêmement attachées à leur magazine et je pense qu'elles ne l'auraient jamais laissé sans motifs sérieux. Je pense qu'elles craignaient de ne pas pouvoir le diriger en respectant les principes du journalisme.»

La même inquiétude émane des propos de la journaliste Danielle Stanton, qui a reçu de nombreuses distinctions en journalisme ces dernières années, notamment pour son travail à La Gazette des femmes. «D'après les échos que j'ai eus, ils veulent retourner à un féminisme plus dogmatique qui, à mon sens, n'est plus adapté à 2007. Claire Gagnon et Annie Savoie avaient réussi à faire une revue qui dénonçait des choses tout en ralliant les hommes. J'ai peur qu'on les perde comme lecteurs, qu'on perde les jeunes.»

Pas un magazine indépendant

Ces dernières années, La Gazette des femmes avait traité de sujets plus controversés comme la violence exercée par les femmes et la «tendance pitoune» qui pousse des femmes à suivre des cours de «strip-tease». Depuis sa première publication pour le magazine en 1990, Mme Stanton ne se rappelle pas d'une telle crise. «Je n'ai jamais eu connaissance d'une remise en question aussi marquée.»

Invoquant leur devoir de réserve à titre d'employées du gouvernement, la rédactrice en chef et son adjointe n'ont pas voulu commenter l'affaire. Mais d'après plusieurs sources, leur départ aurait été motivé par une profonde mésentente avec la nouvelle présidente du Conseil du statut de la femme sur l'avenir du magazine.

Depuis leur départ, elles occupent respectivement des postes au ministère de la Condition féminine et au Curateur public du Québec. Une ancienne collaboratrice du magazine La Vie en rose et de La Gazette des femmes, Hélène Sarrasin, vient d'être nommée au poste de rédactrice en chef.

Au bureau de Mme Pelchat, on a confié à une conseillère en communication, Béatrice Farand, le soin de répondre à nos questions. Cette dernière a insisté sur le fait que Mme Gagnon et Mme Savoie étaient parties de leur propre chef et que leur travail n'avait «jamais été mis en cause». Elle a dit ignorer les raisons de leur départ.

Elle reconnaît toutefois qu'une réflexion est en cours à l'interne sur l'avenir du magazine. «Le comité de rédaction doit déposer son rapport en décembre. [...] Tout est vu: le contenu, le visuel, le marketing. C'est vraiment une réflexion complète.»

À propos du cas de censure, Mme Farand souligne qu'il n'y a pas lieu de parler de censure parce que La Gazette des femmes n'est pas un magazine indépendant. «Ce n'est pas un magazine indépendant, c'est un magazine du Conseil. Donc si le Conseil avait fait des modifications, ce n'est pas de la censure non plus.» Impossible toutefois d'en savoir plus sur les cas précis de censure, nous dit-on, le nouveau responsable des communications responsable de l'approbation des textes étant en vacances.
 
 
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  • Yann Takvorian
    Inscrit
    jeudi 19 juillet 2007 08h10
    On croit rêver
    En 2007, au Québec, on a l'impressio de lire une chronique des membres du Parti de l'Ex-URSS!

    On sait que le Québec (Féministan) est un matriarcat institutionnel avec son CSF, son MCF ses FFQ et autres groupuscules misandriques hautement subventionnés, mais là, on assiste à un pathétique remue-ménage.

    La perestroïka égalistariste commence à faire son chemin au Québec. Les féministes et autres extrémistes vont sentir le vent tourner.

    La Coalition des Hommes du Québec ainsi que tous les organismes de défense des droits des pères de la "belle"-province doivent se gausser en douce. En douce parce qu'il faut faire attention. On ne sait jamais.

    Regardez ce qui est arrivé au Doc Mailloux ;-)

  • jacques noel
    Inscrit
    jeudi 19 juillet 2007 09h25
    Que des femmes?
    Si je comprends bien les collaborateurs et artisans du magazine (payé avec l'argent de nos taxes) sont des femmes EXCLUSIVEMENT????

    Sérieux? Ils ont aucun homme dans la boite???

  • Claude Stordeur
    Abonné
    jeudi 19 juillet 2007 10h07
    La vie est comme une médaille
    La vie est comme une médaille, il y a deux cotés à tout acte. La pensée unique et cerbère des mouvements féministes à outrance ne règle rien dans la vie de tout les jours. En ne voyant qu'un coté de la médaille ils oublient de voir l'autre coté et rate par leur aveuglement un moyen de médiation indispensable dans une vie qui n'est faite que de compromis. Le féminisme a sa place quand il veut faire en sorte que les femmes soient les égales des hommes tout en tenant compte des différences physiques et mentales entre les deux. Le féminisme n'a pas sa place quand il exaspère les différences pour en faire des défauts et malheureusement veut remplacer le pouvoir des hommes par le pouvoir des femmes, par vengeance complètement inutile et qui ne fait pas avancer la société des humains. Quand je vois le nombre de mères célibataires qui ont bien plus de difficultés à vivre que nos grands mères et tout cela souvent, au nom du féministe outrancier, cela me désole. Un des rôles primordiale de la mère, l'éducation des enfants en est impossible vu le manque de temps et en fait trop souvent des enfants de rue. Le père, ou les pères sont chassés du lieu familial et ne joue pas non plus le rôle qui leur est du. Pour moi quand on a enlever les moyens anticonceptionnelles dans un couple, on est responsable de rester ensemble jusqu'à au moins la majorité de cet enfant. Faire un enfant cela prend 5 minutes et l'élever et en voir les résultats tout une vie de compromis, pas de revendications....

  • Suzanne Beaulieu
    Abonnée
    jeudi 19 juillet 2007 10h29
    Gazette des femmes
    Malgré les bouleversements, je suis encouragée par la nomination d'Hélène Sarrazin. C'est une professionnelle très brillante,etrigoureuse. De plus, elle n'a pas l'habitude de s'en laisser imposer par les autorités.Sa vaste expérience en condition féminine (je l'ai connue à la Coordination en condition féminine, au ministère de l'Éducation),servira sûrement de façon réaliste et moderne la cause des femmes.

  • Jean-Pierre Audet
    Abonné
    jeudi 19 juillet 2007 11h07
    Homme et abonné depuis le début
    J'avoue être très troublé par ce qui arrive à la Gazette des femmes. J'appréciais grandement le courant «smooth» qui s'installait progressivement dans cette revue adaptée à l'évolution du féminisme au Québec. Veut-on se voiler la face devant la violence des femmes envers des hommes ? Veut-on nier que le sexe à tout prix n'est pas réservé aux garçons ? Veut-on démarrer au Québec une tendance radicale à l'américaine que Simone de Beauvoir dénonçait déjà il y a trente ans ? Si la cause féministe a rejoint tant d'hommes depuis une vingtaine d'années, nous le devons en grande partie à la belle objectivité lucide de cette revue que je lisais chaque fois avec grand intérêt. Dommage, très dommage cette dernière orientation si elle se concrétise.

  • Madeleine Robidoux
    Inscrite
    jeudi 19 juillet 2007 11h36
    J'approuve les démissionnaires...
    Elles ont eu du courage..! En effet il semble que les journalistes en général doivent lutter pour leur indépendance tout en examinant leur manière de couvrir certains événements.. de la haute voltige quoi!
    Mais là, de la "censure" à La Gazette des femmes, c'est assez ^"interrogeant" ??? Pourquoi ???
    Cette revue a la rare qualité de parler de sujets que l'on ose aborder. Les articles sont intéressants et les dossiers fouillés et non simplement "des vignettes". Ça fait peur à qui donc ?
    Chaque jour des violences de toutes sortes (conjugales, économiques..etc..) sont faites aux femmes. Ce magazine a ouvert des coeurs et des esprits depuis longtemps et il est bien établit. Ce serait infiniment dommage de se priver de journalistes aguerries et/ou qu'on fasse prendre à ce magazine "ouvert" une direction "low profil" encore une fois POURQUOI..?
    M. Robidoux

  • Roland Berger
    Abonné
    jeudi 19 juillet 2007 11h51
    L'État paye
    Adieu à la révolution sociale subventionnée par l'État. Dorénavant, l'État payeur décidera du contenu des publications dont il assume la financement. Un autre coup de hache de Charest dans la Révolution tranquille.
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Yves Pageau
    Inscrit
    jeudi 19 juillet 2007 15h58
    Ce qui est bon pour minou est bon pour pitou
    Nous assistons à l'agonie de l'idéologie qui prétend établir « l'égalité pour les femmes » en accumulant les privilèges accordés à la caste des femmes. L'égalité des sexes est une question de réciprocité. Le terme féminisme nie que la question de l'égalité soit réciproque.

    L'idéologie victimaire soutenue par l'État est basée essentiellement sur trois arguments que personne n'est autorisé à remettre en question.
    1) Il existerait une conspiration patriarcale qui éloigne les femmes des postes de pouvoir.
    2) Pour un travail équivalent les femmes constitueraient une aubaine pour les employeurs.
    3) Il existerait une force occulte appelée « violence faite aux femmes ».

    L'Institut de la statistique du Québec s'est interrogé sur cette dernière superstition. La conclusion des études sur la question établit clairement qu'en matière de violence conjugale les torts et les victimes sont également répartis entre les hommes et les femmes. L'article censuré par la direction du Conseil du statut de la femme se penche sur la question. Il n'était pas question d'accepter de remettre en question les fondements du féminisme d'État même si ces fondements sont des mensonges.

    Il s'agit d'un dogme qui s'est emmuré. Nous assistons à l'implosion d'une idéologie qui oppose la vertu féminine au vice masculin.

    http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions
    http://www.stat.gouv.qc.ca/publications/conditions

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