À voir à la télévision le lundi 25 juin - Le petit Hiroshima de l'Algérie
Ont-ils été irradiés par une bombe nucléaire ou par la bêtise du gouvernement français? Le réalisateur Jean-Pierre Sinapi n'hésite pas un seul instant à blâmer les politiciens et les hauts gradés de l'armée dans Vive la bombe!, évocation d'une page longtemps tenue secrète de l'histoire de la France.
Après la fin de la guerre d'Algérie, les accords d'Evian permettent à l'armée française de poursuivre des essais nucléaires dans le Sahara. Une première bombe explose au coeur d'une montagne, sans pépins. Le 1er mai 1962, une deuxième explosion, au même endroit, fera de cet essai un événement tragique pour les populations environnantes et des soldats français. Certains avaient été envoyés près du lieu de l'explosion sans véritable protection. Minimisant la portée de l'épais nuage radioactif que crache l'immense fissure causée par toute cette opération bâclée, cette patrouille attend sagement l'ordre d'évacuation...
Cette triste affaire, vite devenue «secret défense» et une grande source d'embarras pour un gouvernement qui voulait rejoindre, à tout prix, le club sélect des puissances nucléaires, a inspiré un film passionnant. Jean-Pierre Sinapi, qui ne craint pas les sujets délicats (la sexualité des handicapés dans Nationale 7), s'est largement inspiré de ces six patrouilleurs (réduits à quatre dans le film), d'abord devenus de pratiques cobayes et ensuite laissés à eux-mêmes pendant des décennies.
C'est cette lâcheté, cette raison d'État perdant la raison, que Sinapi dénonce tout en livrant un réel suspense, tandis que les masques tombent avec fracas. Entre l'idéalisme bafoué des recrues (un quatuor de jeunes acteurs talentueux), le cynisme des dirigeants (Bernard Lecocq en incarne un dans toute sa silencieuse cruauté) et la douleur d'une mère cherchant à la fois son fils et la vérité, Vive la bombe! tempère notre nouvel enthousiasme à l'égard du nucléaire. Une autre leçon du passé que l'on ne peut prétendre ignorer.
Cinéma / Vive la bombe!, TV5, 21h30
Après la fin de la guerre d'Algérie, les accords d'Evian permettent à l'armée française de poursuivre des essais nucléaires dans le Sahara. Une première bombe explose au coeur d'une montagne, sans pépins. Le 1er mai 1962, une deuxième explosion, au même endroit, fera de cet essai un événement tragique pour les populations environnantes et des soldats français. Certains avaient été envoyés près du lieu de l'explosion sans véritable protection. Minimisant la portée de l'épais nuage radioactif que crache l'immense fissure causée par toute cette opération bâclée, cette patrouille attend sagement l'ordre d'évacuation...
Cette triste affaire, vite devenue «secret défense» et une grande source d'embarras pour un gouvernement qui voulait rejoindre, à tout prix, le club sélect des puissances nucléaires, a inspiré un film passionnant. Jean-Pierre Sinapi, qui ne craint pas les sujets délicats (la sexualité des handicapés dans Nationale 7), s'est largement inspiré de ces six patrouilleurs (réduits à quatre dans le film), d'abord devenus de pratiques cobayes et ensuite laissés à eux-mêmes pendant des décennies.
C'est cette lâcheté, cette raison d'État perdant la raison, que Sinapi dénonce tout en livrant un réel suspense, tandis que les masques tombent avec fracas. Entre l'idéalisme bafoué des recrues (un quatuor de jeunes acteurs talentueux), le cynisme des dirigeants (Bernard Lecocq en incarne un dans toute sa silencieuse cruauté) et la douleur d'une mère cherchant à la fois son fils et la vérité, Vive la bombe! tempère notre nouvel enthousiasme à l'égard du nucléaire. Une autre leçon du passé que l'on ne peut prétendre ignorer.
Cinéma / Vive la bombe!, TV5, 21h30
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