Une journaliste de Québec refuse de dévoiler ses sources
Quebecor n'a pas défendu son employée devant la Commission des relations de travail
L'histoire de Karine Gagnon, journaliste au Journal de Québec, n'est pas banale: elle a été sommée de comparaître hier matin devant la Commission des relations de travail, qui voulait obtenir d'elle qu'elle dévoile les sources confidentielles d'un de ses articles.
Et comme si ce n'était pas assez, son employeur, Quebecor, avait refusé de la défendre, sous prétexte que le Journal de Québec est en lock-out.
Mme Gagnon a donc été défendue hier matin par un avocat mandaté par son syndicat et par le Syndicat canadien de la fonction publique, et elle n'a pas eu à dévoiler ses sources.
En novembre dernier, Karine Gagnon avait rédigé un reportage dans son journal faisant état de problèmes d'amiante dans certains édifices gouvernementaux. Elle citait, entre autres, un employé de la Société immobilière du Québec (SIQ). Cet employé a par la suite été congédié par la SIQ.
Ce congédiement a été dénoncé par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), et il a été contesté devant la Commission des relations de travail.
Devant cette commission, les avocats de la SIQ ont exigé que la journaliste dépose les notes et enregistrements ayant servi à ce reportage, afin d'obtenir l'identité des personnes qui lui ont parlé de façon confidentielle.
«Il y a là une sérieuse affaire de principe, fait valoir la FPJQ. La protection dont doivent jouir les sources confidentielles des journalistes de même que leur matériel non publié est menacée.»
«La SIQ est un organisme parapublic, expliquait hier au Devoir Karine Gagnon, qui agit de façon déplorable en envoyant le message aux fonctionnaires qu'ils n'ont pas à parler aux journalistes, sinon ils seront punis.»
En raison du lock-out
Mais il y a plus. Traditionnellement, les directions d'entreprises défendent leurs journalistes dans une telle situation. Dans ce cas-ci, Karine Gagnon a été informée que le Journal de Québec ne la défendrait pas parce qu'il est en lock-out. «J'ai reçu un courriel et une lettre du directeur des ressources humaines du Journal de Québec qui explique que, comme nous sommes en conflit, elle ne peut pas être défendue», soutient le président du syndicat des journalistes du quotidien, Denis Bolduc.
Résultat, le 22 mai, le syndicat a mandaté d'urgence un avocat pour accompagner Mme Gagnon devant la commission, et cet avocat a obtenu le report de la cause au 19 juin.
Hier matin, c'était donc le retour devant la commission. Karine Gagnon s'est effectivement fait demander d'identifier ses sources, et l'avocat mandaté par le syndicat, Me Jacques Lamoureux, s'y est objecté. La commissaire a accepté ses arguments.
Il semble que lundi soir, la haute direction de Quebecor aurait affirmé à la FPJQ qu'elle entendait maintenant défendre sa journaliste, mais ce revirement soudain est venu trop tard, puisque le témoignage de la journaliste s'est terminé hier en l'absence d'un avocat de l'entreprise.
«Je me suis sentie abandonnée par mon employeur, explique Karine Gagnon. Une entreprise de presse doit défendre des principes.»
Par ailleurs, on ne connaissait pas hier le sort réservé au fonctionnaire congédié.
Et comme si ce n'était pas assez, son employeur, Quebecor, avait refusé de la défendre, sous prétexte que le Journal de Québec est en lock-out.
Mme Gagnon a donc été défendue hier matin par un avocat mandaté par son syndicat et par le Syndicat canadien de la fonction publique, et elle n'a pas eu à dévoiler ses sources.
En novembre dernier, Karine Gagnon avait rédigé un reportage dans son journal faisant état de problèmes d'amiante dans certains édifices gouvernementaux. Elle citait, entre autres, un employé de la Société immobilière du Québec (SIQ). Cet employé a par la suite été congédié par la SIQ.
Ce congédiement a été dénoncé par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), et il a été contesté devant la Commission des relations de travail.
Devant cette commission, les avocats de la SIQ ont exigé que la journaliste dépose les notes et enregistrements ayant servi à ce reportage, afin d'obtenir l'identité des personnes qui lui ont parlé de façon confidentielle.
«Il y a là une sérieuse affaire de principe, fait valoir la FPJQ. La protection dont doivent jouir les sources confidentielles des journalistes de même que leur matériel non publié est menacée.»
«La SIQ est un organisme parapublic, expliquait hier au Devoir Karine Gagnon, qui agit de façon déplorable en envoyant le message aux fonctionnaires qu'ils n'ont pas à parler aux journalistes, sinon ils seront punis.»
En raison du lock-out
Mais il y a plus. Traditionnellement, les directions d'entreprises défendent leurs journalistes dans une telle situation. Dans ce cas-ci, Karine Gagnon a été informée que le Journal de Québec ne la défendrait pas parce qu'il est en lock-out. «J'ai reçu un courriel et une lettre du directeur des ressources humaines du Journal de Québec qui explique que, comme nous sommes en conflit, elle ne peut pas être défendue», soutient le président du syndicat des journalistes du quotidien, Denis Bolduc.
Résultat, le 22 mai, le syndicat a mandaté d'urgence un avocat pour accompagner Mme Gagnon devant la commission, et cet avocat a obtenu le report de la cause au 19 juin.
Hier matin, c'était donc le retour devant la commission. Karine Gagnon s'est effectivement fait demander d'identifier ses sources, et l'avocat mandaté par le syndicat, Me Jacques Lamoureux, s'y est objecté. La commissaire a accepté ses arguments.
Il semble que lundi soir, la haute direction de Quebecor aurait affirmé à la FPJQ qu'elle entendait maintenant défendre sa journaliste, mais ce revirement soudain est venu trop tard, puisque le témoignage de la journaliste s'est terminé hier en l'absence d'un avocat de l'entreprise.
«Je me suis sentie abandonnée par mon employeur, explique Karine Gagnon. Une entreprise de presse doit défendre des principes.»
Par ailleurs, on ne connaissait pas hier le sort réservé au fonctionnaire congédié.
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