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Les Soprano tirent leur révérence

11 juin 2007  Médias
Tony Soprano, interprété par James Gandolfini
Tony Soprano, interprété par James Gandolfini
New York — Comment va finir Tony Soprano? La question qui taraude des millions de téléspectateurs américains devait trouver une réponse hier soir vers 22h quand s'est achevé le 86e et dernier épisode de la série Les Soprano que la chaîne câblée HBO diffuse depuis maintenant huit ans.

Rien n'a filtré dans la presse sur le destin de Tony Soprano, magistralement interprété par James Gandolfini, un parrain de la mafia du New Jersey plus vrai que nature. Jamais depuis le fameux «qui a tiré sur JR Ewing?», de la série culte des années 1980 Dallas, le suspense n'avait été aussi intense chez les amateurs.

La plupart des journaux ont ouvert leurs colonnes à leurs lecteurs pour leur demander d'imaginer la fin de cette série qui a dynamité les codes télévisuels et reçu de multiples récompenses dont 18 Emmy Awards, les plus prestigieuses distinctions dans le domaine audiovisuel aux États-Unis.

Tony va-t-il se faire «descendre»? Va-t-il collaborer avec le FBI et devenir une «balance»? Va-t-il continuer sa vie comme avant? Les paris sont ouverts. Le créateur de la série, David Chase, a confié qu'il avait imaginé la fin des Soprano il y a trois ans. «Il n'y aura pas beaucoup de changements par rapport à ce que j'envisageais alors», a-t-il confié samedi au Washington Post.

«Des personnes vont aimer la fin, d'autres non», a-t-il dit récemment à Entertainment Weekly.

Dans l'avant-dernier épisode, le chef de la mafia de New York, Phil Leotardo (Frank Vincent) a déclaré la guerre à Tony Soprano. Bobby Bacala (Steve Schirripa), le beau-frère de Tony, a été la première victime de cette guerre des gangs. Son fidèle lieutenant Silvio Dante (Steven Van Zandt) a été grièvement blessé par la bande rivale et est dans le coma. Sa psychanalyste, la troublante docteur Melfi (Lorraine Bracco) lui a annoncé qu'il fallait mettre fin à son analyse et Tony, aux abois, est parti se coucher une arme automatique (un cadeau de Bobby lors du premier épisode de cette nouvelle saison!) posée sur sa poitrine.

Une des clefs du succès de cette série est qu'elle décrit dans le détail la vie de monstres ordinaires, de personnes presque banales, qui parlent comme tout un chacun des petits riens de la vie, de l'angoisse de la mort.

À la fois «gangster show» et tragi-comédie, Les Soprano est une série dérangeante pour le téléspectateur — comment peut-on éprouver de l'empathie pour une famille de mafieux? — mais aussi attachante, avec un humour très particulier. Le public se retrouve un peu face à lui même en observant cette famille à problèmes.

Tony Soprano est bouleversé jusqu'aux larmes par une famille de canards de passage dans sa piscine, mais agit sans le moindre scrupule devant des êtres humains à sa merci. Il doit gérer non seulement sa «famille» mafieuse, mais aussi s'occuper de sa famille légitime et les difficultés de la première entreprise non rien à envier à celles de la seconde.

Selon le New York Times, cette série «est peut-être la plus grande oeuvre de la culture populaire américaine de ces 25 dernières années».

À l'heure des adieux, Gandolfini a fait part de son «soulagement» de se débarrasser du personnage de Tony qu'il interprète depuis janvier 1999. En revanche l'actrice Edie Falco (Carmela Soprano, la femme de Tony, à l'écran) s'est déclarée «vraiment triste».

Quant à David Chase il s'est promis une année sabbatique, de ne plus faire de télévision et, peut-être, de réaliser un film pour le grand écran qui, promet-il, n'aura rien à voir avec les Soprano.
 
 
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