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Le Devoir va bien

Bernard Descôteaux - Directeur du Devoir  24 mai 2007  Médias
La réussite du Devoir ne s'est jamais mesurée uniquement à l'aune de ses résultats financiers. Il n'empêche qu'il est rassurant pour ses administrateurs de constater que l'exercice financier 2006 se termine une fois encore positivement. C'est la troisième année consécutive qu'il en est ainsi. Nous pouvons dire que Le Devoir va bien. Même s'il s'agit de bénéfices malgré tout modestes, ils nous permettent d'envisager l'avenir avec confiance.

Comme le veut notre tradition, nous nous faisons un devoir de communiquer publiquement nos résultats. En cela, nous nous distinguons de tous les autres médias québécois, exception faite de Télé-Québec et de Radio-Canada. Notre souci en est un de transparence envers les lecteurs qui nous accompagnent quotidiennement. Voyons ces résultats en détail.

Ce que fut 2006

À la fin de notre année financière, le 31 décembre dernier, le bénéfice, avant intérêts et amortissements, était de 512 423 $, ou 438 079 $ après intérêts et amortissements, soit une légère baisse par rapport aux 512 481 $ de l'année précédente. Les revenus ont été de 16 557 832 $, en légère hausse par rapport à 2005. Les dépenses ont pour leur part atteint 16 045 409 $. Quant aux intérêts et amortissements, ils furent de 74 344 $.

Au chapitre des revenus, nous notons une hausse de ceux tirés de la diffusion du journal. Si les lecteurs continuent de privilégier la formule traditionnelle d'abonnement à la version papier, l'engouement pour la formule électronique ne cesse pour sa part de s'accroître. Nous comptons présentement plus de 2250 abonnés qui reçoivent leur journal quotidiennement par Internet.

Les recettes provenant de la vente d'espace publicitaire dans la version papier du journal se sont maintenues globalement. La publicité nationale et locale a augmenté légèrement alors que diminuaient les avis publics et les appels d'offres, qui continuent de migrer vers des sites Internet spécialisés. Par ailleurs, les redevances de droits d'auteur et tout particulièrement les revenus publicitaires de notre site Internet ont augmenté, ces derniers suivant la courbe observée pour la publicité sur la Toile.

Un contrôle serré des dépenses a permis de limiter leur progression à seulement 1,5 %. Plus de la moitié de notre budget est consacrée à la rémunération de nos employés permanents et surnuméraires, qui sont au nombre de 120, auxquels s'ajoutent un nombre impressionnant de collaborateurs. Au cours de 2006, nous avons renouvelé la convention collective des employés de la rédaction, qui composent l'unité syndicale la plus nombreuse.

L'impression et la distribution du journal représentent une partie significative de nos dépenses. Ces deux fonctions sont confiées en impartition à Quebecor World Saint-Jean et aux Messageries Dynamiques. Le contrat de distribution avec cette dernière arrivait à échéance le 31 décembre 2006 et a été renouvelé pour une période de deux ans. Une insistance particulière a été mise pour accroître la qualité du service de livraison à domicile.

Parmi les autres dépenses, la location de bureaux est l'une des principales. Depuis la fin de 1992, les frais relatifs au loyer sont demeurés stables grâce au bail signé à cette époque avec la firme Gestion Château d'Or. Nous avons, au cours de 2006, renégocié certaines de ses clauses et exercé l'option de prolongation qui y était prévue. L'adresse du Devoir demeurera donc le 2050, rue de Bleury, jusqu'en 2016.

Les perspectives d'avenir

Il y aura dix ans en juin, Le Devoir faisait son entrée dans le cyberespace en créant son site Internet LeDevoir.com. Notre journal était le premier quotidien québécois à s'aventurer sur la Toile. Cette première incursion fut une décision bien inspirée. Elle ne reposait alors que sur une intuition, mais une intuition heureuse, comme la suite devait le confirmer.

Notre site Internet a été l'objet au cours de l'année 2006 d'une refonte majeure qui s'est révélée un grand succès. La qualité graphique du site, l'ajout de contenus, notamment les nouvelles en continu de l'agence Presse canadienne, la facilité de navigation, tout cela a eu un impact immédiat sur la fréquentation de LeDevoir.com. L'audience du journal a été ainsi multipliée et la notoriété du Devoir s'est étendue au-delà de nos frontières. Au surplus, les revenus croissants tirés du site contribuent significativement à la stabilité financière du journal et au développement de l'entreprise.

Cette refonte, la quatrième depuis 1997, sera complétée en 2007. Et ce ne sera certainement pas la dernière! La technologie évoluant, Internet est appelé à devenir un support de diffusion de l'information qui égalera bientôt le support papier. L'avenir de la presse écrite est désormais bipolaire. Le support papier est contraint par ses limites, cela même si les technologies d'impression de pointe ouvrent d'intéressantes perspectives. Le support Internet offre pour sa part une souplesse inégalée qui nous permettra de prendre pied dans le monde du multimédia, mais au prix de nouveaux investissements. Le Devoir devra intégrer encore davantage qu'il ne l'a fait jusqu'à maintenant les nouvelles dimensions que lui ouvre Internet. Il y a là un rendez-vous que nous n'entendons pas manquer.

Cela dit, les supports de diffusion, quels qu'ils soient, ne sont toujours que des supports. Une chose ne change pas: l'essence même de notre mission demeure le contenu; c'était le cas hier comme aujourd'hui et ce le sera aussi demain. C'est ce qui fait battre le coeur de notre entreprise. Ce que nous cherchons à faire est informer, éclairer, mettre en perspective les événements, présenter des points de vue et des opinions, débattre avec nos lecteurs de l'avenir de notre société.

Dans le jargon du marketing, on qualifie volontiers Le Devoir de journal «niché». Son créneau, c'est celui des idées, du débat, de la réflexion. Sa mission est de proposer des repères aux lecteurs. Trop sérieux, Le Devoir? Non, répondons-nous, car un journal peut être sérieux et rigoureux tout en étant vivant et dynamique. En témoigne notre audience qui va croissant. Les statistiques les plus récentes font état de quelque 1,2 million de visiteurs uniques par mois (voir note ci-bas) sur LeDevoir.com. Parmi eux, près de 100 000 sont des visiteurs réguliers.

Quant à la version papier du journal, nous constatons aussi une hausse. La dernière étude de lectorat réalisée par la firme Print Measurement Bureau établit à 353 000 le nombre de personnes qui lisent Le Devoir au cours d'une même semaine. Il s'agit d'une hausse de 17 % par rapport à l'année précédente. Pour le journal papier, le dernier rapport semestriel présenté à l'Audit Bureau of Circulation (ABC) fait état d'un tirage de 28 351 exemplaires en semaine, soit une hausse de 0,4 % par rapport à la même période de six mois l'an dernier, et de 45 974 exemplaires le samedi, ce qui représente une hausse de 1,8 %. Dans le cas de notre édition du week-end, c'est la neuvième hausse consécutive.

Dans un marché où la tendance est à l'inverse, cela est d'autant plus remarquable que, journal indépendant, Le Devoir n'a pas les moyens de ses confrères qui font partie de grands groupes de presse.

Partenaires, amis et artisans

Nos résultats financiers, comme ces données sur notre audience qui s'élargit, le confirment, Le Devoir va bien. Ceux qui en 1993 ont choisi de nous accompagner dans le pari du redressement de l'entreprise ne l'ont pas fait en vain. Il faut remercier tous ceux, institutions comme individus, qui nous ont appuyés en investissant alors dans Le Devoir inc. Soulignons aussi la fidélité de nos lecteurs et annonceurs et la collaboration que nous apportent nos partenaires, en particulier Quebecor World, Messageries Dynamiques, VDL2, Branchez-Vous, l'agence Sidlee et Léger Marketing.

Les amis du Devoir sont toujours aussi nombreux et nous manifestent leur soutien de diverses façons. Il nous faut à cet égard souligner le geste fait par deux d'entre eux, Madame Rachel Hansen et Monsieur Dominique Bédard, qui nous ont laissé au cours de 2006 des legs testamentaires importants inscrits à notre bilan financier à titre de surplus d'apport. Ils ont ainsi voulu contribuer à la pérennité d'un journal qui les a accompagnés toute leur vie. Leur témoignage de confiance nous a touchés profondément.

Le succès que nous connaissons est le fait d'un travail d'équipe. Qu'ils soient à la rédaction, à la publicité, au service à la clientèle, à la production ou à l'administration, les employés du Devoir sont portés par un engagement remarquable envers leur entreprise. Cela est aussi vrai des membres de la direction, dont Catherine Laberge, Nicole Calestagne, Christian Goulet, Stéphane Roger, Jean-Robert Sansfaçon et Jules Richer. Après cinq ans au poste de directeur de l'information, ce dernier vient de nous quitter pour poursuivre sa carrière à Radio-Canada. Son dévouement fut apprécié grandement. Josée Boileau a pris sa relève. Je salue enfin tout particulièrement la présence active des membres du conseil d'administration présidé par Yves L. Duhaime, qui contribuent positivement à la direction de cette entreprise et à son développement.

Note: les visiteurs uniques sont ceux qui, au cours d'un même mois, ont visité un site Internet une fois. Les visiteurs réguliers sont ceux qui ont effectué plus d'une visite au cours du même mois.
 
 
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