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Fin des limites de publicité à la télé dès 2009

Les télédiffuseurs généralistes n'obtiendront aucune redevance des abonnés du câble

Paul Cauchon   18 mai 2007  Médias
Le CRTC a rejeté hier la demande des télédiffuseurs généralistes d'obtenir des redevances des abonnés du câble et du satellite, ce qui laisse entier le problème du financement de la télévision.

Les télédiffuseurs auront toutefois le droit de faire passer de 12 à 14 minutes le nombre de messages publicitaires à l'heure. Dans deux ans, plus aucune limite ne sera imposée au nombre de messages publicitaires qu'une chaîne peut diffuser.

Enfin, le CRTC a fixé au 31 août 2011 la fin de la diffusion en mode analogique. Ce sera donc la fin des «oreilles de lapin» dans quatre ans, puisque les téléspectateurs qui possèdent un ancien téléviseur et qui ne sont abonnés ni au câble ni au satellite ne recevront plus de signaux.

Cette décision fort attendue du CRTC faisait suite à la grande audience qui s'était tenue en novembre sur l'avenir de la télévision généraliste.

Mais c'est une décision qui a laissé les télédiffuseurs généralistes, comme Radio-Canada et TVA, fort déçus. Car ceux-ci avaient demandé d'avoir accès aux revenus des abonnés du câble et du satellite. Ces revenus sont actuellement versés aux chaînes spécialisées, mais pas aux chaînes généralistes.

Dans sa décision, le CRTC affirme qu'il n'a pas été convaincu de l'urgence de la situation. L'organisme fédéral admet que les revenus et les bénéfices des télédiffuseurs généralistes ont diminué en 2006, mais ils connaissaient une croissance annuelle de

3,8 % depuis 2002. Le CRTC «n'est pas convaincu que le rendement financier de l'année 2006 constitue un déclin permanent de la rentabilité».

La part d'écoute des chaînes spécialisées a fortement augmenté depuis dix ans, et celle des chaînes généralistes a diminué, mais le CRTC fait valoir que la plus grande partie de ce déclin s'est produit il y a plusieurs années, et que l'écoute des chaînes généralistes se maintient actuellement autour de 40 %. On invoque donc l'absence de données «fiables et convaincantes» pour rejeter la demande des télédiffuseurs, et on fait valoir que l'impact d'un nouveau tarif sur le consommateur «n'a pas été suffisamment approfondi».

«Nous sommes très déçus, parce qu'une nouvelle redevance devait redonner du souffle à l'industrie, fait valoir Sylvain Lafrance, vice-président aux services français de Radio-Canada. Cela laisse le problème entier. Il faut trouver d'autres avenues. Mais le CRTC ne ferme pas toutes les portes, puisqu'il dit que nous pourrons en rediscuter lors du renouvellement des licences.»

Même son de cloche chez Quebecor (TVA). «Nous sommes déçus, affirme Luc Lavoie, vice-président chez Quebecor, mais ce n'est pas sans espoir parce que la discussion continue. Ce qui est certain, c'est que nous sommes obligés de solidifier l'approche actuelle: nous ne pouvons plus faire des émissions à 800 000 $ l'heure, nous ne sommes pas certains de pouvoir offrir le même niveau de couverture en information, nous ne sommes pas certains de faire de grandes émissions de variétés, et nous sommes pas mal certains de diffuser des émissions en traduction.»

Luc Lavoie s'en prenait vertement hier aux chaînes spécialisées, qui investissent très peu dans la programmation d'ici, dit-il, tout en ayant accès à un financement dont on prive les chaînes généralistes.

TQS faisait également savoir que «le problème de l'iniquité demeure entier entre les chaînes généralistes et les chaînes spécialisées».

Par ailleurs, le CRTC s'engage dans une déréglementation de l'espace publicitaire. Dès septembre, les chaînes auront le droit de diffuser 14 minutes de publicité à l'heure (plutôt que 12). Cette limite sera portée à 15 minutes en septembre 2008, et elle n'existera plus en septembre 2009.

Mais cette mesure n'est pas une panacée. «Cela ne représente pas un mine d'or, explique Luc Lavoie. Cela nous permettra de mieux gérer notre inventaire publicitaire, et on pourrait décider de mettre huit minutes dans une émission et 14 et demi dans une autre. Mais on ne peut pas en mettre trop, au risque de perdre le téléspectateur.»

Du côté de Radio-Canada, on indique que «de toute façon nous n'augmenterons pas le nombre de minutes à l'heure», déclare Sylvain Lafrance. Cela n'est pas dans l'esprit d'un service public, et cela pourrait heurter la tolérance du téléspectateur. De plus, le marché publicitaire québécois n'est pas si élastique que ça».

Enfin, le CRTC s'aligne sur l'expérience américaine en ce qui concerne le numérique, puisqu'aux États-Unis la FCC (l'équivalent du CRTC) a décrété la fin de la transmission analogique pour février 2009.

En fixant une date pour le Canada (celle d'août 2011), le CRTC affirme vouloir aider les télédiffuseurs à planifier leurs besoins en capitaux, et à prévoir les installations adéquates.

Le CRTC craignait que le public ne soit forcé de se tourner vers la production étrangère pour bénéficier de la nouvelle technologie en haute définition.

En 2011, donc, un consommateur qui possède un ancien téléviseur sans être abonné au câble ou au satellite ne pourra plus capter les signaux de télévision. Selon le CRTC, environ 10 % des Canadiens seraient actuellement dans cette situation, et 14,3 % des Québécois. Il se vendra probablement un décodeur spécial pour pouvoir capter les signaux.

Le CRTC prévoit que les citoyens de régions éloignées pourraient bénéficier d'un délai, si les télédiffuseurs demandent des exceptions en ce sens.
 
 
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  • P. Bernard
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 05h52
    Pollution de publicité
    C'est le consommateur qui devra se taper la publicité. 14 minutes c'est déjà beaucoup, imaginer s'il n'y a plus de limite. Nous aurons 7 à 10 commandites de suite. Il y aura des abus, les émissions seront raccourcis pour laisser place à ces publicités dont les décibels seront surement augmentés. J'espère que le consommateur pourra régulé cette pollution ou du moins avoir accès à des mécanismes de contrôle.

  • Christian Rioux
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 07h17
    Fini la television !
    Si je comprend bien, il faudra donc payer ce qui est présentement gratuit et en plus "endurer" encore plus le déchet culturelle qu'est la publicité. Quel bel avenir !

    Ce sera donc la fin de la télévision chez moi.

    Il y a tellement de bon livres à lire...

  • Robert Henri
    Inscrit
    vendredi 18 mai 2007 07h56
    2009, dans deux ans, fini!
    Ce sont ceux et celles qui n'ont pas de sous qui vont pâtir. J'ai une de ces télés non câblée parce que avec ou sans télé, je suis bien. Mais la personne seule, souvent âgée et pauvre qui peine à arriver ne pourra pas toujours se payer ce "service public d'information". C'erst une autre mersue antisociale des Con-servateurs à Ottawa. Même si on se débarasse d'eux, d'autres viendront. Il faut nous séparer du Canada pour ne plue être traîtés en moins que rien.

    En plus, le CRTC aide et encourage ainsi les câbnlodiffuseurs au dépend de la population en général et des émetteurs par satellite aussi. Ils encouragent aussi les voleurs et les revendeurs de décodeurs à qui je souhaite beaucoup de chance.

  • Gilles Marcotte
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 08h28
    UN MYTHE
    M. Cauchon,

    Après m'être abonné à la télévision satellite pour bénéficier de la réceptions numérique HD, j'ai tout annulé en constatant que je captais parfaitement le signal numérique HD par mon antenne extérieure (mon appareil est muni d'un convertisseur numérique), au grand étonnement de l'«expert» de la boutique.

    Une petite recherche sur internet m'a permis d'apprendre que mon signal était même de meilleure qualité que celui du satellite ou du câble, car moins compressé!

    J'habite en banlieue éloignée de Montréal (Saint-Jean-sur-Richelieu) et possède une antenne extérieure, qui me permet de capter aisément les postes américains et canadiens. En zone métropolitaine, les traditionnels «oreilles de lapin» sont peut-être même suffisantes.

    Il ne faut pas confondre qualité de définition (analovique vs HD) et mode transmission (câble, satellite, traditionnel).

    Patrice Marcotte
    Saint-Jean-sur-Richelieu
    http://www.iro.umontreal.ca/~marcotte/
    marcotte@iro.umontreal.ca

  • Roland Berger
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 14h47
    Ruée vers le sans-publicité
    Des esprits futés doivent déjà préparer un service payant de télévision sans publicité. Ainsi, pour quelque 300 $ par mois, vous pourrez regarder vos émissions préférées en différé, une fois épurées des messages publicitaires. Que les démunis se le tiennent pour dit. Ils vont devoir se taper plein d'incitations à acheter ce qu'ils ne peuvent pas se payer.
    Roland Berger
    London, Ontario

  • Grégory Brasseur
    Inscrit
    vendredi 18 mai 2007 15h40
    La télévision publique, mais pas pour tout le monde?
    Je ne suis pas tout à fait certain d'avoir compris ce que dit l'article: en 2009, la télévision de Radio-Canada ne sera plus accessible gratuitement, avec les «oreilles de lapins»? Moi qui croyais qu'il s'agissait d'une télévision publique: ceux qui n'ont donc pas les moyens de s'offrir le cable n'auront accès à rien, si je comprends bien?

  • Yves Beauregard
    Abonné
    vendredi 18 mai 2007 19h15
    Vive la liberté
    LA TELEVISION :
    Une grande inculte qui nous matraque avec de plus en plus de publicité.Elle surinforme-désinforme.Nous l'avons sortie de l'appartement le 28 mars dernier et depuis, nous lisons et baisons plus souvent.

    Yves Beauregard, Montréal.

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