Télévision - Décortiquer le corps, au propre et au figuré...
Le médecin Gunther von Hagens est très présent chez nous ces temps-ci. Son exposition, Le Monde du corps, qui a déjà fait forte impression dans une trentaine de villes d'Asie, d'Europe et des États-Unis, est présentée en ce moment au Centre des sciences de Montréal.
On y montre de vrais cadavres humains qui ont offert leur corps à la science, «dévêtus» de leur peau et figés dans une position pour la postérité grâce à un procédé de «plastination», une technique développée par le médecin dans les années 70. Il a également fait un détour mardi dernier au congrès de l'Acfas afin d'y donner une conférence ouverte au grand public sur sa fameuse technique de conservation de ses modèles humains. Von Hagens (qui a d'ailleurs pris le nom de sa deuxième épouse... ) est un personnage controversé: on l'a déjà accusé d'utiliser les cadavres de condamnés à mort chinois et des corps issus d'hôpitaux kirghizes sans leur consentement ou celui de leur famille. En 2002, il souleva tout un tollé en pratiquant la première autopsie publique en Angleterre depuis 170 ans, une leçon qui fut diffusée par la suite à Channel 4. Malgré les protestations du public, une commission indépendante jugea que ce «spectacle» n'était pas de nature sensationnaliste et cette même chaîne, appartenant à la BBC, en remit en produisant trois ans plus tard La Leçon d'anatomie, présentée chez nous à partir de cette semaine à Canal D.
Dans cette série documentaire en quatre épisodes animée par l'anatomiste-vedette, ce dernier dissèque des cadavres afin d'expliquer le fonctionnement de différents systèmes de la merveilleuse machine qu'est l'être humain, devant un auditoire de futurs médecins et de gens qui veulent donner leur corps à la science, curieux et parfois un peu dégoûtés par ce qu'ils ont sous les yeux. Les coeurs sensibles sont avertis: le sang ne gicle pas, mais nos organes internes et nos muscles ne sont pas toujours très jolis à regarder, encore moins lorsqu'on les charcute... Malgré cet aspect peu ragoûtant, le fait de décortiquer (au propre comme au figuré) les différents systèmes de notre anatomie se révèle très instructif et même fascinant. On se surprend à se tâter ou à faire travailler les parties du corps étudiées pendant l'épisode... Pour mieux faire passer les séquences de dissection les moins agréables, on a fait appel au docteur John A. Lee, un réputé pathologiste anglais, qui accompagne l'anatomiste en donnant des informations supplémentaires sur les organes disséqués et leur fonctionnement à l'aide d'un modèle vivant, de photographies et de graphiques, ainsi que d'organes «plastinés», donc plus facilement manipulables. La deuxième partie de chaque épisode (consacrés dans l'ordre au mouvement, à la circulation, à la digestion et à la reproduction) se penche sur les pathologies et les maladies qui peuvent affecter nos systèmes et se termine par des questions du public.
Cette formule a le mérite de nous montrer «les vraies affaires». Loin des modélisations 3D et des moyens technologiques maintenant disponibles, les exposés pratiques du docteur von Hagens, avec ses gestes qui s'apparentent parfois à des routines en cuisine, nous rappellent que nous ne sommes que chair... Ils font surtout constater toute la complexité et la complémentarité de notre quincaillerie, mais aussi que celle-ci est fragile et mérite qu'on en prenne le plus grand soin.
La Leçon d'anatomie, Les dimanches 13, 20, 27 mai et 3 juin Canal D à 22h.
On y montre de vrais cadavres humains qui ont offert leur corps à la science, «dévêtus» de leur peau et figés dans une position pour la postérité grâce à un procédé de «plastination», une technique développée par le médecin dans les années 70. Il a également fait un détour mardi dernier au congrès de l'Acfas afin d'y donner une conférence ouverte au grand public sur sa fameuse technique de conservation de ses modèles humains. Von Hagens (qui a d'ailleurs pris le nom de sa deuxième épouse... ) est un personnage controversé: on l'a déjà accusé d'utiliser les cadavres de condamnés à mort chinois et des corps issus d'hôpitaux kirghizes sans leur consentement ou celui de leur famille. En 2002, il souleva tout un tollé en pratiquant la première autopsie publique en Angleterre depuis 170 ans, une leçon qui fut diffusée par la suite à Channel 4. Malgré les protestations du public, une commission indépendante jugea que ce «spectacle» n'était pas de nature sensationnaliste et cette même chaîne, appartenant à la BBC, en remit en produisant trois ans plus tard La Leçon d'anatomie, présentée chez nous à partir de cette semaine à Canal D.
Dans cette série documentaire en quatre épisodes animée par l'anatomiste-vedette, ce dernier dissèque des cadavres afin d'expliquer le fonctionnement de différents systèmes de la merveilleuse machine qu'est l'être humain, devant un auditoire de futurs médecins et de gens qui veulent donner leur corps à la science, curieux et parfois un peu dégoûtés par ce qu'ils ont sous les yeux. Les coeurs sensibles sont avertis: le sang ne gicle pas, mais nos organes internes et nos muscles ne sont pas toujours très jolis à regarder, encore moins lorsqu'on les charcute... Malgré cet aspect peu ragoûtant, le fait de décortiquer (au propre comme au figuré) les différents systèmes de notre anatomie se révèle très instructif et même fascinant. On se surprend à se tâter ou à faire travailler les parties du corps étudiées pendant l'épisode... Pour mieux faire passer les séquences de dissection les moins agréables, on a fait appel au docteur John A. Lee, un réputé pathologiste anglais, qui accompagne l'anatomiste en donnant des informations supplémentaires sur les organes disséqués et leur fonctionnement à l'aide d'un modèle vivant, de photographies et de graphiques, ainsi que d'organes «plastinés», donc plus facilement manipulables. La deuxième partie de chaque épisode (consacrés dans l'ordre au mouvement, à la circulation, à la digestion et à la reproduction) se penche sur les pathologies et les maladies qui peuvent affecter nos systèmes et se termine par des questions du public.
Cette formule a le mérite de nous montrer «les vraies affaires». Loin des modélisations 3D et des moyens technologiques maintenant disponibles, les exposés pratiques du docteur von Hagens, avec ses gestes qui s'apparentent parfois à des routines en cuisine, nous rappellent que nous ne sommes que chair... Ils font surtout constater toute la complexité et la complémentarité de notre quincaillerie, mais aussi que celle-ci est fragile et mérite qu'on en prenne le plus grand soin.
La Leçon d'anatomie, Les dimanches 13, 20, 27 mai et 3 juin Canal D à 22h.
|
Édition abonné
La version longue de certains articles (environ 1 article sur 5) est réservée aux abonnés du Devoir. Ils sont signalés par le symbole suivant :
|
Envoyer Fermer
Haut de la page

