Télévision - Cachez cette érection...
Il paraît que parfois des minettes et des starlettes se déshabillent pour obtenir un rôle. Enfin, c'est ce qu'on raconte. Mais que des producteurs se mettent presque tout nus pour financer leur film, franchement, personne ne pouvait se vanter d'avoir vu ça jusqu'à ce que Bernar Hébert et Renée Claude Riendeau se présentent en robes de chambre à une récente rencontre du Sunny Side of the Doc, le marché international du film documentaire francophone.
«Tu as quinze minutes pour vendre ton idée, expliquait récemment Bernar Hébert en entrevue au Devoir. Nous, nous avons décidé d'utiliser notre temps de manière très particulière... » Mme Riendeau a enchaîné aussi sec pour dire qu'ils avaient annoncé aux autres producteurs que, «s'ils voulaient en voir plus, ils devaient payer».
La cause justifiait ce moyen. Les fondateurs de la maison Claire Obscura cherchaient des partenaires de financement pour le projet de L'Art du nu, qui a finalement abouti à la trilogie diffusée en rafale par Artv cette semaine.
La coproduction est appuyée par quatre diffuseurs: Artv, Bravo, Radio-Canada et France 5. Seulement, le sujet délicat a débouché sur différentes versions du film, qu'il serait intéressant de comparer pour s'interroger sur les seuils de tolérance des différentes sociétés.
Le cas le plus flagrant concerne la partie de la trilogie intitulée L'Art homo érotique. On y voit non seulement un tas d'adultes tout nus, mais aussi quelques érections, des photographies de fellation et même une séance de masturbation avec éjaculation, devant un groupe d'artistes gais à New York.
Ici, le film est diffusé intégralement vendredi, à 21h, avec un avertissement préalable. La soirée thématique se termine avec le film Beefcake (Rien que pour les hommes), du Canadien Thom Fitzgerald, avec Daniel MacIvor, Josh Peace et Carrol Godsman, une fiction campée dans les années 1950, alors qu'un photographe recrute de jeunes modèles pour un magazine consacré au nu masculin. La veille, le jeudi 22 mars, on aura vu Qu'est-ce qu'être modèle, le premier volet de la trilogie, avec en prime Divertimento (La Belle Noiseuse), racontant la transformation d'un modèle (Emmanuelle Béart) sous le regard d'un peintre (Michel Piccoli). Le lendemain, le samedi 24 mars, la série se termine avec le volet La Collaborationmodèle-artiste et le film Morlang, un drame psychologique de Tjebbo Penning racontant le désarroi d'un photographe très connu après le suicide de sa femme et muse.
«Dans nos films, nous n'avons pas jugé moralement les artistes, les modèles ou leurs relations, a expliqué M. Hébert. Nous n'avons pas non plus tenté de tracer une ligne de démarcation entre la pornographie et l'érotisme. D'ailleurs, pour le film sur l'art homo érotique, la première réaction critique n'est pas venue de l'équipe de tournage, mais du workshop gai. Le directeur nous a averti que nous n'assisterions pas à une partouze mais qu'il y aurait effectivement une masturbation devant une trentaine de personnes. Quand on a décidé de tourner quand même, il n'en revenait pas et a affirmé qu'il serait carrément impossible de diffuser ce genre de film sur une chaîne américaine.»
Effectivement, même les deux parties douces et sages de L'Art du nu n'ont pas trouvé preneur dans ce pays-continent où l'industrie porno totalise pourtant un chiffre d'affaires annuel de plusieurs milliards de dollars. Une érection peut donc cacher une forêt de pénis... Le Canada anglais diffuse la série, mais expurgée de la scène d'autosatisfaction publique du modèle. La chaîne française va se contenter d'une version remontée d'une heure, avec «presque rien sur l'homosexualité» et une majorité de scènes de nus féminins édulcorées.
«Étrangement, les modèles français étaient les plus réticents à se faire filmer, a raconté sur un ton amusé la belle avocate qui a exposé ses sérieux atouts à une réunion d'affaires franco-française...
L'Art du nu jeudi, vendredi et samedi sur Artv à 21h.
«Tu as quinze minutes pour vendre ton idée, expliquait récemment Bernar Hébert en entrevue au Devoir. Nous, nous avons décidé d'utiliser notre temps de manière très particulière... » Mme Riendeau a enchaîné aussi sec pour dire qu'ils avaient annoncé aux autres producteurs que, «s'ils voulaient en voir plus, ils devaient payer».
La cause justifiait ce moyen. Les fondateurs de la maison Claire Obscura cherchaient des partenaires de financement pour le projet de L'Art du nu, qui a finalement abouti à la trilogie diffusée en rafale par Artv cette semaine.
La coproduction est appuyée par quatre diffuseurs: Artv, Bravo, Radio-Canada et France 5. Seulement, le sujet délicat a débouché sur différentes versions du film, qu'il serait intéressant de comparer pour s'interroger sur les seuils de tolérance des différentes sociétés.
Le cas le plus flagrant concerne la partie de la trilogie intitulée L'Art homo érotique. On y voit non seulement un tas d'adultes tout nus, mais aussi quelques érections, des photographies de fellation et même une séance de masturbation avec éjaculation, devant un groupe d'artistes gais à New York.
Ici, le film est diffusé intégralement vendredi, à 21h, avec un avertissement préalable. La soirée thématique se termine avec le film Beefcake (Rien que pour les hommes), du Canadien Thom Fitzgerald, avec Daniel MacIvor, Josh Peace et Carrol Godsman, une fiction campée dans les années 1950, alors qu'un photographe recrute de jeunes modèles pour un magazine consacré au nu masculin. La veille, le jeudi 22 mars, on aura vu Qu'est-ce qu'être modèle, le premier volet de la trilogie, avec en prime Divertimento (La Belle Noiseuse), racontant la transformation d'un modèle (Emmanuelle Béart) sous le regard d'un peintre (Michel Piccoli). Le lendemain, le samedi 24 mars, la série se termine avec le volet La Collaborationmodèle-artiste et le film Morlang, un drame psychologique de Tjebbo Penning racontant le désarroi d'un photographe très connu après le suicide de sa femme et muse.
«Dans nos films, nous n'avons pas jugé moralement les artistes, les modèles ou leurs relations, a expliqué M. Hébert. Nous n'avons pas non plus tenté de tracer une ligne de démarcation entre la pornographie et l'érotisme. D'ailleurs, pour le film sur l'art homo érotique, la première réaction critique n'est pas venue de l'équipe de tournage, mais du workshop gai. Le directeur nous a averti que nous n'assisterions pas à une partouze mais qu'il y aurait effectivement une masturbation devant une trentaine de personnes. Quand on a décidé de tourner quand même, il n'en revenait pas et a affirmé qu'il serait carrément impossible de diffuser ce genre de film sur une chaîne américaine.»
Effectivement, même les deux parties douces et sages de L'Art du nu n'ont pas trouvé preneur dans ce pays-continent où l'industrie porno totalise pourtant un chiffre d'affaires annuel de plusieurs milliards de dollars. Une érection peut donc cacher une forêt de pénis... Le Canada anglais diffuse la série, mais expurgée de la scène d'autosatisfaction publique du modèle. La chaîne française va se contenter d'une version remontée d'une heure, avec «presque rien sur l'homosexualité» et une majorité de scènes de nus féminins édulcorées.
«Étrangement, les modèles français étaient les plus réticents à se faire filmer, a raconté sur un ton amusé la belle avocate qui a exposé ses sérieux atouts à une réunion d'affaires franco-française...
L'Art du nu jeudi, vendredi et samedi sur Artv à 21h.
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