À voir à la télévision le samedi 10 mars - De la mesure dans le délire
Ceux qui se perdent encore en conjectures après avoir vu Lost Highway ou Mullholland Drive éprouveront un léger sentiment de contentement devant Blue Velvet, qui demeure toujours, 20 ans après sa sortie, l'un des meilleurs films de David Lynch. Bien plus qu'un cauchemar de banlieue, cette plongée dans l'horreur et le sadomasochisme — pour certains, il s'agit de deux concepts antinomiques... — révèle la délicieuse perversité de son auteur, celui-ci faisant tout de même preuve de mesure dans l'expression de son délire.
Bien malin qui pourra dire à quelle époque se déroule Blue Velvet, Lynch mélangeant les styles vestimentaires, les références musicales et les bagnoles d'un autre âge pour mieux nous confondre, donnant à la petite ville imaginaire de Lumberton des allures de bric-à-brac respirant (faussement) la respectabilité. Or, quelque part sur le gazon bien vert, une oreille tranchée, trouvée par le jeune et naïf Jeffrey Beaumont (Kyle MacLachlan), devient le sésame qui le fait basculer du conformisme vers le chaos. Celui-ci est incarné par une chanteuse de cabaret, Dorothy Wallens (Isabella Rossellini, encore à ce jour le plus grand rôle de sa carrière), que Beaumont croit prisonnière d'un gangster à la respiration difficile, Frank Booth (qui d'autre que Dennis Hopper?). Mais s'agit-il vraiment d'un enlèvement?
Après l'échec de Dune, que les admirateurs de l'oeuvre de Frank Herbert commencent à peine à lui pardonner, David Lynch retrouvait l'esprit tordu de ses débuts, celui qui a fait d'Eraserhead un film-culte mais a donné à ses cauchemars un éclairage plus séduisant. Ceci ne fait pas de Blue Velvet une simple version acidulée de Papa a raison; Lynch nous propulse au coeur de cet univers aseptisé en surface, sordide dès que l'on en franchit le seuil trop propre.
Cinéma / Blue Velvet, Télé-Québec, 22h30
Bien malin qui pourra dire à quelle époque se déroule Blue Velvet, Lynch mélangeant les styles vestimentaires, les références musicales et les bagnoles d'un autre âge pour mieux nous confondre, donnant à la petite ville imaginaire de Lumberton des allures de bric-à-brac respirant (faussement) la respectabilité. Or, quelque part sur le gazon bien vert, une oreille tranchée, trouvée par le jeune et naïf Jeffrey Beaumont (Kyle MacLachlan), devient le sésame qui le fait basculer du conformisme vers le chaos. Celui-ci est incarné par une chanteuse de cabaret, Dorothy Wallens (Isabella Rossellini, encore à ce jour le plus grand rôle de sa carrière), que Beaumont croit prisonnière d'un gangster à la respiration difficile, Frank Booth (qui d'autre que Dennis Hopper?). Mais s'agit-il vraiment d'un enlèvement?
Après l'échec de Dune, que les admirateurs de l'oeuvre de Frank Herbert commencent à peine à lui pardonner, David Lynch retrouvait l'esprit tordu de ses débuts, celui qui a fait d'Eraserhead un film-culte mais a donné à ses cauchemars un éclairage plus séduisant. Ceci ne fait pas de Blue Velvet une simple version acidulée de Papa a raison; Lynch nous propulse au coeur de cet univers aseptisé en surface, sordide dès que l'on en franchit le seuil trop propre.
Cinéma / Blue Velvet, Télé-Québec, 22h30
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