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Fonds canadien de télévision - Le FCT est essentiel à la télévision publique, dit le patron de Radio-Canada

16 février 2007  Médias
Ottawa — Le Fonds canadien de télévision est un pilier essentiel de la Société Radio-Canada, et sans lui certaines émissions locales pourraient disparaître, a déclaré hier le président de la télévision publique.

«Retirez ces émissions [financées par le FCT] et vous allez vous retrouver avec plusieurs trous», a estimé Robert Rabinovitch lors d'une audience devant le Comité permanent du patrimoine canadien de la Chambre des communes.

«Avec quoi allez-vous boucher ces trous? Davantage d'émissions américaines?»

Les audiences du comité visent à déterminer comment sauver le Fonds de télévision après que deux câblodistributeurs, Shaw et Vidéotron, eurent abruptement décidé en décembre de mettre fin à leurs contributions au programme. Vidéotron a fait volte-face à ce sujet cette semaine, mais a tout de même demandé que le programme soit revu pour répondre à ses plaintes.

Les câblodistributeurs sont formellement tenus de contribuer au fonds, qui est alors distribué aux télédiffuseurs pour financer les productions canadiennes. Leur abandon du programme a jeté dans une crise l'industrie télévisuelle canadienne, qui emploie plus de 16 000 personnes, en partie grâce au FCT.

Shaw et Vidéotron se sont notamment plaintes qu'une trop grande partie de l'argent du FCT est versée à Radio-Canada, qui bénéficie déjà de financement public. Actuellement, 37 % du fonds est destiné aux réseaux français et anglais du diffuseur public.

M. Rabinovitch a cependant noté que le financement public ne représente qu'une partie de l'argent du télédiffuseur et que les fonds du FCT sont payés directement aux producteurs indépendants qui créent les émissions.

Il a ajouté que les deux réseaux de Radio-Canada diffusent davantage d'émissions dramatiques financées par le FCT que les réseaux privés. Radio-Canada a le plus gros volume de présentation pour le contenu canadien aux heures de grande écoute, a-t-il noté.

«En d'autres mots, investir une portion du fonds dans les projets de CBC et de Radio-Canada est rentable auprès de l'auditoire canadien», a continué M. Rabinovitch.

Le vice-président exécutif de Radio-Canada, Richard Stursberg, a aussi participé aux audiences d'hier. Ancien président de l'Association canadienne de télévision par câble et ex-président du FCT, il a rappelé au comité que les câblodistributeurs avaient promis de contribuer au fonds en échange de changements réglementaires qui leur ont permis d'engranger des millions.

En effet, ces compagnies s'étaient rendues au Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) au début des années 1990 pour demander la permission de hausser leurs frais pour apporter des améliorations à leur infrastructure — ce qui leur a notamment permis de concurrencer les fournisseurs de télévision par satellite.

En vertu de l'entente avec le CRTC, plutôt que de réduire la facture des consommateurs après le remboursement des améliorations apportées à leurs immobilisations, les câblodistributeurs se sont entendus pour verser 50 ¢ de chaque dollar de profit dans le Fonds de télévision, a rappelé M. Stursberg.

«Les 50 ¢ qui vont au fonds n'ont jamais été les leurs, même dès le début», a dit M. Stursberg.
 
 
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